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Archive pour la catégorie 'MILLER David'

Complot à Dallas (Executive Action) – de David Miller – 1973

Posté : 22 janvier, 2019 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, LANCASTER Burt, MILLER David, RYAN Robert | Pas de commentaires »

Complot à Dallas

« Y a-t-il eu vraiment conspiration ? Nous ne saurions nous prononcer sur la question… » Ah ! ces phrases toutes faites. En abordant frontalement l’assassinat de JFK, ce film ne laisse pourtant guère de doute à l’interprétation : complot il y a eu, et c’est au cœur de ce complot qu’on nous entraîne, au plus près des conspirateurs, petit groupe d’hommes de l’ombre influents qui voient en la famille Kennedy une menace durable sur l’Amérique, et leurs intérêts.

Cette thèse en vaut bien une autre. Mais le parti-pris est à la fois trop simple, et très étonnant : c’est à la mise en place du complot que l’on assiste, d’une manière totalement linéaire, brute et mécanique, à peu près sans aucune zone d’ombre. C’est étonnant, parce que ce parti-pris pose plusieurs problèmes d’un point de vue cinématographique, et donc de l’intérêt que suscite ce sujet pourtant passionnant en soit.

Premièr problème : on connaît la fin. Sans vouloir spoiler, disons que le complot va fonctionner, et que JFK va bel et bien être assassiné, un certain 22 novembre à Dallas. Oui, ça n’a l’air de rien, mais ça enlève du coup tout enjeu dramatique au truc. Dans son JFK, Oliver Stone prendra un parti-pris radicalement différent, l’assassinat étant le point de départ du truc. Pas d’enquête ici, mais un simple déroulé des faits dont le principal intérêt est de voir comment les faits connus sont intégrés à la théorie du scénario.

Deuxième problème : le film adopte le point de vue de conspirateurs, d’hommes froids et calculateurs pour qui la violence et le meurtre sont des solutions « normales ». Difficile de s’attacher à quelque personnage que ce soit. Sans doute la perception a-t-elle changé depuis 1973. A l’époque, dix ans tout juste après les faits, le film de David Miller était le premier à remettre ouvertement en cause les conclusions de la commission Warren. Ce simple fait suffisait sans doute à rendre le film spécial. En 2019, ça ne suffit clairement plus.

Pas désagréable, mais froid et impersonnel, pour le coup. A l’image de Robert Ryan, dans l’un de ses derniers rôles, qui se contente de traverser le film sans avoir l’air réellement impliqué. A vrai dire, seul Burt Lancaster réussit à insuffler un petit quelque chose d’humain à son personnage. Par petites touches, il suggère un lourd passé et une violence latente qui emporte tout, y compris sa propre santé. Sans pour autant chercher à le rendre sympathique ou attachant. Même dans un film moyen, Burt est grand.

Seuls sont les indomptés (Lonely are the brave) – de David Miller – 1962

Posté : 16 février, 2017 @ 8:00 dans 1960-1969, DOUGLAS Kirk, MILLER David, POLARS/NOIRS, WESTERNS | Pas de commentaires »

Seuls sont les indomptés

Un cowboy se réveille près de son cheval, dans un paysage désertique. Une première image classique de western. Mais alors qu’il selle son compagnon, un étrange bourdonnement se fait entendre, de plus en plus pressant. Le cowboy lève les yeux vers les premières lueurs du jour : trois avions de chasse passent dans le ciel.
A peu près tout est dit dans cette première scène sobre, au noir et blanc superbement granuleux. Seuls sont les indomptés est le portrait d’un homme perdu dans son époque, un cowboy qui n’envisage sa vie que libre et sans contrainte, sans attache, un authentique solitaire né 80 ans trop tard, interprété par Kirk Douglas, une nouvelle fois immense.

Il y a ainsi une très belle scène avec Gena Rowlands, femme dont on comprend qu’il l’a aimée, mais l’a poussée à épouser son meilleur ami. « Tu en voulais trop », lui rappelle-t-elle. « Je n’en voulais pas assez », corrige-t-il. « Je ne voulais pas de maison, ni de cuisine aménagée, je ne voulais que toi. »

Un homme qui ne se « rêve » pas en homme libre, mais qui va au bout de ce qu’il est, fulminant quand sa route croise des barbelés (un vieux thème du western classique), se faisant volontairement enfermée en prison pour aider son ami à s’évader… avant de réaliser que son ami, lui, a finalement accepté l’époque qui est la leur, et les règles et contraintes qui vont avec.

Seuls sont les indomptés n’est pas un film parfait : quelques rebondissements discutables, le personnage de brute un rien caricatural joué par George Kennedy, ou les apparitions, tout au long du film, d’un camionneur (Carroll O’Connor) dont on imagine bien vite qu’il représente une sorte de destin fatal, procédé téléphoné pas très heureux.

Mais il y a surtout la nostalgie d’une certaine Amérique, qui prend toute sa dimension dans la longue séquence de la traque, entre un Kirk Douglas qui retrouve un décor pur enfin digne de l’Ouest sauvage… perturbé par l’apparition d’un hélicoptère et de voitures, et un shérif nonchalant et fatigué (Walter Matthau, réjouissant), dont on ressent la sympathie qu’il a pour cet homme qui va au bout de ses passions. Le symbole magnifique d’une époque révolue où la liberté était la première des valeurs.

 

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