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Le Fauteuil 47 – de Fernand Rivers – 1937

Posté : 3 novembre, 2014 @ 6:31 dans 1930-1939, RIVERS Fernand | 2 commentaires »

Le Fauteuil 47

Raimu qui déambule dans la nuit parisienne avec son allure de costaud, comme s’il avait des oursins sous les bras… On peut au choix trouver l’image irrésistible ou lourdingue. Et cette caricature assumée donne le ton du film de Fernand Rivers, marivaudage bourré de clichés et d’humour facile, mais aussi comédie enlevée et culottée qui reste étonnamment percutante 80 ans plus tard.

Meilleur metteur en scène que cinéaste, Rivers n’évite pas toujours l’impression de théâtre filmé, et pas seulement parce que l’intrigue se déroule en partie dans les coulisses du spectacle. Statique et pas toujours inspirée, la caméra se contente la plupart du temps de filmer les dialogues en oubliant de faire avancer l’histoire.

Mais ce qui importe ici, ce sont les dialogues, les comédiens, et l’irrévérence du propos. Les jeux de séduction qui tournent au jeu de massacre, et qui mine de rien bouscule joliment le romantisme consensuel. C’est quand même l’histoire d’un homme obnubilé par une actrice, que cette dernière pousse dans les bras de sa propre fille, et qui finira par s’offrir à lui (pas loin en tout cas) pour éviter qu’il prenne une autre maîtresse…

C’est aussi l’histoire de femmes pour qui l’amour ne peut être envisagé que sur une base fortunée : lorsque l’actrice, jouée par Françoise Rosay, rencontre pour la première fois son admirateur secret (Henry Garat), elle se livre à une véritable inspection de son pedigree, et n’est convaincue que par sa fortune. Ou comment acheter un mari à sa fille !

Et puis cette manière insistance qu’a le vieux baron amant de l’actrice (Henry Lefaur) d’évoquer le premier mari de cette dernière (Raimu) en rappelant qu’il est « professeur de gymnastique »… Derrière le masque de la courtoisie, il y a tout le mépris du monde, qui laisse au final un goût amer.

Il y a de l’audace, et même un rien de cruauté dans ce film où tout semble pourtant si léger, constamment illuminé par le sourire et la beauté sidérante de Denise Bosc. Tout en bousculant les codes du vaudeville, le film est une comédie débridée souvent très drôle. Une bien belle curiosité.

 

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