Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Conan le destructeur (Conan the Destroyer) – de Richard Fleischer – 1984

Classé dans : 1980-1989,FANTASTIQUE/SF,FLEISCHER Richard — 22 avril, 2018 @ 8:00

Conan le destructeur

Richard Fleischer est un réalisateur au parcours assez fascinant, dont la filmographie regorge de petites merveilles, ou de curiosités hautement recommandables. Ce constat étant fait, et le gars m’ayant rarement déçu jusque là, il paraissait indispensable de surmonter mes a priori et de découvrir sa première incursion dans la heroic fantasy (Kalidor, à la triste réputation, suivra encore), suite d’un petit classique du genre qui lança la carrière ciné de Schwarzenegger.

Bref, bien décidé à guetter dans les détails d’un grand cinéaste derrière la caméra, je me réjouis d’abord des plans joliment chiadés, de ces belles images qui émaillent le film. Et, pour finir, de ce très beau dernier plan qui annonce une suite que l’on continue à annoncer, plus de trente ans plus tard. Fleischer a un sens du cadre qu’il faut lui reconnaître, jusqu’à ces dernières réalisations. Donc.

Mais quel ennui ! Les exploits de Conan s’enchaînent avec un fil conducteur dont on se fout totalement, avec un humour lourdingue et des scènes d’action un peu molles du genou. Dans sa construction, le film évoque moins le premier Conan le barbare que Josey Wales hors-la-loi, avec ce voyageur dont la compagnie ne cesse de s’agrandir au gré de ses rencontres. Mais là où Eastwood créait une sorte de famille symbolique, lui ne fait qu’accumuler les personnages trop stéréotypés.

Le film n’existe en fait que pour mettre en valeur le physique incroyable de Schwarzenegger. Mais pour cela, mieux vaut revoir Predator, et laisser Fleischer tranquille…

3 hommes à abattre – de Jacques Deray – 1980

Classé dans : * Polars/noirs France,1980-1989,DERAY Jacques — 21 avril, 2018 @ 8:00

3 hommes à abattre

Toute une époque : celle du Delon tout puissant et omnipotent, dont le nom apparaissait trois ou quatre fois au générique, toujours encadré pour être bien en valeur. Delon dans sa superbe, le cheveu au vent, et le corps bronzé et musclé.

Alors forcément, 3 hommes à abattre est moins une adaptation d’un roman de Manchette qu’un véhicule à la gloire de la star. Qui en fait beaucoup, côté roulements d’yeux et mâchoires serrées.

Mais Jacques Deray n’est pas un manchot. Et son polar, tendu, sombre et violent, se regarde avec un certain plaisir. Sans surprise, certes, et le film est visuellement assez terne. Mais la sécheresse de la violence, et le rythme impeccable de quelques séquences d’action (la course poursuite dans Paris, surtout, excellente) assurent l’intérêt.

Le film bénéficie aussi de bons seconds rôles, de Pierre Dux et Michel Auclair en passant Jean-Pierre Darras, Christian Barbier ou Simone Renant. Qui contribuent à faire de 3 hommes à abattre l’une des réussites du polar à la Delon.

Suspense (id.) – de Lois Weber et Phillips Smalley – 1913

Suspense

Un an avant de signer son premier long métrage, Lois Weber réalise ce film court mais formidable, sorte de modèle absolu de tout ce que sera le cinéma de suspense dans les cent ans à venir (et même un peu plus).

L’utilisation du split-screen (particulièrement efficace), le montage alterné, les gros plans… Tout est déjà là, et totalement maîtrisé, pour raconter la course poursuite d’un mari qui se précipite chez lui pour sauver sa femme (Lois Weber elle-même) d’un rôdeur qui les menacent, elle et leur enfant.

C’est d’une efficacité impressionnante, et d’une grande modernité : le son mis à part, le film serait-il réalisé différemment aujourd’hui ? Pas sûr…

D’ailleurs, des plans entiers semblent avoir été copiés par de grands cinéaste : le Kubrick de Shining (la main à travers la porte), le Hitchcock de Psychose, avec cette montée des marches qui se termine en très gros plan. Qui évoque, c’est vrai, un plan célèbre de The Musketeers of Pig Alley, réalisé par un certain Griffith un an plus tôt.

Shoes (id.) – de Lois Weber – 1916

Classé dans : 1895-1919,FILMS MUETS,WEBER Lois — 19 avril, 2018 @ 8:00

Shoes

L’histoire est cruelle et injuste : qui se souvient de Lois Weber, totalement éclipée par son contemporain D.W. Griffith. Celle qui fut la première réalisatrice de l’histoire du cinéma (en tout cas l’une des premières, le titre se disputant avec Alice Guy) fut pourtant aussi importante que Griffith dans l’invention du langage cinématographique.

Shoes est une merveille, l’un des rares films de Lois Weber à avoir survécu (ce qui explique sans doute qu’elle soit à ce point oubliée). Cinéaste engagée et sensible, elle y met en scène une jeune femme obligée de subvenir aux besoins de toute sa famille, qui vit dans une extrême pauvreté.

Rien de bien neuf a priori, y compris en 1916, si ce n’est l’inventivité constante de la mise en scène, avec flash backs, inserts, travellings, gros plans, montage parallèle… Et aussi le point de vue : ces chaussures délabrées dans lesquelles la jeune femme est obligée de se trimbaler, et qui pèsent sur chaque minute de son triste quotidien.

Lois Weber filme merveilleusement les grands yeux tristes de Mary MacLaren. Ce regard perdu, cherchant en vain une issue, est bouleversant.

Au service de la loi (Sergent Madden) – de Josef Von Sternberg – 1939

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1930-1939,VON STERNBERG Josef — 18 avril, 2018 @ 8:00

Au service de la loi

Le sens du sacrifice, celui de l’écoute, la compréhension, et un cœur gros comme ça… Sternberg n’y va pas avec le dos de la cuillère pour sanctifier les policiers, avec ce portrait d’un petit flic des rues dont le fils tourne mal.

Film à la gloire des forces de l’ordre, Sergent Madden assume complètement ce chant d’amour pour les policiers. « Certains sont durs, d’autres sont plus à l’écoute. Mais la plupart sont de bons flics » lance d’ailleurs le personnage principal, joué par Wallace Beery, très émouvant dans un rôle de bon gars nettement plus complexe et profond que ce qu’il a l’habitude de jouer.

Le simple fait d’avoir réussi ce film est une sorte de miracle. Certes, on n’est pas dans la grande période de Sternberg et de ses très grands chefs d’œuvre de la fin des années 20 et du début des années 30. Marlene est partie vers d’autres cinéastes, et lui a un mal fou à se retrouver. Certes.

Mais malgré tous ses excès, Sergent Madden est un film profondément émouvant. Peut-être parce qu’il parle de sentiments simples et sincères, de liens familiaux, et d’un immense gâchis.

Le film met aussi en scène une étonnante famille recomposée, et les erreurs d’un père bon et aimant, qui croit pouvoir amener son fils naturel sur ses propres traces, et lui faire passer ce goût du sang qui l’habite. Un père qui réalise trop tard que ses vrais héritiers sont les enfants qu’il a adoptés, et pas son fils naturel.

Le style de Sternberg surgit subrepticement à quelques reprises : lorsqu’Eillean (Laraine Day) entre dans une pharmacie et que des ombres se dessinent sur son corps, ou lorsque Denis (Alan Curtis) est coursé par son père (Wallace Beery donc) dans un déchirant face à face.

Ciel rouge (Blood on the moon) – de Robert Wise – 1948

Classé dans : 1940-1949,MITCHUM Robert,WESTERNS,WISE Robert — 17 avril, 2018 @ 8:00

Ciel rouge

Mitchum dans un western, l’opposition de deux anciens amis, un bad guy qui se rachète… On est clairement en terrain connu dans ce film de Wise, première incursion du jeune cinéaste dans un genre qu’il ne revisitera que rarement (Les Rebelles de Fort Thorn en 1950, La Loi de la prairie en 1956).

Rien de révolutionnaire, donc, d’autant que le film manque un peu de rythme parfois. Mais Wise compense cette faiblesse par une psychologie très développée et assez complexe de ses personnages. Les doutes de Robert Mitchum, ses rapports avec son frère ennemi Robert Preston, ou la trahison familiale de « l’autre » sœur… Le film, sur ce point, renouvelle plutôt habilement une situation maintes fois déclinée dans le western.

Et puis quelques scènes tirent le film vers le haut. La belle séquence d’ouverture notamment, où l’on découvre Mitchum en cavalier solitaire voyageant sous une pluie battante, et dont la fatigue se lit sur le visage et les épaules tombantes. Les scènes d’action sont aussi particulièrement efficaces : une bagarre sèche et brutale dans un bal, ou le très original duel final.

Le film séduit aussi par sa distribution impeccable. Barbara Bel Geddes, Walter Brennan, Charles McGraw… Que des gueules qui ont ce don pour rendre chacune de leurs scènes marquantes. Le film leur doit beaucoup.

La Forme de l’eau (The Shape of Water) – de Guillermo Del Toro – 2017

Classé dans : 2010-2019,DEL TORO Guillermo,FANTASTIQUE/SF — 16 avril, 2018 @ 8:00

La forme de l'eau

L’Oscar du meilleur film qui revient à un cinéste mexicain pour un film très critique vis à vis de la bonne société blanche et paranoïaque américaine. Rien que ça a quelque chose de profondément réjouissant sous l’ère Trump. Mais surtout, voilà un Oscar qui vient récompenser un cinéma décomplexé et sincère, nostalgique et poétique, qui dresse d’innombrables ponts avec les classiques d’autrefois, mais aussi entre le cinéma de genre et le cinéma d’auteur. Et ça, c’est loin d’être une évidence dans le Hollywood d’aujourd’hui.

On sait Guillermo Del Toro très amateur d’un cinéma peuplé de freaks, et de plongée dans l’histoire entre réalisme et passé fantasmé. Un cinéma viscéral et poétique, qui atteint son apogée ici, avec ce film qu’on se surprend à voir comme une sorte de suite, plus qu’un simple hommage, aux films de monstres des années 50. On pense à L’Etrange créature du lac noir bien sûr, dont le monstre reprend l’apparence, mais aussi les origines (même lagon au cœur de l’Amazonie, même aspect humanoïde, même branchies…).

On pense aussi, évidemment, au Tod Browning de Freaks et de quelques autres classiques, avec cette vision décomplexée et dépouillée de toute idée reçue de l’amour, et de l’attirance charnelle. Cette créature est fascinante. Mais son aspect visqueux est surtout un formidable révélateur de la beauté (pas si cachée) de Sally Hawkins, freak à sa manière, muette aux antipodes des canons de beauté habituels, qui s’ennuie dans une vie sans amour et sans surprise, répétant à l’envi les mêmes gestes, jour après jour.

La jeune femme, et ce n’est pas un hasard, vit au-dessus d’un cinéma qui subit durement la concurrence de la télévision. On dans l’Amérique du début des années 60, avec la Guerre Froide qui menace, et les années 50 déjà regardées comme un paradis perdu. Le pays a sombré dans la paranoïa, et toutes les différences sont mal vues par le pouvoir en place, symbolisé par un agent du FBI fidèle à tous les fantasmes qu’on peut lui attribuer : un manipulateur violent et dominateur, campé par un Michael Shannon glaçant.

Le film est constamment sur le fil, s’amusant des stéréotypes et des idées reçues. Qui d’autre aurait pu réussir ce film sans tomber dans le ridicule ? Qui d’autre aurait pu rendre crédible cette histoire d’amour, passionnée et charnelle, entre une jeune femme et un monstre marin ? Qui d’autre, aussi, aurait pu se permettre ce passage de comédie musicale, où Sally Hawkins et le monstre se mettent à danser dans un décor de music-hall ?…

Guillermo Del Toro, non seulement rend son histoire crédible, mais côtoie le sublime dans ce film constamment surprenant, plein de vie, et d’un optimisme naïf… mais beau. Et que dire de Sally Hawkins, la plus belle des « moches » de cinéma. Sa prestation, émouvante et sensuelle, est à elle seule une superbe (et définitive) critique du côté interchangeable de toutes les stars actuelles. Une actrice hors des modes, pour un cinéma intemporel et totalement magique.

Les Douze Salopards (Dirty Dozen) – de Robert Aldrich – 1967

Classé dans : 1960-1969,ALDRICH Robert,RYAN Robert — 15 avril, 2018 @ 8:00

Les Douze Salopards

Un classique qu’on ne présente plus, bien sûr, d’une efficacité imparable et d’une grande violence, dont la construction a inspiré des tas de films de guerre depuis, jusqu’au Full Metal Jacket de Kubrick vingt ans plus tard : une première partie consacrée à l’entraînement des soldats, une seconde à la mission elle-même. Et entre les deux, une spectaculaire rupture de ton.

Si le film reste à ce point marquant cinquante ans après, ce n’est peut-être pas tant pour sa violence et son efficacité, qui ont été égalées voire dépassées depuis, mais pour la trajectoire de ses personnages, douze salopards donc, condamnés à mort ou à de très lourdes peines de prison, qui trouvent une sorte de rédemption dans la mission suicide pour laquelle ils ont été choisis.

Il y a une approche presque christique dans le personnage de Lee Marvin, officier chargé de mener ces repris du justice vers un combat juste. Christique avec une forte propension à défourailler et à mettre des coups, certes, mais christique tout de même. La fameuse rupture entre les deux parties du film est d’ailleurs une scène de repas où les douze salopards sont attablés côte à côte, le long d’une table couverte de victuailles, autour d’un Lee Marvin qui apporte la bonne parole. La référence à la Cène est alors évidente.

Quant aux douze apôtres, on peut dire qu’ils ont de la gueule : Donald Sutherland, Charles Bronson, John Cassavettes, Clint Walker, Jim Brown, Trini Lopez… et Telly Savalas dans le rôle d’un Judas pour qui on ne va pas s’embarrasser d’un quelconque pardon ! Une sacrée distribution, donc, à laquelle il faut ajouter Robert Ryan, Ernest Borgnine, George Kennedy ou Richard Jaeckel. Que du bon tout ça !

Le Petit Roi – de Julien Duvivier – 1933

Classé dans : 1930-1939,DUVIVIER Julien — 14 avril, 2018 @ 8:00

Le Petit Roi

Ce n’est pas, loin s’en faut, le plus célèbre des films de Duvivier. Tourné entre son Maigret La Tête d’un homme et le très beau Paquebot Tenacity, et peu avant son impressionnante série de classiques de la deuxième moitié de la décennie, Le Petit Roi a même longtemps été invisible, et du coup totalement méconnu.

Sa redécouverte est un petit choc. Visuellement superbe, le film est aussi d’une grande cruauté. Duvivier y prolonge son étude de l’enfance engagée avec le Poil de Carotte qu’il avait tourné l’année précédente (remake de son propre film muet), et dont il reprend d’ailleurs l’excellent acteur, Robert Lynen. Formidable, ce dernier est aux antipodes des enfants-acteurs tête-à-claque. Son intensité, sa présence émouvante, et sa capacité, à 13 ans, à dévoiler sa part d’ombre, sont impressionnantes. Difficile aussi de regarder le film sans penser au destin tragique de Robert Lynen, qui mourra dix ans plus tard seulement, victime des Nazis…

Tous les comédiens sont d’ailleurs excellents, jusqu’au moindre second rôle, à qui Duvivier, grand directeur d’acteur, donne une puissance rare. C’est le cas de Robert Le Vigan, autre comédien dont la trajectoire sera marquée par la guerre (lui devra s’exiler jusqu’à la fin de sa vie, accusé de collaboration), impressionnant dans une courte scène, en fou symbolisant les souffrances du peuple.

Duvivier, lui, est dans sa veine la plus baroque, apportant une attention toute particulière aux décors et à l’atmosphère de son film, les deux étant pour le coup très intimement liés. C’est frappant dès les premières minutes, qui présentent un pays (imaginaire, mais d’Europe de l’Est vraisemblablement) exsangue, et qui sont dignes du Fritz Lang des années 40, avec ses ruelles vides et menaçantes, sa brume omniprésente, et sa population sous le joug.

Même ambition autour du « petit roi », ce monarque pré-pubère qui vit coupé du monde et des souffrances de son peuple, hanté par le souvenir d’un père tyrannique et d’une mère disparue. Son environnement s’apparente une prison luxueuse et étouffante : le château avec son pont-levis, le lit dont les barreaux semblent se refermer sur l’enfant…

Il y a quelque chose d’intensément cruel dans ce quotidien d’un monarque enfermé dans tous les sens du terme, et qui n’aspire qu’à une vie d’enfant comme les autres. L’histoire (tirée d’un roman de André Lichtenberger) aurait pu donner lieu à un conte de fée un peu niais. Mais Duvivier reste constamment du côté du réalisme. parfois un peu outrancier, certes, mais sans jamais édulcorer la cruauté et la violence des situations. Un grand Duvivier.

Chisum (id.) – d’Andrew V. McLaglen – 1970

Classé dans : 1970-1979,McLAGLEN Andrew V.,WAYNE John,WESTERNS — 13 avril, 2018 @ 8:00

Chisum

Deux clans s’affrontent, notamment pour le contrôle du commerce dans une région. La situation dégénère en conflit armé et mortel. C’est un fait historique qui s’est déroulé en 1878 au Nouveau Mexique, connu comme « la guerre du Comté de Lincoln », à laquelle ont notamment pris part Billy le Kid et Pat Garrett (dans le même camps) ainsi que le grand propriétaire John Chisum.

Un rôle en or pour Wayne, initiateur du projet et vedette de ce western dont il est la principale raison d’être. Aux manettes, l’un de ses metteurs en scène habituels de l’époque : le fiston McLaglen, pas totalement dépourvu de talent, mais à la fâcheuse tendance de sur-utiliser les zooms disgracieux. Cette propension est particulièrement flagrante ici, comme son penchant pour les gros plans sur des visages barbus et grimaçants, tentative pas très convaincante de s’inspirer du spaghetti.

Tout compte fait, on préfère McLaglen en héritier naturel de John Ford, dont il reprend plusieurs acteurs (Ben Johnson, Hank Worden, John Agar) et quelques thèmes (la rencontre, pas convaincante mais intéressante, entre Chisum/John Wayne et le chef indien Buffalo Blanc). Ce sont les amitiés masculines qui sont les plus passionnantes : celle entre Chisum et son vieux partenaire un peu râleur (Ben Johnson), ou celle entre Billy et son futur meurtrier Pat Garrett.

Quant à John Wayne, il est impeccable en vieux routier arrivé au sommet et nostalgique de sa jeunesse aventureuse et violente, qui renoue tardivement avec sa Winchester et sa rage, dans un final spectaculaire et impressionnant. Une réussite, finalement.

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