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Nebraska (id.) – d’Alexander Payne – 2013

Posté : 27 juin, 2014 @ 5:15 dans 2010-2019, PAYNE Alexander | Pas de commentaires »

Nebraska

Une Amérique dénuée de tout charme, pourrie par une crise qui paraît ne pas avoir d’âge. Des paysages nus et plats, loin de l’image habituelle des grands espaces, d’où ne ressort qu’une brève visite au Mont Rushmore, icône décevante qui semble n’être là que pour faire un clin d’œil à Hitchcock, dont Bruce Dern fut le dernier acteur récurrent. Des hommes qui n’ont rien d’autre à faire que de tuer le temps devant des émissions idiotes à la télé en buvant des bières et en parlant voitures, seuls repères d’une existence sans but.

C’est le portrait de l’un de ces hommes que signe Alexander Payne avec ce très beau film : un taiseux apparemment au bord de la démence, qui arrive dans la dernière ligne droite d’une vie qu’on devine vaine et vide, et qui se raccroche à un but grotesque : le soi-disant « gros lot » de l’une de ces tombolas qui ne sont en fait que des publicités mal déguisées. Un piège à gogo qui sera finalement l’occasion d’un voyage inattendu de ce vieil homme avec l’un de ces fils, aussi paumé que lui dans une existence où s’accumulent les ratages.

Qu’importe le but, bien sûr. Ce qui compte, c’est le voyage, et ce qu’il révèle sur les deux hommes, sur leurs rapports, sur leurs envies, et les douleurs dont ils ne disent rien. Bruce Dern, qui a obtenu le prix d’interprétation à Cannes l’an dernier pour ce rôle, est magnifique dans ce registre. Silencieux, voire absent la plupart du temps, capable de soudaines explosions, et laissant transparaître une souffrance sourde à travers son regard perdu. La scène du cimetière, totalement irrévérencieuse et quasi-comique, est aussi bouleversante. Le numéro grotesque de sa femme souligne paradoxalement le poids de ce que le vieil homme ne dit pas…

Avec ce road movie en noir et blanc, Alexander Payne signe un film simple et sincère, et profondément émouvant. Dans cette Amérique sans avenir et sans espoir, c’est aussi, malgré tout, une ode à la famille. Pas aux seuls liens du sang, qui n’excluent pas les pires mesquineries, mais au cocon familial. Le personnage de Bruce Dern a beau avoir eu une enfance difficile auprès d’un père qui le battait, il revient dans la maison de son enfance avec une émotion palpable. La famille qu’il a fondée a beau ne ressembler à rien, elle trouvera dans ce voyage absurde une occasion de se rapprocher.

Même si, au fond, rien ne changera sans doute vraiment dans la vie des personnages, eux ne seront sans doute plus tout à fait les mêmes.

 

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