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Archive pour la catégorie 'MILESTONE Lewis'

Double Chance (Lucky Partners) – de Lewis Milestone – 1940

Posté : 14 février, 2014 @ 12:44 dans 1940-1949, MILESTONE Lewis | Pas de commentaires »

Double chance

Charmante bluette qui fut un gros succès populaire en 1940. Dans la lignée des grandes comédies romantiques de l’époque, ce beau film furieusement joyeux de Lewis Milestone est l’adaptation d’une pièce de Sacha Guitry, qui en avait lui-même déjà tiré un film en 1935. Et c’est vrai que l’histoire, dans sa première partie en tout cas, porte indéniablement sa marque.

Tout commence par un simple « bonne chance », lancé par un inconnu à une jeune femme qu’il croise dans la rue. Sans autre raison qu’un pur élan de gentillesse désintéressé. Mais ces deux simples mots semblent réellement avoir porté chance à la belle passante, qui se persuade que cet homme est à ce point un porte-bonheur pour elle qu’ils ne peuvent que gagner s’ils achètent ensemble un ticket de loterie. L’homme, un petit portraitiste au passé obscur, accepte à une condition : s’ils gagnent, la jeune femme partira avec lui pour un voyage à travers les Etats-Unis. En tout bien tout honneur, la belle étant fiancée…

Cette belle idée de comédie est du pur Guitry. La suite est de la pure romance hollywoodienne. On imagine bien comment tout cela va finir, et on n’est pas déçu. Mais le scénario, et la mise en scène de Milestone, réservent de jolies surprises sur la route, notamment une amusante parodie de procès dont l’enjeu est d’amener les deux personnages principaux, joués par Ginger Rogers (alors grande star de la RKO) et Ronald Colman, à se déclarer leur amour.

Le film oscille entre une jolie tendresse romantique, et un humour burlesque assez sophistiqué. Il y a un ton particulièrement joyeux, un rythme très enlevé, dans ce « feel good movie » marqué aussi par des seconds rôles réjouissants : le juge, rôle taillé sur mesure pour Harry Davenport ; le fiancé, gentille brute et niais envahissant, un beau rôle pour Jack Carson… et même un couple de barmen sans doute homosexuels auxquels Leon Belasco et Edward Conrad apportent une belle fantaisie.

On peut avoir le droit de préférer la veine plus sombre de Milestone (Le Général est mort à l’aube, ou L’Emprise du crime), mais ce petit film vous colle un large sourire sur les lèvres. Rien de plus, mais c’est déjà beaucoup.

• Le film fait partie de la collection bleue RKO des Editions Montparnasse, avec une présentation de Serge Bromberg.

Le Général est mort à l’aube (The General died at dawn) – de Lewis Milestone – 1936

Posté : 25 janvier, 2012 @ 2:31 dans 1930-1939, COOPER Gary, MILESTONE Lewis | Pas de commentaires »

Le Général est mort à l'aube

Gary Cooper a un petit côté Indiana Jones avant l’heure dans ce chef d’œuvre méconnu qui a pourtant tout de la machine à créer un mythe ! Un sujet en or, un couple plus glamour tu meurs (Cooper et Madeleine Carroll), un cinéaste exceptionnel (Lewis Milestone, incroyablement inspiré)… Résultat : un film extraordinaire où les petits drames humains et le souffle de la grande histoire sont inexorablement liés.

Les premières minutes évoquent curieusement le Shanghai Express de Josef Von Sternberg : mêmes personnages occidentaux impliqués dans une guerre civile chinoise qui n’est pas la leur, même importance d’un train, même vision de la ville traditionnelle et baignée dans la brume. Pourtant, le film de Milestone s’éloigne bien vite du chef d’œuvre de Sternberg. Le thème lui-même n’est pas le même : ce qui intéresse le cinéaste, c’est ce personnage de mercenaire au grand cœur tiraillé par ses contradictions, que joue merveilleusement Cooper.

Aventurier décidé à mettre sa vie au profit d’une grande cause, Cooper est aussi tiraillé par sa petite condition d’homme. Seul au milieu d’une société qui n’est pas la sienne, il ne peut résister à l’attirance irrépressible qu’exerce sur lui Madeleine Carroll (on le comprend), attiré sans doute autant par elle que par la société occidentale qu’elle représente à ses yeux.

Mais il y a un piège derrière cette tentation trop belle : la douce Madeleine attire (sans le vouloir vraiment, mais un peu quand même) le beau Gary dans un piège qui pourrait lui être fatal, mais qui pourrait sauver la vie de son père, un traître sans scrupule qui n’est salaud que pour pouvoir se payer le voyage qui lui permettra de vivre ses derniers mois dans SON Amérique. Un déraciné, comme le personnage de Cooper.

C’est ce qui fait le sel de ce grand film d’aventures étonnamment intimiste : l’Histoire est là, en marche, mais la caméra ne quitte jamais vraiment les êtres humains, des personnages que l’Histoire retiendra sans doute, qui réalise sans aucun doute leur destinée, mais qui donnent pourtant l’impression de ne pas être à leur place. C’est aussi le cas du grand méchant du film, un général chinois sanguinaire (interprété par Akim Tamiroff) qui dissimule, de plus en plus mal, des fêlures qui tranchent avec le côté absolu de sa tyrannie.

Le Général est mort à l’aube (quel beau titre !) est ainsi parsemé de séquences impressionnantes et bouleversantes : au-delà du suspense, il y a surtout le malaise et le mal-être des personnages, incapables de trouver leur place dans un monde complètement fou. Dans ce chaos en marche, la romance potentiellement mortelle entre Madeleine Carroll et Gary Cooper fait figure de refuge bien peu réconfortant…

 

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