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La Taverne du Cheval Rouge (Frontier Gal) – de Charles Lamont – 1946

Posté : 20 octobre, 2013 @ 10:02 dans 1940-1949, DE CARLO Yvonne, LAMONT Charles, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Taverne du Cheval Rouge (Frontier Gal) – de Charles Lamont – 1946 dans 1940-1949 la-taverne-du-cheval-rouge

Un aventurier recherché pour meurtre débarque dans une ville qu’il ne connaît pas, à la recherche de l’homme qui a tué son partenaire. Il séduit la belle patronne du saloon, qui se persuade qu’il veut l’épouser. Mais lui est déjà fiancé à une autre. Vexée, elle l’emmène de force devant le juge, l’épouse, et le livre aux autorités. Six ans plus tard, il revient, et découvre qu’il a une fille…

Curieux western que signe Charles Lamont. Déjà réalisateur de l’étonnant Salome, avec le même couple d’acteurs (Rod Cameron et la sublissime Yvonne de Carlo), le cinéaste livre là un surprenant melting pot qui part absolument dans tous les sens : ça commence comme un western classique, avec une histoire de vengeance assez traditionnelle. Et puis ça tourne à la comédie la plus décomplexée, à la farce, au film de mœurs, et même à la comédie musicale avec tous les clients d’un saloon qui se mettent soudain à chanter au retour du héros…

C’est aussi le plus misogyne de tous les westerns. Avec cette histoire d’amour-haine entre un pistolero et une patronne de saloon, Lamont raconte rien moins que le dressage d’une femme un peu trop libre. Et Yvonne de Carlo joue le jeu à fond : d’abord femme de caractère, indépendante et frondeuse, qui fond littéralement devant ce bloc de virilité un peu bas du plafond (que joue Cameron avec un premier degré à peine tempéré par un petit rictus amusé), pour devenir ce que toute femme devrait être : une mère et une servante. Une sorte de rodéo amoureux, avec la fessée comme symbole absolu de l’amour…

Non, Frontier Gal n’est pas le meilleur film à projeter lors d’une convention féministe. Pourtant, le film attire la sympathie, pour son côté foutraque totalement assumé : Lamont se permet toutes les ruptures de ton et toutes les libertés, sans céder à une quelconque nécessité de vraisemblance. Pour ses belles scènes de saloon aussi, où se croisent quelques gueules bien sympathiques comme Andy Devine, qui délaisse pour une fois ses rôles de couard pour interpréter un colosse jovial et pantagruélique, une version westernienne d’Obélix qui n’aime rien tant que de filer des baffes et descendre d’immenses bocs de bière.

Derrière la misogynie, dont on préfère penser qu’elle est teintée d’ironie, il y a aussi une vraie tendresse, avec l’apprentissage de la relation père-fille, et la découverte du sentiment amoureux qui unit les deux parents autour de leur enfant. C’est très inégal, ça frôle par moments le grand n’importe quoi, mais le plaisir l’emporte. Et puis, bien sûr, il y a Yvonne de Carlo, dont la seule présence pourrait sauver n’importe quel nanar. Dans un rôle pas facile à défendre, elle est sublime.

La Taverne du Cheval rouge fait partie de la dernière fournée de la collection « Westerns de légende », éditée chez Sidonis. Avec une présentation par Patrick Brion, la bande annonce, et un documentaire foutraque consacré à l’histoire du western, déjà présent en bonus sur de nombreux titres de la collection.

 

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