Rebel Ridge (id.) – de Jeremy Saulnier – 2024
Jeremy Saulnier, auteur complet de ce polar, a au moins le mérite d’éviter les effusions de sang qui sont devenus la norme sur le thème : plus il y aura de cadavres, plus on marquera les esprits. Lui n’a pas oublié que Rambo, dans le premier film, ne tuait personne. La référence n’est pas anodine : elle baigne Rebel Ridge, en tout cas la première partie. Un vétéran arrive en ville, fâche les flics du coin, et ça dégénère.
C’est un peu plus complexe que ça, à vrai dire, parce que Saulnier a d’autres références. En vrac : Copland pour la ville corrompue, Jack Reacher pour les talents de self-defense du héros. Pour le coup pas très original. L’histoire l’est un peu plus, avec un secret bien caché un rien trop complexe et dont on se moque très vite, et un peu gâchée par des dialogues parfois maladroits.
D’un point de vue comptable (le nombre de morts), ce serait presque un film à l’ancienne. Saulnier choisit aussi un rythme étonnamment lancinant, loin de la frénésie de rigueur à Hollywood. A l’image de son héros, dont le débit et les gestes semblent toujours presque au ralenti. Tout ça sonne de manière un peu mécanique par moments, mais on sait gré au réalisateur de faire ce choix rafraîchissant.
C’est en tout cas fort bien filmé, prenant, et il y a le plaisir de retrouver Don Johnson, parfait en shérif corrompu qui assiste à tout ce merdier avec l’air las de celui qui voudrait bien que tout ça s’arrête…









