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Archive pour la catégorie '1980-1989'

Blue Velvet (id.) – de David Lynch – 1986

Posté : 14 novembre, 2018 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, LYNCH David | Pas de commentaires »

Blue Velvet

Un rideau rouge inquiétant, des musiques envoûtantes jouées dans des bars interlopes, une jeunesse apparemment tranquille qui cache des tourments secrets, l’imagerie d’une Amérique presque fantasmée héritée des glorieuses fifties, le bitume qui défile dans la nuit… Blue Velvet est le film qui révèle définitivement les plus grandes obsessions de David Lynch. Après Elephant Man et Dune, ce film très personnel annonce les grands chefs d’œuvre, de Twin Peaks (la série)… à Twin Peaks (le retour).

Revoir ce film fondateur après le choc énorme qu’a provoqué le sublime retour de la série phénoménale de Lynch (j’ai décidément envie de multiplier les superlatifs dès que j’évoque Twin Peaks) a quelque chose de troublant. Comment ne pas penser à Cooper et Diane en voyant Kyle McLachlan et Laura Dern s’enlacer. Mais trente ans plus tôt, les deux acteurs semblent à peine sortis de l’adolescence.

Avant la période des grands chefs d’œuvre, donc, Blue Velvet étonne a posteriori par la linéarité de son scénario. Mais cette simplicité n’est qu’un trompe l’œil : le malaise vient justement de quantités de détails qui ne paraissent pas à leur place. Un rideau qui vole, une chanson qui revient comme un mantra, l’image étonnante de cette famille fantasmée à la fin du film, sans même mentionner une oreille coupée dans un terrain vague…

Le malaise vient aussi des réactions inattendus, de caractères déviants. Isabella Rossellini est bien barrée dans son rôle de victime qui se transforme lors d’une scène hallucinante en bourreau hyper sexuée. Quant à Dennis Hopper, il est carrément ravagé, en psychopathe qui se dope à l’oxygène et qui souffre d’un sérieux complexe d’Œdipe. Comment voulez-vous que ce type ait pu jouer autre chose que des mecs dangereux après ça ?

Blue Velvet est parsemé de moments envoûtants. Porté aussi par la présence jamais si anodine de McLachlan, qui excelle à jouer les types pas si transparents. Et toutes les obsessions de Lynch sont là. Mais le cinéaste ira nettement plus loin, et avec une maîtrise de plus en plus affirmée qui lui permettra de s’affranchir chaque fois d’avantage des codes du récit cinématographique.

La Forteresse noire (The Keep) – de Michael Mann – 1983

Posté : 2 octobre, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, MANN Michael | Pas de commentaires »

La Forteresse noire

En 1941, des soldats allemands prennent le contrôle d’un petit village isolé dans les Carpates où se situe une mystérieuse forteresse, d’où ils libèrent une entité maléfique…

Pour son unique incursion dans le fantastique, Michael Mann affiche déjà une belle ambition esthétique. Mais le jeune réalisateur est encore un peu jeune. Et ses efforts démesurés pour chiader la moindre image son un rien trop flagrants, dévorant tout le reste.

Cette adaptation d’un roman de Francis Paul Wilson aurait pu donner une riche réflexion sur la nature du Mal. Et il y a bien quelques idées fortes, comme l’opposition entre les pires des Nazis et des soldats allemands plus humains, ou la tentation de combattre le Mal absolu par un autre Mal à la nature plus incertaine. Mais les dérives esthétiques sont telles que le message du film passe à la trappe.

On serait tenté d’analyser détail par détail pour tenter de dénicher le génie du futur réalisateur de Collateral. Mais il faut bien reconnaître que les ralentis excessifs et la surutilisation de jeux de lumière omniprésents frisent le ridicule, y plongeant parfois allègrement comme, dès le début du film, la course au ralenti des deux soldats allemands vers la croix en argent.

Le casting a beau être séduisant (Scott Glenn, Ian McKellen, Gabriel Byrne, Robert Prosky, Jurgen Prochnow), Mann n’est pas encore un directeur d’acteurs, et les personnages n’ont pour la plupart aucune consistance. Seuls McKellen et Prochnow gagnent des points dans une poignée de scènes fortes : la première apparition, muette, du premier dans un camp de concentration ; le dégoût que ses supérieurs inspirent au second…

Sans doute du fait de la filmographie à venir de Mann, un petit culte entoure La Forteresse noire. On peut toutefois penser raisonnablement que le film est raté, que les effets spéciaux cheap, kitsch et datés n’arrangent rien, que les quinze dernières minutes sont d’un ennui sidéral, et que ce Mann-là n’est pas supérieur à un autre film sorti peu après et à l’esthétique pas si éloignée très datée années 80 : Razorback dont la mauvaise réputation tient elle aussi à la filmographie à venir de son réalisateur, Russell Mulcahy.

Highlander (id.) – de Russell Mulcahy – 1986

Posté : 26 septembre, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, MULCAHY Russell | Pas de commentaires »

Highlander

Qu’on m’insulte, qu’on me batte, qu’on fuie ce blog, mais je ne renierai pas Highlander, ni la passion que j’ai eu pour ce film il y a de cela fort longtemps, passion qui m’a même amené à trouver des qualités à d’autres films de Russell Mulcahy. Pas tous, mais quand même.

Malgré tous ses défauts, malgré tout le mal qu’on peut en dire (ça va venir), Highlander aura toujours une place à part dans mon cœur. Parce que je l’ai vu tout petiot, et que ça compte, les premières amours cinéphiliques. Et aussi, et surtout, parce que c’est le film qui m’a donné envie de découvrir l’Ecosse, pour laquelle j’ai un amour immodéré. Pour le whisky aussi, mais c’est une autre histoire.

A 13 ans, je me dis qu’il est grand temps de le faire découvrir à mon fils aîné, surtout qu’il a l’avantage de connaître les lieux, en particulier Eilean Donan Castle, où ont été tournées les premières scènes écossaises : un beau château sur la route menant à la sublime île de Skye.

Pour ça au moins, pas de déception : les images sont effectivement très belles, mais il faut dire qu’il faut être un sacré boulet pour ne pas au moins faire de belles images dans les Highlands. Mais ils ne sont pas si nombreux, les films qui utilisent ces décors à une telle échelle. Donc, rien que pour ça, et pour le plaisir de reconnaître des lieux qu’on aime…

Cela étant dit, on est d’accord : tout ça ne fait pas un bon film. Et le fait est que l’aspect clipesque a pris un méchant coup de vieux. Il ne faisait déjà pas l’unanimité à l’époque : Mulcahy, élevé à la pub et au clip, a une esthétique qui revendique clairement ses origines. Trente ans après, ce qui pouvait sembler cool est devenu franchement gênant.

Un exemple, qui arrive au tout début du film. Christophe Lambert (qui est immortel, donc, je ne vais pas rappeler l’histoire) assiste à un combat de catch et ressent la présence d’un autre immortel. Il descend donc au garage souterrain où la rencontre a lieu (parce qu’il ne doit en rester qu’un, et du coup ils doivent se couper la tête, seule façon de tuer un immortel). Suspense, tension, plan de coupe : un gros plan sur la chaussure de Christophe écrasant rageusement une canette de coca. Et là on se dit : il a pas mieux à faire, McLeod ? Y’a un type qui veut lui couper la tête, et lui il écrase une canette. Si au moins il la ramassait pour la mettre à la poubelle…

Ce n’est pas tout : dans la même scène, son adversaire surgit au bout d’une allée et s’approche en enchaînant les saltos. OK. Alors là on se dit : ah bon ? Des détails comme ça, qui semblent n’être là que pour « faire cool » ou pour éviter le vide, il y en a des tonnes dans la partie « moderne » du film. La nature même du grand méchant est ainsi une immense caricature, qui franchit allègrement les limites du ridicule (en particulier dans une scène grotesque se déroulant dans une église).

Alors oui, Highlander reste dans mon cœur. Même si le film est par moments presque inregardable. On se raccroche aux très belles images écossaises, au duel final esthétisant plutôt séduisant, aux chansons parfois émouvantes de Queen (« Who wants to live forever ? », avec l’image d’une Heather qui vieillit pendant que son Connor de marie reste éternellement jeune, ça fait son petit effet), et à Sean Connery qui livre un numéro de cabotinage assez réjouissant. C’est déjà beaucoup, non ?

Le Gang des frères James (The Long Riders) – de Walter Hill – 1980

Posté : 22 septembre, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, HILL Walter, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Gang des frères James

Walter Hill a réuni à peu près tout ce qu’Hollywood comptait comme fratries pour son film sur les frangins les plus célèbres de l’Ouest : Stacy Keach et son frangin James (qui ont également participé au scénario) dans les rôles de Frank et Jesse James ; les Carradine qui jouent leurs sidekicks méconnus les Younger ; mais aussi Randy et le tout jeunôt Dennis Quaid qui interprètent les Miller, encore moins connus sous nos contrées si éloignées de l’Ouest sauvage. Même les assassins de Jesse James, les frères Ford, sont joués par de vrais frangins, Christopher et Nicholas Guest.

Ce parti-pris n’est pas révolutionnaire, mais il donne un petit quelque-chose en plus à ce western dont, bien sûr, on connaît d’emblée la fin. Walter Hill colle aux faits historiques qui ont si souvent inspirés des cinéastes, et pas n’importe lesquels : Henry King, Fritz Lang, Nicholas Ray… jusqu’à Andrew Dominik plus récemment, ils s’y sont tous collés. Hill, lui, choisit d’être au plus près de ses personnages, accordant la même attention à chacun d’entre eux, et jouant habilement avec leurs authentiques liens fraternels.

Pas besoin d’en rajouter pur sentir le poids de ces liens, et des racines, de la terre à laquelle ils sont viscéralement attachés, Randy Quaid conspuant constamment « les Nordiques », David Carradine souffrant du mal du pays dès qu’il quitte son état…

Amoureux sincère du western, genre qu’il revisitera régulièrement, que ce soit d’une manière frontale (Geronimo, Wild Bill) ou à peine déguisée (Extrême préjudice, Dernier recours), Hill filme un Far West formidablement reconstitué, qui sent la sciure, la boue et la poussière. Ses nombreux moments de bravoure sont particulièrement percutants, mais ce sont les moments en creux qui dominent curieusement : ceux où les bandits déjà mythiques baissent la garde (chacun à leur manière) devant des femmes dont ils sont désespérément amoureux (chacun à leur manière). Et qui leur font perdre tous leurs repères.

Rambo (First Blood) – de Ted Kotcheff – 1982

Posté : 17 septembre, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, ACTION US (1980-…), KOTCHEFF Ted, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Rambo

Revoir le premier Rambo est frappant à plus d’un titre. Trois ans avant la première suite, qui fera du personnage une sorte de mythe, symbole des eighties extravagantes, la naissance de l’autre rôle culte de Stallone est encore très inscrit dans l’esthétique des années 70, comme Les Faucons de la nuit, film méconnu qu’il a tourné l’année précédente.

Surtout, John Rambo, ce vétéran du VietNam incapable de renouer avec la vie civile, est à peu près à l’opposée de ce qu’il représentera par la suite et pour la fin des temps (mais je m’avance peut-être), ce symbole d’une Amérique triomphante. Ce qu’il représente dans ce premier film, c’est plutôt la mauvaise conscience de cette Amérique qui tourne le dos à ceux qu’elle a sacrifiés.

Rambo est à la croisée des mondes : entre les 70s et les 80s, entre le Stallone humain et audacieux et la star bodybuildée et bigger than life. On sent constamment ce tiraillement, cette hésitation entre le film sombre et engagé, et le surhomme que Stallone assumera pleinement dès Rambo 2.

Parce que contrairement à Rocky, l’autre grande création de Stallone, Rambo n’est pas un alter ego de l’acteur : c’est un fantasme qui ne fait qu’affleurer dans ce premier film, de loin le plus intéressant de la saga. Certes, Rambo est un vétéran surentraîné, qui domine tous les flics lancés à sa poursuite et dynamite littéralement la ville qui l’a rejeté. Mais c’est aussi un homme totalement paumé, dépassé par la situation dans laquelle il s’enferme, et qui s’effondre comme un enfant devant cette figure de père que représente le colonel Trautman.

Une vraie caricature ce Trautman, joué au premier degré et sans nuances par un Richard Crenna ni crédible, ni sensible. Plus intéressant, le rôle de « grand méchant » est dévolu au shérif de la ville, dont le badge est monté à la tête. L’imposant Brian Dennehy donne une vraie profondeur à ce personnage qui se résume en fait à un sale con, plus pathétique que véritablement dangereux.

Ted Kotcheff fait le job efficacement. Si la dernière partie « urbaine » est un peu en-deçà, la première heure est parfaitement tendue, avec ce qu’il faut de scènes d’action pour faire de Rambo un personnage à part, mais avec une esthétique très seventies. Et on se prend à imaginer ce que cette partie « forestière » aurait donné devant la caméra d’un John McTiernan, par exemple.

Rain Man (id.) – de Barry Levinson – 1988

Posté : 13 août, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, CRUISE Tom, LEVINSON Barry | Pas de commentaires »

Rain Man

Il n’a pas tant vieilli que ça, ce très gros succès des 80s, peut-être parce qu’il pose un regard légèrement désenchanté déjà sur cette décennie clinquante. Le personnage de Tom Cruise est assez marquant en cela : le flambeur magnifique de Top Gun est à la dérive, deux ans plus tard. Les ray ban, le sourire carnassier et la jeunesse insolente sont toujours bien là, mais teintés d’un fort sentiment d’échec qui apparaît dès les premières scènes.

Par sa facture, le look des acteurs, et la musique, le film paraît certes un peu daté, mais le côté madeleine de Proust fonctionne à plein régime. Et qu’est-ce que vous voulez, c’est là que j’ai commencé à vraiment l’aimer, le Tom. Oui, je sais, je n’ai pas encore évoqué la prestation de Dustin Hoffman, assez génial dans le rôle de Raymond, l’autiste surdoué : rôle taillé pour l’Oscar qui ne pouvait décemment pas lui échapper cette année-là (les autres nommés se sont-ils déplacés ? Faudrait vérifier…).

Mais le jeu de Tom Cruise, moins spectaculaire, m’a toujours autant ému, voire plus. Et puis il faut souligner l’ambition de la jeune star, qui aurait pu se contenter d’enchaîner les rôles de jeune premier magnifique après son premier triomphe, mais qui préfère choisir un sujet plus grave, et un rôle plus en retrait. C’est comme ça qu’on bâti une filmographie comme la sienne.

Cela dit, le film est réussi avant tout parce que l’alchimie entre ces deux-là est parfaite. C’est à leur duo de frères si dissemblables que l’on doit tous les beaux moments du film. Et entre quelques passages un peu longuets, il y a des tas de moments de pure magie comme cette scène, superbe, où Charlie comprend que le « rain man » qui peuple ses souvenirs d’enfant n’est pas le fruit de son imagination.

Il faudrait d’ailleurs insister sur la beauté de ce titre, simple en apparence, et qui colle parfaitement à ce que raconte le film : le rapport à sa propre enfance perdue. Simplement et sincèrement émouvant.

Mosquito Coast (The Mosquito Coast) – de Peter Weir – 1986

Posté : 2 juillet, 2018 @ 3:03 dans 1980-1989, FORD Harrison, WEIR Peter | Pas de commentaires »

Mosquito Coast

Après l’excellent Witness, Peter Weir et Harrison Ford rempilent pour ce beau film d’aventures et d’obsession, qui fut l’un des seuls échecs publics de Ford durant cette décennie incroyable pour lui (deux Star Wars, trois Indiana Jones, un classique absolu de la SF, jetez donc un œil à sa filmo). Échec injuste, ne serait-ce que pour l’acteur, dont la prestation est l’une de ses plus intenses.

Américain moyen un peu lunaire, père de famille et inventeur du dimanche, révulsé par la société capitaliste et ses pièges dont il veut se défaire radicalement, il embarque sa femme, ses enfants et une machine de son invention qui fait de la glace sans électricité, direction la forêt vierge où il a acheté une « ville » perdue au cœur de la jungle. Et où il s’emploie à construire une machine à glace géante, qui domine cette micro-société comme une espèce de dieu omnipotent.

Cette aventure a tout du voyage obsessionnel, une sorte d’Apocalypse Now familial qui ne prend jamais le spectateur dans le sens du poil. La symbolique n’est pas légère : plus la famille s’enfonce profondément dans la jungle, plus le père s’enferme dans la folie et l’obsession. Mais Weir est un excellent réalisateur, qui sait tirer le meilleur parti de ses décors (naturels), et qui sait surtout filmer des personnages dans toute leur complexité.

Ford est extraordinaire, donc, mais le pivot du film, c’est son fils, joué par la comète River Phoenix (qui jouera Indy jeune dans La Dernière Croisade), tantôt acteur, tantôt spectateur impuissant au regard bouleversé et bouleversant. Jusque dans ses imperfections, avec ses quelques lenteurs et ses outrances, Mosquito Coast est un film fascinant et déchirant.

Prince des ténèbres (Prince of Darkness) – de John Carpenter – 1987

Posté : 6 mai, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, CARPENTER John, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Prince des ténèbres

Après une série de déceptions au box-office, John Carpenter était revenu au sommet avec ce film radical, l’un de ses meilleurs, peut-être le plus angoissant, le plus terrifiant et le plus viscéral de ses films.

Très différent de Halloween, film plus classique dans sa forme, Prince of Darkness en prolonge pourtant l’esprit d’une certaine manière, dans sa manière d’aborder le Mal comme une entité qui menacerait directement et physiquement les hommes. « Le croque-mitaine est à notre porte » peut-on d’ailleurs entendre, comme un clin d’œil au premier classique de Carpenter. Autre clin d’œil : les allées typiques des banlieues bourgeoises américaines, filmées par ces grands travellings qui sont la superbe signature de Carpenter.

Le contexte, cependant, est radicalement différent. Le scénario, signé par un certain Martin Quatermass (pseudo de Carpenter, grand fan de la série des Quatermass), joue habilement sur la frontière entre la science et la foi. Un thème qui permet au cinéaste de dire déjà ce qu’il pense de la religion (il ne s’en privera pas non plus dans Vampires), sans prendre de gants ; Donald Pleasance est un prêtre que l’on voit débarquer en limousine, snobant les SDF et remettant toute sa foi en cause en 10 secondes.

Ce réceptacle mystérieux sur lequel enquêtent étudiants et scientifiques dans une église isolée est surtout l’occasion d’un pur exercice de style, qui ne répond qu’à une ambition : comment utiliser le cinéma pour créer une pure atmosphère de terreur. C’est ainsi une véritable leçon de cinéma que livre Carpenter, enchaînant les moments de pure trouille.

Au-delà des quelques effets un peu faciles, c’est la capacité qu’il a d’instaurer en quelques instants une atmosphère totalement angoissante qui force le respect. Quelques notes de cette musique binaire entêtante et troublante (signée Carpenter itou), quelques gros plans sur des insectes ou le vent dans les arbres, un travelling bien placé… Et on se fout bien de l’histoire, qui n’est qu’un prétexte : Carpenter joue avec nos nerfs. Il en fait ce qu’il veut, et on en redemande.

Papy fait de la résistance – de Jean-Marie Poiré – 1983

Posté : 4 mai, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, POIRE Jean-Marie | Pas de commentaires »

Papy fait de la résistance

Il y a des comédies comme ça qui ne valent objectivement que pour les dialogues et les acteurs, et qui tiennent remarquablement le coup. C’est le cas des Tontons flingueurs, c’est le cas aussi de quelques films de Jean-Marie Poiré, réalisateur franchement calamiteux, mais qui a eu la chance de travailler avec la troupe du Splendid, et surtout avec Clavier (pas toujours pour le meilleur, c’est vrai).

Et Christian Clavier, pour le coup, est à peu près ce qu’il y a de mieux dans Papy…. Sans aucune surprise, son personnage recycle le prétentieux ridicule qui a fait sa gloire. Mais il faut le reconnaître : il est assez grandiose en prétentieux ridicule. Et qu’est-ce que vous voulez, le voir, après avoir voulu jouer les héros, s’enfuir de la Kommandantur en hurlant « Barrez-vous, on est foutu ! », ben ça continue à me faire rire bien franchement.

Gérard Jugnot, aussi, excelle dans la caricature du salaud collabo : « N’ayez pas peur, c’est Français : c’est la police française ! » Il y a Jacqueline Maillan aussi, d’une dignité irrésistible. Et Michel Galabru, en papy hélas franchement sous-exploité.

En revanche, difficile de sauver Martin Lamotte (co-scénariste avec Clavier) et son personnage de Super-Résistant dont on se demande encore ce qui est le plus grotesque : son déguisement, ou sa couverture de coiffeur très efféminé. De quoi faire passer La Cage aux folles pour une évocation raffinée de l’homosexualité…

La principale erreur finalement, c’est peut-être d’avoir voulu s’appuyer sur une histoire plus développée que Le Père Noël est une ordure, qui reposait presque exclusivement sur les acteurs et leurs dialogues. Ici, avec un réalisateur incapable de mettre du rythme, des acteurs inégalement servis, et pas tant de comique pur que cela, on finit par s’ennuyer gentiment. En tout cas dès que Clavier et Jugnot ne sont pas à l’écran.

Conan le destructeur (Conan the Destroyer) – de Richard Fleischer – 1984

Posté : 22 avril, 2018 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

Conan le destructeur

Richard Fleischer est un réalisateur au parcours assez fascinant, dont la filmographie regorge de petites merveilles, ou de curiosités hautement recommandables. Ce constat étant fait, et le gars m’ayant rarement déçu jusque là, il paraissait indispensable de surmonter mes a priori et de découvrir sa première incursion dans la heroic fantasy (Kalidor, à la triste réputation, suivra encore), suite d’un petit classique du genre qui lança la carrière ciné de Schwarzenegger.

Bref, bien décidé à guetter dans les détails d’un grand cinéaste derrière la caméra, je me réjouis d’abord des plans joliment chiadés, de ces belles images qui émaillent le film. Et, pour finir, de ce très beau dernier plan qui annonce une suite que l’on continue à annoncer, plus de trente ans plus tard. Fleischer a un sens du cadre qu’il faut lui reconnaître, jusqu’à ces dernières réalisations. Donc.

Mais quel ennui ! Les exploits de Conan s’enchaînent avec un fil conducteur dont on se fout totalement, avec un humour lourdingue et des scènes d’action un peu molles du genou. Dans sa construction, le film évoque moins le premier Conan le barbare que Josey Wales hors-la-loi, avec ce voyageur dont la compagnie ne cesse de s’agrandir au gré de ses rencontres. Mais là où Eastwood créait une sorte de famille symbolique, lui ne fait qu’accumuler les personnages trop stéréotypés.

Le film n’existe en fait que pour mettre en valeur le physique incroyable de Schwarzenegger. Mais pour cela, mieux vaut revoir Predator, et laisser Fleischer tranquille…

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