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Archive pour la catégorie 'STAHL John M.'

Péché mortel (Leave Her to Heaven) – de John M. Stahl – 1945

Posté : 18 mars, 2020 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, STAHL John M., TIERNEY Gene | Pas de commentaires »

Péché mortel

Ah ! Ce Technicolor flamboyant… Ah ! Ces décors de lacs et de montagnes si romantiques… Ah ! Ce coup de foudre irrésistible dans un train… John Stahl connaît son affaire en matière de romantisme, lui qui a signé tant de grands mélos (dont plusieurs ont inspiré les chefs d’œuvre de Douglas Sirk)…

Pourtant, il ne faut pas longtemps pour resentir un curieux trouble. D’où vient-il ? De quelques silences trop appuyés, de trois fois rien, du regard de Gene Tierney surtout, si profond, si vibrant, mais avec une petite ombre qui ne fait que gagner en intensité, en même temps que le trouble grandit.

Gene Tierney, la belle jeune femme si amoureuse, et Cornel Wilde, le romancier si bon, auraient pu être les héros d’une grande romance hollywoodienne, dans ces si beaux décors. Mais on comprend vite qu’ils sont les anti-héros d’un vrai film noir, malgré ces couleurs si chaudes. Et Gene Tierney est de ces personnages qui ont fait la grandeur du genre.

Pas une femme fatale telle qu’on se l’imagine, mais une femme malade et dangereuse tout de même, une amoureuse totale, exclusive, qui ne veut rien d’autre que l’homme qu’elle aime. Et surtout pas un adolescent handicapé ou une sœur qui lui ferait de l’ombre…

Elle est extraordinaire, Gene Tierney. Elle, l’actrice douce et fragile, se transforme en une sorte de monstre chez qui les fêlures côtoient de très près la noirceur la plus abyssale. Quand elle aime, plus rien d’autre n’existe… ou ne doit exister. Ca flirte avec le romantisme le plus pur, pour tomber dans la noirceur la plus totale.

Stahl crée la tension dans une série de scènes de famille qui pourraient être anodines, pour faire éclater le drame dans une scène d’une cruauté rare : celle du lac, où le visage impassible de Gene Tierney glace le sang. Une autre suivra, tout aussi mémorable, en haut d’un escalier.

Jeanne Crain, la petite sœur, et Cornel Wilde, l’élu/victime, font bien pâle figure face à ce monstre si magnétique. Mais cette discrétion souligne parfaitement la domination de Gene Tierney. Et quand les dernières images arrivent, bouleversantes, on se dit qu’ils l’ont bien mérité, ce final de mélo, avec tous ces violons et ce coucher de soleil si éclatant…

Le Secret magnifique (Magnicicent Obsession) – de John M. Stahl – 1935

Posté : 7 avril, 2012 @ 9:52 dans 1930-1939, STAHL John M. | Pas de commentaires »

Le Secret Magnifique — Stahl

Le Secret magnifique, pour la postérité, c’est avant tout le sublime mélodrame réalisé par Douglas Sirk en 1954. Comme pour d’autres de ses chef d’œuvres des années 50, Sirk a puisé son inspiration dans la filmographie de John M. Stahl, maître oublié du mélo des années 30, resté dans les mémoires pour un film noir en couleurs avec une Gene Tierney très troublante : Péché mortel. On peut comprendre la postérité : le film de Sirk surpasse de beaucoup celui de Stahl.

Les deux films, adaptés d’un roman de Lloyd C. Douglas, sont sur le papier très semblables. Un chirurgien aimé de tous meurt car l’appareil respiratoire qu’il a inventé était utilisé, lorsqu’il en avait besoin, pour ramener à la vie un riche playboy gâchant ses talents dans une vie oisive et égoïste. Rongé par le remord, ce dernier tente de se racheter aux yeux de la veuve du docteur, dont il tombe amoureux. Il découvre aussi la philosophie de vie altruiste de sa « victime ». Mais lorsqu’il tente de l’appliquer, sans la comprendre vraiment, il cause sans le vouloir un accident, qui rend la veuve aveugle.

Pourtant, les deux films sont très différents. Alors que le film de Sirk est une brillante mise en image des émotions les plus fortes, celui de Stahl est, dans sa première partie en tout cas, étonnamment statique et démonstratif. Un peu prisonnier de son scénario, Stahl se repose totalement sur le dialogue pour introduire des personnages qui auraient mérité d’avantage de finesse. Sirk définissait la vacuité de l’existence du playboy interprété par Rock Hudson par la grâce et la subtilité de sa mise en scène. Stahl, lui, se contente de présenter son Robert Taylor de playboy par une série de dialogues un peu lourds et sans vie. Surnage toutefois la prestation décalée d’un Charles Butterworth irrésistible en souffre-douleur éternellement digne, qui apporte une touche comique très réussie.

Mais il faut attendre la cécité de l’héroïne (Irene Dunne, très émouvante mais moins complexe que Jane Wyman dans le film de Sirk) pour que l’émotion éclate enfin, et que le talent de Stahl rende enfin justice à son matériau. Pour qu’on passe du simple scénario illustré au vrai cinéma. Et du beau cinéma, lacrymal comme on l’aime et assez bouleversant.

Mais Stahl n’en rajoute pas dans les grands violons : sa mise en scène est discrète et sensible, et ses acteurs d’une sobriété exemplaire. Robert Taylor en tête, qui trouve ici l’un de ses grands rôles de jeunesse. La magie opère alors totalement. Et même lorsque Stahl arrive à la grande scène : celle de la promenade dans un Paris nocturne de carte postale, le film est d’une sensibilité extrême qui touche au cœur.

 

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