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Archive pour la catégorie 'LEE Spike'

BlacKkKlansman (id.) – de Spike Lee – 2018

Posté : 29 octobre, 2018 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, LEE Spike | Pas de commentaires »

BlacKkKlansman

Spike Lee fait une (presque) entrée bien tardive sur ce blog. Après huit ans d’activité intense, à voir et commenter quelques centaines de films (c’est pour vous que je m’astreins à un tel labeur), il n’y figurait jusqu’à présent que pour un documentaire consacré aux 25 ans de l’album Bad de Michael Jackson. Excellent docu, d’ailleurs. Mais c’est dire à quel point je suis passé à côté de ses derniers films, moi qui avait tellement aimé Summer of Sam, et surtout La 25e heure, pour n’en citer que deux.

Eh bien nos retrouvailles sont particulièrement chaleureuses, et c’est avec beaucoup de plaisir que je me suis replongé dans l’univers du Spike. Toujours en colère, toujours cynique, toujours engagé, bien sûr. Avec la même volonté de bousculer et de confronter l’Amérique à ses travers. Les dernières minutes du film, images d’actualité montrant les dramatiques événements de Charlottesville, avec un montage particulièrement incisif.

Ce drame (une jeune fille écrasée par un militant d’extrême droite lors d’une manifestation) s’est produit après le tournage du film. La décision de Lee d’en inclure des images à la fin de son film, avec l’accord de la famille de la victime, donne une résonance particulière à cette histoire, tirée du récit autobiographique d’un jeune policier noir ayant infiltré le Ku Klux Klan dans les années 70. Parce que si l’intrigue se déroule avant la réélection de Nixon, dont on voit des affiches de campagne, Lee ne parle en fait que de l’Amérique de Trump.

Le réalisateur revient presque inchangé, mais à quelques nuances près quand même. L’humour qu’il insuffle n’est pas nouveau : c’était même l’une des marques de fabrique de ses premiers films. Mais la colère que l’on retrouve est nettement plus nuancée que par le passé. Et l’ironie se fait plus mordante. Bien sûr, les néonazis sont des salauds irrécupérables. Mais Lee ose faire des graduations dans l’abject, et rendre le responsable local du KKK presque sympathique par moment, en regard en tout cas de son bras droit totalement malade.

D’ailleurs, le KKK est aussi grotesque que dangereux, devant la caméra de Lee. Et la plus grande victoire de ces flics noir et blanc, interprétés par John David Washington et Adam Driver, n’est pas tant d’avoir déjoué un attentat que d’avoir ridiculisé le grand manitou du Klan. Et les salauds sont des clowns morbides destinés à l’implosion (au sens propre comme au sens figuré).

Derrière le polar, derrière la comédie aussi, le film tente de répondre à une question simple : comment en est-on arrivé là ? Qui est responsable ? Les racistes bien sûr, mais pas seulement : blancs, noirs… tout le monde a laissé pourrir la situation. « Si on continue comme ça, ils finiront par prendre le pouvoir », prédit même un (bon) flic blanc au héros noir incrédule, annonçant l’élection de Trump.

Pas manichéen pour deux sous, pour le coup, Spike Lee n’épargne vraiment personne quant à la responsabilité de cette Amérique si fractionnée de 2018. Avec un raccourci peut-être un peu rapide, mais surtout fulgurant et cinglant, il en attribue le germe au développement de la culture de masse, et plus précisément à Naissance d’une Nation, premier blockbuster de l’histoire, dont la vision héroïque et romantique du KKK a permis au Klan de connaître une nouvelle vigueur. Et au racisme de prendre une nouvelle forme, latente, et durable.

Malin, bien vu et terriblement désenchanté. Ah oui, en plus c’est un film de genre assez formidable, mené à un rythme d’enfer. Et avec deux acteurs au top : l’excellent Adam Driver, et John David Washington. Le fils de Denzel, qui fut Malcolm X pour Spike Lee, est la révélation du film. Et c’est tout un symbole.

Bad 25 (id.) – de Spike Lee – 2012

Posté : 3 novembre, 2015 @ 2:49 dans 2010-2019, DOCUMENTAIRE, LEE Spike, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Bad 25

Depuis une vingtaine d’années, Spike Lee alterne films de fiction et documentaires, tout en gardant une vraie cohérence dans le choix de ses sujets: un portrait du footballeur Jim Brown, une série de films sur les effets de l’ouragan Katrina… Lee reste l’étendard de la population noire américaine. Le voir s’intéresser au King of the Pop Michael Jackson n’est donc pas exactement une surprise…

Commandé à Lee à l’occasion des 25 ans de l’album Bad, Bad 25 est un film de montage, constitué essentiellement d’images d’archives, souvent rares, et d’interviews d’époque. L’unique bémol vient d’ailleurs des images tournées pour le film : des entretiens avec des proches de Michael, qui tendent tous vers cette apogée détestable, une longue série de gros plans interminables sur ces proches qui tentent de retenir leurs larmes à l’évocation de la mort de Michael. Totalement impudique et outrancier.

Vraiment dommage, parce que ce docu a par ailleurs de la gueule. Même si les images ne sont pas de lui, Spike Lee transforme ce film de commande en une œuvre finalement très personnelle, grâce à un montage original et totalement subjectif.

Portrait d’une mégastar au sommet et forcément en plein doute (comment faire mieux après le triomphe historiqie de Thriller, son précédent album), Bad 25 plonge au cœur du processus créatif de l’artiste, les images d’archives et les interviews évoquant à tout de rôle toutes les chansons de l’album : les dessous de leur écriture, leur enregistrement, la manière dont elles ont été accueillies…

Pas besoin d’être un immense admirateur de Michael Jackson (bon… mieux vaut quand même ne pas y être allergique): ce docu habité et passionnant apporte un regard neuf et sur la gestation d’un monument de la musique pop.

 

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