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Archive pour la catégorie '1980-1989'

Le Retour du Jedi / Star Wars, épisode VI (Star Wars : Episode V – Return of the Jedi) – de Richard Marquand – 1983

Posté : 24 février, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, MARQUAND Richard | Pas de commentaires »

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On prend les mêmes et on continue… On pourrait dire pour Le Retour du Jedi à peu près la même chose que pour L’Empire contre-attaque. A le revoir après de nombreuses années, la principale surprise repose sur la simplicité de l’intrigue, que l’on pourrait résumer en très peu de lignes. Si George Lucas apporte un soin extrême à créer son univers, en le peuplant de créatures improbables, sa trilogie originelle s’avère relativement pauvre en rebondissements.

Ce n’est d’ailleurs pas une critique : Lucas prend le temps de filmer ses personnages, de créer un suspense, une atmosphère, et de délayer l’action. Loin, en tout cas, des codes actuels du cinéma populaire, souvent basé sur l’effervescence et le trop plein. Son épisode 6 se résume ainsi à trois ou quatre séquences, pas plus : l’attaque pour sauver Han Solo prisonnier de Jabba, le retour de Luke auprès de Yoda, la partie sur la planète des Ewoks, et l’affrontement final.

Les principaux enjeux dramatiques ayant été réglés dans le film précédent, le plus sombre de la trilogie, la réussite de celui-ci repose encore plus sur la manière de filmer l’action, sur la manière d’introduire les moments de bravoure attendus. Côté effet de surprise, c’est un peu émoussé. Mais l’efficacité est bel et bien là.

On a souvent reproché à Lucas d’avoir donner un rôle trop important aux Ewoks, ces charmants nounours qui ne sont visiblement là que pour booster les produits dérivés du film. C’est sans doute vrai, et la noirceur de l’épisode précédent était nettement plus convainquant que celui-ci, qui flirte souvent avec la mièvrerie. Mais le plaisir reste intense, et l’affrontement final, forcément tragique, tient ses promesses.

Les deux premières trilogies sont réunies dans un beau coffret de 9 blue ray, avec des tas de bonus : des interviews, des making of d’époque ou récents, plein de documentaires… Plus de 40 heures de bonus, promet le packaging.

La saga Star Wars

L’Arme fatale 2 (Leathal Weapon 2) – de Richard Donner – 1989

Posté : 21 février, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), DONNER Richard | Pas de commentaires »

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C’est rien de dire que Donner entre dans le vif du sujet avec cette séquelle qui ne s’embarrasse plus guère de psychologie. Certes, le traumatisme de Riggs/Mel Gibson est toujours présent, pour expliquer la folie du personnage. Mais cette fois, c’est bien l’humour et l’action qui dominent, sans arrière-pensée. Pour preuve, ces premières images qui nous plongent directement au cœur d’une course-poursuite, avec ce gros plan d’un Mel Gibson hilare, prenant un pied fou à poursuivre les méchants.

Il faut bien reconnaître : cette introduction est l’une des plus pêchue du cinéma d’action de ces années-là. C’est vif et inventif, ça va droit au but en jouant d’emblée avec la complicité des spectateurs, et c’est surtout drôle. Le ton est donné pour cette première suite, bien supérieure à l’originale, et aux suites à suivre…

Plus encore que dans le premier film, Donner trouve le dosage parfait entre l’exubérance de Riggs et le côté patriarche et raisonnable de Murtaugh/Danny Glover. Ce n’est pas d’une grande finesse, certes, mais contrairement au premier film, celui-ci ne prétend à rien d’autre qu’à son statut de pop-corn movie fun et explosif. Objectif largement atteint.

Oublié le caractère suicidaire de Riggs/Gibson : désormais, le personnage n’est plus qu’une tête brûlée, l’incarnation idéale d’un certain cinéma d’action qui ne se soucie plus le moins du monde d’un quelconque ancrage réaliste. D’ailleurs, les faiblesses du film résident dans les dernières volontés de Donner de renouer avec le drame (ce sera encore le cas dans le numéro 3). Le personnage de Patsy Kensit, trop belle et trop tragique, est ainsi la grande sacrifiée du film, dans tous les sens.

Le personnage de Leo Getz, en revanche, est l’élément qui transporte définitivement la saga dans un univers comique. Il en fait des tonnes, Joe Pesci, mais il est aussi irrésistible, et s’impose d’emblée comme indispensable dans la série, trublion qui empêche le duo de flics de se prendre trop au sérieux…

* Voir aussi : L’Arme fatale, L’Arme fatale 3 et L’Arme fatale 4.

Garde à vue – de Claude Miller – 1981

Posté : 18 février, 2017 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1980-1989, MILLER Claude | Pas de commentaires »

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Modèle de mise en scène, acteurs en état de grâce, décors formidables… Garde à vue est l’un des très grands films français de la décennie, une œuvre de commande pourtant pour le réalisateur Claude Miller, attaché au projet après le refus de plusieurs autres, visiblement peu inspirés par le scénario signé Michel Audiard. Miller, lui, loin d’être étouffé par la force des dialogues (brillants, loin des facilités dans lesquelles l’auteur est parfois tombé dans ses polars tirant vers la parodie), signe un chef d’œuvre que l’on sent personnel, un huis-clos troublant et fascinant.

Assistant de Godard, Miller s’inscrit pourtant plus dans la tradition du cinéma de Carné (dont il fut également l’assistant) ou de Renoir : celui du Jour se lève, autre drame filmé dans un impressionnant décor de studio. Loin, en tout cas, du cinéma-vérité cher à la Nouvelle Vague. De « l’extérieur », à l’exception de quelques plans, on ne voit que la pluie qui tombe à travers les fenêtres de ce bureau austère où se concentre l’intrigue. L’intrigue, ou plutôt le face-à-face intime entre un flic (Lino Ventura) et son notable de suspect (Michel Serrault). D’autant plus dérangeant que les questions semblent très vite déborder du simple cadre de l’enquête.

Il est question d’un assassin ayant tué deux fillettes. Mais c’est bien plus le mystère Maître Martinaud qui est au cœur du film : un notaire riche et médiocre, mal marié, mal aimé, mal compris, et peut-être tueur abject. Mais aussi son inquisiteur, flic droit et intègre dont on finit par se demander s’il cherche la vérité ou sa vérité. Une double introspection, en quelque sorte.

Ventura et Serrault sont exceptionnels, deux acteurs qui semblent appartenir à deux univers de cinéma, pour des personnages appartenant à deux mondes différents. La joute verbale entre ces deux-là (auxquels s’ajoute un Guy Marchand génialement grotesque, et une Romy Schneider glaçante) est formidable parce que les mots sont forts, et parce que le rythme est parfait. Et parce que la caméra de Miller, loin d’étouffer entre les murs tristes de cette salle d’interrogatoire, circule avec une fluidité exemplaire.

Fascinante, passionnante, cette Garde à vue tendue et bouleversante est une merveille.

L’Empire contre-attaque / Star Wars, épisode V (Star Wars : Episode V – The Empire strikes back) – d’Irvin Kershner – 1980

Posté : 14 février, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, KERSHNER Irvin | Pas de commentaires »

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Cet épisode V ressemble à un film de transition, qui finalement ne fait pas tellement avancer l’intrigue. Pas d’Etoile de la Mort, pas de planète en danger, pas même d’immenses batailles pour sauver la galaxie… Tout l’enjeu repose sur Dark Vador qui veut retrouver Luke Skywalker, et les rebelles qui tentent de s’échapper de la planète où les soldats de l’Empire les ont retrouvés.

Le film semble étrangement contraint à un voyage modeste, à l’image du Faucon Millenium, le fameux vaisseau de Han Solo, qui essaye en vain tout le métrage durant de passer en vitesse lumière, mais doit se résoudre à se cacher la plupart du temps : sur un astéroïde, dans une ville aérienne, ou sur le flanc d’un navire de l’Empire…

Un épisode frustrant ? Ben non, au contraire : l’aspect transitoire de l’histoire, sa modestie apparente… Tout participe à faire de L’Empire contre-attaque le film le plus intense de la saga. Le plus enthousiasmant, le plus ambitieux aussi, celui qui se base le plus sur les personnages : sur la romance entre Leia et Solo, mais surtout sur Luke, qui rencontre Yoda pour la première fois, est confronté aux tentations du côté obscur de la Force…

C’est dans ce film aussi qu’il découvre la vérité sur ses origines dans une scène d’anthologie joliment réalisée, dans des couleurs bleues-noires formidablement dramatiques : « I’m your father » lance la voix caverneuse de James Earl Jones.

On a beau connaître ça par cœur, il faut reconnaître que ça fonctionne parfaitement bien. Avec le premier film, George Lucas posait les bases d’un mythe. Avec cette première suite, dont il confie la direction à Irvin Kershner, il y entre pleinement.

* Les deux premières trilogies sont réunies dans un beau coffret de 9 blue ray, avec des tas de bonus : des interviews, des making of d’époque ou récents, plein de documentaires… Plus de 40 heures de bonus, promet le packaging.

La saga Star Wars

L’Arme fatale (Leathal Weapon) – de Richard Donner – 1987

Posté : 12 février, 2017 @ 4:55 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), DONNER Richard | Pas de commentaires »

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Une petite madeleine pour tous les hommes de ma génération (les tout jeunes quadras, donc). Ce modèle du buddy movie était de ces films dont on se repassait inlassablement la VHS usée jusqu’à la corde. A le revoir… quelques années plus tard, on est pourtant de surpris de réaliser que toutes les répliques et figures attachées à L’Arme fatale… ne figurent pas dans ce premier film. « On y va à 3″, Leo Getz, la bombe sous les chiottes… Il faudra attendre le numéro 2 pour découvrir ce à quoi on continue à associer la saga.

Ce premier film constituait un nouveau départ pour un Mel Gibson tout juste sorti de la trilogie Mad Max, qui s’imposait comme l’un des grands action héros de la décennie à venir, l’égal d’un Bruce Willis dont la consécration (avec Piège de cristal) suivrait de peu. Mais c’est la part sombre de son personnage qui domine encore. La folie pseudo-suicidaire de son personnage Martin Riggs ne sera plus qu’un vague argument par la suite. Elle constitue ici le cœur du film, et de sa relation naissante avec son aîné, le plus sage et plus mûr Roger Murtaugh (Danny Glover).

L’humour est déjà présent, mais c’est c’est bien la noirceur qui domine : au début du film, on découvre Riggs prêt à se tirer une balle dans la bouche. De son côté, Murtaugh célèbre un cinquantième anniversaire dont on sent qu’il lui pèse lourdement. Bref, des premiers pas d’avantage tournés vers le passé que vers un avenir souriant. D’autant plus que l’intrigue policière est elle aussi très sombre, autour de la mort d’une jeune femme dont la vie a été gâchée par la drogue et la pornographie.

Cette noirceur sied assez mal à Richard Donner, réalisateur sans génie, mais qui s’avérera nettement plus à l’aise avec un ton léger, à la limite de la parodie (Maverick, L’Arme fatale 3). Mais l’alchimie entre Mel Gibson et Danny Glover est, d’emblée, évidente. Non, le principal problème, c’est que l’extrême noirceur de l’histoire nécessitait quand même que l’intrigue soit prise au sérieux. Ce qui est loin d’être le cas.

Shane Black (qui tenait un second rôle la même année dans Predator) s’est fait une réputation et une fortune avec le scénario de ce film, qu’il avait écrit quelques années plus tôt. Sans doute quand il avait 12 ans : difficile d’imaginer qu’il était plus âgé lorsqu’il a imaginé les rebondissements de cette histoire policière totalement improbable, qui n’avance qu’au hasard des tueries perpetrées par des méchants très extrêmes (dont le charismatique Gary Busey). Heureusement, Donner comprendra dès le film suivant que la comédie est l’élément moteur de ce tandem impeccable.

* Voir aussi : L’Arme fatale 2L’Arme fatale 3 et L’Arme fatale 4.

Le Lion sort ses griffes (Rough Cut) – de Don Siegel – 1980

Posté : 31 janvier, 2017 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, SIEGEL Don | Pas de commentaires »

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Suis-je fatigué (pas impossible, en ce moment) ? Ou est-ce Don Siegel qui accuse le coup en cette fin de carrière ? Difficile en tout cas de reconnaître la patte du réalisateur de Madigan, Dirty Harry ou Charley Varrick dans cette petite chose tournée après Escape from Alcatraz, et qui sera son avant-dernière réalisation.

Pas désagréable cela dit, et on prend même un petit plaisir intermittent devant ce film de braquage alambiqué et ouvertement léger : Siegel flirte ici avec la comédie, ce qui n’est pas loin d’être une première dans sa brillante filmographie, plutôt teintée de noir et de toutes ses nuances.

C’est léger, avec un Burt Reynolds qui se rêve en dandy décontracté, façon le Saint : un cambrioleur de génie doublé d’un séducteur, qu’un flic au bord de la retraite (David Niven, dans son emploi habituel) veut faire tomber en utilisant une belle cleptomane (Lesley Ann Down, charmante), qui bien sûr tombera amoureuse de sa cible.

Ce n’est pas désagréable, donc, mais rien ne fonctionne vraiment totalement. Le scénario inutilement tarabiscoté finit par lasser, et jamais on ne ressent la tension sexuelle qui devrait attirer Burt et Lesley l’un vers l’autre.

Résultat : une petite bluette pas vraiment mémorable.

Firefox, l’arme absolue (The Firefox) – de Clint Eastwood – 1982

Posté : 28 janvier, 2017 @ 8:00 dans * Espionnage, 1980-1989, EASTWOOD Clint (acteur), EASTWOOD Clint (réal.), FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

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Les rares fois où Eastwood a cherché à coller aux goûts du moment, le résultat s’est avéré catastrophique. Avec La Relève, tentative maladroite de surfer sur le succès des films d’actions explosifs du début des années 90. Et dix ans plus tôt avec ce Firefox, où le grand Clint essaye de trouver sa place dans un cinéma hollywoodien très hich tech et SFX, marqué par la folie Star Wars (dont il reprend d’ailleurs l’un des responsables des effets spéciaux).

Le résultat est au mieux très maladroit, au pire assez navrant. La première partie, quand même, ne manque pas d’intérêt. Mais là, Eastwood s’inscrit dans un cinéma déjà révolu : celui du film d’espionnage de la guerre froide. Là seulement, on peut trouver des signes purement eastwoodiens, une manière très personnelle de créer une atmosphère en plongeant un personnage dans un milieu qui n’est pas le sien, un thème qui a toujours été au cœur de son cinéma.

Pourtant, même dans cette première partie séduisante par moments, le réalisateur Eastwood multiplie les effets douteux (les flashs très ramboesques sont franchement ridicules, pour illustrer le traumatisme post-VietNam de Clint), et les maladresses auxquelles il ne nous a jamais habituées.

Quant à l’acteur Eastwood, il n’a jamais été aussi mauvais, son jeu se limitant à des tics tellement énormes qu’on se demande comment les agents du KGB sont recrutés ! A tel point qu’on serait presque soulagé de le voir endosser la tenue de pilote qui le recouvre entièrement, rappelant étrangement l’une de ses premières brèves apparitions, celle de Tarantula.

Presque entièrement effacé derrière un déluge d’effets spéciaux totalement à l’encontre du style Eastwood, de son univers, de ce qu’il est, l’acteur-réalisateur se contente alors de filmer des images auxquelles il semble ne pas croire, se raccrochant à un genre high-tech dont, déjà en 1982, il devait paraître complètement à la traîne.

On se rassure en se disant que quand il est au fond du trou, Eastwood sait rebondir mieux que jamais. Après La Relève, il réalisera Impitoyable. Après ce calamiteux Firefox, il signera Honkytonk Man. Soit deux de ses plus beaux films.

Police fédérale Los Angeles (To live and die in L.A.) – de William Friedkin – 1985

Posté : 3 décembre, 2016 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, FRIEDKIN William | Pas de commentaires »

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Il y a eu un avant Gil Grissom pour William Petersen : dans les années 80, le charismatique acteur des Experts a été le héros de deux polars qui ont fait très forte impression, le génial Sixième Sens de Michael Mann, et ce Police Fédérale Los Angeles de William Friedkin, qui a fait l’objet d’un petit culte, et dont j’avais gardé un souvenir fort.

Il y a effectivement de belles choses dans ce polar très sombre, qui plonge au cœur d’un trafic de faux billets et de sa violence extrême : une belle noirceur, une vraie ambition de la part de Friedkin de créer une atmosphère, un rythme lancinant ponctué par des éclats de violence extrême… Bref, tout ce qui fera la réussite du film de Michael Mann l’année suivante.

Le personnage de Petersen, flic obstiné et borderline, est intéressant. Les effusions de sang sont percutantes et efficaces. L’incontournable scène de poursuite en voiture est étonnante, parenthèse haletante dans un récit qui sait par ailleurs prendre son temps. Et cette histoire de flics (l’un plus innocent que l’autre) qui tentent d’infiltrer un dangereux gang est assez passionnante.

Mais tout ça ne vous rappelle rien ? Pendant une grande partie, on a cette impression, gênante, que Friedkin, qui enchaîne les échecs à cette époque, essaye de renouer avec le succès de French Connection en retrouvant les mêmes recettes. Et par moments, c’est carrément du copié-collé : même construction, même noirceur, même parenthèse stock-car, mêmes personnages… jusqu’au coup de feu « choc » qui change la donne dans la dernière partie.

Ajoutez à ça un début au suspense téléphoné (le partenaire de William Petersen qui s’apprête à partir en retraite et qui insiste pour boucler seul sa dernière enquête… eh bien oui, il va se faire dessouder), et une musique agressive qui rappelle à elle seule les pires excès des 80s… Alors oui, il y a de belles choses dans ce polar qui se voit avec un certain plaisir. Mais Friedkin nous prend quand même, un peu, pour des idiots.

Always, pour toujours (Always) – de Steven Spielberg – 1989

Posté : 11 novembre, 2016 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, SPIELBERG Steven | Pas de commentaires »

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Un plan, fugace et magnifique : juste après la mort de Pete, sa fiancée et son meilleur ami se retrouvent pour la première fois. Pas un mot, pas une larme, juste leurs mains qui s’agrippent derrière une porte qui se referme sur leur douleur. Tout n’est pas aussi beau dans ce film méconnu et mal aimé, mais ce simple plan résume à lui seul l’immense sensibilité de Spielberg, sensibilité qui, non, n’est pas de la sensiblerie.

D’ailleurs, de ce pur mélodrame inspiré d’un petit classique de l’âge d’or d’Hollywood (Un nommé Joe de Victor Fleming), Spielberg aurait pu faire un tire-larmes dans la lignée de Ghost, autre histoire d’amour qui se prolonge après la mort, sortie (est-ce un hasard ?) quelques mois plus tard. Mais non : l’émotion est constamment contrebalancée par l’humour, le second degré et cet optimisme qui est encore la marque de Spielberg à la fin des années 80.

C’est d’ailleurs la fin d’une époque pour Spielberg, dont le cinéma deviendra bientôt beaucoup plus sombre : avec Hook, son film suivant, Always symbolise la fin d’une certaine innocence de la jeunesse. Comme Peter Pan, Pete Sandich doit lui aussi accepter d’aller de l’avant, d’accepter cette mort qui l’a privé d’une belle histoire d’amour.

Elle, c’est Holly Hunter, formidable en « vraie » femme aux allures de garçon manqué (« C’est pas la robe, c’est la manière dont tu me vois » est quand même une très jolie réplique). Lui, c’est Richard Dreyfuss, l’acteur fétiche des premières années, qui tourne justement pour la dernière fois sous la direction de Spielberg, pilote de canadair qui se brûle les ailes (littéralement) à trop jouer avec le feu (re-littéralement).

La première demi-heure est euphorisante, dominée par la présence irrésistible de John Goodman, en pleine forme dans son éternel rôle de meilleur ami rigolo, et marquée par une multitude de signes avant-coureurs de la mort : cette vision glaçante de Dreyfuss éclairé par la lumière bleutée d’un frigo ouvert, ou d’autres jeux de lumière qui semblent annoncer l’inéluctable.

La suite alterne le très beau et le moins convaincant, « l’ange » Dreyfuss devenant la conscience de celui dont on devine qu’il prendra sa place dans le cœur de sa belle (Brad Johnson, pataud et attachant). Là, Spielberg multiplie les ruptures de ton, passant du rire aux larmes, souvent avec bonheur, mais aussi en cassant parfois l’émotion, comme s’il refusait de se laisser aller au pur mélo.

Et au milieu, il y a deux scènes étonnantes et déroutantes : les apparitions de l’ange Hap, dont je ne saurais trop quoi penser si elles n’étaient habitées par la présence lumineuse d’Audrey Hepburn. Ce pourrait être kitsch et un peu ridicule. C’est juste beau et emprunt d’une douce nostalgique. Ce sera d’ailleurs la toute dernière apparition de l’actrice à l’écran.

Sens unique (No Way Out) – de Roger Donaldson – 1987

Posté : 4 octobre, 2016 @ 8:00 dans * Espionnage, * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, COSTNER Kevin, DONALDSON Roger | Pas de commentaires »

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En 1948, John Farrow réalisait La Grande Horloge, un modèle de thriller. Le héros, interprété par le génial Ray Milland, était un reporter chargé par son patron d’identifier l’homme que sa maîtresse fréquentait, et qui est censé l’avoir assassiné. Sans savoir que cet homme n’est autre que Milland lui-même. Un film tendu et claustrophobique, l’intrigue se déroulant entièrement dans les murs d’une rédaction de journal.

Quarante ans plus tard, Roger Donaldson reprend la même intrigue et le même parti-pris (un homme chargé de démasquer un suspect qui n’est autre que lui-même, dans un environnement clos), mais change complètement le décor. Oublié le journalisme d’investigation des années 40. Désormais, c’est au cœur du Pentagone, avec l’ombre de la guerre froide qui plane, que nous plonge Donaldson.

L’idée en vaut une autre. Et ce décor, fait de grands couloirs et de vastes salles, et où l’informatique (à la sauce 80s) est omniprésent, offre de belles perspectives en matière de suspense. Mais Donaldson n’est, décidément, pas Farrow. Et ce remake dont j’avais gardé un bon souvenir met un temps fou à se mettre en route. Comme s’il fallait absolument profiter de la présence de Sean Young, dans le rôle de la victime, sa mort semble être repoussée autant que possible… jusqu’à la mi-film en fait.

Le problème, c’est qu’avant sa mort, il n’y a pas de film. L’intrigue n’existe pas, le suspense n’a pas de raison d’être, et ne reste alors qu’une romance banale et franchement ennuyeuse, avec un Kevin Costner qui se contente d’être beau et charismatique, et une Sean Young qui minaude comme c’est pas permis. Ajoutez un Gene Hackman en grand méchant et en roue libre, et un Will Patton qui cabotine à outrance… Bref, Donaldson n’est pas, non plus, un grand directeur d’acteur.

La deuxième moitié, heureusement, est plus palpitante. Le suspense fonctionne plutôt bien. Et dès que Costner se met à courir, il donne un vrai rythme à ce thriller souvent mou. Ça suffit pour passer un bon moment. Pas, mais vraiment pas, pour oublier le chef d’œuvre de John Farrow.

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