Play it again, Sam

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L’Extravagant Mr. Deeds (Mr. Deeds goes to town) – de Frank Capra – 1936

Classé dans : 1930-1939,CAPRA Frank,COOPER Gary — 25 septembre, 2018 @ 8:00

L'Extravagant Mr Deeds

Capra est loin d’être un débutant lorsqu’il réalise ce Mr. Deeds goes to town. Il a déjà derrière lui une série impressionnante de films formidables, et le triomphe historique de New York Miami. Mais il y a là une étape importante dans sa filmographie : par son ampleur, ses thèmes et son ton, le film annonce les plus populaires de ses chefs d’oeuvre, de Vous ne l’emporterez pas avec vous à La Vie est belle.

Mais c’est évidemment Monsieur Smith au Sénat qui vient à l’esprit en premier, tant ce film en apparaît comme une sorte de brouillon. Un brouillon déjà excellent et enthousiasmant, mais un brouillon tout de même, qui n’atteint pas la perfection absolue des trois films que Capra tournera avec James Stewart, sommets d’émotion et chefs d’œuvre indépassables du feel-good movie.

Finalement, le principal défaut du film vient de la comparaison inévitable avec les films à venir. Il y a là quelques moments un peu creux, une émotion qui tend à se relâcher, ce qui est assez rare dans le cinéma de Capra. Mais, ces réserves faites, Mr. Deeds est un personnage génial, purement capra-esque : ce « boy-scout » d’une petite ville tranquille qui découvre le cynisme de New York après avoir hérité d’une fortune, et qui découvre en même temps l’amour et la trahison (avec Jean Arthur, elle aussi dans un registre qui lui va comme un gant).

Mr. Smith… reprendra à peu près parfaitement la construction du film, avec une perfection cette fois totale. Mr. Deeds… permet en tout cas à Capra de peaufiner ses obsessions, et d’offrir quelques très beaux moments de cinéma. Lorsque la foule s’anime pour soutenir Deeds, l’émotion est à son comble, et le style Capra bien en place : ce don pour mêler les grands mouvements populaires aux sentiments les plus intimes. Et puis il y a Gary Cooper, tout simplement grand.

Comme un oiseau sur la branche (Bird on a wire) – de John Badham – 1990

Classé dans : 1990-1999,ACTION US (1980-…),BADHAM John — 24 septembre, 2018 @ 8:00

Comme un oiseau sur la branche

Un bon test pour vérifier qu’un film a ce petit quelque chose en plus qui fait la différence. Vous le voyez une fois très jeune, disons vers 14 ans. Vous attendez deux ou trois décennies, et vous confrontez vos souvenirs et sensations d’ados à votre regard de jeune quadra. Oui, ça demande un peu d’organisation, et un peu de temps, mais ça n’est pas inintéressant.

Parfois, le verdict est concluant. J’aurais des tas d’exemples à citer en fouillant sur ce blog, le plus récent étant le magnifique Luke la main froide. Et parfois, ce qui domine, eh bien c’est le poids du temps qui passe. C’est un peu le cas de ce Bird on a wire qui m’avait convaincu à l’époque que Mel Gibson était ce qui était arrivé de mieux au cinéma d’action avec le Bruce Willis période Die Hard, et qui m’avait laissé le souvenir d’une enthousiasmante comédie d’action pleine de vie et de rythme.

Me voilà nettement moins emballé, c’est rien de le dire. On ne s’ennuie pas vraiment devant cette histoire d’un témoin sous surveillance que son ancienne petite amie (Goldie Hawn) retrouve par hasard quinze ans après sa prétendue mort. Mais tout ça a pris un sacré coup de vieux, comme si la révolution Die Hard, justement, n’était pas passée par là.

Des méchants caricaturaux (Bill Duke et David Carradine, qui apparaît pieds nus comme un clin d’œil tout pourri à sa série Kung Fu), un humour un peu lourdingue, une misogynie assumée (Gibson est le héros, Goldie est le boulet), et des scènes d’actions souvent très molles… On est encore en pleines 80s.

Ce n’est jamais surprenant, jamais impressionnant, jamais passionnant, jamais vraiment désagréable non plus. Et il y a quand même cette nostalgie qui finit par s’imposer, dans les yeux des personnages renvoyés à leur propre jeunesse, comme dans ceux du jeune quadra renvoyé à sa prime cinéphilie…

Luke la main froide (Cool Hand Luke) – de Stuart Rosenberg – 1967

Classé dans : 1960-1969,NEWMAN Paul,ROSENBERG Stuart — 23 septembre, 2018 @ 8:00

Luke la main froide

Quinze ou vingt ans que je n’avais pas vu ce film, qui avait bercé ma prime cinéphilie. Et, bonheur ! Je le redécouvre avec la même émotion, et le même plaisir immense.

Cool Hand Luke est, définitivement, un film magnifique, et peut-être le plus beau rôle de Paul Newman. Le plus iconique en tout cas. Jamais sa cool attitude légendaire, cette nonchalance apparente cachant un mal-être évident, n’ont été aussi bien utilisés que dans ce petit chef-d’œuvre.

D’un strict point de vue visuel et de rythme, le film est une merveille. Stuart Rosenberg, en état de grâce, enchaîne les plans superbes, sublimant une nature immense et pourtant austère, parfait contrepoint à la situation des personnages.

Des prisonniers, donc, purgeant des peines très variées pour des méfaits très divers. Newman, lui, a décapité des parcmètres un soir de beuverie, espèce de double tragique de son personnage dans Cat on a hot tin roof. Un jeune homme désœuvré, perdu entre l’enfance et l’âge adulte, souffrant d’une jeunesse gâchée, et confrontée à la barrière cruelle des générations. « What we’ge got, here, is failure to communicate » : cette phrase lancée par le gardien en chef illustre bien cette barrière.

Parenthèse dans un film presque exclusivement masculin, la rencontre avec Arletta, la mère crevarde, est l’une des plus belles scènes de toute la filmographie de Newman, un moment absolument bouleversant qui vous tire des larmes qui n’en finissent plus de couler.

Il y a des tas de moments inoubliables, comme ça. L’incroyable scène du gobage des œufs, la sublime scène du deuil, l’affrontement homérique avec George Kennedy (formidable), brute qui réalise peu à peu l’absurdité de sa posture…

Autant de moments qui soulignent les difficultés du rapport à l’autorité, de la maturité… Ce personnage de Luke est inoubliable, symbole d’une certaine idée de la liberté, face à une société répressive et liberticide. Un acteur en état de grâce, dans un film magnifique.

Le Gang des frères James (The Long Riders) – de Walter Hill – 1980

Classé dans : 1980-1989,HILL Walter,WESTERNS — 22 septembre, 2018 @ 8:00

Le Gang des frères James

Walter Hill a réuni à peu près tout ce qu’Hollywood comptait comme fratries pour son film sur les frangins les plus célèbres de l’Ouest : Stacy Keach et son frangin James (qui ont également participé au scénario) dans les rôles de Frank et Jesse James ; les Carradine qui jouent leurs sidekicks méconnus les Younger ; mais aussi Randy et le tout jeunôt Dennis Quaid qui interprètent les Miller, encore moins connus sous nos contrées si éloignées de l’Ouest sauvage. Même les assassins de Jesse James, les frères Ford, sont joués par de vrais frangins, Christopher et Nicholas Guest.

Ce parti-pris n’est pas révolutionnaire, mais il donne un petit quelque-chose en plus à ce western dont, bien sûr, on connaît d’emblée la fin. Walter Hill colle aux faits historiques qui ont si souvent inspirés des cinéastes, et pas n’importe lesquels : Henry King, Fritz Lang, Nicholas Ray… jusqu’à Andrew Dominik plus récemment, ils s’y sont tous collés. Hill, lui, choisit d’être au plus près de ses personnages, accordant la même attention à chacun d’entre eux, et jouant habilement avec leurs authentiques liens fraternels.

Pas besoin d’en rajouter pur sentir le poids de ces liens, et des racines, de la terre à laquelle ils sont viscéralement attachés, Randy Quaid conspuant constamment « les Nordiques », David Carradine souffrant du mal du pays dès qu’il quitte son état…

Amoureux sincère du western, genre qu’il revisitera régulièrement, que ce soit d’une manière frontale (Geronimo, Wild Bill) ou à peine déguisée (Extrême préjudice, Dernier recours), Hill filme un Far West formidablement reconstitué, qui sent la sciure, la boue et la poussière. Ses nombreux moments de bravoure sont particulièrement percutants, mais ce sont les moments en creux qui dominent curieusement : ceux où les bandits déjà mythiques baissent la garde (chacun à leur manière) devant des femmes dont ils sont désespérément amoureux (chacun à leur manière). Et qui leur font perdre tous leurs repères.

Le Reptile (There was a crooked man) – de Joseph L. Mankiewicz – 1970

Classé dans : 1970-1979,DOUGLAS Kirk,MANKIEWICZ Joseph L.,WESTERNS — 21 septembre, 2018 @ 8:00

Le Reptile

Tout cinéphile qui se respecte doit se souvenir de son premier émoi sensuel devant un écran. Le mien, c’était devant un western dont, longtemps, je n’ai pas su le titre, ni le nom des acteurs, encore moins celui du réalisateur. Bref, le seul souvenir que j’en avais, c’était celui d’un couple de jeunes gens qui s’étreignaient sur une table de billard. La jeune femme dans sa robe collée par la moiteur de l’atmosphère, et la fin tragique (le jeune homme tuait un agresseur en lui lançant une boule de billard) m’avaient profondément marqués.

Mais ce n’est que bien des années plus tard (n’allez pas croire que je suis un vieillard, quand même) que je suis retombé dessus : il s’agissait donc du Reptile, de Mankiewicz. Inutile de dire dans quel état je me suis trouvé en réalisant que mon premier émoi était dû à un cinéaste aussi important que Mankiewicz. Je devais avoir moins de 10 ans à l’époque, et déjà le sens du beau. Oui, c’est émouvant…

Cela étant dit, voir Mankiewicz s’attaquer au western à un âge avancé (c’est son avant-dernier film) est pour le moins inattendu. Evidemment, c’est un western bien atypique qu’il signe, et qui commence avec une série de gros plans sur des sabots de chevaux engoncés dans des « chaussons ». D’emblée, Mankiewicz rompt avec absolument tous les cinéastes qui ont fréquenté le genre avant lui.

Porté par une musique joyeuse et décalée, le film a des allures de comédie, impression confirmée par l’étonnant duo d’homosexuels qui passent leur temps à se chamailler, ou par un ton pince-sans-rire. Mais le fond est sombre, très sombre. Et les personnages sont, selon, des salauds ou des idiots. La palme revient à Kirk Douglas, le « héros » manipulateur qui pousse les prisonniers d’un pénitencier à se révolter pour pouvoir mettre les voiles, et qui donne son ton au film : souriant, ironique, et surtout très cynique.

Face à lui, Henry Fonda, symbole de la droiture dans le cinéma américain, dont la foi en l’être humain lui vaut quelques désagréments… De quoi lui faire voir la vie sous un autre angle. Ajoutons Warren Oates, Hume Cronyn ou Burgess Meredith, dans un très beau rôle de vieux taulard… Ce western unique de Joseph L. Mankiewicz a décidément bien de la gueule.

On en oublierait presque l’histoire, assez convenue, d’évasion. Le film vaut avant tout pour sa galerie de personnages. Et la scène de billard dans tout ça ? Anecdotique et rapidement évacuée. La prime adolescence se nourrit de peu…

La Tour sombre (The Dark Tower) – de Nikolaj Arcel – 2017

Classé dans : 2010-2019,ARCEL Nikolaj,FANTASTIQUE/SF — 20 septembre, 2018 @ 8:00

La Tour sombre

Un constat étonnant, déjà : à une époque où le moindre blockbuster dépasse allègrement les deux heures de projection, même si son scénario se résume à trois lignes au bas d’un chèque, c’est presque incroyable de voir l’adaptation d’une série de romans épais et denses (ils sont de Stephen King, un auteur rarement avare en termes de pagination) « tenir » dans un film ne dépassant pas les 85 minutes.

Pour le coup, c’est peut-être un peu juste. Le bon côté, c’est qu’on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer. Mais d’un autre côté, l’ampleur du récit aurait sans doute demandé un peu plus de détails, de chemins de traverse, voire de temps morts. A force d’épurer le récit, le film perd un peu d’âme, de ce qui fait la beauté des grands films. C’est tout moi, ça : critiquer les grosses productions ampoulées et interminables tant elles sont vides, et regretter qu’une autre grosse production fasse le choix de la synthèse…

Cela dit, il y a plein de belles choses là-dedans. Un Idris Elba charismatique et hyper cool en pistolero dont chaque mouvement relève de la chorégraphie ; un gamin (Tom Taylor) pas tête-à-claque et aussi à l’aise dans l’action que dans l’émotion pure ; un méchant qui a de la gueule (Matthew McConaughey, pas franchement en nuances, mais intense) ; et une histoire qui tient en haleine (des mondes parallèles, des portes comme dans Stargate, des démons comme dans Le Seigneur des Anneaux, un apocalypse qui s’approche comme dans plein de trucs…).

Et puis le film, qui accumule les morceaux de bravoure, n’oublie pas le côté humain en multipliant les rapports filiaux, et ne fait pas systématiquement le choix de la surenchère. Les moments les plus forts sont peut-être les plus modestes : un simple travelling qui révèle que le pistolero a déjà terrassé (hors champs) une demi-douzaine de méchants, ou cette ultime image, une simple lumière qui apparaît dans un recoin de l’image et qui ouvre vers des tas d’horizons que l’on ne verra probablement jamais, le film s’étant vautré en salles.

Dieu seul le sait (Heaven knows, Mr. Allison) – de John Huston – 1957

Classé dans : 1950-1959,HUSTON John,MITCHUM Robert — 19 septembre, 2018 @ 8:00

Dieu seul le sait

Durant la seconde guerre mondiale, un soldat américain échoue sur une île du Pacifique où ils rencontre une jeune religieuse, seule rescapée de sa congrégation. Ces deux êtres que tout sépare vont devoir apprendre à cohabiter pour survivre.

Robert Mitchum et Deborah Kerr ne sont pas tout à fait seuls à l’écran : l’île sur laquelle ils se trouvent est tour à tour envahie par les Japonais et les Américains. Mais ces derniers n’apparaissent que comme une sorte d’entité, plus que comme des personnages à part entière.

De fait, Heaven knows… est peut-être le plus intime des films de Huston, une magnifique variation sur le thème d’African Queen : un homme d’action rencontre une femme d’église dans une région en guerre. Sur le papier, la situation est plus stéréotypée encore : l’homme est un marine, parangon du mâle viril et héroïque ; la femme est une nonne, sur le point de prononcer ses vœux. Quant à l’île, elle est la plupart du temps totalement déserte.

Et pourtant, point l’ombre d’un stéréotype ou d’une facilité dans cette rencontre superbe et d’une infinie délicatesse entre deux solitaires à la croisée des chemins. Deborah Kerr est d’une justesse incomparable dans son rôle de jeune femme pieuse mais pas aveugle, bien consciente des sentiments qu’elle peut provoquer. Et Mitchum, hilarant dans sa scène de beuverie, est tout en nuances, mélange d’assurance et de maladresse, de virilité exacerbée et d’honnêteté presque enfantine.

Entre eux, l’alchimie touche à la magie. Simple désir ou amour sincère, qu’importe : Huston filme une sorte de parenthèse magnifique dans un monde en guerre. Un havre où, comme par miracle, tout s’arrête et des liens, forts mais peut-être fragiles, peuvent se créer. Et Huston signe un film formidable, au rythme absolument parfait, qui joue aussi bien sur les (beaux) décors naturels que sur les différences entre ses deux personnages, traités avec la même attention infinie.

La Phalène d’argent (Christopher Strong) – de Dorothy Arzner – 1933

Classé dans : * Pre-code,1930-1939,ARZNER Dorothy — 18 septembre, 2018 @ 8:00

La Phalène d'argent

Quelques mois plus tard, Dorothy Arzner n’aurait sans doute pas pu tourner ce film, superbe ode féministe d’une modernité étonnante, qui aurait fait virer au rouge sang le triste William Hays : il y est question de liaisons extraconjugales, et qui plus est de liaisons extraconjugales heureuses, en tout cas sincères. Inimaginable dans le Hollywood pudibond…

Le fait que le film soit réalisé par une femme n’est pas anecdotique. Il y a là la sensibilité d’un sexe trop ouvertement dominé, comme le confirme le titre original, forcément un rien ironique (le nom du personnage masculin est mis en valeur, pas celui des femmes). Et avec trois personnages très différents (la mère, la fille, la maîtresse), ce sont à peu près toutes les nuances de la condition féminines qui se dessinent.

Dorothy Arzner joue avec les codes d’un milieu très en vogue à l’époque à Hollywood : la jeunesse dorée, qui fait de sa propre vacuité les bases d’un drôle de jeu. Le film commence ainsi avec des personnages qui doivent dénicher deux espèces en voie de disparition : un homme marié fidèle et fier de l’être, et une femme n’ayant jamais été amoureuse. Autant dire deux spécimens uniques, qui vont forcément se rencontrer… et s’aimer.

Il s’agit de Colin Clive et Katharine Hepburn, dont la jeunesse insolente et la liberté assumée (elle est pilote d’avion, porte des pantalons, et revendique son indépendance) sont d’autant plus fortes qu’ils sont dénués d’affect. « Redémarrez le bateau, ne nous laissons plus aller à la dérive », fait dire Dorothy Arzner à l’un de ses personnages, réplique qui sonne comme un appel lancé aux femmes pour qu’elles prennent leur destin en main.

Pas de salaud ici, mais le poids insupportable des conventions, et des sacrifices qu’imposent systématiquement les hommes. Pas Colin Clive ? Qui jure que jamais il ne demandera à celle qu’il aime de renoncer à voler… avant de lui demander de renoncer à voler, dans un plan formidable ne cadrant que la main de Katharine Hepburn, son poignet arborant un splendide bracelet, et suggérant que les deux amoureux viennent de faire l’amour.

Il y a aussi le personnage de l’épouse, qui se croit privilégiée avant de réaliser qu’elle aussi est délaissée, comme toutes ses amies. Une femme digne et généreuse, mais clairement représentative de générations de femmes gentiment dominées et résignées, prêtes de bonne grâce à accepter ce qu’il faut pour le bonheur du mari, seule condition pour le bonheur du couple.

Le couple le plus heureux, finalement, c’est celui de la fille qui finit par épouser l’homme qui a divorcé pour elle, après avoir elle-même fricoté avec un bellâtre dont elle ne connaissait pas le nom avant de l’avoir embrassé. Mais comme elle le dit : ils n’ont jamais prétendu être différents de ce qu’ils sont vraiment, imparfaits mais sincères.

Ajoutons encore de très belles scènes d’aviation, et un final bouleversant dont le montage garde toute sa puissance aujourd’hui… La Phalène d’argent est une petite merveille.

Rambo (First Blood) – de Ted Kotcheff – 1982

Classé dans : 1980-1989,ACTION US (1980-…),KOTCHEFF Ted,STALLONE Sylvester — 17 septembre, 2018 @ 8:00

Rambo

Revoir le premier Rambo est frappant à plus d’un titre. Trois ans avant la première suite, qui fera du personnage une sorte de mythe, symbole des eighties extravagantes, la naissance de l’autre rôle culte de Stallone est encore très inscrit dans l’esthétique des années 70, comme Les Faucons de la nuit, film méconnu qu’il a tourné l’année précédente.

Surtout, John Rambo, ce vétéran du VietNam incapable de renouer avec la vie civile, est à peu près à l’opposée de ce qu’il représentera par la suite et pour la fin des temps (mais je m’avance peut-être), ce symbole d’une Amérique triomphante. Ce qu’il représente dans ce premier film, c’est plutôt la mauvaise conscience de cette Amérique qui tourne le dos à ceux qu’elle a sacrifiés.

Rambo est à la croisée des mondes : entre les 70s et les 80s, entre le Stallone humain et audacieux et la star bodybuildée et bigger than life. On sent constamment ce tiraillement, cette hésitation entre le film sombre et engagé, et le surhomme que Stallone assumera pleinement dès Rambo 2.

Parce que contrairement à Rocky, l’autre grande création de Stallone, Rambo n’est pas un alter ego de l’acteur : c’est un fantasme qui ne fait qu’affleurer dans ce premier film, de loin le plus intéressant de la saga. Certes, Rambo est un vétéran surentraîné, qui domine tous les flics lancés à sa poursuite et dynamite littéralement la ville qui l’a rejeté. Mais c’est aussi un homme totalement paumé, dépassé par la situation dans laquelle il s’enferme, et qui s’effondre comme un enfant devant cette figure de père que représente le colonel Trautman.

Une vraie caricature ce Trautman, joué au premier degré et sans nuances par un Richard Crenna ni crédible, ni sensible. Plus intéressant, le rôle de « grand méchant » est dévolu au shérif de la ville, dont le badge est monté à la tête. L’imposant Brian Dennehy donne une vraie profondeur à ce personnage qui se résume en fait à un sale con, plus pathétique que véritablement dangereux.

Ted Kotcheff fait le job efficacement. Si la dernière partie « urbaine » est un peu en-deçà, la première heure est parfaitement tendue, avec ce qu’il faut de scènes d’action pour faire de Rambo un personnage à part, mais avec une esthétique très seventies. Et on se prend à imaginer ce que cette partie « forestière » aurait donné devant la caméra d’un John McTiernan, par exemple.

The Passenger (The Commuter) – de Jaume Collet-Serra – 2018

Classé dans : 2010-2019,ACTION US (1980-…),COLLET-SERRA Jaume — 16 septembre, 2018 @ 8:00

The Passenger

Un montage épileptique, des ralentis, zooms et autres effets numériquement modifiés insupportables… On ne peut pas dire que The Passenger emballe son spectateur, avec son style ampoulé qui s’inscrit dans le tout venant du cinéma d’action hollywoodien.

Un Liam Neeson-action hero de plus ? En partie, oui, ce film confirme la triste standardisation de l’ex-Schindler, depuis son Taken triomphal. Mais pour une fois, Neeson assume son âge, et son statut de sexagénaire qui ne peut guère rêver d’un nouveau départ. En cela, le film est assez intéressant, au moins dans sa première partie : en soulignant la routine qu’est devenue sa vie, avec un montage assez original, le film sort du lot.

Cela dit, ce personnage de monsieur tout le monde confronté à une situation extraordinaire est, comme il se doit, un ex-flic, avec les dons exceptionnels qui vont avec côté baston et sens de la déduction. Comment pourrait-il en être autrement, hélas…

Mais le scénario tient en haleine, et Jaume Collet-Serra tient son pari de ne jamais quitter le train dès lors qu’il y a embarqué, avec un certain sens du rythme et de l’espace.

Ça commence plutôt fort : Neeson, dans le train qu’il prend chaque jour pour aller bosser, croise une femme qui lui propose un marché : s’il démasque un intrus dans le train, il gagnera 100 000 euros. Intriguant. Le scénario tient à peu près la route pendant 75 minutes, avant de sombrer dans le film d’action lambda et de révéler une conclusion assez banale.

Et le film, qui s’annonçait comme une rencontre entre Speed et l’excellent Source Code (Vera Farmiga, une intrigue intrigante, un train comme décor unique…) se résume à un énième descendant de Die Hard. Pas désagréable, mais vite oublié. A propos, Die Hard fête ses 30 ans cette année. Yipeekaïee !!!

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