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Archive pour la catégorie 'ZWICK Edward'

Légendes d’automne (Legends of the Fall) – de Edward Zwick – 1994

Posté : 7 août, 2013 @ 3:13 dans 1990-1999, ZWICK Edward | Pas de commentaires »

Légendes d’automne (Legends of the Fall) – de Edward Zwick – 1994 dans 1990-1999 legendes-dautomne

Edward Zwick souffle le chaud et le froid dans cette adaptation de la magnifique nouvelle de Jim Harrison. Malgré l’omniprésence de la nature (les somptueux paysages du Montana), l’univers de l’écrivain disparaît à peu près complètement, au profit de celui de Zwick, grandiloquent et romanesque comme les plus grands mélos hollywoodiens.

Passée la frustration, inévitable pour les amoureux du grand romancier américain, il faut reconnaître que c’est plutôt une bonne nouvelle : il y a un vrai cinéaste à la barre, avec une vision et une personnalité. Parfois excessives, c’est vrai, mais Zwick reste l’un des rares cinéastes américains à oser filmer de grandes fresques où le souffle de l’histoire et la force des sentiments sont intimement liés.

Les ficelles, ici, sont assez énormes, avec la pilosité de Brad Pitt qui révèle ses tourments intérieurs : plus la barbe est longue, plus il va mal. Et la barbe est parfois très longue… Brad Pitt en fait beaucoup, Anthony Hopkins en fait des tonnes, Julia Ormond fait ce qu’elle peut pour exister… Zwick est dans la direction d’acteurs comme dans sa mise en scène : pas vraiment porté sur la mesure. Celui qui s’en sort le mieux, c’est Aidan Quinn, parfait dans le rôle du fils mal aimé.

Légendes d’automne, c’est le destin tragique d’une famille qui vit hors du monde (les montagnes du Montana, où le patriarche s’est réfugié après les horreurs des guerres indiennes), mais que le monde rattrape en 1914, lorsque le plus jeune des fils (Henry Thomas, incarnation de l’innocence depuis E.T.) et l’aîné décident de s’engager pour aller se battre en Europe. Tristan, le fils préféré (Pitt), les suit. Pas pour sauver le monde libre, mais pour tenir une promesse faite au père : ramener le benjamin sain et sauf.

Tristan ne pourra tenir sa promesse, et ne s’en remettra pas. L’harmonie familiale non plus, surtout que la jeune fiancée du benjamin (Julia Ormond) est tombée amoureuse de Brad Pitt, qu’Aidan Quinn est amoureux d’elle, et que Brad Pitt est trop hanté par ses fantômes pour être le mari qu’elle attend patiemment. Jalousies, incompréhensions, rendez-vous manqués… Les années passent, les bonheurs sont fugaces, les souffrances profondes, et le destin implacable.

On a beau connaître toutes les ficelles, voir venir tous les rebondissements… Le savoir-faire de Zwick est tel, et la reconstitution si réussie, qu’on marche à fond dans cette fresque déchirante, qui nous tire des larmes à tous les coups.

Blood Diamond (id.) – d’Edward Zwick – 2006

Posté : 8 avril, 2013 @ 1:20 dans 2000-2009, ZWICK Edward | Pas de commentaires »

Blood Diamond (id.) - d'Edward Zwick - 2006 dans 2000-2009 blood-diamond

Quand on voit un film d’Edward Zwick, on est sûr d’être en terrain connu. Film après film, le cinéaste creuse le même sillon : avec des ficelles 100% hollywoodiennes, il filme des personnages qui se révèlent aux autres, et surtout à eux-mêmes, dans un monde en guerre. A peu près tous les conflits sont passés devant sa caméra : la guerre de Sécession (Glory), la première guerre mondiale (Légendes d’automne), la guerre du Golfe (A l’épreuve du feu), la deuxième guerre mondiale (Les Insurgés), et même un conflit japonais au 19ème siècle (Le Dernier Samouraï).

Blood Diamond n’échappe pas à la règle. Cette fois, c’est une guerre civile en Sierra Leone, en 1999, qui est au cœur du film : une guerre qui tient plus du génocide, et que Zwick filme comme le symbole du cynisme occidental. car les méchants du film sont moins ces Africains qui massacrent leurs concitoyens (même si le film ne dédouane aucune responsabilité, soulignant l’horrible absurdité de cette tuerie), que les grandes puissances et les sociétés privées occidentales, qui pilotent les peuples locaux pour piller leurs sols de leurs richesses.

Ces « diamants de sang », ce sont ceux que des esclaves du 20ème siècle sortent du sol au prix de leur sueur, de leur liberté et de leur sang, pour enrichir une poignée de blancs et orner le cou de riches occidentales à la bonne conscience.

Zwick ne fait pas dans la dentelle pour dénoncer ce cynisme planétaire, mais le sujet ne s’y prête pas. Cette guerre ressemble à beaucoup d’autres, toujours actuelles, et ces enfants soldats que l’on voit ressemblent aux dizaines de milliers que le cinéma n’a quasiment jamais montré jusque là.

Il faut reconnaître à Edward Zwick une audace et une honnêteté totales. Un vrai culot, aussi : celui de confier à DiCaprio le rôle d’un authentique salaud de guerre, dont la rédemption reste très relative. Un profiteur de guerre cynique et manipulateur. Séduisant, courageux, mais dégueulasse. D’une efficacité indéniable, Blood Diamond est un film qui bouscule.

L’intelligence de Zwick, c’est aussi d’assumer son regard occidental. Tout en prenant fait et cause pour ce peuple martyre, dont il filme le quotidien, les rêves perdus et les souffrances, il respecte absolument les codes du cinéma hollywoodien : rythme de film d’action, effets spéciaux impressionnants, personnages un rien stéréotypés (la journaliste belle et intelligente interprétée par Jennifer Connelly, le bon père de famille prêt à tout joué par Djimon Hounsou…), morceaux de bravoure, paysages magnifiés par des cadrages assez sublimes…

L’approche aurait pu être plus crue, plus proche du documentaire. Mais ce choix renforce la puissance du film. En assumant un regard occidental, il prend des allures d’autocritique plutôt rare…

Les Insurgés (Defiance) – de Edward Zwick – 2008

Posté : 6 décembre, 2010 @ 2:42 dans 2000-2009, ZWICK Edward | Pas de commentaires »

Les Insurgés (Defiance) - de Edward Zwick - 2008 dans 2000-2009 Les%20Insurgeacutes_zpswrgfpl60

Il faut reconnaître à Edward Zwick un mérite rare : il connaît parfaitement ses qualités et ses limites. Et film après film, le réalisateur trace un sillon, toujours le même, qu’il approfondit et enrichit, sans jamais se répéter, et sans jamais lasser. Zwick, c’est un peu l’héritier des réalisateurs prestigieux de l’âge d’or d’Hollywood, de Victor Fleming à William Wellman, sans le côté touche-à-tout, mais avec un vrai sens du romanesque et du spectaculaire. Et ils ne sont pas nombreux à assumer cet aspect purement hollywoodien, surtout depuis la mort d’Anthony Minghella.

Le film est inspiré d’une histoire vraie, et c’est sans doute la principale réserve qu’on peut lui faire : s’il n’en tire pas un chef d’œuvre (comme Minghella avec Le Patient Anglais, par exemple), c’est probablement parce que Zwick est trop prisonnier de la réalité historique pour signer un vrai grand film romanesque. C’est l’histoire, méconnue, de quatre frères juifs qui deviennent malgré eux des figures de la résistance à l’armée d’Hitler, dans l’Europe de l’Est de 1941. Quatre frères radicalement différents, qui s’aiment et se déchirent, tandis que leur sens du devoir se développe différemment : il y a celui qui estime qu’il faut rester cacher dans cette immense forêt, et recueillir tous les juifs qui se présentent ; puis il y a celui qui trépigne de ne pas passer à l’action.

La réussite du film tient avant tout dans ces personnages, joués avec beaucoup de conviction par Daniel Craig et Liev Schreiber (plus Jamie Bell en jeune chien fou), et dans l’évolution tragique de leurs relations. Si Zwick s’était d’avantage concentré sur ces deux ‘‘meilleurs ennemis’’, plutôt que sur l’ampleur de cette résistance historique, le film aurait sans doute gagné en puissance romanesque.

Pas de quoi gâcher son plaisir, surtout que le ton du film est, en tout cas par moments, d’une cruauté étonnante, évitant un manichéisme qui aurait rendu le film plus confortable, mais bien moins intense. Car les Juifs, ici, ne sont pas tous des victimes passives de la barbarie nazie : les héros du film laissent déverser des torrents de colère et de haine, dont les victimes directes ne sont pas tous des monstres de l’armée hitlerienne. C’est assez gonflé, et franchement réussi.

 

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