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Archive pour la catégorie 'NOLAN Christopher'

Interstellar (id.) – de Christopher Nolan – 2014

Posté : 30 septembre, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, NOLAN Christopher | Pas de commentaires »

Interstellar

Jusqu’où va-t-il réussir à aller toujours plus loin ? Christopher Nolan, qui fut un cinéaste exceptionnel lorsqu’il était plus modeste (j’avoue une passion qui ne se dément pas pour Insomnia, son formidable thriller insomniaque), affirme film après film son nouveau statut d’excellent cinéaste démesuré. Avec son frangin Jonathan à l’écriture, Nolan a une imagination extraordinaire, et un sens du spectacle tout aussi impressionnant.

Mais le lecteur attentif l’aura remarqué : entre « exceptionnel » et « excellent », il y a un monde. Et quitte à fâcher quelques fans, il me semble que les premiers films du réalisateur de Memento marquaient la rétine et les esprits un peu plus longtemps que des superproductions comme l’impressionnant et vain Inception, ou même ce Interstellar, certes passionnant, spectaculaire et, en un mot, brillant, mais au final étrangement désincarné.

On comprend bien qu’avec ce fameux dernier quart d’heure, Nolan a voulu s’inscrire dans la lignée du Kubrick métaphysique de 2001 l’odyssée de l’espace. Il le fait d’ailleurs avec intelligence, dans une sorte de paradoxe spacio-temporel envoûtant qui donne le moment le plus étourdissant du film, sans le caractère insondable de 2001. Mais dans cet entre-deux qui éclaire tous les mystères de la première partie, c’est l’émotion qui se fait la belle, en ne laissant que des traces…

Et c’est bien dommage, parce que c’est là que Nolan est le plus prometteur, en axant dès le début son histoire de science-fiction sur un père et sa fille privés l’un de l’autre. Nolan se fait même le plus souvent l’héritier de John Ford, plutôt que de Kubrick. Le Ford de La Prisonnière du désert, avec le personnage de Matthew McConaughey (décidément formidable), obsessionnel et bouleversant, qui laisse ce qui reste de sa famille pour une longue quête peut-être sans retour.

Au cœur du film, il y a une idée extraordinaire, basée sur le paradoxe temporel, et qui se résume à une ligne de dialogue, une phrase du père à sa fille (jouée, à l’âge adulte, par la superbe Jessica Chastain) : « Quand je reviendrai, nous aurons peut-être le même âge » (ou quelque chose comme ça). Une idée magnifique, déchirante, et qui en partie tient ses promesses.

En partie seulement, parce que Nolan, quand même, a de grandes idées de grandeur, une imagination foisonnante, et une envie un peu trop marquée de tout mettre à l’écran, sans faire de choix. Alors oui, je fais la fine bouche. Interstellar est l’un des blockbusters les plus aboutis, les plus passionnants de ces dernières années, avec les meilleurs acteurs de leurs générations (Chastain et McConaughey, mais aussi Michael Caine, un fidèle du réalisateur). Mais on sent bien que Nolan, cinéaste et scénariste exceptionnels, a force de ne pas choisir, est passé juste à côté d’un grand chef d’oeuvre. Et ça, c’est un rien frustrant.

The Dark Knight rises (id.) – de Christopher Nolan – 2012

Posté : 26 août, 2012 @ 10:57 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, NOLAN Christopher | Pas de commentaires »

The Dark Knight rises

Etrange sensation à la sortie de The Dark Knight rises : à la fois hyper-excité par l’un des blockbusters les plus ébouriffants de ces dernières années, et un peu frustré aussi. Quels que soient ses défauts (trop long, Nolan a des centaines d’idées et refuse obstinément de faire des choix), le film est en tout cas une excellente conclusion d’une trilogie assez géniale. En tout cas tenue d’un bout à l’autre sur un même cap, ce qui n’est vraiment pas si courant. Malgré le succès, immense, malgré les moyens, démesurés, Nolan a su rester fidèle à ce qu’il voulait montrer : le destin tragique d’un homme prêt à se sacrifier pour une société qui le lui fait pas de cadeaux, mais à qui ses parents avaient déjà donné leur vie.

Producteur avisé, Nolan ne ferme pas non plus la porte à un prolongement de ces aventures. La fin ouverte laisse penser qu’il y aura bien un après, et que cet après ne sera pas un énième reboot. Mais quoi qu’il arrive, c’est la fin d’une époque. La relève est prête.

Vrai suite, annoncée dès la fin du précédent volet, ce troisième Batman est dominée par deux personnages-clés des précédents volets, morts mais pourtant omniprésents : Ra’s al Ghul (Liam Neeson dans Batman begins) et Harvey Dent (Aaron Eckhart dans The Dark Knight). Dent, élevé au rang d’icône dont l’image guide une cité de Gotham enfin débarrassée de ses démons (il n’y aurait pas quelque chose de religieux derrière tout ça… ?). C’est d’ailleurs pour sauvegarder cette icône que Batman a accepté d’endosser le costume du criminel à abattre.

Huit ans ont passé, et Batman a totalement disparu. Quant à Bruce Wayne, il s’est mué en riche ermite à la longue barbe, sorte de Howard Hughes (la comparaison est explicite) qui pleure la mort de sa bien aimée autant que son propre destin. Il faudra l’irruption d’une jolie cambrioleuse, d’une jolie milliardaire (oui, il est bien entouré quand même) et d’un mystérieux homme masqué, héritier de Ra’s al Ghul, pour le sortir de sa retraite. Il faudra aussi une nouvelle menace de destruction totale de Gotham…

Difficile de résumer l’intrigue, tant les pistes sont nombreuses et s’imbriquent étroitement. Mais comme toujours, tout en parsemant son film d’incroyables moments d’anthologie (dès la première séquence, l’attaque à main armée d’un avion en vol… par l’extérieur ), c’est aux personnages que Nolan s’intéresse le plus.

Et les personnages ne manquent pas autour d’un Batman/Bruce Wayne plus tourmenté que jamais. Gordon, Alfred et Lucius sont de retour, et gagnent en complexité. Et beaucoup de nouveaux venus : Catwoman, le futur Robin, la milliardaire Miranda, le super méchant Bane… On pourrait se dire que c’est trop, que forcément certains vont être sacrifiés, mais non : Nolan parvient à les faire vivre, en leur donnant une belle profondeur. Il faut dire qu’il prend le temps : 2h45 de métrage quand même.

Anne Hathaway, surtout, est parfaite en Selina/Catwoman. Nolan, qui sait bien qu’il ne fera pas oublier la Michelle Pfeiffer de Batman le défi, prend une autre direction (comme il l’avait fait pour son Joker, différent de celui de Jack Nicholson dans le Batman de Burton). Entre humour, charme, cynisme et agilité, sa Catwoman n’a rien de surnaturel ou d’innocence perdue. Elle est juste une très bonne voleuse en quête d’une seconde chance. Une simplicité qui semble même un peu fade dans la première partie du film, mais qui finit par emporter l’adhésion.

Joseph Gordon-Levitt, lui, trouve un rôle en or, de ceux qui transforment un jeune acteur qui monte en vraie star (comme le Ringo de La Chevauchée fantastique pour John Wayne, disons). Ce jeune flic intègre et courageux est le vrai héros de ce troisième film. Et les dernières minutes sont pleines de promesses pour lui, en ce qui concerne de probables suites…

Quant au grand méchant Bane, interprété par le massif et fascinant Tom Hardy, il est évidemment impressionnant. Hardy a une présence magnétique, dommage quand même que Nolan se prive (et nous prive) de sa gueule incroyable en le cachant derrière un masque du début à la fin.

Hélas, il y a un maillon faible, et c’est Marion Cotillard qui décroche la timbale. Je l’aime pourtant depuis des années, mais elle est un peu à côté de la plaque, dans un rôle (Miranda) qui est, c’est vrai, le moins bien écrit de tous. Sans relief et téléphoné, son personnage cache un secret qu’on devine dès les premières minutes alors que c’est censé être le grand twist du film.

C’est un peu embêtant, mais pas de quoi gâcher le plaisir de ce film démesuré et pourtant très humain. Reste à espérer que l’avènement annoncé de Robin soit confié à un réalisateur d’une autre trempe que Joel Schumacher, réalisateur des calamiteux Batman forever et Batman and Robin

The Dark Knight, le chevalier noir (The Dark Knight) – de Christopher Nolan – 2009

Posté : 25 juin, 2012 @ 10:46 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, NOLAN Christopher | 2 commentaires »

The Dark Knight

La question a déchiré les amoureux du justicier de Gothman City : ce deuxième Batman de l’ère Christopher Nolan est-il le meilleur de tous ? Je continue à placer Batman le défi, le chef d’œuvre de Tim Burton, sur la plus haute marche, mais The Dark Knight est une vraie, et grande réussite. Comme dans Batman begins, Nolan cite régulièrement les films de Tim Burton, avec une noirceur tout aussi marquante, mais avec un réalisme revendiqué.

Prolongement direct du précédent (qui se terminait d’ailleurs par une scène-teasing qui annonçait l’arrivée du Joker), The Dark Knight va plus loin sur tous les plans : plus spectaculaire, plus noir, plus pessimiste, plus foisonnant, le film reprend les mêmes thèmes, mais avec une ambition décuplée. Et le résultat est à la hauteur, ce qui confirme l’adage bien connu : meilleur est le méchant, meilleur est le film.

En parlant de méchant, la prestation de Heath Ledger a été largement acclamée, d’autant plus que le jeune acteur était mort quand le film est sorti. Monstrueux et impressionnant, il fait du Joker un méchant d’anthologie sidérant et mystérieux, très loin du cartoonesque Jack Nicholson du premier Batman de Burton. Aussi barré que le grand Jack, aussi machiavélique, mais nettement plus profond, d’autant plus que, à la différence de Burton, Nolan ne dit rien de la genèse de ce super-méchant, qui s’invente autant de passés qu’il a d’interlocuteurs. Pourquoi est-il si méchant ? Parce que !

Il y a toutefois une injustice autour de la géniale prestation de Heath Ledger : aussi impressionnante soit-elle, elle ne mérite pas qu’on oublie comme cela a été fait celle de Aaron Eckhart. Car le procureur Harvey Dent qu’il interprète est bel et bien le plus grand personnage du film, le plus attachant et le plus repoussant qui soit, le plus séduisant et le plus tragique. Quand on pense au Double-Face interprété par Tommy Lee Jones (au creux de la vague, alors) dans les années 90, on réalise à quel point Joel Schumacher a plongé la mythologie de Batman dans des méandres de nullité.

Pour le reste, on est en terrain connu : Christian Bale apporte au justicier masqué le trouble nécessaire, Michael Caine est parfait en majordome, Morgan Freeman itou en variation batmanienne de Q, et Gary Oldman est toujours aussi génial en commissaire Gordon. Film de la surenchère, The Dark Knight enchaîne les séquences d’anthologie, avec des faux Batman en pagaille, un semi-remorque qui se retourne à la verticale, et des dizaines de moments inoubliables.

Reste plus qu’à attendre le prochain Batman, qu’on nous annonce encore plus sombre et spectaculaire. Christopher Nolan place la barre très haut !

Batman begins (id.) – de Christopher Nolan – 2005

Posté : 24 juin, 2012 @ 10:17 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, NOLAN Christopher | 1 commentaire »

Batman begins

Ce Batman-là gagne à être revu. J’avais gardé le souvenir d’un curieux mélange des genres, à la fois adaptation assumée de comics, et film noir et âpre. Pas très convaincant. A le revoir quelques années après la sortie, le mélange des genres est toujours aussi marquant, mais le jugement est nettement plus positif. Gonflée et originale, cette renaissance du justicier masqué (pas Zorro, l’autre), dix ans après la double-torture infligée par Joel Schumacher, est un film d’une grande audace, et absolument passionnant.

Audacieux, Christopher Nolan, qui sortait de son très sous-estimé Insomnia, se permet de ne sortir le costume de Batman qu’au bout de près d’une heure de métrage. Conçu dès le départ comme le premier volet d’une trilogie (c’est en tout cas ce qu’il affirme alors que le troisième opus est TRES attendu), ce Batman begins porte bien son nom, tout entier consacré à la naissance du justicier masqué.

Ainsi, toute la première partie raconte la descente aux enfers de l’héritier le plus riche et le plus puissant de Gotham City : Bruce Wayne, playboy un peu inconséquent marqué par l’assassinat de ses parents quand il était gosse, dans un flash-back qui fait le pont avec le premier Batman de Tim Burton, dont Nolan se démarque très nettement tout en le respectant visiblement. Hanté par son deuil, hanté par le Mal qui gangrène la mégalopole de plus en plus profondément, Bruce sent qu’il a un rôle à jouer, mais qu’il doit dépasser ses peurs. Le voilà alors parti pour un voyage qui pourrait être sans fin, qui le mène dans les pires prisons des pays de l’Est, puis dans une sorte de monastère dans les sommets du Népal.

Les années passent, et Bruce apprend. Nolan prend le temps de s’intéresser à cet apprentissage, d’en dévoiler longuement toutes les étapes. Et cette première moitié du film contribue à la noirceur du personnage, qui en devient totalement crédible (pas évident, a prirori, de rendre convaincante la psychologie d’un type qui se déguise en chauve-souris pour affronter les méchants), et d’une profondeur inattendue.

Réalisateur très ambitieux, Nolan n’est ici pas aussi sensoriel que pour Memento ou Insomnia, mais sa mise en scène, brute et directe, est d’une efficacité redoutable, et le gigantisme de son film ne prend jamais le pas sur la profondeur de ses personnages.

Casting impeccable, aussi, avec un Christian Bale qui dose parfaitement le personnage de Batman/Bruce Wayne, à la fois ultra-entraîné, et d’une grande vulnérabilité. Les seconds rôles, de Morgan Freeman à Michael Caine en passant par Liam Neeson, sont excellents. Mention spéciale à Gary Oldman, génial dans le rôle du commissaire Gordon, loin de l’imposant Pat Hingle des précédents Batman. Flic intègre et usé par la corruption généralisée qui l’entoure, il contribue largement à ancrer le film dans un réalisme troublant, que Nolan approfondira encore dans les suites, The Dark Knight.

• Voir aussi : The Dark Knight rises.

Insomnia (id.) – de Christopher Nolan – 2002

Posté : 10 janvier, 2011 @ 5:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, NOLAN Christopher, PACINO Al | Pas de commentaires »

Insomnia

« Dormir », semble susurrer Al Pacino en décrochant le téléphone. A vrai dire, c’est son nom (Dormer) qu’il annonce, mais toute l’atmosphère de ce thriller génial est résumée dans ce simple mot. Dormer, donc, est un grand flic new yorkais qu’on envoie enquêter sur le meurtre d’une jeune étudiante, dans une bourgade paumée d’Alaska, à une époque où la nuit ne tombe jamais. Une « petite » enquête qui lui permet d’échapper pour un temps à l’enquête interne dont il est l’objet.

Nolan fait très fort avec ce film de genre qui succède à Memento, parce qu’il ne tombe jamais dans le piège pourtant très tentant de la surenchère. Le face-à-face entre le superflic et le tueur tient toutes ses promesses, mais le tueur en question n’est pas un génie du crime à la Seven : c’est un pauvre type auquel Robin Williams apporte une belle profondeur, une fêlure presque touchante.

Le vrai sujet du film, ce n’est évidemment pas l’enquête, mais le tourbillon personnel dans lequel se retrouve Dormer/Pacino. Et Nolan a un talent fou pour embarquer le spectateur dans ce tourbillon mental, au cœur des tourments professionnels de Dormer, qu’aggrave son incapacité à trouver le sommeil dans cette terre où il ne fait jamais nuit. Cela donne quelques très grands moments de cinéma : en choisissant la simplicité (contrairement à Inception), Nolan ne signe pas seulement son meilleur film, il réussit à créer une atmosphère qu’il tient de bout en bout.

On ne voit pas le film, on le vit, comme si on était dans la tête de Dormer, comme si le manque de sommeil nous touchait aussi. D’où le trouble immense lorsque Dormer tue son équipier, qui s’apprêtait à le balancer : est-ce un accident, ou un acte délibéré ? Nolan laisse planer le doute jusqu’au bout.

Pacino est exceptionnel, bien sûr. Sa prestation, dans Insomnia, est sans doute sa meilleure depuis L’Impasse. Le regard hagard, les épaules voûtées, ce « grand flic » révèle ses fêlures, son humanité, et rappelle que, malgré des choix un peu douteux ces dernières années, Pacino est l’un des plus grands qui soit…

 

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