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Archive pour la catégorie 'LUBIN Arthur'

Des pas dans le brouillard (Footsteps in the fog) – d’Arthur Lubin – 1955

Posté : 21 mai, 2016 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), * Polars européens, 1950-1959, LUBIN Arthur | Pas de commentaires »

Des pas dans le brouillard (Footsteps in the fog) - d'Arthur Lubin - 1955 dans * Films noirs (1935-1959) Des%20pas%20dans%20le%20brouillard_zpsnsyzp6ss

Arthur Lubin est un réalisateur qu’on aime bien pour des raisons un peu secondaires. Pas pour son ambition démesurée de cinéaste, vouée au duo comico-lourdingue Abbott et Costello et à l’inépuisable série des Francis, le mulet qui parle. Mais pour avoir été le premier à donner sa chance au jeunot Clint Eastwood, à qui il a confié quelques petits rôles anodins (Escapade au Japon) ou croquignolets (il faut voir La VRP de choc uniquement pour les sourires béats de Clint).

Bref, son cinéma est, pour être gentil, loin d’être renversant. Pesant, même, la plupart du temps. Surtout lorsqu’il se lance dans l’exotisme ou les grands espaces, aspects qui semblent immanquablement plomber son cinéma. Pourtant, un petit miracle se produit de loin en loin. On lui doit ainsi une version du Fantôme de l’Opéra à la bonne réputation, et un film noir méconnu mais fort sympathique, Impact. Des pas dans le brouillard pourrait bien être son chef d’œuvre.

C’est d’autant plus remarquable que le film est tourné entre deux Francis, à une époque où Lubin affirme clairement sa vocation de réalisateur de comédies familiales sans aspérités. Tout le contraire de ce « film noir victorien » loin d’être parfait, mais fascinant et étrangement dérangeant. Point de grands espaces ici : entre les salons feutrés du Londres des privilégiés et les rues baignés de brouillard, Lubin filme constamment en espaces clos, ce qui lui réussit particulièrement bien.

Il est aidé, il est vrai, par une photo absolument superbe (signée Christophe Challis): une image quasi-monochrome qui donne une élégance et une atmosphère mystérieuse et fascinante à cette histoire. Histoire dont on se dit d’abord, lors de cette superbe séquence d’ouverture (formidable travelling qui nous conduit au pied d’un impressionnant et dérangeant tableau), qu’elle est une sorte de variation autour du thème maintes fois emprunté de Rebecca.

Un riche veuf (Stewart Granger), sa jeune et belle gouvernante (Jean Simmons), et une épouse décédée trop présente… Le parallèle semble évident. Sauf que, très vite, le film prend une toute autre dimension. On pourrait mettre toute le crédit de la réussite du film au chef op et aux scénaristes, mais ce serait injuste : Lubin réussit parfaitement tous les moments clés du film, avec simplicité et efficacité. Un sourire de Granger en contre-champs du tableau de la défunte… Un meurtre dans la brume londonienne… Lubin installe un climat inconfortable et bouscule constamment le spectateur.

La réussite du film repose aussi sur le « couple » principal. Entre Jean Simmons et Stewart Granger (mariés à la ville, à cette époque), on ressent constamment à la fois un érotisme trouble, et un décalage brutal. Comme si le désir sexuel et celui de tuer cohabitaient… Un film victorien, sans doute, mais surtout un film noir. Très noir.

* DVD dans une nouvelle collection au titre curieux « Film noir, femme en danger », chez Sidonis/Calysta, avec des présentations passionnées de Bertrand Tavernier, François Guérif et Patrick Brion.

Impact (id.) – d’Arthur Lubin – 1949

Posté : 1 avril, 2015 @ 4:40 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, LUBIN Arthur | Pas de commentaires »

Impact (id.) - d'Arthur Lubin - 1949 dans * Films noirs (1935-1959) Impact_zpssp6lc8w1

Un petit miracle que ce film noir bien fichu et captivant. Non pas qu’il s’agisse d’un sommet du genre : il manque à Impact un grand directeur de la photo, un peu de hargne dans la mise en scène, ou encore des dialogues plus percutants, pour en faire l’égal de La Griffe du passé, chef d’oeuvre absolu auquel on pense immanquablement (sans doute pour cette petite ville et cette station service où le « héros » trouve refuge).

Non, si Impact est une si bonne surprise, c’est parce qu’on ne s’attend pas à un film aussi riche et rythmé de la part d’Arthur Lubin, réalisateur attitré de la série des Francis, celui aussi qui a offert quelques-uns de ses premiers (petits) rôles au jeune Clint Eastwood, dans des films la plupart du temps tantôt très légers, tantôt très sirupeux, et souvent très indigestes (La VRP de choc, un monument !).

Mais là, dans un genre qui n’est pas le sien, Lubin se révèle très à l’aise. Les images sont proprettes, malgré quelques plans plus inspirés (une belle manière de faire monter la tension en filmant, de loin, une voiture sinuant sur une route de montagne baignée d’une légère brume), mais le rythme est impeccable. Et Lubin réussit parfaitement à ne jamais faire retomber le souffle du film, malgré les ruptures de ton continuels.

Car s’il est un authentique film noir, avec femme fatale, destin qui s’en mêle, et tous les ingrédients du genre, Impact se permet de longues parenthèses. Homme d’affaire trahi par sa femme et laissé pour mort, Brian Donlevy se laisse tenter par une nouvelle vie dans une petite bourgade si américaine (la passion de la mécanique, l’omniprésence de la religion, l’importance de la communauté… tous les States, quoi), laissant sa femme se faire accuser de son meurtre.

Cette nouvelle vie aurait pu n’être qu’évoquée, pour mieux se concentrer sur le procès de la femme. Mais non, Lubin consacre près de la moitié de son métrage à cette nouvelle jeunesse, véritable film dans le film. Et c’est absolument passionnant, notamment parce que Brian Donlevy, acteur puissant souvent un peu raide, révèle une sensibilité à laquelle il nous a peu habitué, et que son interprétation intense et nuancée souligne tous les sentiments de cet homme trahi : la haine, l’innocence retrouvée, et le poids du destin…

A ses côtés, la douce Ella Raines et la peste Helen Walker (qui porte la duplicité sur son joli minois) sont parfaites. Et dans le rôle du flic plus malin que les autres, Charles Coburn a certes l’âge d’être le père d’un flic retraité. Mais on a toujours un plaisir fou à retrouver la trucculence de vieille baderne.

Un chef d’oeuvre ? Non. Mais une très belle surprise qui peut, tout au moins, concourir pour le titre de « meilleur film d’Arthur Lubin ».

Francis, le mulet qui parle (Francis) – de Arthur Lubin – 1950

Posté : 6 novembre, 2014 @ 2:06 dans 1950-1959, CURTIS Tony, FANTASTIQUE/SF, LUBIN Arthur | Pas de commentaires »

Francis, le mulet qui parle (Francis) – de Arthur Lubin – 1950 dans 1950-1959 Francislemuletquiparle_zpsf5362e93

J’ai dû un peu trop abuser du whisky ce soir, mais il m’a semblé que le personnage principal de ce gros succès de 1950 était un mulet qui parlait (avec la voix de Chill Wills). Oui, en fait c’est même l’unique raison d’être de ce film, adaptation d’un best seller paraît-il, et véritable carton en salles au point d’avoir donné naissance à une interminable série de films : sept au total jusqu’en 1956, tous réalisés par Arthur Lubin et interprétés par Donald O’Connor, à l’exception du dernier, Francis in the Haunted House, signé Charles Lamont avec Mickey Rooney en tête d’affiche.

On est chez Universal, mais on pourrait être chez Disney : cette histoire d’une mule qui parle à un soldat en pleine guerre du Pacifique, lui confiant des secrets militaires qui lui permettent de devenir un héros… et de passer pour un fou, est fait pour amuser la famille. Le procédé, cela dit, est amusant cinq minutes. Pas désagréable, le film a tendance à se répéter, jouant jusqu’à plus soif sur les running-gags (le soldat dont chaque action de bravoure le conduit à l’asile).

Pas grand-chose à se mettre sous la dent, donc, si ce n’est quelques surprises du côté du casting : la prestation toute en dérision de l’excellent John McIntire en officier au bord de la crise de nerf face à un mulet récalcitrant, la participation dans un rôle sans grand relief hélas de Zasu Pitts, vedette du muet dont la prestation dans Les Rapaces reste inoubliable.

Mais le plus marquant peut-être, c’est l’apparition du jeune Tony Curtis, silhouette en uniforme dans deux petites scènes (et avec autant de répliques). C’est l’un des premiers petits rôles de celui qui n’allait pas tarder à devenir la star maison de Universal. Quelques années plus tard, dans un autre film de la série (Francis in the Navy), c’est un autre illustre inconnu qui allait jouer les faire-valoir en attendant de connaître la gloire : Clint Eastwood. A défaut d’être vraiment mémorable, ce mulet a un talent sûr pour dénicher les jeunes acteurs prometteurs…

• Le film a été édité en DVD chez Universal, sans le moindre bonus.

 

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