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La Poursuite impitoyable (The Chase) – d’Arthur Penn – 1966

Posté : 26 juin, 2015 @ 4:07 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, PENN Arthur | Pas de commentaires »

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Dans Bonnie and Clyde, autre classique de Penn, le destin tragique des deux anti-héros marqués par le destin est ponctué d’une sorte d’ironie satirique, presque caricaturale par moments. Dans The Chase, point de dérision, point d’ironie, rien d’autre que le sombre constat que le shérif Brando se fait au fond depuis la première minute : ceux pour qui il travaille sont des monstres d’insensibilité, d’égoïsme, de mesquinerie. Et Redford, l’enfant du pays qui vient de s’évader de prison, ne peut pas échapper à son destin.

C’est moins le destin tragique de Redford qui intéresse Penn dans ce chef d’œuvre, que la manière dont Brando l’intègre se débat avec son propre destin contrarié. Et il est fascinant Brando. Loin du Stanley d’Un tramway nommé Désir, il est un homme tranquille et droit, homme de loi intègre confronté à la médiocrité de ses semblables et à ce que la foule peut avoir de pire. Un homme bien décidé à aller au bout de sa mission et à sauver du lynchage le jeune Redford, très beau et très condamné d’avance. Un homme seul aussi, dans une ville où tout devient hostile.

Difficile de ne pas penser à Rio Bravo avec ce personnage de Brando et cette ville où chacun devient, au mieux insensible, au pire odieux. D’ailleurs, que Penn nous affirme, en nous regardant droit dans les yeux, que le choix d’Angie Dickinson pour la femme de Brando est un simple hasard, et ne renvoie pas au chef d’oeuvre de Hawks…

En tout cas, il y va fort, dans sa peinture d’une société gangrénée par la haine, la violence, le racisme, la bêtise, la peur. On est au Texas, dans l’Amérique post-Kennedy, et ça ne fait pas vraiment envie. L’action se déroule un samedi soir: pendant que les gamins se trémoussent tant qu’ils peuvent, leurs aînés se saoûlent, se trompent et rêvent du casser du noir. Ou, à défaut, de l’évadé, qu’importe ses torts. Pendant ce temps, les puissants croient pouvoir tout acheter, et leurs cours se désolent de ne pouvoir toucher le soleil. Bref, l’humanité dans ce qu’elle a de pire.

Jusqu’à la nausée, Brando encaisse tous les coups, moraux comme physiques, jusqu’à se faire défigurer lors d’un passage à tabac traumatisant. Mais il tient bon, dernier défenseur d’une valeur qui n’a plus lieu dans cette société-là : le bien. Jusqu’à un final ahurissant, bouleversant et écœurant. Il ne reste alors qu’à pleurer, et à tourner le dos à ces monstres ordinaires. Sublime et déchirant.

 

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