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Archive pour la catégorie '1980-1989'

Ulysse – d’Agnès Varda – 1982

Posté : 7 avril, 2026 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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L’une des très belles choses dans l’œuvre d’Agnès Varda, c’est cette impression que chaque film, chaque image, fait partie d’un grand tout cohérent, et que ce qu’elle filme ne cesse d’interroger son propre passé, dans un éternel dialogue entre le passé et le présent.

C’est particulièrement sensible dans ce court métrage construit en 1982 autour d’une photo en noir et blanc prise par Varda en 1954. Sur une plage de galets de la Manche, on y voit un enfant nu, assis entre un homme lui aussi nu, le dos tourné et le regard levé vers la mer, et une chèvre morte au premier plan, visiblement tombée d’une falaise.

C’est par cette image fixe que commence le film, d’abord sans commentaire, le temps de laisser le spectateur s’imprégner de ce qu’elle montre, de la composition de la photo et du sentiment qu’elle dégage. Puis, la voix de Varda résonne, cette voix si singulière qui, toujours, invite à regarder sous un autre angle, avec naturel et chaleur.

Dans ce dialogue entre hier et aujourd’hui, dont elle est elle-même une figure centrale, Varda nous entraîne dans les souvenirs de cette journée précise, en compagnie de l’homme et de l’enfant, vingt-huit ans plus tard. De ce petit sujet sans importance, Varda tire un beau film sensible et plein d’humanité, aussi anecdotique que poétique. Beau geste.

Mur Murs – d’Agnès Varda – 1980

Posté : 5 avril, 2026 @ 8:00 dans 1980-1989, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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A Los Angeles où elle accompagne Jacques Demy qui travaille sur un projet de film, Agnès Varda ouvre les yeux, observe, et se passionne pour un aspect de la ville qui n’avait sans doute jamais intéressé le moindre cinéaste avant elle, en tout cas pas au point d’en tirer un long métrage si incarné. Elle se passionne, donc, pour les « murales », ces grandes fresques murales omniprésentes dans la plupart des quartiers populaires.

Ces fresques sont donc le cœur de ce film à sa manière, dont elle assure l’envoûtante narration en voix off. Elles sont de chaque scène, de chaque plan presque, comme une variation spectaculaire et hollywoodienne de ses parisiennes Dites Cariatides à venir. A ceci près que ces « murales » sont des portes d’entrée pour la plus intime des découvertes de L.A. : où et quand a-t-on eu le sentiment d’être à ce point dans la vérité de cette ville tentaculaire ?

C’est tout l’art et toute la grandeur d’Agnès Varda : où qu’elle soit, quoi qu’elle filme, c’est son amour des gens qui domine, ce regard si humain, à hauteur d’homme, jamais en surplomb, jamais à distance. « Varda cares », comme on pourrait dire : Varda s’intéresse, profondément et sincèrement. De sa virée à travers Los Angeles, le regard et la caméra tourné vers ces murs couverts de peintures, elle tire une balade-rencontre avec de vrais « Los Angeliens », qu’elle seule met en valeur.

Au fil de cette balade fascinante, elle retrouve les artistes anonymes, ceux qui passent parfois des mois voire des années à réaliser des fresques qui ne leur apportent pas grand-chose de plus qu’un maigre chèque (dans le meilleur des cas) et la satisfaction bien solitaire d’avoir réalisé quelque chose de grand, à défaut d’être durable. Parce que comme souvent chez Varda, c’est un monde en suspens qu’elle filme, dont elle saisit l’aspect éphémère.

Elle retrouve les artistes qui, pour la plupart, n’ont pas signé leurs œuvres. Comme cet homme qui a passé douze ans à orner de cochons les murs interminables d’un gigantesque abattoir. Ou cet autre dont les œuvres sont condamnées à la destruction, où à végéter dans d’étroites ruelles lorsque de nouveaux bâtiments changent le paysage.

D’une fresque à l’autre, d’un quartier à l’autre, Varda la Française nous fait découvrir les mille visages de Los Angeles, les sourires de ses habitants, la richesse picturale de ses rues et carrefours si par ailleurs dénués de charmes, et pourtant si plein de vie. C’est humain, tendre, passionné et brillant. Du grand Varda, encore une fois.

Les dites Cariatides – d’Agnès Varda – 1984

Posté : 20 février, 2026 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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« Le nu, dans la rue, est plus souvent en bronze qu’en peau humaine, plus souvent en pierre qu’en chair… » C’est la voix d’Agnès Varda qui ouvre ainsi ce petit film, alors qu’un jeune homme totalement nu sort d’un immeuble parisien.

Incongru, voire scandaleux, et c’est pourtant dans des rues pleines de nus que nous emmène la caméra d’Agnès. Et même, des femmes nues dans des poses souvent lascives. Et c’est une déclaration d’amour à sa manière que signe la cinéaste, aux « cariatides » donc, ce qui nous permet au passage d’apprendre qu’une cariatide est une statue, le plus souvent de femme, qui sert de colonne dans l’architecture urbaine.

Varda filme essentiellement ces statues/colonnes au plus près, mais en captant quelques scènes de rues qu’elle met en parallèle : une statue d’homme tout en muscle surplombe des porteurs de caisses, deux gardiennes de pierre entourant une gardienne d’immeuble à sa fenêtre.

Tout en filmant ses trésors sculptés, que personne ne regarde jamais vraiment au fond, Varda digresse, évoque Athènes et Baudelaire, errance poétique et curieuse, la tête levée.

Jamais plus jamais (Never say never again) – de Irvin Kershner – 1983

Posté : 14 février, 2026 @ 8:00 dans * Espionnage, 1980-1989, ACTION US (1980-…), James Bond, KERSHNER Irvin | Pas de commentaires »

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On connaît l’histoire : Kevin McClory, suite à un procès intenté à Ian Fleming, gagne les droits d’Opération Tonnerre, sur l’adaptation duquel il avait travaillé, avec l’interdiction d’en tirer un film avant dix ans. Il en faut dix de plus pour qu’il concrétise son ambition de toujours : produire son propre James Bond, indépendant de la série officielle d’EON productions.

Et voilà comment, en 1983, les spectateurs ont eu droit à deux James Bond : Octopussy, le n°13 officiel, le sixième avec Roger Moore ; et Jamais plus Jamais, qui marque le retour aux affaires, après une décennie d’absence de Sean Connery qui avait pourtant dit « plus jamais » après avoir accepté de revenir une première fois avec Les Diamants sont éternels (après le passage en coup de vent de George Lazenby pour Au service Secret de sa Majesté).

Connery a fait quelques films marquants après avoir raccroché son Walter PPK, et il connaîtra un nouvel âge d’or à partir de la fin des années 1980. Mais en ce début de décennie, sa carrière, si elle ne manque pas totalement d’intérêt, patine tout de même sérieusement. Un coup de projecteur (et un gros chèque) ne pouvant faire de mal, il accepte donc de rempiler pour ce qui est une variation autour d’Opération Tonnerre, avec la plupart des détails qui font l’ADN de la série James Bond, à quelques exceptions près : pas de ligne de mire pour ouvrir le film, pas non plus le fameux thème de John Barry (c’est Michel Legrand qui s’y colle).

Au box office, Octopussy a gagné le duel d’une courte tête, mais Jamais plus jamais, réalisé par un spécialiste des suites (L’Empire contre-attaque, RoboCop 2), a rencontré un vrai succès. Plutôt mérité : même si cette période n’est clairement pas la plus passionnante pour les James Bond, ce 007 dissident tient plutôt bien la route, passé une première partie lourdingue et d’une rigidité pas loin de provoquer la gêne.

Sean Connery a perdu de sa superbe, et de ses cheveux. Mais il a toujours ce petit sourire sardonique ou rigolard, c’est selon, qui fait toujours son petit effet. Et il ne lui faut pas longtemps pour retrouver ses marques avec ce rôle qu’il a créé, et qu’il ne cherche pas à rendre aimable. Et Kershner est un réalisateur qui a au moins le talent de l’efficacité : guère convainquant sur l’humour (Bond hameçonné par une pêcheuse sculpturale), il se révèle en revanche parfaitement à l’aise dans l’action.

Et sur ce terrain, le film est plutôt généreux et inventif, avec pour point d’orgue la fuite à cheval d’un château surplombant la mer, très réussie malgré des effets spéciaux d’un autre âge. Et un affrontement sous-marin entre Bond et un grand requin, qui lui reste assez bluffant quarante ans après.

Le film a quand même un côté « toujours plus » dont on sent bien qu’il est là pour combler un scénario qui n’invente rien : beaucoup de scènes semblent n’être là que pour accumuler les morceaux de bravoure, si courts et inutiles soient-ils, voire pour justifier une apparition dans la bande annonce ou sur l’affiche (l’envol avec le jet pack amélioré par exemple).

Côté casting aussi, c’est l’accumulation. Ni Edward Fox en M, ni surtout Max Von Sydow en Blofeld n’ont grand-chose à jouer, et Klaus Maria Brandauer cabotine dans le rôle du grand méchant. On notera quand même deux révélations : celle de Rowan Atkinson dans son tout premier rôle au cinéma, et celle surtout de Kim Basinger, dont la carrière ne tardera pas à décoller. Quant à Sean Connery, il lui faudra encore quelques années avant de retrouver la grâce, avec Le Nom de la Rose et Les Incorruptibles.

Amadeus (id.) – de Milos Forman – 1984

Posté : 3 février, 2026 @ 8:00 dans 1980-1989, FORMAN Milos | Pas de commentaires »

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Comment peut-on être cinéphile, approcher la cinquantaine, s’abreuver de films depuis les années 1980, et ne jamais avoir vu Amadeus ? Voilà de quoi surprendre, et même choquer un ami qui fut le compagnon de mes premières passions cinéphiliques, pour qui le film de Milos Forman est un pilier incontournable, et qui m’enjoignît donc de rattraper au plus vite cette lacune. Ce qui fut fait prestement, ou presque.

Alors ? Eh bien pas emporté dans une extase irrépressible, mais séduit par l’originalité et l’audace du point de vue, pour résumer en quelques mots mon premier ressenti. Raconter la vie de Mozart du point de vue d’un compositeur tombé dans l’oubli (et paradoxalement réhabilité par le film de Forman) à cause de sa rivalité avec le jeune Wolfgang Amadeus, qu’il voyait comme un disciple potentiel et qui le surpassa en tout, était pour le moins audacieux.

Certes, le film, qui au fond ne parle que de la mort, prend de grandes libertés avec la réalité historique, faisant de Salieri le possible assassin de Mozart, et un piètre musicien (cette fois, c’est plutôt l’histoire récente post-Amadeus qui l’a réhabilité). Mais qu’importe au fond : Forman ne fait pas le choix de l’authenticité à tout prix, baignant son film dans une sorte de folie et d’onirisme baroque qu’il revendique avec humour. « Trop de notes », reprochent les puristes au jeune Wolfgang.

Le parti-pris déroute par moments, particulièrement dans l’interprétation tout en excès de Tom Hulce et de ses perpétuels rires stridents, qui font de Mozart une sorte d’écervelé frôlant l’idiotie, et d’une vulgarité affligeante. Face à lui, F. Murray Abraham est plutôt très bien dans un rôle de « grand homme » pathétique et rongé par la jalousie. On peut au moins affirmer que tous deux trouvent là les rôles de leur vie (ce qui n’est pas un grand risque pour Hulce, dont le seul autre fait d’armes majeur est d’avoir prêté sa voix à Quasimodo dans Le Bossu de Notre-Dame).

Avec les excès et la folie d’Amadeus, Milos Forman réussit en tout cas son pari : donner à voir ce qu’est la musique de Mozart, qui certes n’avait pas besoin de ça.

Une minute pour une image – mini-série d’Agnès Varda – 1983

Posté : 23 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Agnès Varda a sélectionné des photos (170, dont 14 qu’elle commente elle-même) qui apparaissent à l’écran, laissant au spectateur le temps de les observer avant qu’elle ne dise en voix off ce que ces clichés lui inspirent. Cela peut être un détail de l’image, une histoire qu’elle lui rappelle, ou des interrogations, qu’importe.

Le propos est aussi varié que les photos retenues. Le regard rude d’une Algérienne forcée de posée dévoilée, et c’est à l’humanité de la femme que Varda pense, mais aussi celle du photographe de l’armée. Cinq mains qui en opèrent une sixième lui inspirent des références religieuses. Une autre main, sur une autre photo, qui tente de serrer une « main-poisson », et Varda qui tente de décrypter cette image

D’un épisode à l’autre, le ton peut être radicalement différent. Après un portrait de famille qui rappelle les compositions de l’école hollandaise, un charnier inspire des pensées contradictoires, alliant beauté et laideur… Une image surréaliste ou une photo ancienne, poétique ou historique. En quelques secondes, Varda a toujours ce petit commentaire personnel et pertinent qu’on ne voit pas venir. A montrer dans les écoles, pour réapprendre à regarder les images…

T’as de beaux escaliers, tu sais… – d’Agnès Varda – 1986

Posté : 21 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Pour les 50 ans de la Cinémathèque Française, Agnès Varda signe un hommage à sa manière : un très court métrage (3 minutes) autour des fameux escaliers de l’institution, alors à Chaillot, où elle filme les spectateurs entrant ou sortant, souvent mis en scène pour répondre à des images mythiques du cinéma, tous mettant en scène des escaliers.

Pépé le Moko, Juve contre Fantômas, Le Cuirassé Potemkine, Citizen Kane, Le Mépris et quelques-autres défilent ainsi, dans un montage qui témoigne d’un amour immodéré pour le cinéma, et donne une furieuse envie d’aller en salles. Et pas uniquement pour voir des classiques : l’apparition d’Isabelle Adjani sur les marches, après un extrait de L’Histoire d’Adèle H, sonne comme un rappel que le cinéma n’appartient pas à l’histoire, mais qu’il est un art bien actuel.

Tout feu tout flamme – de Jean-Paul Rappeneau -1982

Posté : 18 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, RAPPENEAU Jean-Paul | Pas de commentaires »

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Jean-Paul Rappeneau est un réalisateur qui s’y connaît en matière de rythme. C’est indéniable, et c’est une nouvelle fois flagrant avec ce Tout feu tout flamme, comédie plus touchante que drôle mais très trépidante qui lui permet de retrouve un acteur dont le dynamisme naturel était déjà au cœur de son précédent film, Le Sauvage.

Yves Montand, donc, choix idéal pour ce personnage de père flamboyant et très absent qui revient après des années d’absence auprès des filles et de la mère qu’il a laissées derrière lui pour aller vivre l’aventure aux quatre coins du monde. Un personnage bondissant et excessif, dont les sourires dissimulent mal un égoïsme assez radical. Ou comment Rappeneau joue des excès dans lesquels Montand peut trop facilement tomber.

Face à lui, Isabelle Adjani est une autre incarnation de la fougue, jeune fille confrontée trop tôt aux responsabilités de l’âge adulte. Là encore, c’est l’image un peu froide qu’a pu véhiculer l’actrice qui sert de moteur à Rappeneau, qui confronte ici les images respectives de ses deux stars, a priori aux antipodes.

Le fait est que le rythme de ses acteurs sied parfaitement au cinéma de Rappeneau, qui signe l’une de ces comédies enlevées et pétillantes dont il a le secret. Mais au-delà du pur rythme, imparable, le cinéaste ne fait qu’effleurer les thèmes qu’il met en place. L’amertume passe vite à l’as, tandis qu’une intrigue pseudo-criminelle prend le dessus, jusqu’à un final de film d’aventure qui ne convainc guère.

Je fais la fine bouche : Tout feu tout flamme est une comédie plutôt emballante, au moins dans sa première partie, et un savoureux numéro de duettistes pour ses deux stars. Mais il y a quand même un côté un peu vain dans cette aventure, qui hésite constamment entre la pure comédie de situation et le film d’aventure, et se perd totalement par moments (la « folie » d’Adjani, la fusillade finale…).

Comme si lui-même s’était rendu compte de la vacuité de son entreprise, Rappeneau attendra huit ans avant de repasser derrière la caméra. Ce sera pour un film autrement plus ambitieux : Cyrano de Bergerac, son triomphe.

Le Marin des mers de Chine (‘A’ gai waak) – de Jackie Chan – 1983

Posté : 6 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, CHAN Jackie | Pas de commentaires »

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Une envie de Jackie Chan, ça ne se commande pas. Ça ne se prévoit pas non plus d’ailleurs (je ne l’ai pas vue venir!). Mais là qu’elle est là, cette envie, c’est le bon moment pour sortir de son boîtier ce DVD qui trônait sur son étagère depuis bien longtemps sans voir le jour. Un bon Jackie Chan de la grande époque, donc, dont on sait d’avance ce qu’il va nous donner.

Guère de surprise à attendre donc, si ce n’est le contexte historique de cette histoire improbable qui met en scène de dangereux pirates et la rivalité entre des policiers des mers et des policiers des villes, au début du siècle dernier, dans un Hong Kong sous domination anglaise. Voilà pour le décor, qui ne donne évidemment pas lieu à une critique de l’impérialisme ou à une quelconque réflexion. Ce n’est pas le lieu.

Ce qu’on attend, et ce qui nous est offert, c’est un festival Jackie Chan, avec des cascades parfois très inventives (la poursuite à vélo, la course de Jackie avec sa copine), souvent très spectaculaires comme cette chute d’immeuble, montée trois fois au ralenti pour justifier les fractures dont a souffert l’acteur-réalisateur-cascadeur dont les exploits dépassent de loin ceux de Tom Cruise, et qui plus est sans câbles et sans effets spéciaux.

Un pur plaisir de cinéma d’action décomplexé et bourré d’humour, donc. Encore que l’humour n’est pas toujours du meilleur goût, tombant à plat pour tous les gags qui n’impliquent pas les cascades de la star. Le film, d’ailleurs, souffre de quelques baisses de rythme, dès que Jackie se repose plus de deux minutes. Ce qui, heureusement, n’arrive pas si souvent.

Pour la peau d’un flic – d’Alain Delon – 1981

Posté : 10 octobre, 2025 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1980-1989, DELON Alain | Pas de commentaires »

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C’était probablement contractuel. Dès qu’Alain Delon incarnait un policier, ou même un ex policier comme ici, le mot flic devait figurer dans le titre. Ce qui donne le sentiment que l’acteur a eu une furieuse tendance à bafouiller et à se répéter durant toute une partie de sa carrière. Ce n’est pas tout à fait faux, et on retrouve dans Pour la peau d’un flic quelque chose de l’atmosphère des films de Jacques Deray.

Delon acteur est dans sa zone de confort. Plutôt très juste, surtout lorsqu’il donne la réplique à Anne Parillaud, assez calamiteuse, mais sans la moindre surprise. La star se contente de capitaliser sur son image, sur ses précédents rôles de flics, et sur ce qu’il pense que le public attend de lui. Il apporte d’ailleurs une certaine intensité à son personnage de « privé » embarqué dans une enquête complexe et violente.

Mais Delon est aussi, pour la première fois, derrière la caméra. « Mis en scène et réalisé par Alain Delon », peut-on lire au générique (où son nom apparaît d’ailleurs une demi-douzaine de fois, histoire de bien rappeler que c’est un film d’Alain Delon). Il ne renouvellera l’expérience qu’une seule fois (Le Battant, autre polar réalisé deux ans plus tard), mais ces premiers pas sont plutôt prometteurs.

Adapté d’un roman de Jean-Patrick Manchette, auquel Delon est alors habitué (Trois hommes à abattre l’année précédente, Le Choc l’année suivante), le film révèle à la fois l’ambition de Delon cinéaste, et ses limites de débutant. L’ambition d’abord : le film est pavé de bonnes intentions, la recherche constante d’une atmosphère de film noir et de modernité, que la musique très présente incarne parfaitement. Mais des limites, parce que Delon échoue à créer un véritable sentiment anxiogène. Son film, malgré quelques accès de violence, reste toujours très sage.

De solides seconds rôles masculins (Ceccaldi, Auclair) assurent un plaisir à l’ancienne. Le rôle de potiche assigné aux rares femmes provoque une gêne certaine. Mais ces premiers pas imparfaits révèlent quand même l’efficacité et le sens du rythme du réalisateur Delon. De quoi donner envie de (re)voir son second opus.

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