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Archive pour la catégorie 'LE CHANOIS Jean-Paul'

Le Cas du docteur Laurent – de Jean-Paul Le Chanois – 1957

Posté : 20 mars, 2021 @ 8:00 dans 1950-1959, GABIN Jean, LE CHANOIS Jean-Paul | Pas de commentaires »

Le Cas du Docteur Laurent

Un film « dossiers de l’écran » signé Jean-Paul Le Chanois… Pas exactement le Gabin le plus excitant qui soit, sur le papier. Et c’est vrai que le film ressemble par moments à une accumulation de cas d’écoles pour confronter deux versions du monde et de la médecine, pour ce qui est une ode aux précurseurs de l’accouchement sans douleur.

Encore une preuve, en tout cas, que Gabin a toujours chercher à essayer autre chose. Ici, il interprète un médecin venu de Paris pour s’installer dans un petit village de montagne dans les Alpes Maritimes. Un village où beaucoup de vieilles idées sont encore très ancrées. Du genre « c’est normal que les femmes souffrent en accouchant, ça a toujours été comme ça, c’est la nature ». Idée évidemment très majoritairement émise par des hommes.

Le scénario (que Le Chanois co-signe avec René Barjavel) est didactique, mais habile. Et Gabin est formidable en progressiste confronté à l’incompréhension. Face à lui, des habitants qui, tous, incarnent un pan de la société : les convaincus, les hostiles, les critiques, les bienveillants… A chacun sa fonction dans ce film-démonstration. Démonstration qui n’est pas d’une finesse immense, et la mise en scène paraît parfois un peu statique. Mais Le Chanois filme tout de même joliment ce microcosme, comme un condensé d’une certaine France.

La plus belle séquence du film, ce n’est pas l’accouchement lui-même, avec ses images authentiques qui ont dû secours la France de 1957. Mais celle qui précède : le voyage des femmes vers la ville, dans ce bus où toutes les oppositions semblent abolies. Là, l’espace d’un trajet plein de vie et de camaraderie, Le Chanois prend brièvement des accents fordiens, totalement inattendus. Rien que pour ça…

Monsieur – de Jean-Paul Le Chanois – 1964

Posté : 3 décembre, 2020 @ 8:00 dans 1960-1969, GABIN Jean, LE CHANOIS Jean-Paul | Pas de commentaires »

Monsieur

Un riche banquier que tout le monde croit mort décide de refaire sa vie et se fait embaucher dans une grande maison en tant que majordome… Ce n’est pas un pitch, c’est le résumé détaillé de ce Monsieur, petite chose sans prétention et totalement oubliée, qui ne va nulle part et ne prend aucun chemin particulier pour y arriver.

Quelque chose d’étonnamment vain, donc, film sans ambition, un peu mou, très anodin, et tellement dénué d’aspérité qu’on en sort en se demandant ce qu’on peut bien en dire. Pas grand-chose, à vrai dire, si ce n’est qu’on y a passé 90 minutes anodines, certes, mais confortables et, oui, agréables.

D’où vient ce sentiment ? De la musique de Georges Van Parys peut-être, de la légèreté constante du ton surtout, et du plaisir manifeste que prennent les acteurs à jouer ce vaudeville sans enjeu. Noiret en aristo souriant, Mireille Darc en ancienne prostituée fleur bleue… et surtout Gabin, omniprésent en banquier austère transformé en serviteur parfait sur tous les fronts.

C’est son numéro, finalement, qui est l’unique raison d’être de Monsieur, adaptation d’une pièce de théâtre. Plus en tout cas que les dialogues pas toujours fins de Pascal Jardin, et l’humour daté qui fait des « belles-mères » Gabrielle Dorziat et Gaby Morlay d’affreuses marâtres

Ni grand film, ni mémorable donc. Mais cette petite chose anecdotique est nettement plus sympathique que Les Misérables, précédente collaboration de Gabin et Le Chanois, nettement plus ambitieuse, et nettement plus désagréable.

Les Misérables – de Jean-Paul Le Chanois – 1958

Posté : 13 mars, 2018 @ 8:00 dans 1950-1959, GABIN Jean, LE CHANOIS Jean-Paul | Pas de commentaires »

Les Misérables 1958

A revoir cette version, je peux confirmer ce que je pensais déjà : Raymond Bernard a sans doute réalisé la meilleure adaptation des Misérables. Vingt-cinq ans plus tard, Jean-Paul Le Chanois a les moyens de ses ambitions, un casting époustouflant, une histoire évidemment hors du commun. Et s’il ne lui manquait que le talent ?

Il n’a en tout cas pas celui de donner du souffle à ce film qui, plus il devrait être spectaculaire, plus il devient terne. S’il fallait un film pour démontrer que de grands moyens ne suffisent pas pour une reconstitution historique réussie, celui-ci serait parfait.

Dans les quelques séquences nécessitant de nombreux figurants, le problème est particulièrement flagrant. Les funérailles de Lamarque ou la bataille de Waterloo semblent n’exister que comme des tableaux immobiles auxquels Le Chanois est incapable de donner de la vie. Même les barricades de Paris, pourtant théâtres d’une véritable tragédie, semblent trop propres, trop lisses.

Il y a quand même du bon : dans les moments plus intimes, Le Chanois est nettement plus à l’aise. La mort d’Eponine, notamment, est joliment cadrée et très émouvante. Et la photographie de Jacques Natteau, si elle manque de cohérence, réserve quelques très beaux moments picturaux. Dans les séquences les plus intimes, toujours.

Et puis, heureusement, il y a le casting. Bourvil en Thénardier, ça a quand même de la gueule. Bernard Blier en Javert, c’est carrément enthousiasmant, tant il est touchant dans son jusqu’au-boutisme aveugle et ravageur. Et Jean Gabin en Jean Valjean ? Eh bien c’est une évidence, et la meilleure raison pour lequel le film, même s’il agace et déçoit, réussit à séduire malgré tout.

Il est non seulement formidable dans le rôle, mais il fait partie de ces acteurs qui savent donner du liant et de la consistance à un film, dès qu’il est à l’écran. Ils ne sont pas si nombreux dans ce cas, à pouvoir sauver n’importe quoi : il y a John Wayne, et une poignée d’autres. Lui rend évidente toute la complexité, toute la force et toute la fragilité de Jean Valjean. Rien que pour lui…

 

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