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Archive pour la catégorie 'VARDA Agnès'

Plaisir d’amour en Iran – d’Agnès Varda – 1976

Posté : 25 février, 2026 @ 8:00 dans 1970-1979, COURTS MÉTRAGES, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Dans L’une chante, l’autre pas, Pomme et Darius son amoureux iranien partent vivre quelques mois à Ispahan. Pour résumer l’idylle des premiers temps, Agnès Varda se contente d’un carton invitant le spectateur à voir le court métrage présenté en complément de programme.

C’est ce Plaisir d’amour en Iran, dans lequel on retrouve les deux personnages interprétés par Valérie Mairesse et Ali Raffi, qui échangent des considérations sur l’amour et l’architecture religieuse d’Ispahan, avec ce bulbe qui évoque un sein de femme, et ce minaret « qui n’est pas mal non plus ».

La caméra scrute les détails des mosquées, les formes, la faïence, avec le dialogue des deux amoureux (et la voix off de Thérèse Liotard). Outre une certaine sensualité, c’est aussi le fossé des cultures que l’on pressent dans ce petit film pas si anodin.

Réponse de femmes : notre corps, notre sexe – d’Agnès Varda – 1975

Posté : 24 février, 2026 @ 8:00 dans 1970-1979, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Un an avant L’une chante, l’autre pas, Varda signe déjà un petit film joyeusement et farouchement féministe, dans le cadre d’un programme proposé par une chaîne de télévision autour d’une question : Qu’est-ce qu’une femme ?

Devant la caméra d’Agnès Varda, ce sont plusieurs femmes qui répondent face caméra (mais aussi sa boulangère, dans une petite séquence visiblement coupée de Daguerréotypes). Jeunes et moins jeunes, elles disent par petites phrases ce que doit être la place des femmes dans cette société tellement machistes. Le dispositif est minimaliste, mais c’est comme si les petites touches délicates d’un pinceau finissait par former un ensemble cohérent et fort.

Ce « ciné-tract » est un cri du cœur qui se fait avec le sourire et avec une grande liberté. « A suivre », comme l’écrit Varda à la fin de ce petit film, consciente que le combat se poursuit. C’était il y a cinquante ans. Il se poursuit.

L’une chante, l’autre pas – d’Agnès Varda – 1977

Posté : 23 février, 2026 @ 8:00 dans 1970-1979, COMEDIES MUSICALES, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Encore une fois sous le charme du cinéma d’Agnès Varda, plus féministe et engagée que jamais. A l’avant-garde aussi, tant d’un point de vue artistique (son cinéma est d’une liberté et d’une fraîcheur qui ne se démentent pas) que sur ce qu’elle dit de la société dont elle le témoin direct. Et ici plus que jamais, avec ce film qui est comme une chronique de ces années durant lesquelles les femmes ont peu à peu obtenu le droit d’avorter, et de disposer de leur propre corps.

C’est donc une société très patriarcale et des héroïnes révoltées chacune à leur manière que montre L’une chante, l’autre pas, qui suit sur quelques années le destin de deux femmes.

L’une chante : c’est Valérie Mairesse dans le rôle de Pomme, rousse flamboyante qui revendique très haut son droit de choisir sa vie, rejetant le modèle parental et la vie bien rangée d’épouse et de mère. Et elle chante vraiment : le film est émaillé de passages musicaux, de chansons écrites par Varda elle-même, consciente que le message féministe sera plus audible en musique.

L’autre ne chante pas pas : c’est Suzanne, Thérèse Liotard, que l’on découvre à 22 ans, avec le sentiment d’en avoir 100, avec deux enfants en bas âge sur les bras, un amoureux dépassé par les événements et par la vie, et zéro avenir.

Le film, c’est leur combat à toutes les deux pour trouver leur place de femme dans une société qui ne leur laisse que des miettes. Si différentes dans leur manière d’aborder la vie et les coups durs. Et pourtant si proches, dans leurs aspirations.

Pour résumer simplement ce que raconte le film, Agnès Varda utilisait facilement cette phrase de Engels reprise dans l’une des chansons : « Dans la famille, l’homme est le bourgeois, la femme joue le rôle du prolétariat ».

Mais une autre phrase résume peut-être encore mieux ce qu’est le film. Elle se trouve dans une autre scène, lorsque Pomme tombe amoureuse de son Iranien dans la cantine d’une clinique d’avortement. Ce jour-là, dit-elle en voix off, elle a ressenti un coup de foudre, et surtout une immense tendresse pour toutes ces femmes…

Et c’est à ces femmes qui ont choisi d’avorter, et qui toutes vivent un moment traumatisant chacune à leur manière, et chacune avec ses raisons, que Varda consacre la scène, sa caméra captant les regards perdus, les gestes embarrassés, les larmes. A ce moment, c’est cette tendresse extrême que le spectateur ressent, avec une émotion qui fait tirer les larmes.

Varda, cinéaste engagée, féministe, et bienveillante, pleine d’une bonté qui est au fond le cœur de son cinéma. Cette même bonté que l’on retrouve dans plusieurs scènes quasi documentaires, tournées dans de « vrais » lieux, notamment une usine de jouets, ou des scènes de rue.

Au-delà de l’émotion, L’une chante, l’autre pas est aussi un film de combat : un plaidoyer vibrant (aussi vibrant à sa manière qu’une plaidoirie de Gisèle Halimi, qui apparaît dans son propre rôle, dans une scène évoquant le procès de Bobigny de 1972) pour le droit des femmes à disposer de leurs corps, pour la liberté de toute femme enceinte de garder ou non son enfant à naître.

Elle le fait avant tout le monde, en tout cas d’une manière si frontale. Et elle le fait dans un récit plein de vie et d’optimisme, mais sans naïveté. Elle le fait dans un pays où le droit à l’avortement vient d’être acquis, et en déplaçant son récit en Iran le temps d’une longue séquence, le temps d’égratigner les promesses des 1001 nuits avec la réalité d’une société traditionnelle patriarcale… trois ans avant la révolution islamique. Parce qu’Agnès Varda a, aussi, cet étrange don d’être là où l’histoire se passe.

Son film est le témoin précieux d’une période au cours de laquelle tant de choses ont changé pour les femmes en France. C’est aussi une chronique profondément émouvante, un beau film vif, joyeux et triste à la fois.

Les dites Cariatides bis – d’Agnès Varda – 2005

Posté : 21 février, 2026 @ 8:00 dans 2000-2009, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Comme elle est une femme d’obsessions qui ne cesse de revisiter sa propre œuvre, Varda revient vingt ans plus tard aux Dites Cariatides, avec un court prolongement (à peine plus de deux minutes) de son fameux court métrage.

Elle y filme des statues colonnes qui lui avait échappé en 1984, sans voix off cette fois, mais avec un petit bonus pour les flâneurs qui voudraient partir à leur recherche : contrairement au précédent film, elle donne l’adresse de ces cariatides.

On est ici plus dans le montage dynamique, rythmé par les musiques, que dans l’errance poétique et contemplative du premier film. Un « bis » qui tient sans doute plus du bonus.

Les dites Cariatides – d’Agnès Varda – 1984

Posté : 20 février, 2026 @ 8:00 dans 1980-1989, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, TÉLÉVISION, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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« Le nu, dans la rue, est plus souvent en bronze qu’en peau humaine, plus souvent en pierre qu’en chair… » C’est la voix d’Agnès Varda qui ouvre ainsi ce petit film, alors qu’un jeune homme totalement nu sort d’un immeuble parisien.

Incongru, voire scandaleux, et c’est pourtant dans des rues pleines de nus que nous emmène la caméra d’Agnès. Et même, des femmes nues dans des poses souvent lascives. Et c’est une déclaration d’amour à sa manière que signe la cinéaste, aux « cariatides » donc, ce qui nous permet au passage d’apprendre qu’une cariatide est une statue, le plus souvent de femme, qui sert de colonne dans l’architecture urbaine.

Varda filme essentiellement ces statues/colonnes au plus près, mais en captant quelques scènes de rues qu’elle met en parallèle : une statue d’homme tout en muscle surplombe des porteurs de caisses, deux gardiennes de pierre entourant une gardienne d’immeuble à sa fenêtre.

Tout en filmant ses trésors sculptés, que personne ne regarde jamais vraiment au fond, Varda digresse, évoque Athènes et Baudelaire, errance poétique et curieuse, la tête levée.

Le Lion Volatil – d’Agnès Varda – 2003

Posté : 19 février, 2026 @ 8:00 dans 2000-2009, COURTS MÉTRAGES, FANTASTIQUE/SF, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Le Lion de Belfort de la place Denfer-Rochereau, « la mascotte du XIVe arrondissement » comme l’appelle Agnès Varda en voix off, est le pivot de ce court métrage, disons, déroutant.

En dix minutes, c’est l’histoire d’une rencontre, entre l’apprentie d’une diseuse de bonne aventure, et un gardien des catacombes, magicien à ses heures, qui se retrouvent chaque midi pour partager un panini. On sent la romance qui pointe le bout de son nez, Julie Depardieu a le regard qui fond, mais son bel amour disparaît comme par magie.

Le Lion aussi disparaît, laissant la jeune femme le cœur lourd, jusqu’à ce qu’apparaisse sur le socle une version géante de Zgougou, le chat d’Agnès, déjà « héros » d’un court métrage l’année précédente.

C’est charmant et plein de poésie. On croise Valérie Donzelli et Bernard Werber, Varda filme une fois encore un quartier de son XIVe. Son style si singulier est là, mais cette petite fable désarçonne peut-être un poil plus qu’elle n’enthousiasme.

Rue Daguerre en 2005 – d’Agnès Varda – 2005

Posté : 18 février, 2026 @ 8:00 dans 2000-2009, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Trente ans après Daguerréotypes, le merveilleux film consacré à « sa » rue Daguerre, Agnès Varda revient sur les lieux (toujours à quelques mètres de son propre appartement) pour y évoquer le tournage de son documentaire, et voir ce que le quartier est devenu depuis tout ce temps.

Bien sûr, la plupart des personnages ne sont plus là, et tout ou presque a changé : seule l’épicerie est restée telle qu’elle était, à la plus grande surprise d’Isabelle, la patineuse du film de 1975, devenue mère de famille souriante. Le patron, quand même, n’est plus le même : c’est désormais Mohammed, qui apparaissait déjà dans le documentaire, commis muet et mal à l’aise derrière l’épicier.

Dans ce court documentaire tourné à l’occasion de la sortie en DVD de Daguerréotypes, Varda se met en scène au contact de ceux qui ont repris les commerces, « ses » commerçants habituels, qui évoquent ce qu’est devenu le quartier, et l’impact qu’y a eu le film. Mais c’est une nouvelle fois sur le regard triste et lointain de « Mme Chardon Bleu », depuis longtemps disparue, que se referme ce nouveau film. « Je crois qu’elle est inoubliable », lance Agnès Varda. Elle a raison.

Daguerréotypes – d’Agnès Varda – 1975

Posté : 17 février, 2026 @ 8:00 dans 1970-1979, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Une journée, ou deux, dans la rue Daguerre. C’est à Paris, dans le XIVe arrondissement, c’est là qu’a vécu Agnès Varda quasiment toute sa vie, et on a du mal à croire que le nom de cette rue soit un hasard : une cinéaste si singulière vivant sous le patronage d’un pionnier de la photographie ? C’est juste une réflexion au passage, qui n’a pas grand-chose à voir avec le film qui nous intéresse.

Cinéaste singulière, libre et ne fonctionnant qu’à l’empathie, voire à la passion, Agnès Varda décide donc de filmer cette rue Daguerre qu’elle connaît si bien, dans ce qu’elle a de plus quotidien. Ou plutôt, une petite partie de cette rue, là où elle a ses habitudes. Elle choisit donc une poignée de commerces en tous genres entourant son immeuble, et traverse les vitrines, comme elle le dit en voix off.

Ce qu’elle filme est d’une simplicité totale, banal, même. Et c’est pourtant superbe, parce qu’il y a le regard de Varda, le même que celui qu’elle portait sur les Black Panthers par exemple, fait de curiosité, de bienveillance et de tendresse. Ce regard qui est à la fois celui d’une documentariste et d’une inventeuse de forme. Parce que Varda sait que pour faire ressortir la vérité la plus authentique, il faut savoir mentir, réinventer, mettre en scène.

Son film est donc un pur documentaire, voire du cinéma vérité, mais où la caméra ne s’oublie jamais. Au contraire, Varda laisse constamment durer les plans un peu que nécessaire, le temps de capter les petites gênes provoquées par sa présence silencieuse, et les positions un peu figées d’hommes et de femmes qui ne savent comment se tenir face au regard de la caméra.

Ce qui en sort est d’une tendresse folle, et même bouleversant lorsqu’elle s’attarde longuement sur « Mme Chardon Bleue », au regard dans le vide et à la voix traînante et inaudible. Ou sur l’épicier tunisien dont le sourire constant cache mal la tristesse d’avoir laissé sa mère seule à Djerba. Ou sur le coiffeur si joyeux qui se confie sur les rêves qu’il ne cesse d’avoir : « je suis un sentimental, moi », tandis que sa femme assure ne jamais rêver.

Le film est une collection de portraits intimes très attachants. C’est aussi celui d’un microcosme qui représente bien ce qu’est cette France des années 70, ce quartier de Paris où ont convergé des hommes et des femmes venus de tout le pays, et d’au-delà, captés dans un moment de leur vie, suspendu devant la caméra de Varda.

Une merveille sensible, et aussi plein de fantaisie. Varda ne se contente pas de passer d’une vitrine à l’autre : elle profite du passage du magicien Mystag pour faire de son spectacle au cours d’une soirée réunissant tous les « acteurs » du film une sorte de fil rouge autour duquel elle s’amuse pour faire répondre les numéros avec le quotidien des protagonistes, dans un montage plein d’humour comme elle en a le secret.

Daguerréotypes est une merveille. Et c’est peut-être sa simplicité même qui en fait un film si attachant, et qui renforce l’amour que l’on peut avoir pour Agnès Varda, cinéaste qui met autant de passion et d’intensité lorsqu’elle filme les soubresauts du monde vu des Etats-Unis, que lorsqu’elle filme les quelques dizaines de mètres qui entourent son pas de porte.

Lions, Love (… and Lies) – d’Agnès Varda – 1969

Posté : 28 janvier, 2026 @ 8:00 dans 1960-1969, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Avec Uncle Yunco et Black Panthers, deux remarquables courts métrages documentaires, Lions, Love (… and Lies) peut être vu comme le dernier volet d’un triptyque aussi hétéroclite que passionnant sur l’Amérique de cette période si porteuse de changements. Un triptyque à l’image de son cinéma : aussi libre que maîtrisé, et qui a tout du collage génial.

Après le court métrage, le long. Et après le documentaire, la fiction. Encore que la frontière entre les deux est, comme souvent chez Varda, particulièrement floue. Il y a bien un semblant de scénario : une réalisatrice new-yorkaise branchée débarque à Hollywood où elle veut tourner un film avec une actrice en vogue, qui vit avec ses deux compagnons dans une maison où tout est factice, perchée dans les collines.

Mais comme le dit l’actrice elle-même, jouée par Viva, révélation du cinéma underground d’Andy Warhol, elle pensait avoir un scénario à lire et des dialogues à apprendre par cœur, et s’est retrouvée comme toujours à devoir inventer son texte, à la fois elle-même et son personnage. De la même manière, la réalisatrice new-yorkaise est incarnée par Shirley Clarke, une cinéaste new-yorkaise d’avant-garde qui tient son propre rôle.

Le film est constamment tiraillé entre la fiction et la réalité. C’est même tout son sujet : la vision d’une Française fascinée par le Hollywood classique, mais qui a elle-même inspiré une Nouvelle Vague qui en est le reflet opposé ; un chant d’amour pour le cinéma hollywoodien, qui capte aussi une époque où l’industrie rêve de se réinventer.

Varda assume ce flou entre fiction et réalité, jusqu’à effacer toute frontière. Elle et sa caméra apparaissent dans un miroir, la réalisatrice est interpellée par ses comédiens en plein tournage d’une scène, et finit même par entrer dans le champs lorsque Shirley lui dit son incapacité à jouer la scène qu’on lui a écrite…

Au-delà d’Hollywood, c’est l’Amérique et ses bouleversements que capte Varda, tragiquement aidée par l’histoire : sur la télévision omniprésente dans la maison, on suit comme en direct l’assassinat de Robert Kennedy, survenu alors que le tournage venait de commencer, mais aussi l’attentat contre Andy Warhol, dont Viva fut donc l’égérie.

Varda filme cette Amérique de 1968, le théâtre contemporain, la liberté sexuelle, le tiraillement d’Hollywood entre un monde d’illusion et la recherche d’authenticité… La télévision diffuse aussi Horizons perdus de Capra, dont le Shangri-la est comme une métaphore d’Hollywood, et peut-être de toute l’Amérique.

Black Panthers – d’Agnès Varda – 1968

Posté : 27 janvier, 2026 @ 8:00 dans 1960-1969, COURTS MÉTRAGES, DOCUMENTAIRE, VARDA Agnès | Pas de commentaires »

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Agnès Varda, qui vivait alors aux Etats-Unis, se rend à Oklahoma lorsque le mouvement des Black Panthers organise des manifestations pour obtenir la libération de l’un des leurs, Huey Newton, accusé d’avoir tué un policier. La culpabilité ou l’innocence de l’homme, qui aura bien d’autres démêlés avec la justice dans les années qui suivront, n’est pas le sujet de la cinéaste, qui livre avec ce documentaire au cœur de la foule un portrait d’une rare vivacité des Black Panthers.

Elle a un don, quand même, pour donner le sentiment d’être dans son élément quel que soit le sujet qu’elle filme. C’est particulièrement étonnant dans ce film remarquable et passionnant, où on ne peut que l’imaginer se glisser au plus près des manifestants noirs, caméra à la main, sans que personne visiblement ne s’en étonne. Elle n’apparaît pas à l’écran, mais comme toujours, c’est à la première personne qu’elle filme ce docu-portrait.

Et par la même occasion, comme dans son premier film américain, Uncle Yanco, c’est un portrait d’un pan de cette Amérique de 1968 que livre Varda, à travers cette série de rencontres organisées ou de micros tendus. La parole qu’elle reçoit dit tout du racisme, de ce que c’est qu’être noir dans une telle société. Bienveillante sans naïveté, Varda filme la fierté de noirs bien décidés à revendiquer leur culture, d’une communauté unie et déterminée.

Elle interroge aussi sur la violence, sans jugement mais avec honnêteté. Et c’est peut-être le plus pertinent des documentaires sur ce moment précis des luttes sociales des noirs américains que signe la Française Agnès Varda. C’est en tout cas un modèle de docu-reportage.

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