Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'NEGULESCO Jean'

La Mousson (The Rains of Ranchipur) – de Jean Negulesco – 1955

Posté : 7 novembre, 2014 @ 1:58 dans 1950-1959, NEGULESCO Jean | Pas de commentaires »

La Mousson (The Rains of Ranchipur) – de Jean Negulesco – 1955 dans 1950-1959 LaMousson_zpseabaa53f

Au moins, dès les premières images, on voit ce qui a poussé les studios (la Fox en l’occurrence) à produire ce remake de l’excellent « film catastrophe » de Clarence Brown, avec Tyrone Power : avec ce Cinemascope qui n’en finit pas de s’étirer, et les couleurs vives du Technicolor, cette Mousson deuxième version rompt radicalement, dans la forme en tout cas, avec le noir et blanc et le format traditionnel du film des années 30.

Cette volonté est clairement affichée : avant même de voir les personnages apparaître, de longs plans spectaculaires s’enchaînent, plantant le décor exotique de Ranchipur, « petite » province à l’échelle grandiose de l’Inde, où les traditions ancestrales et les différences de castes semblent toujours très vivaces. Les images sont belles et impressionnantes, et suffisent, en quelques minutes, à faire naître l’excitation. Car si on a vu le film de Clarence Brown, on sait que cette histoire d’amour inattendue entre une Américaine trop riche et trop égoïste et un médecin indien totalement dévoué aux autres, sera marquée par une catastrophe naturelle particulièrement destructrice, qui constituera le sommet du film.

Et Jean Negulesco a visiblement les moyens de ses ambitions, mettant en scène des centaines de figurants pour les seules séquences d’exposition. Eh bien cette séquence de destruction massive tient ses promesses. Les effets spéciaux ont certes un peu vieilli, mais le montage soudain frénétiques, la lumière crépusculaire, et cette manière d’associer le spectaculaire à l’intime sont particulièrement réussis.

Le passage réellement spectaculaire dure à peine plus de cinq minutes, mais il dramatise efficacement le destin de tous ces personnages qui se croisent depuis le début du film. Le problème, c’est que ce début est un peu long : il faut attendre 70 minutes (dans un film qui en dure 100) pour rompre avec le romantisme un peu mièvre qui était en place. Peut-être est-ce dû à la prestation un peu too much de Lana Turner et à celle de Richard Burton qui semble étrangement figé sous les fards du médecin indien… En tout cas l’histoire d’amour au cœur du film laisse de marbre, et fait regretter le couple Tyrone Power-Mirna Loy du film original.

Beaucoup plus réussi : le personnage du mari humilié (Michael Rennie), ou celui de l’exilé qui se réfugie dans l’alcool (Fred MacMurray), deux personnages secondaires autrement plus intéressants, mais trop en retrait.
Tous deux auront droit à de belles scènes dans la dernière partie du film, plus intense, plus complexe, plus aboutie. Un beau mélodrame en demi-teinte, qui donne furieusement envie de revoir La Mousson version 1939.

• Le film est édité dans la collection « Hollywood Legends », qui exhume les classiques de la Fox. Une édition visuellement soignée, mais sans bonus.

Three strangers (id.) – de Jean Negulesco – 1946

Posté : 23 septembre, 2013 @ 7:32 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, NEGULESCO Jean | Pas de commentaires »

Three strangers (id.) – de Jean Negulesco - 1946 dans * Films noirs (1935-1959) three-strangers

Jean Negulesco avait connu un grand succès avec Le Masque de Dimitrios, curieux polar qui reposait en partie sur l’étrange alchimie du couple formé par Peter Lorre et Sydney Greenstreet. Après ce succès, le cinéaste a dirigé le tandem dans deux autres films, moins fameux : Les Conspirateurs et ce Three Strangers, dont le scénario est signé John Huston… lui-même qui avait été le premier à associer l’imposant Greenstreet et son double opposé Lorre, c’était dans Le Faucon maltais évidemment.

Cette fois encore, curieux hasard : c’est une histoire de statuette qui réunit les deux acteurs. En l’occurrence, la statut d’une divinité chinoise, autour de laquelle les trois étrangers du titre se retrouvent le soir du Nouvel An Chinois (à Londres, en 1938) pour un curieux pacte.

Très curieux film, qui commence par cette rencontre pas vraiment impromptue (deux mecs suivent une jeune femme dans la rue en pensant pouvoir passer une bonne soirée, sans doute pas consacrée au macramé) entre trois étrangers qui ne prient l’idôle qu’ils ont face à eux que dans l’espoir de gagner une grosse somme au jeu…

Cette introduction est déjà bien surprenante, mais la suite l’est encore plus. Les trois étrangers ne vont plus se croiser jusqu’à la toute dernière partie. Entre-temps, c’est leur histoire à chacun que l’on va suivre, sans que l’on sache vraiment où le film nous mène. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chemin est tortueux.

En route, on croise donc une épouse bafouée prête à tout pour garder son mari, un avocat ruiné qui cherche à épouser une riche veuve dont le mari lui parle en esprit, un alcoolique mêlé malgré lui à une affaire de meurtre, un faux major et vrai escroc, une course de chevaux qui passionne toute l’Angleterre…

C’est curieux, et inégal : il y a beaucoup de longueurs, des digressions pas toujours passionnantes, et tous les personnages n’ont pas la même force. Mais il y a aussi quelques moments assez formidables. Les séquences de bar, notamment, sont particulièrement réussies, baignées de l’atmosphère des pubs anglais.

C’est lorsque Negulesco parvient à insuffler une vraie vie à ces (très beaux) décors que le film prend vraiment de l’ampleur. Il y a ainsi un beau passage, avec Peter Lorre et ses « complices » planqués dans les soubassements d’un pont, décor qui semble soudain sorti d’un film de Lang.

La fin, aussi, est très réussie. Tous les drames auxquels on a assisté jusqu’à présent convergent enfin vers un climax parfaitement tendu. Un final qui rappelle aussi Le Faucon maltais : on retrouve les mêmes obsessions, la même soif de l’or, qui tournent autour de cette statuette, et qui mènent au bord de la folie. Ceux qui s’en sortent sont ceux qui savent garder la tête froide…

 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr