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Archive pour la catégorie 'McTIERNAN John'

A la poursuite d’Octobre Rouge (The Hunt for Red October) – de John McTiernan – 1990

Posté : 29 janvier, 2014 @ 8:46 dans 1990-1999, McTIERNAN John | Pas de commentaires »

A la poursuite d’Octobre Rouge (The Hunt for Red October) – de John McTiernan - 1990 dans 1990-1999 AlapoursuitedOctobreRouge_zps74fa9be4

Près de vingt-cinq ans après, Red October reste la référence absolue du film de sous-marin. D’autres s’y sont attelés, avant ou après, mais jamais avec autant de réussite que John McTiernan. Il faut dire que le cinéaste n’a pas son pareil pour filmer ses personnages plongés dans des décors inamicaux. Il l’a prouvé avec ses deux chefs d’œuvre précédent, Predator et Die Hard, où la jungle, puis la tour pleine de terroristes, étaient des personnages aussi importants que ses héros.

Cette fois, il s’agit non seulement de sous-marins, mais de l’immensité de l’océan dans lequel ils sont plongés, qui dominent le film. Ce contexte se limite pourtant la plupart du temps à des décors abscons, faits d’écrans lumineux et de tuyaux, de lumières intermittentes et de sons sourds. Mais McTiernan sait parfaitement faire ressentir le poids oppressant de cette immensité, et partager la sensation de claustrophobie.

Un sous-marin ressemble à un véritable cauchemar de cinéma : un espace intérieur pour le moins exigu, aucune ouverture vers l’extérieur, pas de moyen de communiquer avec l’autre… Pourtant, McT signe un grand film de poursuite, où les voitures sont remplacées par ces immenses machines qui ne vrombissent pas, ne dérapent pas, ne sautent pas… Bref, un gros truc anti-spectaculaire au possible.

Sauf que devant la caméra de McT, les sous-marins slaloment, font des tête-à-queue, et finissent même par sauter hors de l’eau… Toujours avec un sens du réalisme irréprochable, le cinéaste signe un authentique film d’action, formidablement tendu, qui fait de l’éternelle opposition entre les USA et l’URSS le moteur idéal du drame, qui prend ici une forme presque abstraite à travers les obscures manœuvres des capitaines de sous-marin.

Un an après la chute du mur de Berlin, un an avant la fin de l’URSS, la notion de guerre froide n’avait plus vraiment de sens, contrairement au roman de Tom Clancy dont le film est tiré, écrit quelques années plus tôt. Mais le scénario balaye ce « hic » d’un revers de main, ou plutôt d’une phrase laconique en guise d’introduction : l’histoire se déroule donc dans le passé, en 1984.

Mais qu’importe : le film raconte surtout la rencontre de deux hommes qui n’ont rien en commun, et aucune raison de se rencontrer. Pourtant, cet officier russe, vieillissant et couvert de médailles, trouvera en ce jeune analyste de la CIA, gratte-papier habitué au confort de son bureau, un alter ego inattendu, avec lequel il entamera une sorte de dialogue muet.

Dans le rôle du Russe, Sean Connery est magistral. Avant Harrison Ford, Ben Affleck et Chris Pine, c’est Alec Baldwin qui crée le personnage de Jack Ryan. Clairement moins talentueux que Connery, Baldwin n’en apporte pas moins quelque chose de vraiment passionnant à son personnage. Son manque d’envergure est paradoxalement un atout, et souligne le fait que ce type n’est pas à sa place…

Petite curiosité : Kevin Costner était le premier choix du producteur Mace Neufield, mais l’acteur a décliné l’offre, préférant se concentrer sur un projet de western qui lui tenait à cœur… Près de 25 ans plus tard, sa route croisera enfin celle de Jack Ryan : pas dans le rôle titre, mais dans celui du mentor du personnage, dans le reboot réalisé par Kenneth Branagh.

• A l’occasion de la sortie en salles de The Ryan Initiative, Paramount vient d’éditer un coffret, DVD ou blue ray, regroupant les quatre premiers films consacrés à Jack Ryan (A la poursuite d’Octobre rouge, Jeux de guerre, Danger immédiat et La Somme de toutes les peurs), avec des interviews d’époque plutôt intéressantes, consacrées à la gestation des films.

Predator (id.) – de John McTiernan – 1987

Posté : 23 janvier, 2014 @ 5:08 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, McTIERNAN John | Pas de commentaires »

Predator (id.) – de John McTiernan – 1987 dans 1980-1989 Predator_zpsf008d686

Plus de 25 ans après sa sortie, ce premier grand film signé McTiernan garde la même force viscérale. Predator, film bourrin devenu film culte grâce à la vidéo, reste comme l’un des meilleurs films hollywoodiens de la décennie.

Film de mecs, assez typique de la production des années 80, le film sort très nettement du lot grâce à son cinéaste, qui utilise les ficelles du film d’action de l’époque (grosso modo celles qui avaient fait le succès populaire d’un Rambo 2 ou d’un Commando), et réussit le tour de force de signer un pur plaisir de cinéphage, aussi bien qu’un vrai film d’auteur, parsemé de plans extraordinaires.

Quelques exemples : une caméra incroyablement fluide qui commence sur un plan américain des mercenaires pour s’ouvrir sur le camp à attaquer ; un gros plan sur le regard de Schwarzenegger qui réalise soudain que l’ennemi est derrière lui…

Remake très officieux du classique de Raoul Walsh, Aventures en Birmanie, le film en reprend la trame, et l’évolution dramatique, en y faisant entrer le fantastique avec une vraie subtilité et une efficacité imparable. Du film de guerre des années 40, McTiernan garde surtout le décor et la manière dont la jungle est associée au danger, au mystère et à la menace.

La végétation a-t-elle déjà été filmée de cette manière ? Non, sans doute. D’un décor qu’on imagine au fond pas si impressionnant, McTiernan tire le meilleur, intégrant systématiquement ses acteurs dans la forêt. Derrière un rideau de verdure, ou devant un arrière-plan qui dévore l’image. Pour le réalisateur, le décor est le personnage principal de son film, comme la tour Nakatomi le sera pour son film suivant, Piège de cristal, autre chef d’œuvre suivant le même schéma.

Mais pour faire exister son histoire, encore fallait-il des personnages qui tiennent la route. Là encore, le film est une réussite totale. De comédiens de secondes zones, McTiernan fait de véritables icônes. Sonny Landham, Bill Duke, Jesse Ventura… ont une présence incroyable.

Quant à Arnold Schwarzenegger, ce n’est rien de dire qu’il touche ici au mythe. A l’époque, il avait déjà deux Conan et un Terminator à son actif. Mais c’est bien grâce à ce film-ci qu’il entre pour toujours dans la légende. On a beaucoup dit que McTiernan avait filmé la jungle comme personne avant lui. On a par contre beaucoup moins souligné qu’il avait filmé Arnold comme aucun autre cinéaste ni avant, ni après lui. Jamais le physique extraordinaire de l’ancien culturiste n’a été utilisé aussi intelligemment que dans ce film. Jamais son incroyable charisme de héros de BD n’a été aussi primordial que dans ce chef d’œuvre.

Une journée en enfer (Die Hard : with a vengeance) – de John McTiernan – 1995

Posté : 29 mars, 2013 @ 11:19 dans 1990-1999, McTIERNAN John | Pas de commentaires »

Une journée en enfer (Die Hard : with a vengeance) – de John McTiernan – 1995 dans 1990-1999 une-journee-en-enfer

Près de vingt ans après, c’est étonnant de voir à quel point Die Hard 3 a influencé le cinéma d’action de ces dernières années : ce style syncopé, caméra à l’épaule, que McTiernan assumait ici avec un sens du rythme et de l’espace qui l’a toujours caractérisé, est même devenu la norme en matière d’action à Hollywood. Pas souvent à bon escient, d’ailleurs : parce que ce choix de mise en scène a un sens ici, soulignant l’état déplorable d’un John McClane qui doit faire avec un terrible gueule de bois.

Sans rien perdre de ses qualités de narrateur et de cinéaste d’action, McTiernan se réinvente totalement, comme il réinvente la saga qu’il a initiée en en gardant l’esprit. Contrairement au (très réussi) Die Hard 2, lui ne se contente pas de creuser le sillon qu’il avait lui-même tracé avec le premier Die Hard.

Mais son John McClane, avec quelques années de plus, n’est plus tout à fait le jeune inspecteur plein de fougue qu’il était. La vie l’a marqué, Holly l’a quitté, et l’alcoolisme le guette. Quand on le retrouve, au petit matin, il sort visiblement d’une beuverie solitaire et pathétique dont il semble coutumier, avec une migraine qu’il va trimballer tout au long de cette satanée journée.

Pourtant, la construction du film ressemble étrangement à celle de Piège de cristal, avec même un nouveau Gruber en méchant (Simon, le frère, joué par Jeremy Irons). A une différence près : l’immeuble Nakatomi a laissé la place à New York. Mais dans la tour comme dans la métropole, McClane arpente les moindres recoins de son terrain de jeu : les grandes artères, les sous-sols, les tuyauteries, les ascenseurs…

McClane, et McTiernan, utilisent toutes les possibilités de leurs décors, comme le cinéaste l’avait fait avec Predator, Piège de Cristal, ou tous ses grands films.

C’est fun et impressionnant. Mais c’est surtout un petit chef d’œuvre d’invention et de rythme, les nombreux rebondissements et déplacements se fondant dans un unique mouvement. Du moins jusqu’à une dizaine de minutes de la fin. Car la conclusion semble tirée d’un autre film : un peu bâclée, éclairée différemment, presque improvisée.

Die Hard 3, en tout cas, rappelle à quel point cette franchise a marqué et révolutionné le genre (jusqu’à récemment en tout cas).

• Voir aussi Piège de cristal, 58 minutes pour vivreDie Hard 4 : Retour en enfer et Die Hard : belle journée pour mourir.

Piège de Cristal (Die Hard) – de John McTiernan – 1988

Posté : 27 mars, 2013 @ 4:03 dans 1980-1989, McTIERNAN John | Pas de commentaires »

Piège de Cristal (Die Hard) – de John McTiernan – 1988 dans 1980-1989 piege-de-cristal

Après la catastrophe de l’épisode 5, il était urgent de replonger dans les origines de la saga Die Hard. Et avec ce retour aux sources, il m’a fallu très exactement 34 secondes pour me réconcilier avec John McClane, et pour oublier l’aberration qu’a signée John Moore.

C’était donc il y a vingt-cinq ans. Bruce Willis avait des cheveux, était une vedette de la télévision, et le grand John McTiernan ne voyait pas en lui un superhéros, mais un type normal incapable de régler ses problèmes personnels intelligemment, et amené malgré lui à affronter des terroristes.

McClane n’est pas un surhomme, et échangerait volontiers sa place avec quelqu’un d’autre. Mais c’est un flic qui déteste perdre, et que l’imminence de la mort a tendance à stimuler. Un type loin d’être un intellectuel, mais qui a une intelligence hors normes pour décrypter les situations et l’espace, intelligence qui fait qu’il est si difficile à tuer (c’est le titre).

Cette intelligence, c’est aussi celle du cinéaste John McTiernan qui, avec son précédent film (Predator, déjà un chef d’œuvre), avait fait preuve d’un talent rare pour utiliser ses décors, y faire planer un danger omniprésent, et rendre constamment claire et précise une action loin d’être statique, le tout avec une mise en scène d’une fluidité, d’une élégance et d’une efficacité exemplaires.

Avec Piège de Cristal, McTiernan signe une sorte de double inversé de Predator. Ce n’est plus un commando de gentils contre un méchant monstre, mais un gentil flic contre un commando de méchants. Et la jungle a laissé la place à un décor plus urbain : une tour de Los Angeles encore à moitié en travaux, dont les occupants sont pris en otage par des terroristes. Mais les deux films ont les mêmes qualités, et figurent parmi les meilleurs films d’action de la décennie grâce à la mise en scène de McTiernan.

Vingt-cinq ans après, non seulement le film n’a pas pris une ride, non seulement il supporte largement un énième visionnage (je n’ai pas compté, mais il y en a eu beaucoup), mais il reste un modèle indépassé du genre, et il se révèle même supérieur au souvenir qu’on en a. Le méchant, par exemple, n’a rien de caricatural, contrairement à ce qu’il me semblait. Loin des cabotinages de Robin des Bois prince des voleurs, où il sera également le grand méchant, Alan Rickman est formidable en esthète du crime.

L’un des sommets du genre, sûr, gorgé de répliques cultes (« Nine million terrorists in the world and I gotta kill one with feet smaller than my sister »), avec un Bruce Willis incarnation idéale du héros d’action. Gloire à lui, gloire à John McTiernan, et honte à John Moore.

• Voir aussi 58 minutes pour vivre, Une journée en enfer, Die Hard 4 : Retour en enfer et Die Hard : belle journée pour mourir.

 

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