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Dans la cour – de Pierre Salvadori – 2014

Posté : 24 octobre, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, SALVADORI Pierre | Pas de commentaires »

Dans la cour

Ce n’est pas rien d’être un monstre sacré du cinéma. On en connaît que ce statut a momifié depuis pas loin de quarante ans (quelqu’un se souvient que Delon a été un acteur enthousiasmant ?). Et puis il y a les exceptions : Isabelle Huppert qui n’en finit pas d’inspirer les cinéastes d’ici et d’ailleurs, ou Catherine Deneuve, dont l’envie, la gourmandise et la curiosité semblent ne jamais devoir se démentir.

La voilà donc, la Deneuve, telle qu’en elle-même, avec son phrasé inimitable (ou trop imitable, c’est selon) et la superbe de son allure, qui se livre une nouvelle fois comme si la starification n’avait pas de prise sur elle. Là où d’autres (Delon… ça vous parle ?) se contentent depuis des décennies de s’autoparodier et de trimbaler leur propre image comme un trésor, elle continue à jouer, vraiment, et à prendre à bras le corps des rôles qui ne la magnifient pas, mais dont elle sort plus magnifique que jamais.

Dans Dans la cour, elle est une bourgeoise qui trompe l’oisiveté qui la menace dans des associations caritatives, et qui se lie avec le nouveau gardien de son immeuble, un rockeur dépressif qui a tout plaqué du jour au lendemain pour s’offrir une nouvelle vie. Est-ce Gustave Kervern qui est exceptionnel ? Ou Deneuve qui a la générosité de ne pas étouffer l’acteur (un rien moins expérimenté qu’elle, quand même) ? Le fait est que leur duo/couple fonctionne formidablement bien.

Faut dire que Salvadori est l’un des très grands cinéaste français du moment. Au moment de Hors de prix, il y avait même l’ombre de Lubitsch qui flottait sur son cinéma, élégant, intelligent et drôle. Avec Dans la cour, la touche de noirceur qu’il a l’habitude d’injecter prend de nouvelles proportions. Parce que la rencontre de ces deux personnages, et de ces deux acteurs, que rien ne prédestine à se croiser (la Belle de Jour d’un côté, le pilier de Groland de l’autre), est aussi celle de deux êtres abîmés par la vie, malades de solitude et de vacuité, et victimes d’un mal-être colossal.

On rit, beaucoup. Mais on rit jaune, d’un jaune qui vire au verdâtre, même. On est au bord des larmes aussi, par moments, Salvadori assumant jusqu’au bout son drame sans rien édulcorer. Pourtant, et malgré le malaise et la tragédie qui se vit, le film ne s’éloigne jamais vraiment de la lumière. C’est peut-être ce qui caractérise le mieux le cinéma de Pierre Salvadori : cette capacité à tutoyer les pires aspects d’existence, tout en saluant constamment la beauté de la vie.

 

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