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La Grande Vadrouille – de Gérard Oury – 1966

Posté : 10 mai, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, OURY Gérard | Pas de commentaires »

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Gérard Oury et Louis De Funès risquent fort de ne jamais être très présents sur ce blog. Mais La Grande Vadrouille, quand même, reste un sommet du cinéma populaire de l’époque. Et le couple que le comique grimaçant forme avec Bourvil mérite tout le bien qu’on a pu en dire depuis cinquante ans. Ces deux-là, dans ce contexte-là (la France de l’Occupation, pour les lecteurs qui n’auraient jamais eu accès à la télévision depuis leur enfance), représentent à la fois toute la mesquinerie et toute la générosité du Français moyen.

Comme dans La Traversée de Paris donc, première rencontre (brève) entre les deux acteurs, mais en ouvertement positif. D’ailleurs, si le film a eu un tel retentissement à sa sortie, c’est parce qu’il était sans doute le premier, vingt ans après la fin de la guerre, à traiter l’occupation sur le ton de l’humour et de la bienveillance. Les deux personnages principaux ne sont des « héros » que de circonstance, et les Allemands sont des méchants qui prêtent plutôt à sourire. Oury prend d’ailleurs bien soin de de tuer personne : « sa guerre » est plutôt une occasion de révéler ce que les hommes et les femmes ont de mieux.

Le meilleur, bien sûr, c’est alchimie entre les deux doubles inversés, Bourvil le modeste et généreux, et De Funès le colérique condescendant. Ces deux-là ne se ressemblent en rien, c’est la rencontre de deux mondes qui n’auraient jamais dû se croiser dans des circonstances normales. Mais quel plaisir de voir De Funès martyriser le pauvre Bourvil « parce que c’est comme ça ! », lui rappelant sans cesse leurs différences de classe, qui s’estompera à peine devant l’adversité.

On connaît La Grande Vadrouille par cœur, la scène des Bains Turcs (« Mais alors, you are French ! »), celle des ronflements, celle des vélos (« D’abord mes souliers, maintenant mon vélo ! »), ou celle des planeurs (« Y’a pas d’hélice hélas. » « C’est là qu’est l’os. »)… Et ça fonctionne toujours. Du cinéma populaire décomplexé et généreux, au rythme impeccable.

 

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