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Archive pour la catégorie 'VIGO Jean'

Zéro de conduite – de Jean Vigo – 1933

Posté : 20 octobre, 2017 @ 8:00 dans 1930-1939, VIGO Jean | Pas de commentaires »

Zéro de conduite

Après deux courts métrages documentaires muets, Jean Vigo passe à la fiction, mais pas encore tout à fait au long (pour ça, il faudra attendre son film suivant, et ultime, L’Atalante) : Zéro de conduite, qui marque clairement une date dans le cinéma français, n’excède pas les trois quarts d’heure.

Comme dans ses premières expériences derrière la caméra, Vigo continue à inventer un langage qui lui est propre, à la fois très ancré dans la réalité, et tellement expérimental qu’il en devient poétique. Tellement ancré dans la réalité, qu’il y a dans Zéro de conduite des aspects de cinéma vérité, et surtout, en germe, à peu près tout ce qui fera trente ans plus tard la Nouvelle Vague.

C’est ce mélange qui fait toute la singularité du cinéma de Vigo : cette impression de toucher la réalité des choses, dans une oeuvre formellement audacieuse, qui se permet toutes les expérimentations techniques, et toutes les dérives surréalistes.

Zéro de conduite est ainsi le portrait sans fard d’enfants quasiment surveillés, dans un internat aux règles trop strictes, voire castratrices. Mais on y voir aussi un surveillant (Jean Dasté), qui se met à imiter Charlot dans la cour sans raison véritable. Un ballon qui disparaît comme par magie. Ou encore, dans une séquence joliment poétique, un dessin qui s’anime sur une feuille de papier.

Dans le même temps, le film ose aborder des thèmes durs, parfois frontalement, parfois à mi-mots. L’un des professeurs est ainsi un être libidineux au comportement pour le moins suggestif, dont la manière de caresser la main ou la tête de l’un des élèves (visiblement une fillette, mais présentée comme un garçon) fait plus que simplement évoquer la pédophilie.

Cette jeunesse dont parle le film, avec des moments de légèreté feinte, s’apparente quasiment à une génération sacrifiée, privée des plaisirs enfantins par des adultes trop étouffants, et par l’extrême cruauté des rapports humains. Vigo a sans doute mis beaucoup de sa propre jeunesse difficile dans ce film, interdit pendant près de quinze ans : Zéro de conduite n’est sorti en salles qu’après la guerre, en 1946.

Taris, roi de l’eau / La Natation par Jean Taris – de Jean Vigo – 1931

Posté : 19 septembre, 2017 @ 8:00 dans 1930-1939, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VIGO Jean | Pas de commentaires »

Taris roi de l'eau

Avant de passer au presque long métrage avec son Zéro de conduite, Jean Vigo signe ce petit documentaire d’à peine dix minutes consacré au champion de natation Jean Tarif, qu’il filme lors de ses entraînements et met en scène pour présenter ses techniques de nage.

Ce court métrage serait anecdotique si Vigo n’y utilisait pas à peu près toutes les possibilités de l’art cinématographique, avec des innovations formelles et techniques qui, aujourd’hui encore, continuent à fasciner.
Gros plans, ralentis, marche arrière, surimpressions… Toutes les techniques sont bonnes pour plonger le spectateur, littéralement, dans le bain de la piscine où le film a été tourné, au plus près d’un homme totalement à l’aise dans l’élément liquide.

Franchement, les explications de Taris concernant le crawl n’ont pas le moindre intérêt. Mais la beauté formelle des images et l’enchaînement des plan a quelque chose de poétique et d’hypnotisant.

A propos de Nice – de Jean Vigo et Boris Kaufman – 1930

Posté : 15 septembre, 2016 @ 2:50 dans 1930-1939, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, FILMS MUETS, KAUFMAN Boris, VIGO Jean | Pas de commentaires »

A propos de Nice

Premier film de Jean Vigo, ce montage virtuose d’images muettes tournées avec son complice Boris Kaufman dans les rues de Nice a été réalisé dans le cadre d’une série de films dédiés à plusieurs villes françaises. Au-delà de l’intérêt historique évident (on assiste bien aux premiers pas d’un cinéaste majeur – malgré sa très courte carrière), le film dévoile déjà le cynisme et la lucidité du jeune réalisateur.

Le film a, à première vue, un petit côté carte postale dont Vigo se joue habilement. Cette ville, il l’a découverte lors de son enfance difficile lorsque, malade, il avait été envoyé en cure dans le Sud de la France. La vision qu’il porte sur les riches oisifs qui peuplent les beaux quartiers niçois ne fait guère de doute : des contre-plongées cruelles soulignent les artifices de femmes vieillissantes trop fardées ; une série de plans successifs montre des hommes paressant sur des chaises.

Les images sont fortes, mais c’est surtout le montage qui donne le ton. Montage qui met en parallèle les riches s’abandonnant au soleil et les pauvres reclus dans des ruelles sales et privées de lumière ; ou encore une parade fleurie et festive, et le travail des petites gens qui cueillent ces mêmes fleurs en se cassant le dos. Pas toujours très délicat (surtout lorsqu’à un plan de fête répond le cortège d’un enterrement), mais diablement efficace.

Dans ce Nice, jamais les riches des cartes postales et les pauvres des bas-fonds ne se croisent. A une exception près : un plan fugitif dans lequel une femme se détourne avec un dégoût manifeste d’une mendiante qui s’approche de lui. Pas sûr que ce film soit un chant d’amour à Nice.

 

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