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Archive pour la catégorie 'LA CAVA Gregory'

Primrose Path (id.) – de Gregory La Cava – 1940

Posté : 30 octobre, 2019 @ 8:00 dans 1940-1949, LA CAVA Gregory | Pas de commentaires »

Primrose Path

Le générique annonce la couleur, ou plutôt le son : cette musique lyrique et romanesque, ces envolées grandioses… C’est sûr, Primrose Path lorgne du côté d’Autant en emporte le vent, sorti quelques mois plus tôt. Sauf que pas du tout : ce curieux début est totalement trompeur. Qu’il soit imposé par les producteurs, ou une facétie suggérée par Gregory La Cava, ce générique annonce tout sauf ce qu’est vraiment le film : l’une de ces comédies bienveillantes dont le cinéaste a le secret.

Tout ça finit très bien : on le sent, on le sait, dès la rencontre entre Ginger Rogers et Joel McCrea. Il y a une telle fraîcheur, dans la manière dont le cinéaste filme le couple, une telle passion innocente, que rien de vraiment grave ne peut se produire entre ces deux-là.

Pourtant, le film fait plus que flirter avec le drame : le personnage du père alcoolique, ce mensonge par omission qui produit des quiproquos de plus en plus profonds, ou le contexte de misère particulièrement sordide…

Mais même dans ce contexte, on trouve un personnage aussi surprenant et loin des clichés que la mère, sans doute une escort qui vend ses charmes vieillissants pour nourrir sa famille, mais qui se révèle contre toute attente une femme bonne et une mère aimante. Un vrai beau personnage, qui donne une profondeur inattendue à ce film. Comme, à sa manière, Henry Travers, en ange gardien bienveillant (un rôle qu’il retrouvera, littéralement cette fois, dans La Vie est belle).

Il y a aussi, et surtout, le très joli couple formé par Joel McCrea (toujours impeccable) et Ginger Rogers, décidément magnifique actrice, aussi touchante lorsqu’elle est fragilisée que lorsqu’elle vit un bonheur totalement insouciant. Un vrai bonheur.

Le Roi du Bluff (The Half-naked truth) – de Gregory La Cava – 1932

Posté : 29 novembre, 2012 @ 3:16 dans 1930-1939, LA CAVA Gregory | Pas de commentaires »

Le Roi du bluff

Prince oublié de la comédie américaine, Gregory La Cava signe avec ce Half-naked truth un film au rythme trépidant, et à l’inspiration débridée. Un petit chef d’œuvre de mise en scène sans la moindre baisse de régime, porté par un Lee Tracy survolté, lui aussi vedette de la comédie tombée dans les limbes de l’oubli.

Tracy, acteur filiforme gorgé d’énergie brute, est ici un bateleur de fête foraine qui, après une soirée qui se termine mal, part avec son pote roi de l’évasion (l’indispensable Eugene Pallette) et la fougueuse « Mexicaine » (Lupe Velez) direction Broadway, où il espère bien faire de la belle une star.

« Espérer » n’est d’ailleurs pas le mot qui convient : Tracy a une confiance en lui, un culot et une force de persuasion assez incroyables. Et il obtient très exactement ce qu’il cherche. Mais la célébrité et la richesse ont leur revers, etc, etc… On voit bien où La Cava veut arriver : l’argent et la gloire ne font pas le bonheur, et une suite luxueuse d’un grand palace ne remplacera jamais la bonne vieille sciure d’une piste de cirque.

Qu’importe : l’important n’est pas le but, mais le chemin. Et ce chemin est totalement fou. En 1h15, on assiste à l’ascension et la chute d’un artiste, à l’arrivée d’une princesse turque, à un défilé de nudiste dans les rues de New York, à l’irruption d’un lion dans une suite impériale… Et pendant 1h15, Lee Tracy est une tornade bondissante, à qui rien ne résiste, et surtout pas le pauvre Frank Morgan, grand homme de théâtre dépassé par ce type que rien n’arrête, et qui le pousse au bord de la dépression nerveuse.

Les paillettes, le monde du spectacle et celui de la presse, en prennent un sacré coup au passage.

Co-scénariste et réalisateur, La Cava est constamment inspiré. Dès la première séquence, qui nous plonge littéralement dans le bain : la caméra filme en plongée vertigineuse (c’est le cas de le dire) un homme plongeant de trente mètres de haut dans un mètre cinquante d’eau. Le plan est saisissant, comme toute l’introduction, où La Cava utilise à merveille toutes les possibilités de son décor de foire.

Suivent quelques éclats de génie, comme cette utilisation exceptionnelle de la bande son dans une scène clé du film, lorsque Lee Tracy se retrouve seul, sans ses proches, et où le moindre bruit lui évoque les musiques de la fête foraine. C’est tout simplement brillant.

Impressionnant aussi de voir à quel point, en 1932, La Cava maîtrise déjà tout du cinéma parlant : le rythme des dialogues, la bande son… Injustement ignoré au profit de Lubitsch ou Capra, La Cava est un cinéaste tout aussi passionnant, plus « canaille » et acerbe, et tout aussi drôle. Et ce Half-Naked truth, comme My Man Godfrey, son film le plus célèbre, est un chef d’œuvre.

 

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