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Archive pour la catégorie 'WISE Robert'

La Ville enchaînée (The Captive City) – de Robert Wise – 1952

Posté : 20 janvier, 2017 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, WISE Robert | Pas de commentaires »

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Avec The Set-up puis Odds against tomorrow, Robert Wise a signé des chefs d’œuvre du film noir, totalement ancrés dans une réalité sociale d’un réalisme poignant. The Captive City s’inscrit clairement dans cette lignée. Mais pas avec la même réussite, même si le film commence plutôt très bien.

Toute la première partie est passionnante, avec un récit parfaitement mené qui permet d’oublier l’esthétique très télévisuelle, avec ce noir et blanc lisse et sans aspérité, loin du grain fascinant de The Set-up.

Le film est même enthousiasmant lorsqu’il suit le héros interprété par John Forsythe, rédacteur en chef d’un journal local, entre ses reportages et les rotatives où il met la dernière main aux articles déjà prêts sur les plaques de plomb (oui, c’est une autre époque).

Surtout, ce début introduit un ton plein de promesses : en enquêtant sur la mort d’un homme, le journaliste découvre peu à peu la corruption qui règne dans la ville. Et en même temps, c’est toute la vie qu’il s’est construite dans cette ville dont il est devenu un membre éminent, qui est remise en cause.

Ces certitudes qui se fissurent, cette vie parfaite qui vole en éclat… Cela aurait pu donner lieu à un grand film tragique, ambigu et paranoïaque. Et par moments, c’est vrai que le film annonce les grands films parano qui auront la côte vingt ans plus tard. Mais cette belle idée n’est pas totalement exploitée, et le film se résume au final à un efficace thriller.

Efficace, mais plombé par deux personnes: John Forsythe d’abord, acteur à peu près aussi expressif qu’un bol de rillettes; et le sénateur anti-corruption Kefauver, qui apparaît dans son propre rôle pour conclure le film par un édifiant plaidoyer contre le jeu et les gangsters. Histoire de plomber totalement le thriller.

Nous avons gagné ce soir (The Set-Up) – de Robert Wise – 1949

Posté : 4 novembre, 2016 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, RYAN Robert, WISE Robert | Pas de commentaires »

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Superbe film au noir et blanc somptueux, peinture glauque et sans concession d’un monde qui semble sans grand espoir : celui de la boxe et de ses petits combats minables qui se succèdent sans passion.

Robert Ryan, une nouvelle fois formidable, incarne l’un de ces boxeurs, un « vieux » de 35 ans qui enchaîne les défaites et qui ne parvient pas à raccrocher les gants. Un homme fatigué qui trimbale sa carcasse usée en rêvant vaguement d’une autre vie avec la femme qu’il aime.

Celle qu’il aime… Le film ne sort que rarement du gymnase où les boxeurs s’affrontent, et où elle n’a pas voulu se rendre ce soir-là. Pourtant, elle semble omniprésente, dans le regard angoissé de Ryan.

Pour parler de boxe, Robert Wise filme les gens : les boxeurs qui attendent dans « l’antichambre » où ils se préparent, et où certains rêvent de seconde chance ; mais aussi les spectateurs dans le public, habités par une rage insoupçonnable à première vue, comme cette dame digne qui se met à hurler « tue-le, tue-le », ou ce jeune homme qui n’a plus le moindre regard pour sa petite amie, ou cet autre qui avale toutes les cochonneries du monde au fil des combats.

Une véritable faune interlope, dont le « spécimen » le plus étonnant est un aveugle qui assiste au combat, accompagné par un ami qui lui décrit les coups, et qui vit les affrontements comme s’il était sur le ring. Qui est-il ? Wise laisse libre court à l’imagination du spectateur… Ici, le passé ne peut être qu’imaginé, et l’avenir semble bien incertain.

Non, ce n’est pas un chant d’amour pour la boxe. Rien de glorieux dans ce combat montré in extenso: quatre rounds de trois minutes âpres et d’une violence qui n’a rien de romantique. Et les regards désabusés des habitués ne laisse guère de place aux espoirs démesurés.

Mais Wise signe un pur film d’amour. Il y a quelque chose de tragique dans l’absence de cette jeune femme (Audrey Totter) qui n’assiste pas au combat de cet homme, et dans son errance nocturne. Comme il y a quelque chose de déchirant dans la manière dont lui, Ryan, scrute la salle pour tenter de la retrouver. Quant au suspense final, dans une poignée de séquences qui flirtent avec le film noir, il ne conduit que vers une violence libératrice, l’un des happy ends les plus douloureux et les plus émouvants qui soient…

Le Coup de l’escalier (Odds against tomorrow) – de Robert Wise – 1959

Posté : 4 février, 2016 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, RYAN Robert, WISE Robert | Pas de commentaires »

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Revoir l’un après l’autre La Chevauchée des bannis et Le Coup de l’escalier est une bonne manière de réaliser une bonne fois pour toute à quel point Robert Ryan est grand. Les deux films sont tournés la même année, marquent chacun à leur manière l’histoire du genre qu’ils représentent, et révèlent l’immense talent d’un acteur qui, en toute humilité et sans jamais tirer la couverture à lui, apporte à ses personnages une profondeur et une complexité à peu près infinis.

Après le western, le film noir donc. Et plus précisément le film de braquage, genre en soi dont Robert Wise, pas encore spécialiste du film musical mais déjà grand cinéaste au rythme très musical, s’empare en le malmenant comme peu d’autres avant lui. C’est bel et bien un film de braquage, construit comme tel : la formation de l’équipe, la préparation et l’attente, et le braquage lui-même. Sauf que ce braquage, minable et foireux, se résume à une dizaine de minutes montre en main, admirablement tendues et tragiques, et que l’essentiel est ailleurs.

Dans la préparation ? Elle-même se limite à une poignée de plans vite expédiés. Wise ne s’intéresse en fait qu’à ses trois bras cassés : Ryan donc, ainsi que Ed Begley et Harry Belafonte, à l’origine du projet, qui s’offre au passage une formidable séquence chantée dans un club enfumé, absolument fascinante. C’est tout le talent de Wise, qui prend le contre-pied des grands cinéastes du noir, et qui s’autorise de longues pauses et d’innombrables digressions.

A l’action pure, Wise préfère plonger dans les affres de ses personnages, qui n’en manquent pas. Ed Begley, ancien flic défroqué qui monte un « coup » pour se venger de la bonne société plus que pour se permettre un nouveau départ. Harry Belafonte, joueur invétéré et père divorcé, qui s’est attiré les foudres d’un créancier qu’il ne peut pas payer. Et Robert Ryan, vétéran fatigué de vivre aux crochets de son amie (Shelley Winters, terriblement émouvante), qui veut retrouver son statut « d’homme ».

Trois paumés que le noir et blanc éthéré assez impressionnant renvoie à leur triste banalité. Rien d’héroïque ou d’extraordinaire chez eux, ou dans ce qui les entoure. Ça sent déjà le plan foireux à plein nez, mais on pourrait leur rêver une nouvelle chance, finalement, à ces trois minables plutôt touchants.

Sauf que le personnage de Ryan est raciste jusqu’à la racine de ses cheveux. Il n’y peut rien : il a été élevé comme ça, et ça ne l’a jamais empêché de vivre. Et sauf que, pour ceux qui l’ignorent, Harry Belafonte est noir. Le film de braquage devient alors une charge contre le racisme et ses aspects destructeurs, jusqu’à un final chargé de symbole qui cite le White Heat de Walsh, et qui s’offre une conclusion cynique et définitive : face à la mort, il n’y a plus de différence entre les blancs et les noirs.

 

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