Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'MATÉ Rudolph'

Le Voleur de Tanger (The Prince who was a thief) – de Rudolph Maté – 1951

Posté : 21 août, 2014 @ 1:47 dans 1950-1959, CURTIS Tony, MATÉ Rudolph | Pas de commentaires »

Le Voleur de Tanger (The Prince who was a thief) – de Rudolph Maté – 1951 dans 1950-1959 LeVoleurdeTanger_zpsf33f65f6

Tony Curtis, à la jeunesse insolente, virevolte et sautille autant qu’il le peut (et il le peut beaucoup) dans ce très joli film « d’aventures orientales », genre alors très en vogue et dont la Universal s’était fait une spécialité. Et dans la longue liste des films du genre produits par le studio cette décennie-là, celui-ci est une vraie merveille.

Aux commandes, Rudolph Maté donne un rythme fou à ce film léger et enthousiasmant, aux antipodes du film noir dont il a signé quelques perles (D.O.A. surtout). Respectant toutes les figures imposées du genre (la poursuite dans le souk, les murailles que l’on gravit, les danses orientales…), il construit tout son film autour de la personnalité et du dynamisme irrésistibles de Curtis et de celle qui allait devenir sa partenaire privilégiée (c’est leur premier film ensemble), Piper Laurie.

L’actrice est craquante en petite sauvageonne cracra et indomptable, dont la souplesse impressionnante donne lieu à quelques scènes de cambrioles très étonnantes. Le rôle de Curtis est plus convenu, mais il apporte la légèreté et le dynamisme qu’il faut à ce voleur au grand cœur qui s’élève face au roi tyrannique, voleur qui est en fait le prince héritier sauvé d’un assassinat par le plus grand voleur de Tanger, alors qu’il n’était qu’un bébé…

Puis il y a la musique romanesque à souhait de Hans Salter, et le Technicolor flamboyant merveilleusement utilisé par le chef opérateur Irving Glassberg. Ses images sont d’une grande beauté, en particulier les séquences nocturnes, où quelques discrets points de lumière chaude percent constamment la pénombre, créant une atmosphère envoûtante et pleine de mystère. Avec mêmes quelques passages joliment émouvants. Le plus beau plan du film ? La silhouette de Piper Laurie se découpant dans un beau clair-obscur alors que son prince disparaît. Simple, sobre, et magnifique.

• Un DVD sans bonus et à petit prix vient d’être édité chez Universal.

Le Gentilhomme de la Louisiane (The Mississippi Gambler) – de Rudolph Maté – 1953

Posté : 20 octobre, 2013 @ 10:09 dans 1950-1959, MATÉ Rudolph, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Gentilhomme de la Louisiane (The Mississippi Gambler) – de Rudolph Maté – 1953 dans 1950-1959 le-gentilhomme-de-la-louisiane

Ce western n’a strictement rien d’un western : pas de cow-boy, ni d’indien, ni de gangster, ni même de saloon ici, et les duels se règlent devant témoins, dans un pré baigné par la rosée du matin. Pas de grands espaces non plus : toute l’histoire se déroule dans la très chic Nouvelle Orléans ou sur les bateaux à aube du Mississippi.

Cela étant dit, le film de Rudolph Maté est une très belle réussite, une œuvre élégante et romanesque pleine d’entrain, histoire d’amour impossible sur fond de transmission et de perte des valeurs. Très européen dans son propos, le film tourne autour de valeurs et d’honneurs qui viennent tout droit de la vieille Europe. Pas étonnant que les deux figures masculines centrales soient de grands bretteurs ayant croisé le fer chez les maîtres de Paris.

Tyrone Power, assez formidable, est l’un de ces deux hommes, joueur professionnel, honnête et dominé par de grandes valeurs morales qui font rapidement de lui une sorte de légende autour des tables de jeu. Ce qui ne l’empêche pas de semer le malheur auprès des perdants, qui perdent parfois leur honneur, voire leur vie… Ce qui ne l’empêche pas non plus d’attirer l’attention des sœurs de ses « victimes ».

L’une d’elle est Piper Laurie, grande vedette de la Universal à l’époque, qui trouve un très beau rôle dans ce film, celui de la fille d’un homme vieillissant et droit pour qui l’honneur est le moteur de la vie. Un homme désespéré par la lâcheté et la médiocrité de son propre fils qui, comble de déchéance, ne respectera pas les règles d’un duel au pistolet. Les liens les plus forts, dans ce film, sont tous basés sur le malheur et les drames, amenés moins par le jeu que par l’honnêteté. Comme le souligne John McIntire, excellent faire-valoir de Power, il est parfois plus plaisant et moins risqué de participer à une partie que l’on sait truquée…

Le contraste est fort entre les tendances westerniennes de la jeune génération, et l’héritage de la vieille Europe, transmise par une poignée de personnages. C’est ce qui fait l’originalité de ce beau film original et passionnant. Maté y donne vie à une Nouvelle Orléans fascinante, grouillante de vie, à la fois d’une grande élégance et dominée par le pêché. La reconstitution est magnifique.

Côté curiosité, on croise aussi quelques seconds rôles qui, pour certains, ne font que de brèves apparitions, mais qui ne tarderont pas à se faire un nom : Anita Ekberg (qui tient le minuscule rôle d’une demoiselle d’honneur, sept ans avant La Dolce Vita), et Guy Williams (le futur Zorro télévisé est plus présent à l’écran, mais à peine plus bavard).

Le Gentilhomme de la Louisiane vient de sortir en DVD dans la collection Western de Légende de Sidonis, avec une présentation par Patrick Brion.

Mort à l’arrivée (D.O.A.) – de Rudolph Maté – 1950

Posté : 23 février, 2012 @ 11:22 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, MATÉ Rudolph | Pas de commentaires »

Mort à l’arrivée (D.O.A.) – de Rudolph Maté – 1950 dans * Films noirs (1935-1959) Mort%20agrave%20larriveacutee_zps5avijsqw

Grand chef opérateur, Rudolph Maté reste aussi dans l’histoire du cinéma pour avoir réalisé quelques films de série B dont celui-ci est le chef d’œuvre : un film noir passionnant et tortueux à souhait, dont la grande originalité ne repose pas sur l’intrigue à proprement parler (très classique), mais sur la construction. Le film s’ouvre en effet sur la marche décidée d’un homme (Edmond O’Brien, notre héros) qui traverse les longs couloirs d’un commissariat tandis que le générique défile, et qui trouve finalement le bureau des « homicides » où il signale un meurtre : le sien…

C’est un mort en sursis qui raconte l’histoire en un long flash-back dont l’issue est forcément fatale. Un homme qui, quelques jours plus tôt à peine, était un petit assureur sans histoire qui, avant de se laisser épouser par une jeune femme charmante mais un peu trop sage, a décidé d’aller s’encanailler dans une grande ville où il comptait bien se laisser aller à la débauche avec quelque beauté rencontrée au détour d’un bar.

Presque un enterrement de vie de jeune homme, donc… En une soirée, il croise un groupe de vendeurs en goguette, une vamp prête à coucher, et un mystérieux homme qui lui refile sans qu’il s’en rende compte une boisson empoissonnée. Et lorsqu’il se réveille, ce mal qui s’empare de lui lui semble être une simple gueule de bois. Sauf que cette gueule de bois se révèle être un empoisonnement fatal et incurable. Comme si, en sortant du droit de chemin le temps d’une soirée, ce monsieur tout le monde avait sacrifié toute la belle vie qui lui était promise.

Ce monsieur tout le monde à qui il ne reste que quelques heures à vivre va alors se transformer en ange vengeur, désireux de ne pas quitter cette terre sans savoir à qui il doit ce départ précipité. La réponse est forcément inattendue, et loin de la première impression. Dans cette course contre la montre, dont il sait qu’il ne pourra pas vraiment sortir vainqueur, O’Brien se découvre enfin lui-même : il comprend peu à peu le piège machiavélique dans lequel il est tombé bien malgré lui ; mais il réalise aussi le gâchis que représentent ses écarts d’un soir.

Cette quête effrénée et volontiers brutale ne sauvera personne. Mais elle rétablira un semblant de balance, et permettra à ce héros de s’élever au-dessus de ses mesquineries de simple mortel. Pas gai, mais hyper marquant…

Edmond O’Brien est ici l’une des grandes figures du film noir américain, genre dont D.O.A. est l’un des fleurons. Il fera d’ailleurs l’objet d’un remake réussi signé Annabel Jankel et Rocky Morton quarante ans plus tard, avec une intrigue totalement différente, mais le même procédé narratif (Dennis Quaid dans le rôle du condamné).

 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr