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Archive pour la catégorie 'SHELTON Ron'

Dark Blue (id.) – de Ron Shelton – 2002

Posté : 28 février, 2014 @ 1:59 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, SHELTON Ron | Pas de commentaires »

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Passé relativement inaperçu, par rapport à un Training Day au thème semblable (on retrouve d’ailleurs le même David Ayer aux scénarios de ces deux films), Dark Blue n’a pourtant rien perdu de sa puissance, en dix ans. Ce polar noir, noir, noir, porte à la fois la marque de son scénariste, et surtout celle de James Ellroy, qui a écrit l’histoire originale. Il y a mis ses obsessions : ce L.A. bouffé par la corruption, la violence et le racisme qui peuple ses romans noirs.

Le flic interprété par un Kurt Russell renversant ressemble aux personnages rongés par leurs démons qu’il aime mettre en scène dans ses livres. Un type dévoré par une machine corrompue qui l’a entraîné dans une abyssale descente aux enfers. Et, bonne nouvelle, ni le scénar, ni la réalisation, plutôt inspirée, de Ron Shelton, ne font quoi que ce soit pour atténuer la noirceur du propos.

La belle idée du film est d’avoir situé l’intrigue durant le printemps 1992, à quelques heures de l’acquittement des flics qui ont tabassé Rodney King un an plus tôt, verdict qui va mettre la ville à feu et à sang, et mettre en évidence l’immense corruption et les méthodes douteuses du LAPD. Le destin de Perry (Kurt Russell) est lié à ces émeutes : l’un comme l’autre symbolisent la fin d’un système, l’explosion de violence nécessaire au grand nettoyage…

Bien sûr, les lecteurs fidèles d’Ellroy (j’en suis) auront l’impression d’avoir déjà vu ça mille fois. Mais l’esprit de l’auteur est bien là, tout comme celui du scénariste. David Ayer, cinéaste, aurait sans doute apporté un aspect un peu plus rugueux au film, que Ron Shelton peine parfois à donner. Mais la tension est bien là, et il y a quelque chose de shakespearien et de profondément tragique dans le destin de ce flic embrigadé par son père génétique et une sorte de père de substitution depuis sa plus tendre enfance, qui rompt finalement avec ce qui a toujours été sa vie.

Kurt Russel n’a peut-être jamais aussi bien que dans ce rôle de flic qui flirte de plus en plus avec les abysses, perd son âme, avant de se confronter, tardivement, à ce qu’il est et surtout ce qu’il n’est plus. La scène de rupture avec sa femme, parenthèse apaisée dans un enchaînement de violence, sonne la rupture du personnage avec ses propres démons. Une scène magnifique, la plus belle du film, au cours de laquelle son humanité affleure enfin…

Tin Cup (id.) – de Ron Shelton – 1996

Posté : 15 août, 2011 @ 3:26 dans 1990-1999, COSTNER Kevin, SHELTON Ron | Pas de commentaires »

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Même dans ses films les plus mineurs, Kevin Costner fait preuve d’une cohérence et d’une honnêteté qui me ravissent. Ses retrouvailles avec le réalisateur du très culte (aux Etats-Unis en tout cas) Duo à trois ne font pas exception : on sent clairement la touche Costner dans cette histoire d’un champion de golf déchu. On y retrouve son amour pour les valeurs du sport, et surtout son goût pour les Américains en marge. Et le film en est plein…

Loin de valoriser le sport comme un moyen d’élever socialement, Tin Cup valorise le geste plutôt que le but. Non seulement cet anti-héros ne quittera ni sa caravane sordide, ni ses potes un peu crasseux et très beaufs ; mais il y entraînera l’élégante femme qu’il aime (Rene Russo). Les cyniques que nous sommes tous ont bien du mal à croire en cette histoire d’amour effectivement improbable, mais qu’importe : ça fait du bien d’imaginer qu’une jolie psychanalyste puisse préférer un honnête looser à une vedette resplendissante mais faux-cul (Don Johnson, dans son dernier rôle marquant à ce jour).

D’une naïveté « à l’ancienne », cette romance tourne entièrement autour de la personnalité de Roy McAvoy (Costner), ancien golfeur de premier plan, relégué au rang de gérant d’un minable practice en limite de désert. Il aurait pu devenir le plus grand, mais sa fierté, son arrogance et son refus de jouer la prudence en ont fait un pestiféré, que son principal rival vient rechercher pour lui servir de caddie… Quand, finalement, il aura sa chance, il échouera en s’acharnant sur un coup impossible et inutile, alors qu’il lui suffisait « d’assurer » en jouant la prudence.

Mais échoue-t-il vraiment ? Meuh, non, bien sûr. Parce que s’il perd le titre qu’il convoitait, il gagne l’amour et l’estime de soi. Il reste un petit Ricain un peu raté, mais qui a su garder son âme. Z’êtes pas convaincu ? Tant pis, moi je trouve ça très émouvant. Et drôle, en plus, que demander de plus…

Et puis il y a le savoir-faire de Ron Shelton en matière de film de sport, qui fait de toutes les scènes de golf (et elles sont très nombreuses : l’essentiel du film se déroule sur un green) de réjouissants moments de cinéma, drôles et très joliment filmés.

 

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