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Archive pour la catégorie 'MAMOULIAN Rouben'

Les Carrefours de la ville (City Streets) – de Rouben Mamoulian – 1931

Posté : 21 janvier, 2026 @ 8:00 dans * Films de gangsters, 1930-1939, COOPER Gary, MAMOULIAN Rouben, SIDNEY Sylvia | Pas de commentaires »

Les Carrefours de la ville (City Streets) – de Rouben Mamoulian – 1931 dans * Films de gangsters 55042735738_9ca9a4f538_w

Méconnue et mal aimée, cette adaptation d’un court récit de Dashiel Hammett (la même année que la première adaptation du Faucon Maltais), City Streets est un film aussi imparfait que passionnant. Imparfait, parce que le rythme est parfois problématique, avec des flottements qui sont très représentatifs de ces premières années du muet. Passionnant sur à peu près tous les autres aspects.

La beauté et l’inventivité de la mise en scène, surtout, marque les esprits, et fait regretter que Rouben Mamoulian ait préféré suivre d’autres voies que le film noir. Car le genre, alors à ses balbutiements, sied formidablement à l’ambition esthétique et technique du cinéaste, que l’on parfaitement à l’aise pour mettre en place son décor avec sa seule caméra, pour filmer les ruelles sombres et inquiétantes.

Sa manière, aussi, de filmer la violence, ou plutôt de n’en montrer que ce qu’il veut bien nous montrer. Le plus bel exemple, c’est le premier meurtre, dont on ne voit rien d’autre qu’un chapeau reconnaissable flottant sur un cours d’eau, puis le petit sourire carnassier du big boss de la pègre. Effet minimal, pour un résultat particulièrement puissant.

On peut citer d’autres séquences très marquantes, comme la course poursuite entre la voiture et le train, qui reste un modèle du genre. Ou, dans un registre radicalement différent, la scène romantique au bord de la place, étonnamment longue pour un film de cette durée, aux dialogues rares, et d’une tendresse folle.

Il faut dire que le couple en question est fort joli : Sylvia Sidney dans l’un de ses premiers rôles marquants, et Gary Cooper tout jeunot mais déjà star (il a tourné Morocco l’année précédente). Deux personnalités fortes dont Mamoulian utilise parfaitement les qualités principales : le mélange de fragilité et de détermination de Sidney, la simplicité mêlée d’obstination de Cooper. Dans cette histoire de gangsters et de jalousie, leur complicité fait des étincelles.

Le Signe de Zorro (The Mark of Zorro) – de Rouben Mamoulian – 1940

Posté : 16 janvier, 2014 @ 5:08 dans MAMOULIAN Rouben | Pas de commentaires »

Le Signe de Zorro

Vingt ans après Douglas Fairbanks, c’est Tyrone Power qui enfile le masque de Zorro, dans ce chef d’œuvre du cinéma d’aventure, le meilleur, et de loin, des nombreux films consacrés au héros imaginé par Jonhston McCulley. Le film est une merveille du cinéma d’aventures. Il pose des bases fascinantes qui seront déclinées (avec un peu plus de légèreté encore) dans la série télé Disney, notamment le « masque » civil de Don Diego, cette lâche nonchalance derrière laquelle il se réfugie, et qui fait toute l’originalité de ce personnage par rapport à tous les justiciers qui se lèvent au nom du peuple…

Le Signe de Zorro est la réponse évidente de la Fox au Robin des Bois de la Warner, sorti deux ans plus tôt : un véhicule idéal pour faire de Power le meilleur rival d’Errol Flynn, ce qu’il sera d’ailleurs durant toute la décennie à venir.

La comparaison entre les deux films relève de l’évidence. Aux manettes, l’immense Rouben Mamoulian ne fait d’ailleurs rien pour éviter cette comparaison, confiant même au génial Eugene Palette un rôle de prêtre bonhomme et grande gueule, calqué sur le frère Tuck de Robin des Bois. Dans le même registre, Basil Rathbone trouve un rôle de félon qui évoque furieusement celui qu’il tenait dans le film de Michael Curtiz (ainsi que dans Captaine Blood, autre grand film d’aventure d’Errol Flynn).

Tourné dans un noir et blanc magnifique, le film est un sommet du genre, et l’un des fleurons de l’âge d’or d’Hollywood. Un scénario merveilleusement construit, des idées visuelles exceptionnelles (cette épée plantée dans le plafond, symbole de la paix qui se profile), un humour irrésistible, des moments de bravoure inoubliables (Rathbone et Power se livrent, sans doublure, à l’un des plus grands duels à l’épée de toute l’histoire du cinéma, qui n’a rien à envier à celui, fameux, de Scaramouche)… Le film est une réussite sur tous les plans.

Dans la distribution, époustouflante, on ne peut pas oublier Linda Darnell, au sommet de sa carrière fulgurante, actrice d’une beauté merveilleuse. Le couple qu’elle forme avec Tyrone Power vaut bien celui que Flynn forme avec Olivia de Havilland.

• Sidonis vient d’éditer un superbe objet regroupant le DVD et le blue ray du film, avec des bonus particulièrement intéressants, ainsi qu’un livre passionnant et richement illustré consacré au film de Mamoulian, et au mythe du cavalier masqué.

Cantique d’Amour (Song of Songs) – de Rouben Mamoulian – 1933

Posté : 7 octobre, 2011 @ 10:31 dans 1930-1939, DIETRICH Marlene, MAMOULIAN Rouben | Pas de commentaires »

Cantique d'amour

Entre 1930 et 1935, Marlene Dietrich a tourné huit films (et rien à jeter), dont sept avec Josef Von sternberg. La seule exception ? Ce Cantique d’amour, un titre assez repoussant qui cache un très beau film de Mamoulian. Marlene y interprète une jeune femme très simple qui, après la mort de son père, part vivre « à la ville » avec sa tante acariâtre. Elle tombe bientôt sous le charme d’un sculpteur qui refuse de s’engager avec celle dont il est pourtant amoureux. Abandonnée par son amant, mise à la porte par sa tante, elle finit par se marier avec un riche officier qu’elle n’aime pas. Elle prendra aussi un amant, sèmera pas mal de malheur derrière elle, avant de… mais ne comptez pas sur moi pour dévoiler la fin.

Rouben Mamoulian est un très grand cinéaste, dont la caméra ne se contente pas d’illustrer l’histoire. La toute première séquence symbolise, en une poignée de plans magnifiques, la « naissance » d’une jeune femme qui, après la mort de son père, commence sa propre vie de femme. La symbolique n’est pas d’une grande légèreté (Marlene Dietrich, abattue, marche d’un pas de plus en plus alerte le long d’une allée plantée d’arbres en fleurs… C’est le printemps, la vie qui reprend). Mais qu’importe, tout le film sera un exercice de style sur le même modèle. La caméra fera bien plus qu’illustrer le scénario : elle en soulignera tous les éléments forts, exacerbant les sentiments des personnages… et du spectateur.

Il y a, surtout, une scène d’une sensualité incroyable. Dans son atelier, le sculpteur Waldo a convaincu la prude Lily de poser nue pour lui, lui assurant qu’elle n’est rien de plus qu’un modèle asexué. Sauf qu’au fur et à mesure que la sculpture prend forme, on voit bien que le regard de Waldo (excellent Brian Aherne) change, que sa main est moins sûre, qu’un trouble s’est posé sur sa voix. Bien sûr, on ne voit rien de plus que les épaules de Marlene. Mais la main de Waldo effleurant le sein de sa sculpture dépasse le simple pouvoir de suggestion. C’est l’une des scènes les plus sensuelles qu’il m’ait été donné de voir (et je suis prêt à casser la gueule au premier qui me dit que c’est comme dans Ghost !).

Tout est excessif dans Cantique d’amour, y compris l’impression de déjà-vu créé par un scénar bourré de rebondissements attendus (on pense parfois à Blonde Vénus, que Marlene a tourné juste avant avec Von Sternberg). Y compris les personnages masculins stéréotypés, incarnés par des acteurs parfaits (Aherne, donc, mais aussi Lionel Atwill en richard un brin libidineux). Mais l’intelligence de la mise en scène tire continuellement le film vers le haut, exacerbant le moindre sentiment. Quand Marlene est en colère, ça fait très mal. Quand elle désire, ça fait très envie. Et quand elle est triste, c’est bouleversant. Et puis il y a sa beauté, à la fois presque irréelle et pourtant d’une troublante humanité. Derrière le masque du mythe se cache une actrice d’une sensibilité extrême.

Le film est habité par sa présence, mais il est aussi hanté par sa sculpture, symbole presque abstrait de l’histoire de désir, d’amour, de haine et de désespoir qui unit l’artiste et son modèle. C’est original, délicat et profondément émouvant. De là à dire qu’il s’agit d’un chef d’œuvre à redécouvrir absolument, il n’y a qu’un pas que je franchis allégrement…

 

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