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Archive pour la catégorie 'VARDA Agnès'

Les dites Cariatides – d’Agnès Varda – 1984

Posté : 20 février, 2026 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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« Le nu, dans la rue, est plus souvent en bronze qu’en peau humaine, plus souvent en pierre qu’en chair… » C’est la voix d’Agnès Varda qui ouvre ainsi ce petit film, alors qu’un jeune homme totalement nu sort d’un immeuble parisien.

Incongru, voire scandaleux, et c’est pourtant dans des rues pleines de nus que nous emmène la caméra d’Agnès. Et même, des femmes nues dans des poses souvent lascives. Et c’est une déclaration d’amour à sa manière que signe la cinéaste, aux « cariatides » donc, ce qui nous permet au passage d’apprendre qu’une cariatide est une statue, le plus souvent de femme, qui sert de colonne dans l’architecture urbaine.

Varda filme essentiellement ces statues/colonnes au plus près, mais en captant quelques scènes de rues qu’elle met en parallèle : une statue d’homme tout en muscle surplombe des porteurs de caisses, deux gardiennes de pierre entourant une gardienne d’immeuble à sa fenêtre.

Tout en filmant ses trésors sculptés, que personne ne regarde jamais vraiment au fond, Varda digresse, évoque Athènes et Baudelaire, errance poétique et curieuse, la tête levée.

Le Lion Volatil – d’Agnès Varda – 2003

Posté : 19 février, 2026 @ 8:00 dans 2000-2009, COURTS MÉTRAGES, FANTASTIQUE/SF, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Le Lion Volatil – d’Agnès Varda – 2003 dans 2000-2009 55072571539_1855333911_z

Le Lion de Belfort de la place Denfer-Rochereau, « la mascotte du XIVe arrondissement » comme l’appelle Agnès Varda en voix off, est le pivot de ce court métrage, disons, déroutant.

En dix minutes, c’est l’histoire d’une rencontre, entre l’apprentie d’une diseuse de bonne aventure, et un gardien des catacombes, magicien à ses heures, qui se retrouvent chaque midi pour partager un panini. On sent la romance qui pointe le bout de son nez, Julie Depardieu a le regard qui fond, mais son bel amour disparaît comme par magie.

Le Lion aussi disparaît, laissant la jeune femme le cœur lourd, jusqu’à ce qu’apparaisse sur le socle une version géante de Zgougou, le chat d’Agnès, déjà « héros » d’un court métrage l’année précédente.

C’est charmant et plein de poésie. On croise Valérie Donzelli et Bernard Werber, Varda filme une fois encore un quartier de son XIVe. Son style si singulier est là, mais cette petite fable désarçonne peut-être un poil plus qu’elle n’enthousiasme.

Rue Daguerre en 2005 – d’Agnès Varda – 2005

Posté : 18 février, 2026 @ 8:00 dans 2000-2009, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Rue Daguerre en 2005 – d’Agnès Varda – 2005 dans 2000-2009 55072570729_5d2a98790b

Trente ans après Daguerréotypes, le merveilleux film consacré à « sa » rue Daguerre, Agnès Varda revient sur les lieux (toujours à quelques mètres de son propre appartement) pour y évoquer le tournage de son documentaire, et voir ce que le quartier est devenu depuis tout ce temps.

Bien sûr, la plupart des personnages ne sont plus là, et tout ou presque a changé : seule l’épicerie est restée telle qu’elle était, à la plus grande surprise d’Isabelle, la patineuse du film de 1975, devenue mère de famille souriante. Le patron, quand même, n’est plus le même : c’est désormais Mohammed, qui apparaissait déjà dans le documentaire, commis muet et mal à l’aise derrière l’épicier.

Dans ce court documentaire tourné à l’occasion de la sortie en DVD de Daguerréotypes, Varda se met en scène au contact de ceux qui ont repris les commerces, « ses » commerçants habituels, qui évoquent ce qu’est devenu le quartier, et l’impact qu’y a eu le film. Mais c’est une nouvelle fois sur le regard triste et lointain de « Mme Chardon Bleu », depuis longtemps disparue, que se referme ce nouveau film. « Je crois qu’elle est inoubliable », lance Agnès Varda. Elle a raison.

Daguerréotypes – d’Agnès Varda – 1975

Posté : 17 février, 2026 @ 8:00 dans 1970-1979, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Une journée, ou deux, dans la rue Daguerre. C’est à Paris, dans le XIVe arrondissement, c’est là qu’a vécu Agnès Varda quasiment toute sa vie, et on a du mal à croire que le nom de cette rue soit un hasard : une cinéaste si singulière vivant sous le patronage d’un pionnier de la photographie ? C’est juste une réflexion au passage, qui n’a pas grand-chose à voir avec le film qui nous intéresse.

Cinéaste singulière, libre et ne fonctionnant qu’à l’empathie, voire à la passion, Agnès Varda décide donc de filmer cette rue Daguerre qu’elle connaît si bien, dans ce qu’elle a de plus quotidien. Ou plutôt, une petite partie de cette rue, là où elle a ses habitudes. Elle choisit donc une poignée de commerces en tous genres entourant son immeuble, et traverse les vitrines, comme elle le dit en voix off.

Ce qu’elle filme est d’une simplicité totale, banal, même. Et c’est pourtant superbe, parce qu’il y a le regard de Varda, le même que celui qu’elle portait sur les Black Panthers par exemple, fait de curiosité, de bienveillance et de tendresse. Ce regard qui est à la fois celui d’une documentariste et d’une inventeuse de forme. Parce que Varda sait que pour faire ressortir la vérité la plus authentique, il faut savoir mentir, réinventer, mettre en scène.

Son film est donc un pur documentaire, voire du cinéma vérité, mais où la caméra ne s’oublie jamais. Au contraire, Varda laisse constamment durer les plans un peu que nécessaire, le temps de capter les petites gênes provoquées par sa présence silencieuse, et les positions un peu figées d’hommes et de femmes qui ne savent comment se tenir face au regard de la caméra.

Ce qui en sort est d’une tendresse folle, et même bouleversant lorsqu’elle s’attarde longuement sur « Mme Chardon Bleue », au regard dans le vide et à la voix traînante et inaudible. Ou sur l’épicier tunisien dont le sourire constant cache mal la tristesse d’avoir laissé sa mère seule à Djerba. Ou sur le coiffeur si joyeux qui se confie sur les rêves qu’il ne cesse d’avoir : « je suis un sentimental, moi », tandis que sa femme assure ne jamais rêver.

Le film est une collection de portraits intimes très attachants. C’est aussi celui d’un microcosme qui représente bien ce qu’est cette France des années 70, ce quartier de Paris où ont convergé des hommes et des femmes venus de tout le pays, et d’au-delà, captés dans un moment de leur vie, suspendu devant la caméra de Varda.

Une merveille sensible, et aussi plein de fantaisie. Varda ne se contente pas de passer d’une vitrine à l’autre : elle profite du passage du magicien Mystag pour faire de son spectacle au cours d’une soirée réunissant tous les « acteurs » du film une sorte de fil rouge autour duquel elle s’amuse pour faire répondre les numéros avec le quotidien des protagonistes, dans un montage plein d’humour comme elle en a le secret.

Daguerréotypes est une merveille. Et c’est peut-être sa simplicité même qui en fait un film si attachant, et qui renforce l’amour que l’on peut avoir pour Agnès Varda, cinéaste qui met autant de passion et d’intensité lorsqu’elle filme les soubresauts du monde vu des Etats-Unis, que lorsqu’elle filme les quelques dizaines de mètres qui entourent son pas de porte.

Lions, Love (… and Lies) – d’Agnès Varda – 1969

Posté : 28 janvier, 2026 @ 8:00 dans 1960-1969, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Avec Uncle Yunco et Black Panthers, deux remarquables courts métrages documentaires, Lions, Love (… and Lies) peut être vu comme le dernier volet d’un triptyque aussi hétéroclite que passionnant sur l’Amérique de cette période si porteuse de changements. Un triptyque à l’image de son cinéma : aussi libre que maîtrisé, et qui a tout du collage génial.

Après le court métrage, le long. Et après le documentaire, la fiction. Encore que la frontière entre les deux est, comme souvent chez Varda, particulièrement floue. Il y a bien un semblant de scénario : une réalisatrice new-yorkaise branchée débarque à Hollywood où elle veut tourner un film avec une actrice en vogue, qui vit avec ses deux compagnons dans une maison où tout est factice, perchée dans les collines.

Mais comme le dit l’actrice elle-même, jouée par Viva, révélation du cinéma underground d’Andy Warhol, elle pensait avoir un scénario à lire et des dialogues à apprendre par cœur, et s’est retrouvée comme toujours à devoir inventer son texte, à la fois elle-même et son personnage. De la même manière, la réalisatrice new-yorkaise est incarnée par Shirley Clarke, une cinéaste new-yorkaise d’avant-garde qui tient son propre rôle.

Le film est constamment tiraillé entre la fiction et la réalité. C’est même tout son sujet : la vision d’une Française fascinée par le Hollywood classique, mais qui a elle-même inspiré une Nouvelle Vague qui en est le reflet opposé ; un chant d’amour pour le cinéma hollywoodien, qui capte aussi une époque où l’industrie rêve de se réinventer.

Varda assume ce flou entre fiction et réalité, jusqu’à effacer toute frontière. Elle et sa caméra apparaissent dans un miroir, la réalisatrice est interpellée par ses comédiens en plein tournage d’une scène, et finit même par entrer dans le champs lorsque Shirley lui dit son incapacité à jouer la scène qu’on lui a écrite…

Au-delà d’Hollywood, c’est l’Amérique et ses bouleversements que capte Varda, tragiquement aidée par l’histoire : sur la télévision omniprésente dans la maison, on suit comme en direct l’assassinat de Robert Kennedy, survenu alors que le tournage venait de commencer, mais aussi l’attentat contre Andy Warhol, dont Viva fut donc l’égérie.

Varda filme cette Amérique de 1968, le théâtre contemporain, la liberté sexuelle, le tiraillement d’Hollywood entre un monde d’illusion et la recherche d’authenticité… La télévision diffuse aussi Horizons perdus de Capra, dont le Shangri-la est comme une métaphore d’Hollywood, et peut-être de toute l’Amérique.

Black Panthers – d’Agnès Varda – 1968

Posté : 27 janvier, 2026 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Agnès Varda, qui vivait alors aux Etats-Unis, se rend à Oklahoma lorsque le mouvement des Black Panthers organise des manifestations pour obtenir la libération de l’un des leurs, Huey Newton, accusé d’avoir tué un policier. La culpabilité ou l’innocence de l’homme, qui aura bien d’autres démêlés avec la justice dans les années qui suivront, n’est pas le sujet de la cinéaste, qui livre avec ce documentaire au cœur de la foule un portrait d’une rare vivacité des Black Panthers.

Elle a un don, quand même, pour donner le sentiment d’être dans son élément quel que soit le sujet qu’elle filme. C’est particulièrement étonnant dans ce film remarquable et passionnant, où on ne peut que l’imaginer se glisser au plus près des manifestants noirs, caméra à la main, sans que personne visiblement ne s’en étonne. Elle n’apparaît pas à l’écran, mais comme toujours, c’est à la première personne qu’elle filme ce docu-portrait.

Et par la même occasion, comme dans son premier film américain, Uncle Yanco, c’est un portrait d’un pan de cette Amérique de 1968 que livre Varda, à travers cette série de rencontres organisées ou de micros tendus. La parole qu’elle reçoit dit tout du racisme, de ce que c’est qu’être noir dans une telle société. Bienveillante sans naïveté, Varda filme la fierté de noirs bien décidés à revendiquer leur culture, d’une communauté unie et déterminée.

Elle interroge aussi sur la violence, sans jugement mais avec honnêteté. Et c’est peut-être le plus pertinent des documentaires sur ce moment précis des luttes sociales des noirs américains que signe la Française Agnès Varda. C’est en tout cas un modèle de docu-reportage.

Uncle Yanco – d’Agnès Varda – 1967

Posté : 26 janvier, 2026 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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De passage à San Francisco, Agnès Varda va rencontrer cet oncle (un cousin de son père) peintre dont Henry Miller avait fait le portrait vingt ans plus tôt dans son livre Souvenirs, Souvenirs. « J’avais lu Miller », confie la réalisatrice en voix off. L’homme, lui, elle ne le connaissait pas : il avait quitté sa famille en Grèce bien des décennies plus tôt, pour vivre de son art en France, puis en Amérique.

Le portrait filmé que titre Varda de cette rencontre est merveilleux de tendresse et d’inventivité. Au-delà des liens familiaux que la cinéaste et son « modèle » se découvrent, c’est une sorte de portrait du San Francisco artiste et hippie que filme Varda, avec son sens si personnel du récit, du rythme, du montage, jouant de sa propre mise en scène, répétant les prises et soulignant les artifices pour mieux en tirer la vérité.

Le regard qu’elle porte sur ce San Francisco là ne ressemble à aucun autre : ces habitations flottantes dans un quartier aquatique ont quelque chose de la Pointe Courte qu’elle filmait dans son premier long métrage, deux microcosmes comme coupés du monde environnant. Ici, pourtant, c’est la vie, la liberté et la joie qui dominent, dans ce condensé de l’Amérique contestatrice, avec cet oncle Yanco, Jean Varda, qui s’est construit un paradis flottant fait de bric, de broc, et de douceur de vivre.

Viennale 2004 – bande annonce d’Agnès Varda – 2004

Posté : 4 décembre, 2025 @ 8:00 dans 2000-2009, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Trop forte, Agnès Varda, qui transforme la bande annonce du festival de cinéma de Vienne 2004 en une évocation de la terre et des ressources de la nature, terminant ces deux petites minutes par une question existentielle : « Et si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? »

Certes, le festival viennois met le documentaire à l’honneur, mais il faut quand même reconnaître une grande audace et une liberté dingue de la part de Varda, qui se met en scène observant une toupie dont le mouvement évoque une danseuse virevoltant sur la musique de Strauss, pour laisser son esprit divaguer vers des images nettement plus terriennes.

En passant de l’imagerie viennoise traditionnelle à une réalité bretonne ancrée dans le sol, Varda affirme en quelques instants la force d’un cinéma du réel qui n’oublie pas le style. C’est très court, et c’est très fort.

Le Bonheur – d’Agnès Varda – 1965

Posté : 2 décembre, 2025 @ 8:00 dans 1960-1969, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Les premières minutes font un peu peur et séduisent en même temps. Avec ces images d’un bonheur familial saisi dans ce qu’il a de plus cliché, on frôlerait même une imagerie à la Petite Maison dans la prairie, à un détail près. Ce détail, c’est la vision d’Agnès Varda, grande cinéaste qui tire une légèreté et une beauté profonde de ces images flirtant avec le rococo, toutes en flous et en couleurs criardes.

On se dit alors que le film entier sera une mise en image de ce bonheur familial, d’autant plus touchant qu’il est incarné par une véritable famille : Jean-Claude Drouot (en pleine gloire Thierry la fronde), sa femme Claire et leurs enfants, que l’on suit lors d’un dimanche de pique-nique dans la forêt. Les images d’un bonheur si simple et pur qu’il se pourrait même que ce soit au fond une captation de la véritable famille Drouot.

Mais non, quand le pique nique touche à sa fin, la famille quitte la forêt à bord d’une voiture qui nous ramène à la réalité. Ou plutôt à la fiction : la vraie famille incarne une famille de cinéma. Et Drouot est un jeune homme plein de vie, fait pour l’amour et le bonheur, qui aime profondément sa femme et sa famille… et tombe amoureux d’une autre.

Pas de cynisme, ni de jugement moral apparent de la part de Varda, et pas de mensonge ou de dissimulation de la part du personnage. Pourquoi se priver d’un bonheur supplémentaire ? Pourquoi ne pas vivre un second amour, qui ne réduit en rien la force du premier ? Une philosophie qui a fait bondir plus d’un puriste en 1964, qui n’ont retenu que l’égoïsme viscéral de cet homme tellement fait pour le bonheur qu’il en oublie que tout le monde n’a pas cette capacité.

Mais avec ce film, brillant sur la forme, formidablement inventif, Agnès Varda compte sur l’intelligence du spectateur. Et en faisant de Jean-Claude Drouot le personnage central de son drame, c’est en fait le point de vue et la sensibilité des femmes qu’elle souligne, diablement maligne, jouant avec l’insouciance apparemment générale. Son film bouscule et bouleverse, aussi parce qu’il refuse toute facilité, confrontant ses personnages à la vie et ses accidents.

Comme souvent dans son cinéma, c’est la vie dans ce qu’elle a de plus inattendu qu’elle capte. Et c’est, une nouvelle fois, magnifique et dérangeant à la fois, libre et enthousiasmant. Agnès Varda ne juge pas, ce n’est en tout cas pas son propos. Mais la violence du contraste entre la beauté presque surréaliste des scènes bucoliques et le drame, et la séquence finale qui répond à celle qui introduisait le film comme en occultant le drame, bouscule, pour le moins. Entre la beauté et le malaise, il n’y a vraiment pas loin.

Une minute pour une image – mini-série d’Agnès Varda – 1983

Posté : 23 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Agnès Varda a sélectionné des photos (170, dont 14 qu’elle commente elle-même) qui apparaissent à l’écran, laissant au spectateur le temps de les observer avant qu’elle ne dise en voix off ce que ces clichés lui inspirent. Cela peut être un détail de l’image, une histoire qu’elle lui rappelle, ou des interrogations, qu’importe.

Le propos est aussi varié que les photos retenues. Le regard rude d’une Algérienne forcée de posée dévoilée, et c’est à l’humanité de la femme que Varda pense, mais aussi celle du photographe de l’armée. Cinq mains qui en opèrent une sixième lui inspirent des références religieuses. Une autre main, sur une autre photo, qui tente de serrer une « main-poisson », et Varda qui tente de décrypter cette image

D’un épisode à l’autre, le ton peut être radicalement différent. Après un portrait de famille qui rappelle les compositions de l’école hollandaise, un charnier inspire des pensées contradictoires, alliant beauté et laideur… Une image surréaliste ou une photo ancienne, poétique ou historique. En quelques secondes, Varda a toujours ce petit commentaire personnel et pertinent qu’on ne voit pas venir. A montrer dans les écoles, pour réapprendre à regarder les images…

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