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Archive pour la catégorie 'STONE Oliver'

Wall Street : l’argent ne dort jamais (Wall Street : money never sleeps) – d’Oliver Stone – 2010

Posté : 28 novembre, 2019 @ 8:00 dans 2010-2019, STONE Oliver | Pas de commentaires »

Wall Street l'argent ne dort jamais

Reconnaissons à Oliver Stone une vraie envie de filmer cette suite tardive, et pas uniquement une volonté de renouer avec un succès envolé depuis longtemps. Dans sa grande époque, le cinéaste plongeait dans le passé relativement récent de son pays. Depuis quelques années, c’est surtout l’actualité qui l’inspire. Les attentats du 11 septembre (World Trade Center), le portrait d’un président tout juste retraité (W)… Le voir s’attaquer à la crise financière semblait donc quasiment inévitable.

Revoilà donc Gordon Gekko, le cynique prince déchu de Wall Street, toujours interprété par l’impeccable Michael Douglas. Ce dernier a perdu de sa superbe lorsque Wall Street 2 commence. Sortant d’une longue peine de prison, ce roi de la magouille à grande échelle réalise que personne ne l’attend, lors d’une scène édifiante et un rien lourdingue : à la porte de la prison, la limousine qui s’arrête ne vient pas le chercher, lui, mais un noir au style clinquant. Les temps ont changé.

Les temps ont tellement changé que le requin d’hier paraît bien sympathique à côté des nouveaux rois de Wall Street. C’est cette confrontation qui intéresse Stone, dans cette Amérique des bulles financières qui s’apprêtent à exploser. Littéralement, d’ailleurs, les images de vraies bulles se multipliant ad nauseum. Pas finaud, pour le coup. Pas plus que la confrontation entre les loups d’hier et ceux d’aujourd’hui non plus, ou que ce réveil humaniste d’un jeune trader (joué par Shia Labeouf, toujours bien, jamais renversant).

Il manque clairement l’intensité dramatique du premier film, comme si Oliver Stone avait perdu la main, ou comme s’il tournait mécaniquement, oubliant la force cinématographique au profit de la seule force du propos. Raté, d’autant plus que c’est le parcours de Gekko qui, sur le papier, était le plus excitant : sa sortie de prison, sa redécouverte d’un monde qui n’est plus le sien, et sa renaissance. On n’en verra rien : la sortie de prison n’est qu’une introduction, que suit une ellipse de plusieurs années, le temps qu’il ait retrouvé de sa morgue et de sa superbe. Bon…

Wall Street (id.) – d’Oliver Stone – 1987

Posté : 25 novembre, 2019 @ 8:00 dans 1980-1989, STONE Oliver | Pas de commentaires »

Wall Street

Il peut quand même être franchement bon, Oliver Stone. Et c’est décidément quand il s’attaque aux rouages les plus complexes du système ou de l’histoire américaine qu’il est le plus passionnant : quand il manipule les milliers de pages du rapport Warren pour en faire le film le plus enthousiasmant autour de l’assassinat de Kennedy (JFK, son chef d’œuvre), ou quand, comme ici, il décrit l’univers des traders et de la bourse new-yorkaise, avec son jargon totalement abscons et ses enjeux incompréhensibles.

C’est là que le talent du metteur en scène éclate. Pas tellement en rendant limpide ces enjeux et ce jargon (le magistral Margin Call de J.C. Chandor sera bien plus concluant sur ce registre): ils ne le sont pas. Mais en faisant ressentir l’opposition nettement plus simple du bien et du mal. Pour cela, Stone transforme ce drame boursier en quelque chose de parfaitement palpable : un jeune homme qui se construit est tiraillé entre les valeurs de son vrai père et l’attirance d’un père spirituel.

Le jeune homme, c’est Charlie Sheen, qui trouve l’autre rôle de sa vie devant la caméra de Stone, deux ans après Platoon. Le vrai père, et c’est une belle idée, c’est le vrai père de Charlie, Martin Sheen, très bien en incarnation de l’Américain moyen dans ce qu’il a de plus humble et généreux. Et l’autre, c’est bien sûr Michael Douglas, réjouissant en requin de la finance. C’est naturellement vers lui que va toute la lumière. C’est d’ailleurs lui qui décrochera l’Oscar.

Mais comme souvent, c’est dans l’ombre que se trouve la vraie valeur d’un film. Michael Douglas l’a bien mérité, son Oscar. Mais Charlie Sheen est assez remarquable dans un rôle nettement moins spectaculaire. Et ce qu’il y a de plus réussit dans le film, outre les scènes d’une énergie folle dans la salle des courtiers, c’est l’évolution toute en finesse du jeune loup plein d’ambition et d’arrogance, vers une libération pathétique.

Le message d’Oliver Stone est tranché, très tranché. On peut lui reprocher ce manichéisme et ce ton péremptoire que l’on retrouve souvent dans son cinéma. Mais c’est aussi sa force, cette colère et cette envie de s’engager, tout en signant un vrai spectacle. Avec Wall Street, il y arrive

Né un 4 juillet (Born on the fourth of july) – d’Oliver Stone – 1989

Posté : 5 mai, 2019 @ 8:00 dans 1980-1989, CRUISE Tom, STONE Oliver | Pas de commentaires »

Né un 4 juillet

Après Platoon et avant Entre ciel et terre, Stone poursuit sa trilogie du VietNam avec cette adaptation (avec l’auteur) du livre autobiographique de Ron Kovic, vétéran de guerre revenu à la vie civile cloué sur un fauteuil, qui deviendra l’un des grands activistes anti-guerre. Un film radicalement différent du précédent, et du suivant, avec lesquels il forme pourtant un ensemble d’une remarquable cohérence.

Stone aurait pu surfer sur le succès de Platoon en creusant le même sillon. Du VietNam, on ne voit pourtant que quelques épisodes, aussi brefs que traumatisants : le massacre « accidentel » de civils, femmes et enfants dans un village, la mort « accidentelle » d’un soldat américain tué par l’un des siens, et puis les blessures de Ron. Rien d’autre, juste ces images qui reviennent en flashs tout au long du film.

Le film parle du traumatisme de la guerre, plus que de la guerre elle-même. Et Ron Kovic est le symbole parfait de ce traumatisme, pour ce qu’il représente de la jeunesse sacrifiée de tout un pays, et pour son destin personnel. Stone mêle ces deux aspects avec beaucoup de force et beaucoup de pudeur aussi. Plus encore que dans Platoon peut-être, la mise en scène est entièrement raccord avec l’état d’esprit de son personnage principal, tantôt va-t-en guerre nationaliste, tantôt vétéran en colère, tantôt jeune homme paumé à la recherche désespérée d’un sens à donner à sa vie.

Il fallait un acteur intense pour donner vie à cette vision de Ron Kovic selon Oliver Stone. Tom Cruise est l’homme de la situation (et pas seulement parce qu’il est né un 3 juillet). Déjà remarqué dans La Couleur de l’argent ou dans Rain Man, son talent protéiforme explose littéralement dans ce film, qui lui donne l’occasion de jouer sur tous les tableaux, du gamin puceau et maladroit au poivrot rageur en fauteuil. Il est assez exceptionnel, sans jamais en faire trop.

Jamais dans la performance pure, jamais dans le clinquant, il incarne un type pas facile à aimer. Un petit con qui se transforme en handicapé plein d’aigreur, avant de trouver une sorte de rédemption tardive. Comme dans tous ses meilleurs films (de Platoon justement, à JFK), Oliver Stone laisse planer un doute sur le fond : son personnage est-il totalement convaincu, ou ne cherche-t-il pas avant tout à trouver un sens à cette vie gâchée ?

Une trajectoire dont Stone s’empare en tout cas pour faire l’un de ses films les plus habités, l’un de ses plus convaincants.

JFK (id.) – d’Oliver Stone – 1991

Posté : 21 mars, 2019 @ 8:00 dans 1990-1999, COSTNER Kevin, STONE Oliver | Pas de commentaires »

JFK

Le 22 novembre 1963, le président des Etats-Unis a été assassiné à Dallas. Si, si. Contrairement au moyennement enthousiasmant Complot à Dallas, le film d’Oliver Stone ne chemine pas vers cet assassinat : il en fait son point de départ, le scénario étant basé sur le livre de Jim Garrison, le procureur ayant longuement mené l’enquête et remis en cause le très officiel rapport Warren, qui établissait l’acte d’un tireur isolé, à l’occasion de l’unique procès mené après la mort de Kennedy.

Très ironiquement, le vrai Jim Garrison (qui allait mourir d’un cancer l’année suivante) apparaît brièvement dans le film, jouant le rôle d’Earl Warren. Lui-même est bien entendu interprété par Kevin Costner, au sommet de sa gloire, qui trouve là l’un de ses meilleurs rôles. Un rôle taillé sur mesure pour lui en tout cas, tant Costner incarne parfaitement une certaine idée de l’Amérique : celle des cow-boys et des hommes de loi intègres. Étonnant d’ailleurs de voir le nombre de plans qui sont des réminiscences, sans doute inconscientes de la part de Stone, des Incorruptibles.

Elliott Ness et Jim Garrison : même combat ? En quelque sorte, oui. Les deux personnages (bien réels) sont des chevaliers blancs qui sacrifient tout au profit de la justice, affrontant un système établi gangrené par la corruption et la violence. Dans JFK, on atteint des sommets, bien sûr. Nul besoin de préciser que Stone, pas plus que Garrison, ne croit pas une seconde à cette thèse du tireur isolé qu’il ridiculise allègrement avec tous les outils cinématographiques qui sont à sa disposition.

Les Cubains, la mafia, la CIA, le FBI, le gouvernement… même Lyndon B. Johnson, le successeur de Kennedy à la Maison Blanche, est dans la ligne de mire. C’est dire si la thèse complotiste défendue par Garrison surfe avec les limites de la paranoïa. Stone y croit sans doute dur comme fer, lui aussi, et son film est clairement politique. Pourtant, jamais il ne troque sa casquette de cinéaste contre celui de pur militant.

JFK est en effet un film qui ne quitte jamais le strict point de vue de son personnage principal, ce qui laisse constamment planer le doute quant à la vérité de ce que l’on voit : si convaincante soit-elle, la thèse de Garrison n’est-elle pas le fruit de fantasmes complotistes, ou de simples erreurs de jugements ? Impossible de sortir du film sans pencher très clairement du côté du complot, mais certains faits semblent un peu facilement assénés comme des vérités.

Stone livre une version plausible du complot, extraordinairement documenté : on y croise des dizaines de « vrais » personnages et des centaines de faits et de détails qu’on a parfois un peu de mal à suivre, mais qui donnent une fascinante impression de vertige. Et quel casting, pour interpréter tous ces personnages : Jack Lemmon, Walter Mathau, Tommy Lee Jones, Joe Pesci, Gary Oldman, Kevin Bacon, Sissy Spacek, Michael Rooker, Ed Asner, John Candy… ou encore Donald Sutherland dans le rôle d’un « Mister X » très influencé de Gorge Profonde, et unique personnage fictif du film : Stone expliquait avoir synthétisé dans ce « X » de nombreux personnages réels, afin de limiter son film à une durée raisonnable.

Reste que JFK, dans sa version intégrale, dure pas loin de 3h30. Mais 3h30 absolument grisantes et enthousiasmantes. Le style d’Oliver Stone trouve ici sa forme la plus parfaite, comme si tout son cinéma tendait vers JFK (un peu comme Les Affranchis pour Scorsese). Dans ce film-enquête et ce sujet si fascinant, Stone trouve la matière à toutes les expérimentations, mêlant dans un montage virtuose les images « classiques », les archives authentiques, les fausses archives.

Le procédé a dû faire bondir les historiens, tant il joue avec la perception du spectateur, recréant des images que l’on croit (re)connaître par cœur pour obtenir l’angle qu’il recherche, ou le détail qu’il veut mettre en avant, ou pour incorporer ses acteurs. Procédé sans doute discutable (mais que le point de vue de Garrison justifie), mais que Stone assume pleinement, faisant de son film-fleuve un long mouvement hallucinant de maîtrise et de cohérence. Son chef d’œuvre, sans l’ombre d’un doute.

 

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