Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'VARDA Agnès'

Viennale 2004 – bande annonce d’Agnès Varda – 2004

Posté : 4 décembre, 2025 @ 8:00 dans 2000-2009, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Viennale 2004 – bande annonce d’Agnès Varda – 2004 dans 2000-2009 54934335566_912a3b934f

Trop forte, Agnès Varda, qui transforme la bande annonce du festival de cinéma de Vienne 2004 en une évocation de la terre et des ressources de la nature, terminant ces deux petites minutes par une question existentielle : « Et si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? »

Certes, le festival viennois met le documentaire à l’honneur, mais il faut quand même reconnaître une grande audace et une liberté dingue de la part de Varda, qui se met en scène observant une toupie dont le mouvement évoque une danseuse virevoltant sur la musique de Strauss, pour laisser son esprit divaguer vers des images nettement plus terriennes.

En passant de l’imagerie viennoise traditionnelle à une réalité bretonne ancrée dans le sol, Varda affirme en quelques instants la force d’un cinéma du réel qui n’oublie pas le style. C’est très court, et c’est très fort.

Le Bonheur – d’Agnès Varda – 1965

Posté : 2 décembre, 2025 @ 8:00 dans 1960-1969, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Le Bonheur – d’Agnès Varda – 1965 dans 1960-1969 54934644335_fc16a023e3_z

Les premières minutes font un peu peur et séduisent en même temps. Avec ces images d’un bonheur familial saisi dans ce qu’il a de plus cliché, on frôlerait même une imagerie à la Petite Maison dans la prairie, à un détail près. Ce détail, c’est la vision d’Agnès Varda, grande cinéaste qui tire une légèreté et une beauté profonde de ces images flirtant avec le rococo, toutes en flous et en couleurs criardes.

On se dit alors que le film entier sera une mise en image de ce bonheur familial, d’autant plus touchant qu’il est incarné par une véritable famille : Jean-Claude Drouot (en pleine gloire Thierry la fronde), sa femme Claire et leurs enfants, que l’on suit lors d’un dimanche de pique-nique dans la forêt. Les images d’un bonheur si simple et pur qu’il se pourrait même que ce soit au fond une captation de la véritable famille Drouot.

Mais non, quand le pique nique touche à sa fin, la famille quitte la forêt à bord d’une voiture qui nous ramène à la réalité. Ou plutôt à la fiction : la vraie famille incarne une famille de cinéma. Et Drouot est un jeune homme plein de vie, fait pour l’amour et le bonheur, qui aime profondément sa femme et sa famille… et tombe amoureux d’une autre.

Pas de cynisme, ni de jugement moral apparent de la part de Varda, et pas de mensonge ou de dissimulation de la part du personnage. Pourquoi se priver d’un bonheur supplémentaire ? Pourquoi ne pas vivre un second amour, qui ne réduit en rien la force du premier ? Une philosophie qui a fait bondir plus d’un puriste en 1964, qui n’ont retenu que l’égoïsme viscéral de cet homme tellement fait pour le bonheur qu’il en oublie que tout le monde n’a pas cette capacité.

Mais avec ce film, brillant sur la forme, formidablement inventif, Agnès Varda compte sur l’intelligence du spectateur. Et en faisant de Jean-Claude Drouot le personnage central de son drame, c’est en fait le point de vue et la sensibilité des femmes qu’elle souligne, diablement maligne, jouant avec l’insouciance apparemment générale. Son film bouscule et bouleverse, aussi parce qu’il refuse toute facilité, confrontant ses personnages à la vie et ses accidents.

Comme souvent dans son cinéma, c’est la vie dans ce qu’elle a de plus inattendu qu’elle capte. Et c’est, une nouvelle fois, magnifique et dérangeant à la fois, libre et enthousiasmant. Agnès Varda ne juge pas, ce n’est en tout cas pas son propos. Mais la violence du contraste entre la beauté presque surréaliste des scènes bucoliques et le drame, et la séquence finale qui répond à celle qui introduisait le film comme en occultant le drame, bouscule, pour le moins. Entre la beauté et le malaise, il n’y a vraiment pas loin.

Une minute pour une image – mini-série d’Agnès Varda – 1983

Posté : 23 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Une minute pour une image – mini-série d’Agnès Varda – 1983 dans 1980-1989 54914889205_e4572a5512_z

Agnès Varda a sélectionné des photos (170, dont 14 qu’elle commente elle-même) qui apparaissent à l’écran, laissant au spectateur le temps de les observer avant qu’elle ne dise en voix off ce que ces clichés lui inspirent. Cela peut être un détail de l’image, une histoire qu’elle lui rappelle, ou des interrogations, qu’importe.

Le propos est aussi varié que les photos retenues. Le regard rude d’une Algérienne forcée de posée dévoilée, et c’est à l’humanité de la femme que Varda pense, mais aussi celle du photographe de l’armée. Cinq mains qui en opèrent une sixième lui inspirent des références religieuses. Une autre main, sur une autre photo, qui tente de serrer une « main-poisson », et Varda qui tente de décrypter cette image

D’un épisode à l’autre, le ton peut être radicalement différent. Après un portrait de famille qui rappelle les compositions de l’école hollandaise, un charnier inspire des pensées contradictoires, alliant beauté et laideur… Une image surréaliste ou une photo ancienne, poétique ou historique. En quelques secondes, Varda a toujours ce petit commentaire personnel et pertinent qu’on ne voit pas venir. A montrer dans les écoles, pour réapprendre à regarder les images…

Les 3 boutons – d’Agnès Varda – 2015

Posté : 22 novembre, 2025 @ 8:00 dans 2010-2019, COURTS MÉTRAGES, FANTASTIQUE/SF, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Les 3 boutons – d’Agnès Varda – 2015 dans 2010-2019 54914889155_f03bbc9533_z

A 85 ans passés, Agnès Varda fait preuve d’une fraîcheur et, même, d’une espièglerie étonnante avec ce court film, commande de la marque de vêtements Miu Miu dans le cadre de sa série « Women’s Tales », des courts métrages confiés à une réalisatrice différente deux fois par an depuis 2011, pour promouvoir l’arrivée des nouvelles collections.

De cette commande, Varda fait… ce qu’elle veut, en l’occurrence une fable joyeuse et pleine de vie mettant en scène une adolescente de 14 ans toute en sourires (Justine Thirée), et sans grand rapport avec le prêt-à-porter si ce n’est le court plan d’une vitrine avec une robe qui émerveille la jeune héroïne.

Ah si : l’apparition magique d’une robe rouge planant sur la cour d’une ferme, par laquelle s’ouvre le film. On retrouve la légèreté et la liberté d’Agnès Varda, dont les idées en entraînent toujours d’autres dans un grand mouvement perpétuel, constamment tourné vers l’avenir et l’espoir. Vivant, décidément.

T’as de beaux escaliers, tu sais… – d’Agnès Varda – 1986

Posté : 21 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

T’as de beaux escaliers, tu sais… - d’Agnès Varda – 1986 dans 1980-1989 54914836514_cb9c054b2f_z

Pour les 50 ans de la Cinémathèque Française, Agnès Varda signe un hommage à sa manière : un très court métrage (3 minutes) autour des fameux escaliers de l’institution, alors à Chaillot, où elle filme les spectateurs entrant ou sortant, souvent mis en scène pour répondre à des images mythiques du cinéma, tous mettant en scène des escaliers.

Pépé le Moko, Juve contre Fantômas, Le Cuirassé Potemkine, Citizen Kane, Le Mépris et quelques-autres défilent ainsi, dans un montage qui témoigne d’un amour immodéré pour le cinéma, et donne une furieuse envie d’aller en salles. Et pas uniquement pour voir des classiques : l’apparition d’Isabelle Adjani sur les marches, après un extrait de L’Histoire d’Adèle H, sonne comme un rappel que le cinéma n’appartient pas à l’histoire, mais qu’il est un art bien actuel.

Elsa la Rose – d’Agnès Varda – 1965

Posté : 20 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Elsa la Rose – d’Agnès Varda – 1965 dans 1960-1969 54914889175_ae262bb3b5_z

« Mon univers, Elsa, ma vie »… c’est avec ces mots signés Aragon et dits par Aragon lui-même que s’achève ce film, magnifique portrait d’un amour qui a inspiré quelques-uns des plus beaux vers du XXe siècle. Elsa Triolet et Louis Aragon, devant la caméra d’Agnès Varda. Ou plutôt : Elsa Triolet vue par Louis Aragon, et filmés par Agnès Varda.

La jeune réalisatrice filme longuement les deux grands écrivains. Et devant sa caméra, on tente de percer le mystère qui se cache derrière les yeux les plus célèbres de la poésie française. Elsa et Aragon se livrent, racontent et rejouent leur rencontre dans ce café parisien dont Elsa, trente ans après, repasse à plusieurs reprises les portes battantes, rejouant l’instant qui a scellé leur destin.

C’est d’une beauté assez renversante, souligné par les interventions des deux écrivains, par les poèmes d’Aragon (parfois chantés par Ferrat), par les confessions d’Elsa, qui reconnaît se sentir coupable de ne plus avoir la beauté de ses 20 ans, telle que se l’imaginent les lecteurs des poèmes de celui qu’elle inspire et qui l’aime. Vingt minutes de pure beauté, très émouvantes.

Salut les Cubains – d’Agnès Varda – 1963

Posté : 19 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Salut les Cubains – d’Agnès Varda – 1963 dans 1960-1969 54914800938_b034f9f9e3_z

1063. La révolution cubaine a 4 ans, Fidel Castro est un leader déjà légendaire et encore très jeune, dont le charisme et le destin passionnent le monde. Agnès Varda compris, qui passe quelques semaines sur l’île et en revient avec 1800 photos, dont elle tire ce film court et fascinant, dont on retient moins ce qu’il dit de Cuba que ce qu’on en comprend de la fascination que procurait cette révolution pleine de vie et d’enthousiasme.

Aucun regard critique évident d’ailleurs, ici. Pas ou peu de référence au contexte géopolitique non plus. Avec ses images, Varda dresse le portrait d’une société toute jeune, fraîchement libérée de la dictature, et qui déborde d’envie de vivre. La musique, la danse, le cigare, le sucre, les hommes et les femmes, et un peu les dirigeants : Varda, au fond, n’a que faire de la politique, en tout cas en ce début 1963.

Ce qui l’intéresse, c’est la vie. Et son film en déborde (de vie). Uniquement composé de ces clichés en noir et blanc, souvent magnifiques, soutenu par les commentaires croisés dits par Agnès Varda elle-même et par Michel Piccoli, Salut les Cubains souligne une nouvelle fois la liberté artistique de la réalisatrice, qui cette fois fait le pont entre la photo et le cinéma. Au-delà, c’est une merveille de montage et de rythme.

Cléo de 5 à 7 – d’Agnès Varda – 1962

Posté : 16 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1960-1969, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Cléo de 5 à 7 – d’Agnès Varda – 1962 dans 1960-1969 54906551418_b40c5690c1_z

Le film est commencé depuis une bonne demi-heure, et on est déjà sous le charme de Cléo, cette jeune vedette de la chanson angoissée par l’idée d’être gravement malade, qui va dans Paris à la rencontre d’amis qui sauront la rassurer, ou faire taire cette angoisse. Le film est commencé depuis une bonne demi-heure, donc, quand arrive le moment qui le fait rentrer dans l’histoire du cinéma.

Dans une séquence de joyeuses répétitions avec le compositeur Michel Legrand (lui-même), Cloé entonne une chanson plus grave, sur un amour perdu, « Sans toi ». Dès les premières notes, quelque chose se produit, qui ne relève que de la pure magie du cinéma (et de la musique en l’occurrence) : une émotion étreint le spectateur, avant même la première parole…

Et puis le regard de Corinne Marchand se tourne vers la caméra, le décor disparaît, et il ne reste que ce visage si pur, la musique, et cette voix qui vous serre le cœur et vous fait monter les larmes aux yeux, sans que l’on sache vraiment expliquer pourquoi : la force pure du cinéma. Cette scène est d’une beauté et d’une puissance inégalables. Et tant qu’on est dans les superlatifs : elle peut sans problème prétendre au titre de la plus belle scène chantée ever…

Cette séquence est belle à plus d’un titre. Pour l’émotion pure qu’elle procure, d’abord. Et aussi parce qu’Agnès Varda y synthétise en quelques instants tout ce qu’est son personnage. Mieux encore : elle réussit à glisser le spectateur dans les tourments les plus profonds de son personnage. Et ça, c’est aussi rare que bouleversant.

Cléo de 5 à 7 est un chef d’œuvre, et pas seulement pour cette séquence si belle et si importante. Varda y affirme son style, cette liberté de ton et de style qui a tant inspiré les grands noms de la Nouvelle Vague, mais une liberté qu’elle s’offre avec, mine de rien, beaucoup de sophistication. Un plan illustre bien cette dualité : la caméra suit les échanges de personnages en voitures, dans les rues de Paris, et passe subrepticement de l’arrière à l’avant du véhicule, par l’extérieur. Un plan qui semble tourné « à l’arrache », mais qui nécessite forcément un dispositif savant de mise en scène.

Cléo de 5 à 7 séduit à ce point parce que le film donne le sentiment d’être improvisé, ce qu’il n’est évidemment pas. Mais cette liberté apparente place le spectateur dans une position rare : au côté du personnage, dans une promenade parisienne comme on n’en a rarement vues au cinéma. Parsemée en tout cas de moments de pure magie. C’est d’ailleurs sur l’un de ces moments en apesanteur que le film se referme, sur ce regard final empli de toutes les émotions du monde. Sublime, tout simplement.

Les Fiancés du pont Mac Donald ou (Méfiez-vous des lunettes noires) – d’Agnès Varda – 1961

Posté : 13 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Les Fiancés du pont Mac Donald ou (Méfiez-vous des lunettes noires) – d’Agnès Varda – 1961 dans 1960-1969 54903072627_1a0035c534_w

Agnès Varda raconte la genèse de ce court métrage muet, hommage aux burlesques d’Harold Lloyd ou Buster Keaton : alors qu’elle préparait Cléo de 5 à 7, elle a eu peur d’ennuyer les spectateurs, et a eu l’idée d’y insérer des extraits d’une comédie vive et loufoque, qui relancerait l’intérêt si besoin était. C’est ainsi qu’elle a rassemblé quelques-uns de ses amis de cinéma, pour une journée de tournage du côté de ce qu’était alors la Villette…

Et quels amis : en cinq minutes seulement, le couple d’amoureux joué par Anna Karina et Jean-Luc Godard (eh oui) croise Eddy Constantine, Danièle Delorme, Jean-Claude Brialy, Sami Frey, Georges de Beauregard ou Yves Robert… Impressionnant, pour une bluette très joliment naïve, pétillante et solaire, menée au rythme des improvisations musicales de Michel Legrand. Oui, c’est une affiche assez folle.

Cette petite chose dont une grande partie figure dans Cléo de 5 à 7 est un film formidablement attachant, l’une des rares occasions de voir… les yeux de Godard. Varda racontait encore que l’histoire du film était née de son envie de débarrasser le réalisateur d’A bout de souffle de ses éternelles lunettes noires, sujet de gag dans Les Fiancés…. Une curiosité totalement à part dans la filmographie d’Agnès Varda, et absolument indispensable.

Du côté de la côte – d’Agnès Varda – 1958

Posté : 12 novembre, 2025 @ 8:00 dans 1950-1959, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

Du côté de la côte – d’Agnès Varda – 1958 dans 1950-1959 54904173288_d8f310b345_w

Agnès Varda continue ses déambulations touristiques. Après les châteaux de la Loire, c’est la côte d’Azur dont la jeune cinéaste vante les beautés dans ce « documentaire » qui, sur le papier, peut sembler assez conventionnel : de Cannes à Menton, de Nices à Saint-Tropez, Varda filme les différents attraits de ces cités balnéaires, côté touristes.

De film en film, le ton Varda s’affirme de plus en plus, et ce qu’elle réussit avec Du côté de la côte est très fort. Sans jamais se départir de l’aspect « promotion touristique » de son film, elle y instille une légèreté, un rythme et une très grande liberté de ton, et une ironie mordante et irrésistible, à peu près dès ses premières images de touristes, qu’elle présente entassés sur un petit morceau de plage, sans aucun espace pour se retourner.

Mais elle le fait avec une vraie tendresse, voire avec la candeur de celle qui ne juge pas mais s’amuse de ce qu’elle filme. Toujours du côté des gens, mais aussi toujours le regard vif et honnête. Son film est un modèle de rythme, Varda utilisant merveilleusement la musique de Delerue, le montage, les plans de nature et les images de touristes dans leurs activités de touristes.

Au final, on se demande un peu comment elle a pu réussir ce tour de force : réaliser un film aussi plein d’ironie, tout en saisissant les beautés de ce bien joli coin de France… réunir dans un même élan l’effervescence touristique de plages bondées, et la douceur de vivre d’une nature préservée.

12
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr