Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Blade Runner (id.) – de Ridley Scott – 1982

Classé dans : 1980-1989,FANTASTIQUE/SF,FORD Harrison,SCOTT Ridley — 17 novembre, 2010 @ 2:27

Blade Runner (id.) - de Ridley Scott - 1982 dans 1980-1989 blade-runner

Bien sûr, il y a un côté un peu kitsch dans certaines scènes ; bien sûr, rien ne vieillit aussi mal que les ordinateurs et les machines des films de SF (à part peut-être les téléphones et les lunettes, ouais, mais il n’y en a pas ici) ; bien sûr, la musique de Moroder fait très 80′s (même si elle tient plutôt bien le coup)… Mais on a beau l’avoir vu et revu, Blade Runner reste un film énorme. Visuellement, malgré quelques fautes de goût par ci, par là, c’est une véritable splendeur : Ridley Scott, qui sortait du dépouillement extrême d’Alien (une autre réussite qui passe bien l’épreuve du temps), signe une œuvre baroque et fascinante. Il réussit là où beaucoup de cinéastes ont échoué dans l’histoire de la SF : créer un univers à la fois futuriste et innovant, mais ancré dans la réalité du moment. La vision de cette mégalopole sombre et fourmillante « fait vrai » : on sent le poids de cette vie déshumaniser, l’aliénation de ce monde où l’individu n’est rien, la crasse et la puanteur des quartiers mal famés… Scott le fait comprendre sans jamais appuyer la charge : les hommes et femmes qui sont restés sur Terre plutôt que d’aller vivre dans « les colonies » sont des laissés-pour-compte, sans avenir, ni présent. Et certains, en plus, n’ont même pas de passer.

Film de SF ? Film noir ? Drame ? Film social ? Film d’action ? Blade Runner échappe à toutes les catégories. C’est un peu tout ça à la fois, mais c’est surtout le film du désenchantement, un film qui trimballe une nostalgie et un mal-être absolument abyssaux. On a évidemment beaucoup parlé de l’aspect visuel du film, reprochant même souvent à Ridley Scott d’avoir privilégié la composition de ses cadres plutôt que l’aspect dramatique de son film. Mais c’est un jugement un peu injuste : la plus grande réussite du film, ce sont les personnages, formidablement écrits, et interprétés. Là encore, on a dit beaucoup de bien de Rutger Hauer, et à raison : son « méchant » d’anthologie possède une humanité terriblement émouvante, qui éclate dans une séquence finale magnifique, où Scott évite consciencieusement de tomber dans le spectaculaire à outrance. La performance de Sean Young aussi, a souvent été vantée : sorte de poupée de porcelaine confrontée au pire des drames, elle est effectivement très touchante.

Mais la prestation de Harrison Ford a souvent été mésestimée. L’acteur est pourtant la vraie âme de ce film. Ford n’était pas heureux sur le tournage de ce film : il n’appréciait vraiment ni le ton du film, ni les méthodes de travail de Scott. L’état d’esprit dans lequel il se trouvait alors l’a sans doute aidé dans son interprétation : Ford a tendance à ne pas mentionner Blade Runner lorsqu’il évoque sa carrière, mais Dekkard est bien l’un de ses rôles les plus mémorables. Sorte de privé miteux, héritier sans panache de Sam Spade, Dekkard a une vie de merde, et n’hésite pas à abattre sa proie en lui tirant dans le dos. Dans ce rôle à l’opposée d’Indiana Jones, Harrison Ford est génial, aussi intense lorsqu’il mange ses nouilles sans ressentir le moindre plaisir, que lorsqu’il se prépare à mourir, trop las pour continuer à lutter contre son adversaire.

Il est de toutes les meilleures scènes, et c’est grâce à lui, surtout, que Blade Runner vieillit aussi bien…

Le Soupirant – de Pierre Etaix – 1963

Classé dans : 1960-1969,ETAIX Pierre — 17 novembre, 2010 @ 2:03

Le Soupirant - de Pierre Etaix - 1963 dans 1960-1969 le-soupirant

Après deux courts métrages géniaux (Rupture et Heureux anniversaire), Pierre Etaix passe tout naturellement au long avec cette comédie tout aussi exceptionnelle. Déjà, l’univers du cinéaste est clairement défini : le cinéma d’Etaix est clairement l’héritier des grands films burlesques du muet. Plus proche de Buster Keaton ou de Charles Chaplin que de Jacques Tati, avec qui il a pourtant commencé au cinéma, Etaix fait du cinéma muet avec du son. Ses personnages parlent, oui, mais son langage et son humour passent avant tout par l’image. Et mine de rien, ils ne sont pas nombreux dans ce cas-là, depuis la fin des années 20…

Grand cinéaste, Etaix est aussi un immense acteur de comédie. Avec son visage impassible à la Keaton, il interprète avec génie et un sens du comique parfait, un jeune homme rêveur, qui décide, pour faire plaisir à ses parents, de partir à la recherche de celle qui sera la femme de sa vie. Il a du culot, ce pierrot lunaire, mais aucun savoir-faire avec la gent féminine, et les situations que sa quête entraîne sont à mourir de rire.

Ce qui est génial dans le cinéma d’Etaix, c’est la manière dont le personnage traverse les catastrophes qu’il cause, sans sourciller. Et il le fait avec un entrain et une inventivité qui forcent le respect. On pourrait disserter longtemps sur le génie comique d’Etaix, mais la grande qualité du Soupirant se résume facilement : c’est à mourir de rire. Etaix qui reconduit une jeune femme totalement ivre chez elle ; Etaix aux prises avec la chaise trafiquée d’un clown ; Etaix qui tente de communiquer avec la jeune fille au pair… pas la moindre faute de goût dans cette comédie, dont on devine pourtant la fin dès le début. Le cinéma de Pierre Etaix, ce sont des gros sabots, mais filmés avec une finesse incomparable…

Heureux anniversaire – de Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière – 1962

Classé dans : 1960-1969,CARRIÈRE Jean-Claude,COURTS MÉTRAGES,ETAIX Pierre — 11 novembre, 2010 @ 8:33

Heureux anniversaire - de Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière - 1962 dans 1960-1969 heureux-anniversaire

Avant de passer au long métrage (avec Le Soupirant, l’année suivante), Pierre Etaix signe son deuxième court, et c’est un nouveau chef d’œuvre. Moins dépouillé que Rupture, mais tout aussi réussi, Heureux anniversaire fourmille de gags et de trouvailles.

Héritier du cinéma muet, il campe son décor en un plan d’une simplicité et d’une inventivité quasi-chaplinesque : une femme bien habillée prépare une table avec deux couverts, et place sur la table une miniature tout droit venue d’un gâteau de mariage. Ça dure quelques secondes, et il n’en faut pas plus pour savoir que madame attend son mari, pour fêter l’anniversaire de leur mariage.

Seulement, le mari, c’est Pierre Etaix, et qu’il doit traverser Paris pour rentrer chez lui. Tout va se dresser contre lui : les embouteillages, les déménagements, et surtout sa propre maladresse. D’ailleurs, son personnage est au moins autant bourreau que victime : sans vraiment s’en rendre compte, il sème le désordre autour de lui.

Pour lui permettre de sortir sa voiture, le client d’un barbier sort de l’échoppe où il est en train de se faire raser, pour bouger sa propre voiture… et se retrouve obligé de faire indéfiniment le tour du pâté de maison, le visage encore couvert de mousse. Quand il trouvera finalement une place pour se garer, le barbier sera rentrée chez lui, laissant porte close…

Un homme prend Pierre Etaix pour un taxi, mais ce dernier le met à la porte de sa voiture, jetant sur la chaussée sa valise qui finit écrasée sous les roues d’un autre véhicule…

Tout est à l’avenant. En à peine vingt minutes, Pierre Etaix a fait de Paris embouteillé un immense terrain de jeux. C’est remarquablement construit, Etaix est prêt à passer aux longs métrages, et ça s’annonce passionnant…

Rupture – de Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière – 1961

Classé dans : 1960-1969,CARRIÈRE Jean-Claude,COURTS MÉTRAGES,ETAIX Pierre — 11 novembre, 2010 @ 8:23

Rupture - de Pierre Etaix et Jean-Claude Carrière - 1961 dans 1960-1969 rupture

Clown, dessinateur, Pierre Etaix rêvait de cinéma. En trouvant en Jean-Claude Carrière le complice idéal pour donner forme à ses rêves, il passe à l’acte pour la première fois avec ce court métrage quasiment muet, qui ressuscite d’un coup (de maître) la grande époque du cinéma burlesque. Point de tarte à la crème, de coup sur la tête ou de belle à séduire dans ce petit chef d’œuvre. Point de nez rouge, non plus, mais Etaix est pourtant bel et bien dans la pure tradition du clown. Et dans un genre que très peu de cinéastes ont réellement abordé depuis l’invention du parlant : la comédie purement cinématographique, à opposer avec un comique du dialogue ou de la situation. Ici, tout passe par l’image, et c’est bon…

Le principe de ce film, écrit et réalisé à quatre mains, est d’une simplicité absolue : le personnage principal (Etaix) reçoit une lettre de sa fiancée, qui lui annonce qu’elle rompt avec lui. De rage, il décide de lui renvoyer sa photo, déchirée, par la poste.  Quoi de plus simple que d’écrire un petit mot, de le glisser dans une enveloppe, d’y écrire une adresse et d’y coller un timbre ? De cette situation on ne peut plus simple, Etaix tire un sommet de la comédie.

Clown génial, figure impassible à la Buster Keaton face aux catastrophes, Pierre Etaix est à mourir de rire dans ce film en dehors de toutes les modes, et donc indémodable. Jamais il n’appuie le trait, jamais il ne sort les grosses ficelles… il se contente d’enchaîner les petites catastrophes, et c’est d’une drôlerie absolue. Jusqu’à la chute (dans tous les sens du terme), aussi inattendue que terrible. Un chef d’œuvre.

Screen Directors Playhouse : The Day I met Caruso (id.) – de Frank Borzage – 1956

Classé dans : 1950-1959,BORZAGE Frank,COURTS MÉTRAGES,TÉLÉVISION — 11 novembre, 2010 @ 8:13

Screen Directors Playhouse : The Day I met Caruso (id.) - de Frank Borzage - 1956 dans 1950-1959 screen-directors-playhouse-the-day-i-met-caruso

Troisième et dernier épisode réalisé par un Borzage vieillissant pour la série anthologique Screen Directors Playhouse, ce « Jour où j’ai rencontré Caruso » est un petit film charmant et plutôt agréable, mais qu’on oublie aussi vite qu’on l’a vu.

En voix off, une femme d’un certain âge raconte un épisode de son enfance : issue d’une famille de mormons très stricts où on ne rigole pas tous les jours, la petite fille faisait son premier voyage seul en train, pour retrouver ses parents, lorsqu’elle a rencontré le grand chanteur d’opéra Caruso, avec qui elle va sympathiser malgré tout ce qu’il représente : l’idée d’une certaine débauche.

Ces deux-là, bien sûr, vont s’entendre comme larron en foire, et après une bonne partie du voyage, et du film, à écouter le Caruso chanter (le malheureux acteur plaçant tant bien que mal le mouvement de ses lèvres sur le disque en play back), la petite fille verra sa vie changer radicalement : son esprit se sera ouvert aux plaisirs simples, et son père, pourtant très rigide, deviendra aussi tendre et aimant qu’un ours. Parce que, oui, un ours est tendre et aimant…

On retrouve aussi, dans The Day I Met Caruso, une courte scène qui renvoie au premier court métrage tourné par Borzage pour la télé, Day is done : lors d’un arrêt du train en gare, Caruso réchauffe le moral des troupes en partance pour le front, en leur chantant une chanson. La musique contre la barbarie de la guerre, Borzage nous avait déjà fait le coup…

Charlot garçon de café (Caught in a cabaret) – de Charles Chaplin et Mabel Normand – 1914

Classé dans : 1895-1919,CHAPLIN Charles,COURTS MÉTRAGES,FILMS MUETS,NORMAND Mabel — 11 novembre, 2010 @ 7:48

Charlot garçon de café (Caught in a cabaret) - de Charles Chaplin et Mabel Normand - 1914 dans 1895-1919 charlot-garcon-de-cafe

• Titres alternatifs (VO) : The Jazz Waiter, Charlie and the waiter, Faking with society, The Waiter

• Titres alternatifs (VF) : Charlot l’imposteur, L’Imposture de Charlot

Chaplin, désormais star à part entière, est de nouveau associé à Mabel Normand dans cette excellente comédie en deux bobines, l’un des films les mieux écrits de sa période Keystone. Charlot y est un serveur dans un bar miteux, qui se fait passer pour un ambassadeur grec afin de séduire une riche jeune femme. Mais le fiancé de cette dernière découvre que le riche soupirant est en fait un sans-le-sou, et décide de démasquer l’imposteur…

Le film est un petit bonheur, qui se regarde avec un sourire qui ne retombe jamais. Il n’y a rien de vraiment très original dans cette comédie, et ce n’est pas la première fois que Chaplin fait passer son personnage pour un homme au-dessus de sa classe : il le faisait dès son tout premier film, Making a living. Mais ce Caught in a cabaret, qui fut l’un des plus gros succès Keystone de l’année, fourmille de petits gags réjouissants, et de coups d’éclat de Charlot.

Qu’il vide les verres de ses clients ou qu’il se transforme en héros pour sauver la belle ; qu’il assomme un dur-à-cuire avec un maillet ou qu’il imite les manières d’un noble grec… il est tout simplement génial. Mais le moment le plus drôle du film, sans doute, est celui où, habillé en serveur, il découvre que c’est sa belle qui est à la table qu’il doit servir. D’un mouvement, il fait disparaître son tablier sous ses vêtements, et affiche un petit sourire gêné qui se fige lorsqu’il voit arriver son patron du coin de l’œil. C’est du grand art.

Enfin traités à égalité, Mabel Normand et Charles Chaplin forment par ailleurs un très beau couple de cinéma, qui préfigure celui que Chaplin formera avec Edna Purviance à partir de l’année suivante. Mais ça, c’est une autre histoire…

Charlot et le chronomètre (Twenty minutes of love) – de Charles Chaplin et Joseph Maddern – 1914

Classé dans : 1895-1919,CHAPLIN Charles,COURTS MÉTRAGES,FILMS MUETS,MADDERN Joseph — 11 novembre, 2010 @ 7:35

Charlot et le chronomètre (Twenty minutes of love) - de Charles Chaplin et Joseph Maddern - 1914 dans 1895-1919 charlot-et-le-chronometre

• Titres alternatifs (VO) : He loved her so, Love friend, Cops and watches

Après les déboires rencontrés sur son précédent film, Mabel au volant, Chaplin gagne enfin le droit de diriger ses propres films. Twenty minutes of love est sa toute première réalisation, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces débuts sont modestes : pour son déflorage, Chaplin, qui est aussi responsable du scénario, choisit l’extrême simplicité, en tout cas en apparence, avec un nombre de personnages limités, et un décor que l’on voit très souvent dans les productions burlesques mineures de cette époque, à savoir un parc public. Chaplin le disait d’ailleurs : il n’y a pas besoin de gros moyens pour faire une bonne comédie, juste d’un banc, d’une jolie demoiselle, et d’un ou deux trouble-fêtes. Et c’est bien la recette qu’il choisit d’accommoder pour ce film.

On a l’air de mépriser ce premier film signé Chaplin, mais ce n’est pas du tout le cas, bien au contraire : il y a dans Twenty minutes of love un sens du rythme déjà très marquant, et des gags irrésistibles. Il y a aussi une sorte de « macguffin » avant l’heure, en l’occurrence une montre à gousset qui passe de main de voleur à main de voleur (une sorte de variation réussie sur le thème de Between showers) en dépit de tout esprit de logique. Il y a surtout une manière unique de filmer les corps en mouvement, et un personnage de vagabond qui, en toute discrétion, commence à prendre de l’ampleur.

A la fois odieux et princier, courageux et minable, Charlot occupe l’écran d’une manière incroyable, sans jamais en faire trop. Jusqu’à une véritable « partie de billard » à hauteur d’hommes, au cours de laquelle Charlot, par une accumulation de bousculades plus ou moins contrôlées, éjecte toute la distribution en dehors de son terrain de jeu, directement dans le lac (incontournable dans tout film de parc). Seuls restent le vagabond et la belle (Minta Durfee), qui s’en vont bras dessus bras dessous, comme dans tant d’autres films de Chaplin…

Mabel au volant (Mabel at the Wheel) – de Mabel Normand et Mack Sennett – 1914

Classé dans : 1895-1919,CHAPLIN Charles,COURTS MÉTRAGES,FILMS MUETS,NORMAND Mabel,SENNETT Mack — 10 novembre, 2010 @ 7:41

Mabel au volant (Mabel at the Wheel) - de Mabel Normand et Mack Sennett - 1914 dans 1895-1919 mabel-au-volant

• Titres alternatifs (VO) : A hot finish, His daredevil queen

• Titres alternatifs (VF) : Charlot et Mabel au volant, Charlot coureur automobile, Charlot contre Mabel, Charlot et Mabel aux courses

Chaplin avait été embauché à la Keystone pour remplacer Ford Sterling, la star maison, qui s’apprêtait à partir vers d’autres horizons. Il vient effectivement de partir lorsque Mabel Normand s’apprête à tourner ce film, dans lequel il devait jouer le rôle du méchant. Sennett, en grand patron, impose donc à Chaplin de reprendre le rôle. Mais pas à sa manière : en singeant Sterling, et en reprenant ses attributs, redingote et barbiche… On l’imagine bien, cette expérience n’a pas rendu Chaplin heureux. Lui qui, dès ses débuts, a cherché à imposer sa propre vision du cinéma, se retrouvait à imiter un comique pour lequel il n’avait d’ailleurs pas une grande admiration.

Il obtempère toutefois, mais il a raconté par la suite que les rapports avec Mabel et Sennett n’ont pas été faciles sur ce tournage, Chaplin s’arrêtant même de travailler au milieu d’une scène, en signe de mécontentement. Le résultat est, en ce qui le concerne, assez déroutant : Chaplin « fait » en effet du Ford Sterling, et son génie est quasi invisible. Son rôle n’est toutefois pas inintéressant : c’est sans doute la seule fois où il incarne un vrai méchant, qui n’hésite pas à enlever le fiancé de la belle, et à saboter la course à laquelle participe Mabel. Le film aura du bon pour Chaplin : quelques mois après ses débuts à la Keystone, son succès était de plus en plus important auprès du public. Et pour s’assurer qu’il ne partirait pas, Sennett a dû le laisser diriger lui-même ses films, ce qu’il voulait faire depuis ses débuts, et qu’il fera dès son film suivant : Twenty minutes of love.

Aujourd’hui, on juge le film essentiellement par rapport à la performance de Chaplin (logique d’ailleurs : sans sa présence à l’écran, il y a de fortes chances pour que le film ait disparu corps et âmes), mais c’est bien dommage : Mabel at the Wheel est une excellente comédie. Pas réellement originale, mais rythmée et très attachante. Mabel Normand y incarne donc la fiancée d’un pilote automobile (Harry McCoy), qui repousse les avances d’un homme très entreprenant (Chaplin), et qui décide de piloter elle-même la voiture de son fiancé, lorsque ce dernier est enlevé par Chaplin. Le méchant fera tout pour empêcher la belle de s’imposer. Pourquoi ? Pas pure méchanceté…

Charlot marquis (Cruel, cruel love) – de George Nichols – 1914

Classé dans : 1895-1919,CHAPLIN Charles,COURTS MÉTRAGES,FILMS MUETS,NICHOLS George — 10 novembre, 2010 @ 7:31

Charlot marquis (Cruel, cruel love) - de George Nichols - 1914 dans 1895-1919 charlot-marquis

• Titres alternatifs (VO) : Lord Helpus

• Titres alternatifs (VF) : Charlot fou d’amour, Charlot veut en finir

Curieux film, que ce court métrage pas vraiment drôle, mais vraiment différent de tout ce que Chaplin a pu jouer par ailleurs. Ici, il ne joue pas le vagabond, mais un bourgeois très amoureux de sa femme, vivant dans une belle demeure avec des domestiques. Le problème, c’est que sa femme (Minta Durfee) est très jalouse, et qu’elle s’est mise en tête que son homme avait une relation avec la bonne. Alors elle le met à la porte, sans lui laisser une chance de s’expliquer. Désespéré, Charlie décide d’en finir, et avale ce qu’il croit être du poison. Ce qui donne l’occasion à Chaplin d’en faire des tonnes (on lui demandait de remplacer Ford Sterling, à la Keystone, et il a certainement fait beaucoup d’effort, pour ce film…), dans le genre du gars persuadé qu’il est en train de mourir. Bien sûr, le spectateur sait qu’il n’a avalé que de l’eau…

Pendant ce temps, Minta réalise qu’elle s’est trompée, et que son mari va commettre l’irréparable. Suit une course contre la montre, et un montage alterné effréné, clin d’œil explicite aux courts métrages que Griffith tournait au début des années 10, et qui faisaient de ce montage alterné le principal outil pour créer le suspense. Ici, le principe est strictement le même, mais c’est évidemment pour rire…

Charlot est trop galant (His Favorite Pastime) – de George Nichols – 1914

Classé dans : 1895-1919,CHAPLIN Charles,COURTS MÉTRAGES,FILMS MUETS,NICHOLS George — 10 novembre, 2010 @ 7:22

Charlot est trop galant (His Favorite Pastime) - de George Nichols - 1914 dans 1895-1919 charlot-est-trop-galant

• Titres alternatifs (VO) : The Bonehead, Charlie’s reckless fling, Reckless fling

• Titres alternatifs (VF) : Charlot entre le bar et l’amour

Ce film court (une seule bobine) est en fait divisé en deux parties. La seconde est assez classique : on y voit une nouvelle fois Charlot y faire les yeux doux à une jeune femme, dans le dos d’un mari très remonté. Rien de bien neuf à l’horizon, donc, si ce n’est la présence de Peggy Pearce, actrice tombée dans l’oubli, mais qui fut la première relation amoureuse sérieuse de Chaplin à Hollywood. Ce film est le seul qu’ils aient tourné ensemble. Cette partie « vaudevillesque » vaut aussi pour quelques gags mémorables de Chaplin : l’acteur nous offre surtout une magnifique chute d’un escalier, avec un rétablissement parfait sur un canapé…

Mais le film vaut surtout pour sa séquence d’ouverture, dans laquelle Charlot fait preuve d’une cruauté réjouissante ! Dans un bar, il sirote une bière devant un Fatty Arbuckle assoiffé,  et lui fait croire qu’il va partager son verre, avant de le finir tranquillement avec un sadisme qu’on lui a rarement vu…

Plus discutable, par contre, la présence de deux personnages de noirs très caricaturaux, interprétés par des acteurs blancs dont le visage a été peint en noir… On se croirait dans Tintin au Congo, mais comme on dit : faut remettre dans le contexte.

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