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La Disparition de Josef Mengele (Das Verschwinden des Josef Mengele) – de Kirill Serebrennikov – 2025

Posté : 28 novembre, 2025 @ 8:00 dans 2020-2029, SEREBRENNIKOV Kirill | Pas de commentaires »

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Sujet fascinant, que cette disparition de Josef Mengele, la fuite en Amérique du Sud de l’un des grands criminels nazis, qui a tant inspiré le cinéma. De Marathon Man au Médecin de famille, la figure de « l’ange de la mort », ce médecin qui fit figure de démiurge maléfique et pratiqua des expériences sur les prisonniers à Auschwitz inspire les cinéastes autant par les horreurs de ses actes que par le mystère qui entoure sa vie après la guerre.

En adaptant le (formidable) roman d’Olivier Guez, Kirill Serebrennikov fait un choix radical. Du livre, il garde la structure générale et le côté hyper documenté. Mais le film prend le parti, forcément très dérangeant, de l’intime. Le point de vue est donc celui de Mengele, ce monstre qui ne se voit évidemment pas comme tel, et qui passe les années d’après-guerre (les décennies) à ressasser son paradis perdu, et l’injustice de son sort, condamné à s’enfoncer dans une vie de plus en plus reculée pour fuir les menaces qui l’entourent.

Le film passe d’une époque à l’autre (toutes après 1945), en d’incessants allers-retours qui soulignent la paranoïa grandissante de cet homme qui fut si puissant et si respecté à l’époque du Reich, et dont les différentes étapes de la vie en Amérique du Sud illustrent l’enfermement grandissant : d’abord figure centrale de la communauté qu’y ont créé les nazis en fuite, puis propriétaire vivant en autarcie, puis vieil homme ruminant dans un quartier miséreux, convaincu qu’il est que le sort d’Eichman (rattrapé par le Mossad en Amérique du Sud, exfiltré, condamné et exécuté en Israël) l’attend.

En collant au plus près de Mengele, Serebrennikov prend le risque d’humaniser le personnage. Un risque assumé jusqu’au bout, jusqu’à cette séquence flash-back nostalgique, la seule en couleur, le seul passage qui renvoie à l’époque des camps, où dans une esthétique de film de vacances tourné en Super 8, Mengele revit ses années de bonheur et d’insouciance. Une scène qui en a fait tiquer plus d’un, mais qui se révèle absolument glaçante, tant elle dévoile l’inhumanité d’un homme totalement tourné vers lui-même, et insensible aux horreurs dont il a été l’un des acteurs majeurs.

Tout le film, à vrai dire, tourne autour de ce flash-back central. Et tout dans la mise en scène superbe du cinéaste dit l’horreur de ce personnage pathétique et monstrueux, qui s’érige en victime et ne voit dans sa déchéance qu’une forme d’injustice. Serebrennikov est certes constamment sur le fil, et son film est pour le moins inconfortable. Mais si l’histoire fascine, c’est pour le mystère autour de cette question : comment un homme si recherché et si en vue a-t-il pu échapper si longtemps à la justice des hommes…

 

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