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Archive pour la catégorie 'LAMPRECHT Gerhard'

Sous le lampadaire (Unter der Laterne) – de Gerhard Lamprecht – 1928

Posté : 15 janvier, 2016 @ 8:00 dans 1920-1929, FILMS MUETS, LAMPRECHT Gerhard | Pas de commentaires »

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Splendide mélo que signe Gerhard Lamprecht, cinéaste oublié mais très grand de la période muette du cinéma allemand. La plus belle, donc. Un mélo en apparence assez classique : c’est la trajectoire tristement banale dans le genre d’une jeune femme, Else (Lissy Arna) entraînée dans une inexorable descente aux enfers. Avec tous les excès du mélodrame : rien ne lui sera épargné.

C’est surtout le portrait d’une société terrifiante pour une femme seule et sans ressource. Lamprecht filme la ville comme une suite de pièges où le moindre bras qui se tend est comme un étau qui se resserre, où le moindre passage obscur devient un tunnel sans fin, où la triste héroïne se débat en pure perte, sans possibilité de sortir de ces murs omniprésents et de plus en plus oppressants.

La dernière partie va très loin dans le mélo le plus plombant, mais tout commence pourtant d’une manière très lumineuse. Toute la première partie du film est emmenée sur un rythme trépidant, avec une envie de vivre et la joie communicative d’Else et de ses deux « anges gardiens », son fiancé Hans et leur ami Max. Avec une immense délicatesse, aussi. Mais la légèreté des premiers temps disparaît peu à peu. Lamprecht réussit à modifier constamment l’atmosphère de son film, la rendant plus lourde, toujours plus lourde. Car ce qu’il veut faire ressentir dans ce film, c’est la disparition de l’innocence, la mort des illusions. Pas gai, non…

Superbement filmée, cette histoire tragique confirme le talent de Lamprecht, cinéaste visuel qui illustre parfaitement le degré de perfection qu’avait atteint le cinéma à la fin du muet. Tout dans ses images fait sens. Le moindre geste, le moindre objet. Loin des plans généraux qui étaient la norme quelques années plus tôt, lui semble ne s’intéresser aux détails: une main qui se tend lentement pour éteindre une bougie, une affiche que l’on décroche… L’émotion, la complexité des personnages : tout passe par l’image, Lamprecht n’utilisant les cartons qu’avec parcimonie.

Cette logique atteint un systématisme étonnante et fascinant lors de la parenthèse « luxueuse » de la pauvre héroïne, qui se retrouve en couple avec un dandy escroc : durant de longues minutes, pas le moindre plan large, plus le moindre visage, juste une valse de vêtements, de bijoux, des gros plans sur des pieds croisés, sur des mains abandonnées… Simplement génial.

117 bis Grande Rue (Menschen untereinander) – de Gerhard Lamprecht – 1926

Posté : 8 novembre, 2013 @ 7:31 dans 1920-1929, FILMS MUETS, LAMPRECHT Gerhard | Pas de commentaires »

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Les destins croisés des locataires d’un immeuble anonyme de Berlin. A travers ces portraits passionnants, ces petites histoires intimes, légères ou dramatiques, c’est un portrait de la société allemande de l’entre-deux-guerres, de la république de Weimar, marquée par les difficultés (financières notamment), mais aussi un certain espoir.
Le film sombre parfois dans le plus profond tragique, mais Lamprecht adopte une vivacité et un optimisme qui réchauffent le cœur.

Les « cas » qu’il présente sont pourtant lourds, pour certains : dans cet immeuble cohabite le mari (Alfred Abel, grande figure langienne) et le père d’une jeune femme emprisonnée pour avoir tué involontairement un homme, et qui accouche derrière les barreaux. Un vrai tire-larme que Lamprecht filme au plus près des protagonistes, sans jamais en rajouter côté pathos. Plutôt que de faire grincer les violons, il souligne l’aspect individualiste et égoïste de cette société, où la seule relation qui semble trouver grâce à ses yeux est celle d’un père ou d’une mère avec son enfant.

Les autres habitants de l’immeuble apportent un vent de fraîcheur, parfois très relatif : la concierge joue les commères avec une locataire, la jeune sœur de la prisonnière flirte avec le fils d’une veuve, un vieux prof de piano sans le sou trouve un « ange gardien » qui lui ouvre de nouveaux horizons, une locataire joue les entremetteuses, tandis que la propriétaire se laisse séduire par un aventurier qui la dépouillera de tous ses biens…

Lamprecht passe avec un bonheur rare de la tragédie à la comédie, dans un même mouvement, et sans jamais s’éloigner des locataires de cet immeuble. Il y a de la vie dans cet immeuble, et dans ce film passionnant, d’une grande justesse de ton.

 

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