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Archive pour la catégorie 'MELFORD George'

Le Cheik (The Sheik) – de George Melford – 1921

Posté : 19 février, 2017 @ 8:00 dans 1920-1929, FILMS MUETS, MELFORD George | Pas de commentaires »

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Alors là, voilà un film qui porte bien lourdement ses presque cent ans d’existence. Compassé, bourré de clichés, mis en scène sans grande inventivité par un George Melford qui use et abuse des cartons explicatifs, incapable de faire parler les images seules (c’est particulièrement vrai dans la première partie du film et les longues scènes d’exposition)… Bref, difficile de comprendre pourquoi Le Cheik fut à ce point un triomphe populaire lors de sa sortie, et pourquoi il fit de Rudolph Valentino un mythe, et le premier latin lover du cinéma américain.

Les yeux écarquillés, le sourire trop appuyé, Valentino surjoue constamment, et échoue à rendre son personnage vraiment inquiétant. Dommage: c’était là le principal enjeu du scénario, l’histoire d’un chef arabe qui enlève une belle Anglaise partie seule pour un road trip dans le désert (enfin, seule blanche, parce qu’une riche Anglaise ne voyage jamais sans une suite de vingt larbins locaux), pour en faire sa femme, ou son esclave c’est selon.

Si Rudolph est assez peu crédible en cheik arabe, Agnes Ayres fait aujourd’hui figure d’erreur de casting en beauté pour laquelle tous les hommes semblent prêts à se battre. Et même selon les critères de 1921, difficile d’imaginer que l’actrice ait pu réellement jouer les sex-symbols. Elle est pourtant pas mal dans la première partie du film, en jeune femme libre et indépendante. Mais voir ce personnage qui, cinq minutes plus tôt revendiquait son indépendance totale, obéir benoîtement à l’homme qui l’a enlevé lui ôte d’emblée toute complexité.

On se doute bien que ces deux-là vont finir par s’aimer. Mais le chemin qu’ils font vers l’un l’autre aurait gagné à être plus nuancé, et à jouer d’avantage sur la psychologie des personnages. Surtout lorsqu’un ami français du Cheik (Adolphe Menjou, très bien) débarque en plein désert et fait remarquer à son pote que c’est pas bien d’enlever une femme blanche… avant de recommencer à refaire le monde tout sourire.

On ne s’ennuie pas, pourtant. Parfaitement rythmé, le film utilise formidablement les décors exotiques et originaux : des villes en plein désert et surtout de grandes et belles tentes pleins de tapis et tentures, qui créent une atmosphère assez plaisante. Avec aussi de belles scènes de chevauchées dans le sable, et une bataille finale épique et dynamique, qui tient ses promesses.

Mais quand on commence à prendre un vrai plaisir, et à se dire que la morale est (à peu près) sauve, un ultime rebondissement assène le coup de grâce. Au moment où, ça y est, les deux héros sont conscients de leur amour l’un pour l’autre, Adolphe Menjou balaye les dernières réticences : en vrai, Rudolph Valentino n’est pas Arabe. Ça n’a aucun intérêt pour l’histoire, mais ça permet d’autoriser une love story bien comme il faut.

Ceux du Viking (The Viking) – de Varick Frissell et George Melford – 1931

Posté : 27 août, 2011 @ 8:55 dans 1930-1939, FRISSELL Varick, MELFORD George | Pas de commentaires »

Ceux du Viking (The Viking) - de Varick Frissell et George Melford - 1931 dans 1930-1939 Ceux%20du%20Viking_zpsknlgazby

Premier film parlant du cinéma canadien, The Viking est resté célèbre pour avoir connu ce qui reste peut-être la pire tragédie de l’histoire du cinéma : alors que le tournage était presque terminé, le réalisateur Varrick Frissell et vingt-six autres personnes ont trouvé la mort dans l’explosion du bateau sur lequel ils tournaient, au cœur des mers glacées de Terre-Neuve. C’est tragique, évidemment, mais ça devient gênant lorsque ce drame est utilisé comme le principal argument de vente du DVD, qui brandit fièrement sur sa jaquette le bandeau « Le film qui a coûté la vie au réalisateur Varick Frissell… ».

Rien que pour ça, le DVD a failli rester sur une étagère. J’aurais eu tort : bien au-delà de son intérêt historique, The Viking est, en tout cas en partie, un film d’une force visuelle assez exceptionnelle. Quelle est la part exacte du travail de Frissell, ancien documentariste et grand amoureux du grand Nord canadien et de ses habitants ? Quelle est celle de George Melford, cinéaste chevronné qui a tourné des dizaines de films à partir des années 10 ? Difficile à dire, aujourd’hui, mais si c’est à Melford qu’on doit les rares scènes d’intérieur, alors on peut dire que le réalisateur chevronné à saloper le travail… Si c’est à Frissell qu’on les doit, alors disons que ce dernier avait un talent fou pour filmer les paysages et les hommes face à la nature…

Parce que la première partie du film, qui se situe dans un petit village de chasseurs, dans les grands espaces enneigés de Terre-Neuve, est presque pénible, tant elle est maladroite : les comédiens dans les scènes de pure comédie ne savent pas quoi faire de leur corps, la caméra est statique et frontale comme aux premiers temps du muet, et les dialogues sont criés comme dans une salle dont l’acoustique serait pourrie… Bref, on a bien du mal à s’accrocher, et à s’intéresser à des personnages stéréotypés, malgré le charme du personnage féminin joué par Louise Huntington (qui ne laissera pas une grande trace dans l’histoire du cinéma).

L’intrigue tourne autour de la rivalité entre deux hommes, pour les beaux yeux de Louise. L’un est un chasseur de phoques chevronné et fort-en-gueule (c’est le méchant) ; l’autre est un jeune gars considéré comme un poissard et un lâche par tout le monde (c’est le gentil), et qui décide de s’embarquer pour la prochaine campagne de chasse aux phoques, pour prouver sa valeur à tous, et surtout à la belle Louise… Tous deux se retrouvent à bord du même bateau, le « Viking », dont le capitaine se vante de n’avoir jamais perdu un homme en trente ans de campagnes.

Dès que le Viking appareille, le film prend une toute autre ampleur. C’est au dur labeur de ces hommes, auxquels Frissell a consacré toute sa courte filmographie, que l’on assiste, dans des séquences très belles et très impressionnantes. On découvre les pénibles tâches sur le pont du bateau, la coque se frayant difficilement un chemin dans les étendues glacées, les hommes marchant sur la glace, tirant derrière eux le lourd navire… et finalement les chasseurs s’éloignant du bateau et partant à travers les glaces. Ce sont les scènes les plus spectaculaires : tournées en décor réel, elles font prendre conscience de l’ampleur de la nature, et de la menace qu’elle représente sur ces hommes qui marchent littéralement sur une mer vivante et mouvante, se cherchant un chemin sur les blocs de glace, évitant le piège de l’eau glaciale, omniprésente.

Fasciné par cette chasse hallucinante, Frissell n’en a pas moins conscience de la tuerie qui s’ensuit : il filme les phoques, que l’on abat pour leurs fourrures, avec une empathie déchirante. Tout en rendant un hommage extraordinaire à ces hommes qu’il admire visiblement.

La troisième et dernière partie du film est tout aussi impressionnante, et plus dramatique : les deux rivaux se retrouvent seuls au milieu de l’immensité glacée, le bateau étant reparti sans eux. Ils sont à des dizaines, voire des centaines de kilomètres de toute trace de civilisation. Idéal pour que le jeune homme révèle sa vraie valeur… ? Je ne dévoilerai pas la fin, mais décidément, affronter la calamiteuse première partie du film n’est pas un effort trop grand pour le spectacle impressionnant qui suit…

 

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