Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Charlot et la somnambule (Caught in the rain) – de Charles Chaplin – 1914

Classé dans : 1895-1919,CHAPLIN Charles,COURTS MÉTRAGES,FILMS MUETS — 6 décembre, 2010 @ 2:38

Charlot et la somnambule

• Titres alternatifs (VO) : At it again, Who got stung ?, In the park

• Titres alternatifs (VF) : Un béguin de Charlot, Charlot est encombrant

C’est le premier film dont Chaplin peut assumer totalement la paternité. Après Charlot et le chronomètre, son coup d’essai plutôt prometteur, et Charlot garçon de café, qu’il co-signe avec Mabel Normand, Charlot et la somnambule est entièrement écrit et mis en scène par Chaplin. De là à dire que le film marque la vraie naissance d’un auteur génial, il y a un large fossé que je me garderai bien de franchir : c’est une étape importante dans la carrière de Chaplin, certes, mais pas plus qu’une demi-douzaine d’autres films tournés au cours des premiers mois de cette années 1914, à la Keystone.

Cette petite comédie est drôle et enlevée, et bourrée de charme, mais on sent que Chaplin n’a pas voulu prendre de risque, et prouver que Sennett pouvait continuer à lui confier les clés de ses futurs films. Le film commence ainsi dans un parc (comme Charlot et le chronomètre, et beaucoup de films burlesques : le film de parc est un genre en soi, à cette époque), et se termine dans un hôtel (comme Charlot à l’hôtel).

Entre temps, Charlot aura profité de la première occasion pour descendre quelques verres… et Chaplin aura profité de la première occasion pour jouer ce que tout le monde attendait de lui : l’ivrogne. Avant même d’être engagé par Sennett, alors qu’il n’était qu’un comédien de music-hall, Chaplin s’était taillé une réputation flatteuse en jouant (comme personne) ce type de personnages.

Le Cauchemar de Méliès – de Pierre Etaix – 1988

Classé dans : 1980-1989,COURTS MÉTRAGES,ETAIX Pierre,TÉLÉVISION — 17 novembre, 2010 @ 4:29

Le Cauchemar de Méliès

A l’occasion des cinquante ans de la mort de Georges Méliès, plusieurs cinéastes de toutes générations ont participé à un programme de courts métrages tournés pour la télévision (une commande de La Sept), à partir de scénarios écrits par Méliès lui-même. Parmi les réalisateurs : Marc Caro, Jean-Pierre Mocky… et Pierre Etaix. Ce dernier, dont le dernier film remonte à 1971, avait fait son retour à la télévision en 1987, avec l’adaptation de sa propre pièce, L’Âge de monsieur est avancé.

Le Cauchemar de Méliès, également connu sous le titre de Rêve d’Artiste, est un petit film tourné en vidéo, dans une esthétique très 80′s, mais qui évoque bien l’esprit des films de Méliès. Christophe Malavoy y interprète l’inventeur des trucages au cinéma, qui s’endort dans son atelier et rêve que la jeune femme qu’il vient de peindre s’anime, et est attaqué par un singe géant. Etaix utilise des images de King Kong, pour ce qui est autant un hommage à Méliès qu’à un certain cinéma.

Cette curiosité n’a cependant pas grand-chose à voir avec le cinéma de Pierre Etaix.

L’Ombre de l’Introuvable (Shadow of the Thin Man) – de W.S. Van Dyke – 1941

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1940-1949,VAN DYKE W.S. — 17 novembre, 2010 @ 3:53

L'Ombre de l'Introuvable

Quatrième volet des aventures de Nora et Nick Charles (et dernier réalisé par Van Dyke), L’Ombre de l’Introuvable est bien dans la continuité des trois précédents. Depuis le génial premier film (L’Introuvable, en 1934), l’effet de surprise a disparu, et l’acidité du ton s’est quelque peu émoussée, mais le couple Myrna Loy – William Powell fonctionne si bien que c’est avec un vrai bonheur qu’on les retrouve. Flanqués, cette fois, d’un enfant qui a bien grandi : le bébé du précédent film est devenu un garçonnet qui donne une ou deux scènes plutôt amusantes, mais dont les scénaristes ne tardent pas à se débarrasser pour revenir aux fondamentaux de la série : une comédie domestique sur fond d’intrigue policière.

Comme dans les précédents, pas de surprise : on se contrefiche totalement de cette intrigue, qu’on suit d’un œil plutôt distrait. Seuls nous intéressent les personnages et les situations, souvent plus drôles qu’inquiétantes, dans lesquels ils se retrouvent au cours de leur enquête. C’est une nouvelle fois le mélange des genres qui fait mouche, même si, cette fois, Van Dyke n’évite pas les temps morts. C’est quand il est dans les extrêmes qu’il est le plus convaincant : que ce soit l’humour (les Charles « escorté » par un policier de la route, qui les mène à une allure plus que modérée) ou les brusques accès de noirceur (la découverte du corps pendant au bout d’une corde, dans une scène très sombre, avec de très beaux jeux d’ombre).

Le film remplit donc parfaitement son cahier des charges, mais sans aller plus loin. A l’image de Nick Charles qui doit troquer ses cocktails contre un verre de lait, pour montrer l’exemple à son fils, la série commence sérieusement à s’embourgeoiser. Ça reste de l’excellent cinéma, mais de moins en moins politiquement incorrect.

Notons aussi que, après James Stewart dans le deuxième film (Nick, gentleman détective), c’est sa future partenaire de La Vie est belle, Donna Reed, qui apparaît dans ce quatrième opus.

L’Enjeu (Desperate Measures) – de Barbet Schroeder – 1998

Classé dans : * Thrillers US (1980-…),1990-1999,SCHROEDER Barbet — 17 novembre, 2010 @ 3:36

L'Enjeu (Desperate Measures) - de Barbet Schroeder - 1998 dans * Thrillers US (1980-…) lenjeu

Barbet Schroeder n’est jamais aussi brillant que lorsqu’il s’attaque au cinéma de genre : ses polars, réalisés au cours des années 90 et 2000, sont souvent passionnants, élégants et très inventifs. Et dans cette série, L’Enjeu occupe très nettement le haut du panier. En apparence, pourtant, on est dans la production courante de l’époque, dans les produits dérivés du Silence des Agneaux, comme Hollywood en produisait à la chaîne dans les années 90. Schroeder, d’ailleurs, ne se gêne pas d’accumuler les stéréotypes : son méchant (très méchant) est clairement présenté comme un clone d’Hannibal Lecter. Quant à la situation de départ (le fils d’un flic est très malade, et a besoin d’une greffe pour survivre ; l’unique donneur possible se trouve être le pire des tueurs, emprisonné à vie), elle est pour le moins hautement improbable…

En choisissant de ne pas éviter les stéréotypes, mais au contraire d’aller jusqu’au bout de cette logique, Schroeder se débarrasse de toute volonté de réalisme, et se concentre sur son pur travail de cinéaste. Et le résultat est époustouflant. Dès le générique de début, L’Enjeu frappe par l’élégance des images, par la construction presque géométrique de ses cadres. L’Enjeu est un pur exercice de style, et c’est passionnant. Le cinéma redevient un spectacle total, sans arrière pensée : c’est le combat du bien contre le mal, dans un film entièrement tourné vers le mouvement et l’action. Pas le moindre temps mort, ici, même si les affrontements réels sont rares : le film est un immense jeu du chat et de la souris, qui utilise à merveille les décors de ce vieil hôpital (des larges couloirs jusqu’aux plus petits conduits), comme vers la fin du film les rues de San Francisco.

Michael Keaton (décidément très méchant) et Andy Garcia (décidément très gentil) vont eux aussi au bout de leurs deux extrêmes, et forment un duo aussi complémentaire que réjouissant. Même la dernière image du film, pourtant aussi énorme qu’attendue, parvient à nous tirer un large sourire. Ça fait du bien, parfois, de se laisser aller devant un spectacle aussi simple et sincère…

Yoyo – de Pierre Etaix – 1964

Classé dans : 1960-1969,ETAIX Pierre — 17 novembre, 2010 @ 3:15

Yoyo - de Pierre Etaix - 1964 dans 1960-1969 yoyo

Léger changement de ton pour Pierre Etaix, qui signe sans doute son film le plus personnel. Après Le Soupirant, c’est le deuxième long métrage du cinéaste, et curieusement le plus mélancolique, et le moins ouvertement drôle de ses films. C’est pourtant la passion d’Etaix pour les clowns (il en était lui-même un) qui est à l’origine de Yoyo. Le film raconte l’histoire d’un jeune clown qui a grandi dans le cirque, et qui devient, devenu adulte, l’un des clowns les plus populaires du monde. Il se sert de son succès pour racheter le château dans lequel vivait son richissime père avant de faire faillite en 1929, rêvant d’une vie fortunée alors même que son père a trouvé, dans le cirque, le bonheur que son argent ne lui avait jamais offert.

Ce sentiment de faire fausse piste est illustré d’une manière bouleversante dans une scène presque irréelle : alors qu’il fête sa réussite en organisant un réception très guindée dans son château, Yoyo voit ses parents, et la jeune artiste qu’il aime mais qu’il n’a jamais pris le temps de conquérir, arriver dans une roulotte de cirque. Dans cette scène, on ne voit jamais les parents, ni ne les entend. On ne voit que Yoyo dépité devant leur refus de prendre part à la fête… Cette scène étrange ouvre les yeux du clown devenu homme d’affaires, et qu’on verra enfourcher un éléphant, et s’enfoncer dans l’étang du château. Vers la liberté ?

Hommage mélancolique à un art qui appartient déjà au passé, Yoyo est aussi un vibrant hommage au cinéma que Pierre Etaix aime passionnément : celui de Keaton, et surtout de Chaplin. Alors que Le Soupirant évoquait la figure de Buster Keaton, Yoyo se situe d’avantage dans le sillon creusé par Chaplin, ce qui est surtout perceptible dans la première partie du film, qui se déroule entre 1925 et 1929. Depuis son premier court métrage (Rupture), Pierre Etaix s’inscrit dans la tradition du cinéma muet. Mais pour cette première partie de Yoyo, il va au bout de sa démarche, en faisant réellement du muet, avec cartons et bruitages. Et un personnage « bigger than life » qui aurait pu être interprété par Chaplin lui-même.

L’arrivée du parlant, qui correspond avec le krach boursier, donne le coup d’envoi du « vrai » film. L’un des hommages les plus sincères à l’art du cirque que le cinéma nous ait donné depuis… Le Cirque, de Chaplin.

Blade Runner (id.) – de Ridley Scott – 1982

Classé dans : 1980-1989,FANTASTIQUE/SF,FORD Harrison,SCOTT Ridley — 17 novembre, 2010 @ 2:27

Blade Runner (id.) - de Ridley Scott - 1982 dans 1980-1989 blade-runner

Bien sûr, il y a un côté un peu kitsch dans certaines scènes ; bien sûr, rien ne vieillit aussi mal que les ordinateurs et les machines des films de SF (à part peut-être les téléphones et les lunettes, ouais, mais il n’y en a pas ici) ; bien sûr, la musique de Moroder fait très 80′s (même si elle tient plutôt bien le coup)… Mais on a beau l’avoir vu et revu, Blade Runner reste un film énorme. Visuellement, malgré quelques fautes de goût par ci, par là, c’est une véritable splendeur : Ridley Scott, qui sortait du dépouillement extrême d’Alien (une autre réussite qui passe bien l’épreuve du temps), signe une œuvre baroque et fascinante. Il réussit là où beaucoup de cinéastes ont échoué dans l’histoire de la SF : créer un univers à la fois futuriste et innovant, mais ancré dans la réalité du moment. La vision de cette mégalopole sombre et fourmillante « fait vrai » : on sent le poids de cette vie déshumaniser, l’aliénation de ce monde où l’individu n’est rien, la crasse et la puanteur des quartiers mal famés… Scott le fait comprendre sans jamais appuyer la charge : les hommes et femmes qui sont restés sur Terre plutôt que d’aller vivre dans « les colonies » sont des laissés-pour-compte, sans avenir, ni présent. Et certains, en plus, n’ont même pas de passer.

Film de SF ? Film noir ? Drame ? Film social ? Film d’action ? Blade Runner échappe à toutes les catégories. C’est un peu tout ça à la fois, mais c’est surtout le film du désenchantement, un film qui trimballe une nostalgie et un mal-être absolument abyssaux. On a évidemment beaucoup parlé de l’aspect visuel du film, reprochant même souvent à Ridley Scott d’avoir privilégié la composition de ses cadres plutôt que l’aspect dramatique de son film. Mais c’est un jugement un peu injuste : la plus grande réussite du film, ce sont les personnages, formidablement écrits, et interprétés. Là encore, on a dit beaucoup de bien de Rutger Hauer, et à raison : son « méchant » d’anthologie possède une humanité terriblement émouvante, qui éclate dans une séquence finale magnifique, où Scott évite consciencieusement de tomber dans le spectaculaire à outrance. La performance de Sean Young aussi, a souvent été vantée : sorte de poupée de porcelaine confrontée au pire des drames, elle est effectivement très touchante.

Mais la prestation de Harrison Ford a souvent été mésestimée. L’acteur est pourtant la vraie âme de ce film. Ford n’était pas heureux sur le tournage de ce film : il n’appréciait vraiment ni le ton du film, ni les méthodes de travail de Scott. L’état d’esprit dans lequel il se trouvait alors l’a sans doute aidé dans son interprétation : Ford a tendance à ne pas mentionner Blade Runner lorsqu’il évoque sa carrière, mais Dekkard est bien l’un de ses rôles les plus mémorables. Sorte de privé miteux, héritier sans panache de Sam Spade, Dekkard a une vie de merde, et n’hésite pas à abattre sa proie en lui tirant dans le dos. Dans ce rôle à l’opposée d’Indiana Jones, Harrison Ford est génial, aussi intense lorsqu’il mange ses nouilles sans ressentir le moindre plaisir, que lorsqu’il se prépare à mourir, trop las pour continuer à lutter contre son adversaire.

Il est de toutes les meilleures scènes, et c’est grâce à lui, surtout, que Blade Runner vieillit aussi bien…

Le Soupirant – de Pierre Etaix – 1963

Classé dans : 1960-1969,ETAIX Pierre — 17 novembre, 2010 @ 2:03

Le Soupirant - de Pierre Etaix - 1963 dans 1960-1969 le-soupirant

Après deux courts métrages géniaux (Rupture et Heureux anniversaire), Pierre Etaix passe tout naturellement au long avec cette comédie tout aussi exceptionnelle. Déjà, l’univers du cinéaste est clairement défini : le cinéma d’Etaix est clairement l’héritier des grands films burlesques du muet. Plus proche de Buster Keaton ou de Charles Chaplin que de Jacques Tati, avec qui il a pourtant commencé au cinéma, Etaix fait du cinéma muet avec du son. Ses personnages parlent, oui, mais son langage et son humour passent avant tout par l’image. Et mine de rien, ils ne sont pas nombreux dans ce cas-là, depuis la fin des années 20…

Grand cinéaste, Etaix est aussi un immense acteur de comédie. Avec son visage impassible à la Keaton, il interprète avec génie et un sens du comique parfait, un jeune homme rêveur, qui décide, pour faire plaisir à ses parents, de partir à la recherche de celle qui sera la femme de sa vie. Il a du culot, ce pierrot lunaire, mais aucun savoir-faire avec la gent féminine, et les situations que sa quête entraîne sont à mourir de rire.

Ce qui est génial dans le cinéma d’Etaix, c’est la manière dont le personnage traverse les catastrophes qu’il cause, sans sourciller. Et il le fait avec un entrain et une inventivité qui forcent le respect. On pourrait disserter longtemps sur le génie comique d’Etaix, mais la grande qualité du Soupirant se résume facilement : c’est à mourir de rire. Etaix qui reconduit une jeune femme totalement ivre chez elle ; Etaix aux prises avec la chaise trafiquée d’un clown ; Etaix qui tente de communiquer avec la jeune fille au pair… pas la moindre faute de goût dans cette comédie, dont on devine pourtant la fin dès le début. Le cinéma de Pierre Etaix, ce sont des gros sabots, mais filmés avec une finesse incomparable…

Heureux anniversaire – de Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière – 1962

Classé dans : 1960-1969,CARRIÈRE Jean-Claude,COURTS MÉTRAGES,ETAIX Pierre — 11 novembre, 2010 @ 8:33

Heureux anniversaire - de Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière - 1962 dans 1960-1969 heureux-anniversaire

Avant de passer au long métrage (avec Le Soupirant, l’année suivante), Pierre Etaix signe son deuxième court, et c’est un nouveau chef d’œuvre. Moins dépouillé que Rupture, mais tout aussi réussi, Heureux anniversaire fourmille de gags et de trouvailles.

Héritier du cinéma muet, il campe son décor en un plan d’une simplicité et d’une inventivité quasi-chaplinesque : une femme bien habillée prépare une table avec deux couverts, et place sur la table une miniature tout droit venue d’un gâteau de mariage. Ça dure quelques secondes, et il n’en faut pas plus pour savoir que madame attend son mari, pour fêter l’anniversaire de leur mariage.

Seulement, le mari, c’est Pierre Etaix, et qu’il doit traverser Paris pour rentrer chez lui. Tout va se dresser contre lui : les embouteillages, les déménagements, et surtout sa propre maladresse. D’ailleurs, son personnage est au moins autant bourreau que victime : sans vraiment s’en rendre compte, il sème le désordre autour de lui.

Pour lui permettre de sortir sa voiture, le client d’un barbier sort de l’échoppe où il est en train de se faire raser, pour bouger sa propre voiture… et se retrouve obligé de faire indéfiniment le tour du pâté de maison, le visage encore couvert de mousse. Quand il trouvera finalement une place pour se garer, le barbier sera rentrée chez lui, laissant porte close…

Un homme prend Pierre Etaix pour un taxi, mais ce dernier le met à la porte de sa voiture, jetant sur la chaussée sa valise qui finit écrasée sous les roues d’un autre véhicule…

Tout est à l’avenant. En à peine vingt minutes, Pierre Etaix a fait de Paris embouteillé un immense terrain de jeux. C’est remarquablement construit, Etaix est prêt à passer aux longs métrages, et ça s’annonce passionnant…

Rupture – de Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière – 1961

Classé dans : 1960-1969,CARRIÈRE Jean-Claude,COURTS MÉTRAGES,ETAIX Pierre — 11 novembre, 2010 @ 8:23

Rupture - de Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière - 1961 dans 1960-1969 rupture

Clown, dessinateur, Pierre Etaix rêvait de cinéma. En trouvant en Jean-Claude Carrière le complice idéal pour donner forme à ses rêves, il passe à l’acte pour la première fois avec ce court métrage quasiment muet, qui ressuscite d’un coup (de maître) la grande époque du cinéma burlesque. Point de tarte à la crème, de coup sur la tête ou de belle à séduire dans ce petit chef d’œuvre. Point de nez rouge, non plus, mais Etaix est pourtant bel et bien dans la pure tradition du clown. Et dans un genre que très peu de cinéastes ont réellement abordé depuis l’invention du parlant : la comédie purement cinématographique, à opposer avec un comique du dialogue ou de la situation. Ici, tout passe par l’image, et c’est bon…

Le principe de ce film, écrit et réalisé à quatre mains, est d’une simplicité absolue : le personnage principal (Etaix) reçoit une lettre de sa fiancée, qui lui annonce qu’elle rompt avec lui. De rage, il décide de lui renvoyer sa photo, déchirée, par la poste.  Quoi de plus simple que d’écrire un petit mot, de le glisser dans une enveloppe, d’y écrire une adresse et d’y coller un timbre ? De cette situation on ne peut plus simple, Etaix tire un sommet de la comédie.

Clown génial, figure impassible à la Buster Keaton face aux catastrophes, Pierre Etaix est à mourir de rire dans ce film en dehors de toutes les modes, et donc indémodable. Jamais il n’appuie le trait, jamais il ne sort les grosses ficelles… il se contente d’enchaîner les petites catastrophes, et c’est d’une drôlerie absolue. Jusqu’à la chute (dans tous les sens du terme), aussi inattendue que terrible. Un chef d’œuvre.

Screen Directors Playhouse : The Day I met Caruso (id.) – de Frank Borzage – 1956

Classé dans : 1950-1959,BORZAGE Frank,COURTS MÉTRAGES,TÉLÉVISION — 11 novembre, 2010 @ 8:13

Screen Directors Playhouse : The Day I met Caruso (id.) - de Frank Borzage - 1956 dans 1950-1959 screen-directors-playhouse-the-day-i-met-caruso

Troisième et dernier épisode réalisé par un Borzage vieillissant pour la série anthologique Screen Directors Playhouse, ce « Jour où j’ai rencontré Caruso » est un petit film charmant et plutôt agréable, mais qu’on oublie aussi vite qu’on l’a vu.

En voix off, une femme d’un certain âge raconte un épisode de son enfance : issue d’une famille de mormons très stricts où on ne rigole pas tous les jours, la petite fille faisait son premier voyage seul en train, pour retrouver ses parents, lorsqu’elle a rencontré le grand chanteur d’opéra Caruso, avec qui elle va sympathiser malgré tout ce qu’il représente : l’idée d’une certaine débauche.

Ces deux-là, bien sûr, vont s’entendre comme larron en foire, et après une bonne partie du voyage, et du film, à écouter le Caruso chanter (le malheureux acteur plaçant tant bien que mal le mouvement de ses lèvres sur le disque en play back), la petite fille verra sa vie changer radicalement : son esprit se sera ouvert aux plaisirs simples, et son père, pourtant très rigide, deviendra aussi tendre et aimant qu’un ours. Parce que, oui, un ours est tendre et aimant…

On retrouve aussi, dans The Day I Met Caruso, une courte scène qui renvoie au premier court métrage tourné par Borzage pour la télé, Day is done : lors d’un arrêt du train en gare, Caruso réchauffe le moral des troupes en partance pour le front, en leur chantant une chanson. La musique contre la barbarie de la guerre, Borzage nous avait déjà fait le coup…

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