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Archive pour la catégorie 'par réalisateurs'

Destination : Graceland (3 000 miles to Graceland) – de Demian Lichtenstein – 2001

Posté : 22 mars, 2011 @ 12:51 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, COSTNER Kevin, LICHTENSTEIN Demian | Pas de commentaires »

Destination Graceland

Il y a pas mal d’idées séduisantes dans ce nanar plutôt sympa : celui d’un braquage de casino en pleine convention Elvis ; celui d’offrir à Kevin Costner son premier rôle de vrai méchant (celui de Un Monde parfait n’était pas totalement antipathique) ; et cette volonté de moderniser les vieux thèmes du film de gangster. Parce que l’histoire en elle-même n’a rien de bien original : un braquage avec des millions à la clé ; l’un des braqueurs qui trahit ses complices et les laisses pour mort ; et l’une des « victimes » qui survit, et se lance dans une course poursuite à travers l’Amérique avec son ancien complice.

Il y avait visiblement pas mal d’ambitions derrière ce film. Mais à l’arrivée, toute l’originalité tombe à plat, une fois le générique (étonnant, et franchement laid) et la scène du braquage passés. Cette scène vaut à elle seul le déplacement : voire Kurt Russell (qui avait réellement interprété Elvis Presley dans le biopic réalisé par John Carpenter pour la télévision), Kevin Costner, Christian Slater, David Arquette et Howie Long déguisés en King, faire parler la poudre dans un casino bondé de pseudo-sosies d’Elvis, voilà une image qu’on est pas prêt d’oublier.

Mais une fois qu’on a vu ça, on a un peu tout vu de ce film efficace et plutôt bien mené, mais aux ficelles trop grosses pour être vraiment crédibles, et aux excès trop retenus pour être vraiment parodique. On ne s’ennuie pas, non, et on prend un certain plaisir à faire ce voyage à travers le désert US, d’autant plus que Kurt Russell fait ce qu’il sait parfaitement faire (le même courageux qui cache tant bien que mal un cœur gros comme ça), que Courteney Cox est très sexy (comme on ne l’a jamais vue, d’ailleurs), et que son fils dans le film n’est pas un gamin tête-à-claque. Mais on en sort en se demandant vaguement ce que Demian Lichtenstein (tombé dans l’oubli, depuis) a voulu faire exactement, et avec la certitude qu’il est passé à côté.

Dommage, parce que Kevin Costner, lui, est impressionnant, poussant son personnage de psychopathe jusqu’à l’excès. Sa performance est réjouissante, et suffit à tirer le film vers le haut. C’est en tout cas un OVNI dans sa filmographie, qui recèle des pépites autrement plus recommandables.

Alcoa Premiere : Tacle aux crampons (Alcoa Premiere Theater : Flashing Spikes) – de John Ford – 1962

Posté : 21 mars, 2011 @ 11:27 dans 1960-1969, FORD John, STEWART James, TÉLÉVISION, WAYNE John | Pas de commentaires »

Alcoa Theatre Tacle

C’est le dernier film réalisé par Ford pour la télévision. Le cinéaste n’a jamais fait le bégueule face au petit écran, pour lequel il a signé notamment un court métrage pour la série anthologique Screen Directors Playhouse (Rookie of the Year) et un épisode de la série western Wagon Train, dont la vedette était son acteur fétiche, Ward Bond. Flashing Spikes inaugurait la seconde saison de Alcoa Premiere Theater, un show présenté par Fred Astaire : chaque semaine, l’acteur introduisait un nouveau film de 52 minutes dans un décor approprié.

Curieusement, Flashing Spikes est l’occasion pour Ford de replonger dans l’univers du base ball, le sport national américain, qu’il n’avait vraiment abordé que dans Rookie of the Year, et jamais pour le grand écran. La comparaison ne s’arrête pas là : les deux films mettent tous les deux en scène un jeune joueur à l’avenir prometteur, une ancienne gloire du sport dont la carrière a été brisée par un scandale, et un journaliste qui joue un rôle important.

Le journaliste, ici, c’est Carleton Young, grand acteur fordien des dernières années, scribouillard haineux et détestable (mais Ford s’empresse de préciser que la plupart des journalistes sont des professionnels passionnés et sérieux !), spécialiste du base-ball qui déteste ce sport et ceux qui le pratiquent. Le moteur du film est sa volonté de ruiner la réputation d’un jeune joueur (Patrick Wayne, le fiston), en l’accusant de toucher des pots de vin, et de fricoter avec un ancien champion accusé de s’être lui-même laissé acheter.

Ce vieux briscard, c’est James Stewart, qui s’amuse à se vieillir en chaussant d’immenses lunettes, alors qu’il est déjà visiblement trop vieux pour le rôle. Mais c’est James Stewart, et il est forcément excellent, même si on ne croit à aucun moment en sa culpabilité.

Le récit est cousu de fil blanc, mais sa construction en un long flash back est assez audacieuse : il faut de longues minutes pour qu’on comprenne tous les tenants et aboutissants de cette histoire. Léger et plutôt inconséquent, ce film mineur dans l’immense œuvre fordienne se regarde avec un plaisir gourmand, succession de petits moments savoureux (comme cette apparition surprenante de John Wayne en sergent arbitre odieux d’une partie de base-ball improvisée en pleine guerre de Corée). Après le très sombre L’Homme qui tua Liberty Valance, Ford s’offre une parenthèse sur un thème et un ton bien plus légers. Savourons…

Le Lien sacré (Made for each other) – de John Cromwell – 1939

Posté : 15 mars, 2011 @ 3:14 dans 1930-1939, BOND Ward, CROMWELL John, STEWART James | Pas de commentaires »

Le Lien sacré

Une comédie romantique de plus ? Pas vraiment : Le Lien sacré est même un film franchement atypique dans lequel on suit le quotidien d’un jeune couple (Carole Lombard et James Stewart, évidemment charmants) et ses difficultés à faire face aux petites contrariétés du quotidien. Dès la première image, un carton nous l’annonce : John Mason, notre « héros », n’est qu’un New Yorkais lambda parmi 7,5 millions d’autres individus tout aussi ordinaires. Et les contrariétés que lui et sa jeune femme, épousée en quelques jours lors d’un déplacement professionnel, rencontrent en s’installant, n’ont rien d’exceptionnel : un salaire trop juste pour s’installer dans une plus grande maison (celle-ci est tout à fait convenable), un travail trop prenant pour profiter de la vie et voyager, une belle-mère un peu acariâtre qui vit à demeure, et un bébé qui pousse les jeunes parents à s’interroger sur leur vie…

Rien que de très banal, donc, et c’est ça qui est beau, même si la fin du film est un peu gâchée par un rebondissement tragique très lacrymal et très efficace (ah on pleure et on a peur, c’est sûr), qui viendra régler comme par miracle toutes les difficultés de notre couple, mais qui du coup passe totalement à côté du vrai sujet de ce film par ailleurs très beau. Dans la dernière demi-heure, le film devient plus lyrique, plus extraordinaire, sans doute. Mais hélas, toutes les questions que soulevait le début du film : comment surmonter tous ces minuscules écueils qui, dans tous les couples, viennent contrarier la passion des premiers jours. « J’aurais dû garder cette poussière et la mettre dans un coffre », regrette le jeune mari, en faisant allusion à la poussière qu’il a retirée de l’œil de sa future femme, lors de leur première rencontre.

On sent bien que les scénaristes ont été bien en peine de mener leur sujet au bout. Après une première heure passionnante, ils ont recours à un rebondissement un peu facile, qui vient ruiner le bel équilibre que le film avait atteint. Dommage, surtout que le couple formé par les deux stars est vraiment réussi. Stewart est génial, comme toujours. Et Carole Lombard parvient magnifiquement à faire exister un personnage qui est pourtant souvent en retrait, mais auquel elle apporte une belle profondeur, et une dimension à la fois comique et tragique.

Dans un second rôle remarqué, on retrouve aussi l’excellent Charles Coburn, dans l’un de ses premiers rôles, à 65 ans, il interprète l’un de ses personnages qui feront sa réputation jusqu’à la fin des années 50 : celui d’un vieil homme un peu revêche au premier abord, mais qui laisse vite apparaître sa bonhomie…

Charlot nudiste (His prehistoric past) – de Charles Chaplin – 1914

Posté : 14 mars, 2011 @ 4:29 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot nudiste

• Titres alternatifs (VO) : A Dream, The Caveman, The Cavman, King Charlie, The Hula-hula dance

• Titres alternatifs (VF) : Charlot roi, Le Rêve de Charlot, Le Passé préhistorique de Charlie

C’est officiellement le dernier film de Chaplin à la Keystone, un deux-bobines qui a particulièrement vieilli, sans doute parce qu’il part d’un sujet qui était à l’époque très à la mode : la vie des hommes préhistoriques, qui passionnait les Américains des années 10, après la découverte des restes de « l’homme de Piltdown » en 1912. Mais ce qui était à la mode il y a près d’un siècle n’a évidemment pas le même impact aujourd’hui. D’ailleurs, Keaton se cassera la figure sur un sujet semblable quelques années plus tard, dans Les Trois Âges.

Le film commence comme un « Charlot » classique : notre vagabond préféré s’installe sur un banc public, pour s’y endormir. Mais ce début n’est qu’un prétexte pour lancer le vrai sujet du film : aussitôt endormi, Charlot se met à rêver, et s’imagine en homme préhistorique dans un pays où il finira par prendre la place du roi, et par profiter des jolies jeunes femmes qui l’entourent… Jusqu’à ce qu’il soit réveillé par un policier, joué par le frère de Chaplin, Sydney.

La première apparition de Chaplin en homme préhistorique est assez drôle : vêtu d’une peau de bête, mais coiffé de son melon et sa canne à la main, il arrache quelques poils de son vêtement de fortune pour bourrer sa pipe, qu’il allume en grattant un silex sur ses fesses, comme il l’aurait fait d’une allumette. La suite n’est pas honteuse d’ailleurs, mais se regarde d’un œil assez distrait. Difficile de se passionner pour ce rêve filmé qui marque symboliquement la fin de « l’ère préhistorique » de Chaplin à Hollywood. Vivement la suite…

Charlot et Mabel en promenade (Getting Acquainted) – de Charles Chaplin – 1914

Posté : 14 mars, 2011 @ 4:28 dans 1895-1919, CHAPLIN Charles, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Charlot et Mabel en promenade

• Titres alternatifs (VO) : A Fair Exchange, Exchange is no robbery, Hello everybody

• Titres alternatifs (VF) : Charlot marié

Même s’il est sorti avant His Prehistoric Past, ce Getting Acquainted est le dernier film tourné par Chaplin à la Keystone, avant son départ pour la Essanay. Sur le papier, on se dit qu’il a vite bâclé cet ultime film d’une bobine seulement, dû à la société de Mack Sennett, en choisissant de tourner un énième film de parc. Les recettes, d’ailleurs, sont sans surprises : deux hommes mariés (Chaplin avec l’imposante Phyllis Allen, et Mack Swain avec la charmante Mabel Normand) tentent de séduire une autre femme, ce qui ne manque pas d’attiser la colère de leurs épouses respectives, la fraternité entre les deux hommes, et la suspicion d’un policier.

Et pourtant, ce petit film sans ambition est bien plus fin que la majorité des comédies du même genre (et elles sont nombreuses) tournées dans Echo Park ou dans d’autres parcs de Los Angeles à cette époque (ici, c’est le Westlake Park). Parce qu’on évite les jets de briques, les course-poursuite endiablées, et le traditionnel final au fond du lac… au profit d’un humour plus travaillé et souvent plus inattendu.

Le personnage de Charlot est aussi moins méchant et cynique que dans beaucoup de ses précédents films, et ressemble parfois à un enfant. Un enfant tête-à-claque, certes, mais un enfant tout de même.

La Vérité sur Charlie (The Truth about Charlie) – de Jonathan Demme – 2002

Posté : 14 mars, 2011 @ 3:43 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, DEMME Jontahan | Pas de commentaires »

La Vérité sur Charlie

Après quelques jours de vacances, une jeune Anglaise revient dans son appartement parisien pour découvrir que son mari a été assassiné, et qu’il cachait un passé qu’elle ne soupçonnait pas. Elle découvre aussi que d’étranges individus tournent autour d’elle, y compris un séduisant Américain qu’elle venait de croiser sur la plage…

Charade, de Stanley Donen, était un thriller élégant et léger, à l’intrigue parfaitement alambiquée. De cette intrigue, Demme ne change pas une ligne dans cet étrange remake. A tel point qu’on a parfois l’impression d’assister à un copié-collé maldroit et vain, avec des plans qui semblent tout droit sortis du classique de Donen. D’autant plus que Thandie Newton a le cou fin et interminable d’Audrey Hepburn, et même si Mark Whalberg n’a évidemment pas l’élégance racée de Cary Grant. Les seconds rôles sont irréprochables, mais ils ne sont hélas pas à la hauteur des acteurs de l’original : seul Ted Levine (le Buffalo Bill du Silence des Agneaux, film autrement plus inspiré de Demme) apporte la folie nécessaire à son personnage.

La construction des deux films est très, très proche. A en être gênant presque (à quoi bon faire le remake d’un film qui a plutôt bien vieilli). Mais pourtant, Charade et La Vérité sur Charlie sont, au final, très éloignés l’un de l’autre. Et pas seulement parce que le premier est une grande réussite, alors que le second est franchement à côté de la plaque : là où Donen a filmé une fantaisie légère comme une bulle, un pur divertissement élégant et presque parodique, Demme tente d’immerger le spectateur dans un voyage sensoriel à travers un Paris à la limite de la caricature.

On voit bien ce que le réalisateur a voulu faire : nous plonger dans un cauchemar éveillé dont on ressentirait plus qu’on ne comprendrait les rebondissements. Le film gagnerait peut-être à être vu dans un état second (mais l’alcoolisation n’est à prescrire qu’à dose modérée, cela va de soi). Mais pourvu qu’on ait les sens bien en éveil, les tentatives de Demme font un grand « splash » : rien ne marche vraiment dans cette découverte trop stéréotypée de Paris (y’a des bérets, y’a des voitures d’un autre temps, y’a des ruelles désertes et humides…). Les intentions sont là, bien palpables, mais la magie n’opère pas.

Et puis on se rend vite compte que Demme ne déborde sans doute pas d’amour pour Charade, dont il reprend l’histoire sans s’y intéresser vraiment. Ce qui l’a sans doute attiré dans ce remake, c’est le cadre : le Paris de carte postale, la capitale d’un cinéma d’auteur un peu branchouille. Parce que le film accumule les clins d’œil au cinéma français, clins d’œil qui paraissent peut-être érudits et branchés aux yeux des Ricains, mais qui en France ont un petit côté prétentieux, voire même ridicule : Agnès Varda fixant la caméra au détour d’un plan, Anna Karina grimée sur le Pont Neuf, ou même Philippe Katerine dans une improbable scène de danse. Seules les deux apparitions de Charles Aznavour, réchauffent un peu le cœur. Mais c’est loin de suffire.

Tuer n’est pas jouer (I saw what you did) – de William Castle – 1965

Posté : 10 mars, 2011 @ 10:37 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, CASTLE William | Pas de commentaires »

Tuer n'est pas jouer

L’idée de départ était pleine de promesses : deux gamines s’amusent à téléphoner à des gens au hasard en leur disant « j’ai vu ce que vous avez fait, et je sais qui vous êtes »… jusqu’à ce qu’elles tombent, sans s’en rendre compte, sur un homme qui vient de tuer sauvagement sa femme. Rajouter à ça que les deux jeunes filles sont seules dans une grande maison perdue au milieu de nulle part, et tout semblait réuni pour un beau moment de trouille réjouissant.

Mais très vite, on voit bien que le film ne tiendra pas ses promesses. Visuellement déjà, la réalisation de William Castle, à qui on doit le pas terrible La Nuit de tous les mystères, se révèle totalement inintéressante, avec des images d’une laideur assez marquante malgré des décors baignés dans une brume de studio. Au point que le film semble avoir été tourné avec les moyens (financiers et techniques) d’un téléfilm de l’époque.

Difficile dans ces conditions de rentrer pleinement dans le film. Mais on se dit que la présence de John Ireland et de Joan Crawford (dans l’un de ses derniers rôles) permettra de s’immerger pleinement. Là encore, déception : l’ancienne interprète de Mildred Pearce (un chef d’œuvre de Curtiz tourné tout juste vingt ans plus tôt) n’apparaît qu’après une vingtaine de minutes, pour disparaître une demi-heure plus tard. Et à 60 ans passés, Joan Crawford tient un rôle qui, visiblement, n’est pas fait pour elle.

C’est pourtant elle qui apporte le plus de profondeur à son personnage : tous les autres sont dénués de toute nuance. Y compris celui de John Ireland, assez impressionnant, mais dans un rôle de méchant presque caricatural. Son riche passé de bad guy de cinéma le rend toutefois assez crédible dans l’ignominie, et on l’imagine sans peine trucider les jeunes filles (qui l’auraient d’ailleurs bien mérité, après leurs blagues ridicules et cruelles au téléphone !).

La présence de Crawford et Ireland, cependant, dessert ce qui aurait pu être l’ancêtre des « slashers » des années 70 et 80 : le film aurait gagné à adopter le seul point de vue des deux adolescentes, au lieu de mettre en avant les deux anciennes gloires, dont les personnages auraient été plus inquiétants s’ils avaient gardé tout leur mystère.

Seules les vingt dernières minutes parviennent à relever le niveau. Castle se concentre alors sur ce qui aurait dû être le cœur du film : un pur suspense qui fiche vraiment la trouille. Il était temps…

The Lure of the Labrador (id.) – de Varick Frissell – 1926

Posté : 10 mars, 2011 @ 10:31 dans 1920-1929, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS, FRISSELL Varick | Pas de commentaires »

The Lure of the Labrador

Entré dans l’histoire du cinéma pour avoir péri lors du tournage de The Viking, le premier film parlant de l’histoire du cinéma canadien, Varick Frissell était peut-être, avant même d’être un cinéaste de première importance, l’un des plus grands ambassadeurs du « Labrador », cette région sauvage du Canada célèbre pour ses forêts et ses étendues d’eau.

Ce court métrage tourné en 1926 n’a, cinématographiquement parlant, pas grand intérêt : il ressemble plutôt à un dépliant filmé pour la région, avec ses grands paysages, son contexte historique, ses habitants au mode de vie si éloigné du nôtre…

C’est assez intéressant, c’est vrai. Mais pas plus que de nombreux autres documentaires tournés à l’époque. Il manque un fil conducteur à ce court film, que le temps a par ailleurs un peu abîmé.

La Blonde et le Shérif (The Sheriff of Fractured Jaw) – de Raoul Walsh – 1958

Posté : 10 mars, 2011 @ 10:28 dans 1950-1959, WALSH Raoul, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Blonde et le shérif

Ça sent la fin de carrière pour Raoul Walsh, qui n’a visiblement plus rien à prouver (il ne tournera plus que quatre films, jusqu’en 1964). Après quelques films très inspirés (en particulier le trop méconnu Bungalow pour femmes), le cinéaste signe là l’unique western parodique de sa carrière. Lui qui est pourtant l’un des plus grands spécialistes du « vrai » western, depuis plus de trente ans, ose aller jusqu’au bout de la parodie, et signe un OVNI cinématographique qui semble tout droit sorti de l’imagination de Gosciny (période Lucky Luke, of course).

On a donc un western avec tous les personnages incontournables du genre : les Indiens, les deux clans qui s’opposent, la tenancière de bar sexy et gouailleuse, le croque-mort à l’affût de son prochain client, les fines gâchettes prêtes à en découdre… Bref, tout ce qui a fait la gloire de l’Ouest encore sauvage depuis les premiers pas du cinéma. Sauf que le héros est une espèce de lord anglais flegmatique qui débarque dans l’Ouest américain persuadé que le bon sens et la discussion peuvent avoir raison de tous les conflits. Et là on se dit qu’il va vite déchanter, mais non.

Au cours de son voyage en diligence à travers les grandes étendues désertes, il est confronté à une attaque d’Indiens, dont il se sort en allant crânement serrer la main du chef belliqueux. Au point d’être adopté par la tribu, et de devenir une sore d’icône auprès de la population locale. Une icône qui ne tarde pas à être nommée shérif, et à séduire la tenancière du saloon, qui a les formes très, très généreuse de Jayne Mansfield.

On ne peut pas dire que le couple que la belle forme avec Kenneth More soit particulièrement convaincant, cela dit. Mais le fossé qui sépare la bombe bécasse et le falot british a un certain attrait, faut reconnaître.

Cela dit, la charge parodique est un brin lourdingue, d’autant que l’effet comique est lui plutôt limité. Ce qui fait qu’on s’intéresse peu à l’histoire, et qu’on se contente de sourire, alors qu’on aurait préféré se lâcher dans quelques éclats de rire. Heureusement, il y a le métier de Walsh, qui est quand même (l’ai-je déjà écrit dans ce blog ?) l’un des plus grands cinéastes de toute l’histoire du 7ème art. Ce métier qui, quel que soit le scénario, permet à Walsh d’éviter le ratage. La Blonde et le Shérif, réalisé par un autre, aurait sans doute été un nanar assez imbuvable. Sous l’œil unique mais génial de Walsh, il devient une comédie bancale, mais élégante, et au final plutôt séduisante.

La Petite Vendeuse (My Best Girl) – de Sam Taylor – 1927

Posté : 9 mars, 2011 @ 10:48 dans 1920-1929, FILMS MUETS, PICKFORD Mary, TAYLOR Sam | Pas de commentaires »

La Petite Vendeuse

J’ai toujours eu un petit faible pour cette bluette charmante d’une simplicité extrême : une petite employée d’un grand magasin tombe sous le charme d’un jeune stagiaire un peu maladroit, qui est en fait le fils du richissime propriétaire du magasin, arrivé là incognito pour faire ses preuves. Un monde sépare les deux jeunes gens ; mais bien sûr, l’amour dépasse toutes les barrières sociales…

Je crois bien être tombé sous le charme de « la petite fiancée de l’Amérique », comme on l’appelait dans les années 20, en voyant une scène de ce film : assise à l’arrière d’une camionnette en marche, le personnage joué par Mary Pickford fait ostensiblement tomber quelque chose pour que l’homme qu’elle aime déjà la rejoigne, courant avec un large sourire dans les rues de Los Angeles (la séquence a été tournée en décor réel, ce qui en accentue encore la force). Admirablement filmée, la scène vous file un sourire large comme ça : comment ne pas craquer devant le minois de Pickford ?

La réalisation de Sam Taylor, constamment inventive et souvent étonnamment moderne, fait beaucoup pour le film. Dès la première séquence, le ton est ouvertement décalé, et surprend autant qu’il séduit (ça commence quand même par un plan de Mary Pickford perdant sa culotte !). Et ça n’arrête plus de tout le film, mené à un rythme trépidant qui n’est pas sans rappeler les grandes comédies de Capra (difficile de ne pas penser à Vous ne l’emporterez pas avec vous, en particulier dans la dernière séquence).

Le film est, comme ça, jalonné de scènes inoubliables : celle du camion, donc, mais aussi ce joli passage où les deux futurs amants déjeunent tête à tête dans l’espace confiné d’une caisse en bois dans la remise ; celle où Mary Pickford veut présenter Joe à sa famille mais, tombant sur une dispute, fait croire au jeune homme qu’ils arrivent au cœur d’une répétition théâtrale ; la rencontre avec les riches parents de Joe ; la séquence du tribunal (avec le chaplinesque Mack Swain en juge débonnaire)…

My best girl est sans doute l’un des plus beaux films de Mary Pickford. C’est aussi, hélas, la fin d’une époque : il s’agit de l’ultime film muet de la star (et donc du début de la fin de sa carrière). Elle y donné la réplique au séduisant Charles « Buddy » Rogers, qui deviendra quelque temps après son dernier mari, après sa séparation d’avec Douglas Fairbanks, avec qui elle formait le couple le plus glamour de toute cette décennie magnifique. La fin d’une époque, je vous dis…

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