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Archive pour la catégorie 'LENI Paul'

Le Cabinet des figures de cire (Das Wachsfigurenkabinett) – de Paul Leni et Leo Birinsky – 1924

Posté : 2 avril, 2020 @ 8:00 dans 1920-1929, BIRINSKY Leo, FILMS MUETS, LENI Paul | Pas de commentaires »

Le Cabinet des figures de cire

Il y a quand même dans l’expressionnisme allemand une gourmandise de cinéma franchement réjouissante, une envie de tirer toute la moelle de cet art encore jeune, qui n’a pas vraiment d’équivalent dans l’histoire du cinéma.

Les maisons tout en arrondis et en recoins du Bagdad des 1001 nuits, les caves aux lignes aussi torturées que le tsar dans le Kremlin d’Ivan le Terrible, ou ces surimpressions qui illustrent l’effervescence d’une fête foraine… Pas besoin du son, pas besoin non plus de grandes phrases (les intertitres sont rares) ou d’effets spectaculaires pour plonger dans la folie de ces histoires.

Le Cabinet des figures de cire repose sur un dispositif malin, qui permet d’aborder trois époques, trois figures monstrueuses de l’Histoire. Le héros est un écrivain à qui le patron d’un cabinet de curiosité demande d’écrire des histoires horribles concernant trois de ses statues de cire : le calife de Bagdad, Ivan le Terrible, et Jack l’Eventreur.

Première surprise : l’écrivain en question est joué par William Dieterle, futur cinéaste (américain) que l’on n’associe pas naturellement à l’expressionnisme, si ce n’est pour quelques passages marquants du Portrait de Jennie, peut-être. Il est d’ailleurs très bien en écrivain qui s’imagine lui-même dans des rôles d’amoureux héroïques, se mettant en scène dans les bras de la jeune femme qu’il a rencontré dans ce cabinet des curiosités.

Ce dispositif permet aussi de justifier tous les excès : ce sont des histoires de foire qui nous sont racontées, des histoires où le réalisme n’a pas cours, et où les cabotinages d’Emil Jannings (en calife bonhomme) et Conrad Veidt (en tsar glaçant) sont aussi réjouissants, ou effrayants, qu’une virée en train fantôme.

Une virée que Paul Leni achève en (courte) apothéose, avec un face-à-face avec Jack l’Eventreur qui touche à l’abstraction, cauchemar formellement très audacieux où le réalisateur se défait de toutes les conventions narratives, pour ne plus se fier qu’à une règle : celle d’un cinéma total.

La Volonté du Mort (The Cat and the Canary) – de Paul Leni – 1927

Posté : 16 mai, 2012 @ 11:10 dans 1920-1929, FILMS MUETS, LENI Paul | Pas de commentaires »

La Volonté du mort

Premier film américain de Paul Leni¸ qui fut l’un des grands artisans de l’expressionnisme allemand (on lui doit les décors et la mise en scène du Cabinet des figures de cire), cette adaptation d’une pièce à succès de John Willard peut être vue comme la matrice de tout un courant de films d’horreur, à la fois très américains dans la construction, et très emprunt de l’expressionnisme. Même s’il n’est pas le premier (La Découverte d’un secret, de Murnau, lui est bien antérieur, par exemple), ce film pose aussi les bases, qui ne changeront guère au cours des décennies à venir : celui du « film de maison hantée ».

La « maison » en question est incroyable, bien sûr : une espèce de vieux château qui se découpe au sommet d’une colline balayée par le vent et la pluie, immense bâtisse où ne vit plus qu’une vieille servante, totalement seule depuis la mort de son maître vingt ans plus tôt. Mais ce soir-là, les proches de l’ancien maître des lieues affluent pour la première fois : le testament du vieil homme, enfermé dans un coffre depuis tout ce temps, doit être ouvert (à minuit, évidemment), et dévoiler le nom de l’héritier.

And the winner is… Laura la Plante, vedette de l’époque qui joue ici la jeune ingénue, la petite nièce désintéressée entourée de requins que l’on sent pour le moins envieux. Mais à peine l’enveloppe est-elle ouverte que des phénomènes mystérieux surviennent, à commencer par la disparition soudaine de l’avocat de la famille, comme happé par les murs de la maison.

Portes dérobées, bras crochus et velus qui sortent des murs, visages derrière les fenêtres, rideau qui s’envolent, tableaux qui tombent… Paul Leni s’amuse avec toutes les possibilités que lui offre l’outil cinématographique.
Il filme des visages inquiétants en très gros plans, et utilise l’obscurité d’une manière particulièrement inventive et efficace, en plongeant systématiquement la plus grande partie de ses plans dans les ténèbres. Ce qui a pour effet de mettre en valeur les personnages, et de renforcer le sentiment de menace qui pèse sur eux.

Le film donne des frissons (sans doute moins aujourd’hui qu’en 1927 : tous les trucs qu’il utilise ont tellement été copiés qu’ils nous sont devenus des clichés), mais il s’agit surtout d’un pur plaisir de cinéma. Un plaisir de cinéaste, qui utilise la caméra, l’éclairage et le montage avec une inventivité réjouissante. Et un plaisir de spectateur, tant le second degré et l’humour sont poussés loin. On ne prend pas vraiment au sérieux ce suspens d’un autre temps. Mais on se régale devant les maquillages, les gueules et les vieux trucs. Une porte qui claque par une nuit d’orage, ça n’a pas d’âge…

 

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