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Le Chanteur de jazz (The Jazz Singer) – de Richard Fleischer – 1980

Classé dans : 1980-1989,FLEISCHER Richard — 23 mars, 2019 @ 8:00

Le Chanteur de jazz 1980

Le principe même du film laisse dubitatif. Un remake du Chanteur de jazz, resté dans l’histoire essentiellement pour avoir été le premier film parlant (chantant, en fait, le film étant majoritairement muet, à l’exception des chansons entonnées par Al Jolson) ? Drôle d’idée… On ne peut pas dire que les premières scènes rassurent vraiment, avec cet hommage pas très inspiré au film d’Alan Crosland, qui sonne comme un passage obligé : le personnage principal se noircit le visage pour renforcer un groupe jouant dans un club pour Noirs.

L’un des principaux problèmes réside dans le fait que le film est nettement plus musical que l’original, et que les chansons sont en grande partie très quelconques, malgré le succès colossal que la bande originale rencontrera (a contrario du film qui, lui, sera un bide retentissant). Les quelques ballades sont plutôt sympas, mais malgré tout le respect que mérite le chanteur (et acteur occasionnel, pour le coup) Neil Diamond, ses morceaux plus rythmés censés être cool ont pris un immense coup de vieux.

Il n’est pas si mauvais acteur, Neil Diamond, nettement meilleur en tout cas que ce que la mauvaise réputation du film a laissé entendre. Il tient plutôt bien son rôle : celui du fils d’un « cantor » juif, qui rompt avec la tradition familiale en devenant vedette de variété. Jusqu’à ce que la culpabilité, liée au regard inquisiteur de son père, finisse par le ronger.

Et là, Fleischer fait fort. On sait bien qu’il n’est pas au sommet de son art, au cours de cette ultime décennie de sa carrière. Mais il frôle carrément le ridicule dès qu’il veut illustrer les grands mouvements d’humeur de son personnage : que ce soit la naissance de l’histoire d’amour avec ses détails si mignons (il se cogne contre les murs, si si), ou la fugue interminable du chanteur en plein mal-être sur les routes de l’Amérique profonde (avec barbe qui pousse à n’en plus finir).

Il y a de beaux moments, quand même : l’arrivée de Neil Diamond à Los Angeles par exemple, avec cette jeune Californienne qui s’attendait à trouver quelqu’un « avec un look un peu plus religieux », qui en dit beaucoup sur le communautarisme et l’absence d’ouverture sur l’autre. Et puis Fleischer signe de très belles images de New York, cadres puissants aux couleurs cuivrées.

Suffisant pour se dire que Jazz Singer (et on passe sur le fait qu’il n’y a pas l’ombre d’une note de jazz là-dedans) n’est pas la catastrophe industrielle parfois évoquée. Pas plus qu’il n’est digne des grands films d’autrefois de Fleischer.

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