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Archive pour la catégorie 'PARRISH Robert'

Dans la gueule du loup (The Mob) – de Robert Parrish – 1951

Posté : 22 octobre, 2017 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, PARRISH Robert | Pas de commentaires »

Dans la gueule du loup

Voilà une série B formidable, rapide et tendue comme un élastique, qui entre directement dans le vif. Ça commence très fort, par une séquence nocturne et sous une pluie battante, modèle de construction et de concision, qui plonge en quelques minutes le spectateur au cœur du suspense, et le héros dans un engrenage infernal.

Le héros, c’est Broderick Crawford, acteur à la présence incroyable, formidable en petit flic sans grande envergure qui subit violemment une situation dont il est plus la victime que l’acteur. Lorsque le film commence, ce flic n’est même pas en service : il tente de négocier le prix d’une bague qu’il veut offrir à sa fiancée. Mais le hasard veut qu’il assiste à un meurtre. Sauf que le tueur a un badge et une arme de policier, et qu’il affirme avoir tué un gangster.

Le temps que notre petit flic se retourne, le tireur a disparu. Et il ne tarde pas à comprendre qu’il s’est fait avoir : le tireur n’était pas flic, et la victime pas un gangster, mais un homme qui devait témoigner contre une puissante bande de trafiquants… Pas de chance, surtout que pour garder sa plaque, Broderick va devoir se racheter, en infiltrant ladite bande, qui oeuvre sur les quais, dans l’univers des dockers.

Le film alterne les séquences en studios (les scènes de nuit dans les rues notamment, comme celle qui ouvre le film, magnifiquement photographiée par Joseph Walker) et les décors naturels, comme ces docks qui donnent quelques images très réalistes et un décor très original au film.

Les décors en général sont d’ailleurs très importants, et donnent une atmosphère particulière, grâce à quelques détails originaux. La ville semble ainsi entre deux mondes, pleine d’immeubles sur le point d’être détruits ou en construction (immeubles qui jouent d’ailleurs un rôle important dans l’histoire).

Le même sens du détail habite tout le film, que ce soit pour le travail des policiers (avec des détails originaux : la trace fluo avec laquelle les policiers suivent une voiture à la trace, ou cet agent des services spéciaux qui fait travailler sa femme), ou pour les personnages, tous particulièrement bien dessinés.

Le barman, le patron de l’hôtel miteux, un gangster inquiétant qu’interprète Ernest Borgnine, un tueur joué par Neville Brand… Le film est réussi aussi grâce à la qualité de ces seconds rôles, tous marquants à leur manière. Sur les docks, on aperçoit aussi un jeune acteur qui tient là l’un de ses premiers rôles, et qui n’a droit qu’à une seule réplique : un certain Charles Buchinsky, qui ne s’appelle pas encore Bronson, et qui ne s’appelle d’ailleurs pas du tout, puisqu’il n’est pas crédité au générique.

La Flamme pourpre (The Purple Plain) – de Robert Parrish – 1954

Posté : 6 novembre, 2013 @ 2:37 dans 1950-1959, PARRISH Robert | Pas de commentaires »

La Flamme pourpre (The Purple Plain) – de Robert Parrish – 1954 dans 1950-1959 la-flamme-pourpre

Parrish est décidément un cinéaste qui ne ressemble à aucun autre, et qui mériterait d’être redécouvert, lui dont la carrière semble oubliée, quelque part entre l’âge d’or d’Hollywood (il est un disciple de John Ford, dont il fut un proche) et le Nouvel Hollywood (la première séquence de La Flamme pourpre évoque d’une certaine manière celle de Apocalypse Now).

Avec La Flamme pourpre, il signe un film de guerre qui ne ressemble pas aux films de guerre, comme il fera avec L’Aventurier du Rio Grande un western qui ne ressemble pas aux westerns. Un film de guerre tourné au plus près des personnages, et surtout où on ne voit jamais l’ennemi. Pas d’altercation ici, pas de face à face meurtrier, mais des bombardements annoncés par de lointains bruits, et surtout une douleur qui touche les autochtones au plus profond d’eux-mêmes.

Il y a dans ce film magnifique une émotion à fleur de peau qui emporte le spectateur au moment où il s’y attend le moins. Parce que le héros, interprété par un Gregory Peck exceptionnel dans un rôle tout en nuances, est un homme brisé par la guerre, hanté par la mort (hallucinante scène de flash-back), que Parrish filme avec une tendresse extrême. Et que cet homme bouleversant renaît malgré tout, dans un pays, la Birmanie, ravagé par la peur et la douleur.

Le film se sépare en deux parties assez distinctes. La première raconte la renaissance de Gregory Peck, homme brisé par la mort de sa femme dans un bombardement, grâce à sa rencontre avec une Birmane au passé également douloureux, dans un décor presque paradisiaque mais que l’on pressent fragilisé par la guerre toute proche.

La seconde partie ressemble a priori plus à un pur film de guerre : Peck et deux autres soldats perdus au cœur du territoire japonais après le crash de leur avion. Mais on est plus prêt de Côte 465 d’Anthony Mann que d’un film de genre héroïque. En plus radical encore, car la vraie menace ici, c’est le soleil, la soif et le désespoir, pas les Japonais dont personne ne semble réellement se soucier.

La guerre n’est le sujet du film que par les ravages qu’elle provoque chez les personnages. Pas par le côté spectaculaire des combats, mais par l’impact que cette violence, dont on ne voit rien, a sur le rapport à la vie ou à la mort de ces hommes et de ces femmes. Et Parrish reste fidèle à son thème avec une intelligence et une délicatesse infinies, absolument magnifiques.

• Ce film rare et précieux vient de sortir en DVD chez Sidonis, dans la collection « Classique de guerre », avec des présentations passionnées de Patrick Brion, et surtout Bertrand Tavernier.

L’Aventurier du Rio Grande (The Wonderful country) – de Robert Parrish – 1959

Posté : 21 mai, 2013 @ 1:57 dans 1950-1959, MITCHUM Robert, PARRISH Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

L’Aventurier du Rio Grande (The Wonderful country) – de Robert Parrish - 1959 dans 1950-1959 laventurier-du-rio-grande

Gringo pour les Mexicains, « l’homme qui vit au Mexique » pour les Américains… Robert Mitchum est un homme sans patrie, qui se sent étranger où qu’il soit, d’un côté ou de l’autre du Rio Grande. C’est ce sentiment d’être un étranger partout qui est au cœur de ce beau western signé Robert Parrish, cinéaste méconnu mais personnage attachant et intimement lié à l’âge d’or d’Hollywood, dont il est une sorte d’héritier désigné.

Petit marchand de journaux aperçu dans une belle scène des Lumières de la Ville, proche de John Ford pour qui il a tenu plusieurs petits rôle, et monté ses documentaires de guerre, Parrish a grandi à Hollywood (c’est d’ailleurs le titre de sa formidable autobiographie, document indispensable sur Hollywood) avant de devenir un cinéaste audacieux, singulier et passionnant.

Parrish aime filmer des personnages en dehors de tous les stéréotypes, et cherche à surprendre dans les scènes les plus anodines, y compris dans sa manière de filmer les paysages, parfois baignés de brumes et magnifiques..

C’est un curieux western, vraiment, dont le seul fil conducteur est ce Brady, Mitchum, qui fait d’incessants allers et retour entre le Mexique et les Etats-Unis, voyages qui semblent illustrer les doutes et dilemmes moraux du personnage. Un « héros » qui passe un bon tiers du film immobilisé après s’être bêtement cassé la jambe. L’accident est lui-même filmé d’une manière très originale : une fougère qui roule dans les pattes du cheval et désarçonne Mitchum, dans un plan d’une beauté étonnante.

Tous les personnages sont comme ça, loin des types habituels du western. Charles McGraw dans un contre-emploi absolu, médecin très attachant. Pedro Armendariz en « gouverneur » mexicain au bord de la folie. Gary Merrill en officier hautain qui semble curieusement très fragile. Ou sa femme Julie London, beau personnage dont Parrish filme la détresse avec une infinie délicatesse. Et Mitchum bien sûr, immense. Sa nonchalance légendaire prend ici une dimension particulière, celle d’un homme qui croît à peine avoir droit à la rédemption.

Tout est réussi dans ce film : les amitiés (parfois inattendues, comme celle entre le héros et un jeune immigrant allemand), les scènes de bataille (impressionnantes et cruelles), la romance impossible entre Mitchum et London, et même les deux grandes scènes de fêtes populaires, l’une au Mexique, l’autre aux Etats-Unis, que Parrish filme avec un sens du détail, soulignant avec réalisme les différences de ces deux modes de vie. C’est passionnant.

 

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