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Archive pour la catégorie 'KNIGHT Steven'

Peaky Blinders (id.) – saison 2 – créée par Steven Knight – 2014

Posté : 18 septembre, 2017 @ 8:00 dans * Films de gangsters, * Polars européens, 2010-2019, KNIGHT Steven, McCarthy Colm, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Peaky Blinders saison 2

La première saison avait été l’un des grands chocs télévisuels de ces dernières années. Cette deuxième fournée réussit le pari impossible d’être encore plus enthousiasmante. Toute l’ampleur du show imaginé par Steven Knight est toujours bien là, avec sa superbe reconstitution de l’Angleterre des années 1920, et sa beauté formelle souvent sidérante.

Et c’est là que la série s’est peut-être encore bonifiée. En confiant la réalisation de l’intégralité des six épisodes à un seul homme, Colm McCarthy, le showrunner s’assure une continuité visuelle absolument parfaite, et évite les quelques petits excès formels des premiers épisodes, lorsqu’il s’agissait de marquer les esprits.

Les esprits sont bien marqués, et durablement. Restaient à prolonger l’histoire en la réinventant. Et là encore, c’est une réussite totale. Cette saison 2 est la suite directe de la première, quelques années plus tard, avec les mêmes personnages, et le poids des précédents événements qui pèse constamment sur eux : le beau personnage de Grace notamment (Annabelle Wallis), qui hante littéralement le charismatique et inquiétant chef des Peaky Blinders Tommy Shelby (Cillian Murphy, qui laisse percer ce qu’il faut de fragilité de son impressionnante carapace), tout comme le sinistre flic Chester Campbell (Sam Neill).

Mais cette saison 2 marque aussi de nouveaux enjeux : un nouveau rôle, très émouvant, de mère pour la matriarche Polly (excellente Helen McCrory), et la volonté des Shelby de mettre la main sur Londres, en faisant face à deux gangs ennemis, les Juifs d’un côté, les Italiens de l’autre. La violence qui en découle est d’autant plus marquante qu’elle est largement incarnée par les chefs de ces gangs, Tom Hardy d’un côté, Noah Taylor de l’autre. Les deux acteurs en font des tonnes, mais toujours sur un ton juste, comme dans un réjouissant concours de psychopathes ! Avec une petite longueur d’avance, la victoire revient à Tom Hardy, glaçant et impressionnant.

D’une intensité rare, cette saison 2 dense et passionnante est construite comme une longue montée en puissance, jusqu’aux deux derniers épisodes à couper le souffle. Et puis il y a la bande son, toujours impeccable, faite de reprises rock du meilleur goût. Il y avait déjà le fascinant « Red Right Hand » de Nick Cave pour le générique, et comme un sublime fil rouge. Et voilà que PJ Harvey ou Johnny Cash s’invitent à leurs tours au fil des épisodes. A croire que les créateurs ont pioché dans ma cdthèque… Vivement la saison 3.

Peaky Blinders (id.) – saison 1 – créée par Steven Knight – 2013

Posté : 26 mai, 2015 @ 4:51 dans * Films de gangsters, * Polars européens, 2010-2019, BATHURST Otto, HARPER Tom, KNIGHT Steven, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Peaky Blinders saison 1

D’abord, il y a la beauté envoûtante des premières images, plongée dans les bas-fonds du Birmingham de 1919 qui se résume à quelques décors à la présence quasi-fantastique. Et puis il y a les premières notes du mythique « Red Right Hand » de Nick Cave, qui tiendra lieu de générique et qui plante l’atmosphère unique de cette série absolument géniale.

Peaky Blinders a été rapidement présenté comme une version british et télévisée du Gangs of New York de Scorsese. Mais la comparaison est un peu rapide, basée sur l’ampleur de la reconstitution historique, et sur le poids de la violence sur la construction d’une société. Mais Peaky Blinders est avant tout une sorte de tragédie familiale, finalement plus près du Parrain de Coppola, avec un héros revenu transformé de la guerre : cette bataille de la Somme dont on ne verra rien d’autre que de fugitives réminiscences, mais qui hante l’ensemble de cette première saison.

Il y a dans Peaky Blinders une immense ambition esthétique : pour le créateur Steven Knight et ses réalisateurs, chaque plan est construit comme un tableau aux couleurs chaudes. D’où quelques (rares) excès, en particulier dans les premiers épisodes : une propension aux ralentis pas toujours nécessaires. Mais la beauté des images reste constamment au service de l’atmosphère, soulignant le sentiment d’assister à une tragédie en marche, inéluctable.

Peaky Blinders est un show plein de fureurs et de violence. C’est aussi une série qui sait prendre son temps, et ose les longues pauses, pour mieux faire exister des personnages fascinants qui, tous, portent leur part d’ombre comme une croix. C’est évidemment le cas de Tommy Shelby, le « chef de gang » dangereux et touchant à la fois, incarné avec une puissance rare par Cillian Murphy. C’est aussi le cas de son double négatif, le superflic Campbell aux méthodes pas si éloignées de ceux qu’il traque (Sam Neill, magnifique revenant). Mais aussi de la belle Grace Burgess, superbe trait d’union entre les deux antagonistes.

Six épisodes seulement pour cette première saison, mais d’une intensité renversante, sans la moindre baisse de régime. Jamais complaisante dans sa manière d’aborder la violence, ne cédant jamais à une quelconque facilité scénaristique, Peaky Blinders est une merveille absolue, un chef d’oeuvre dont on attend avec une impatience rare la deuxième saison…

* Double blue ray indispensable édité chez Arte, qui rend parfaitement hommage à la beauté visuelle de la série (avec en bonus un beau making of de 15 minutes).

Locke (id.) – de Steven Knight – 2013

Posté : 3 février, 2015 @ 11:17 dans 2010-2019, KNIGHT Steven | Pas de commentaires »

Locke

J’ai toujours un peu peur des « films-concept ». Attiré par l’intriguante bande annonce, je m’aventure pourtant dans ce Locke, et les premières minutes ne sont pas tout à fait concluantes. Sans doute influencé par le Michael Mann de Collateral, le réalisateur Steven Knight filme Tom Hardy au volant de sa voiture, dont il ne sortira à aucun moment durant les 90 minutes du film, roulant de nuit sur l’autoroute le menant à Londres.

On sent bien que Knight cherche à créer le même genre d’atmosphère nocturne et envoûtante que celle dont Mann s’est fait une spécialité. Mais le jeune réalisateur n’a clairement pas le génie de son aîné. Autre bémol initial : l’intrigue, racontée uniquement par des coups de téléphones successifs, et particulièrement opaque durant un bon quart d’heure.

Heureusement, les clés du drame sont rapidement dévoilées. Tom Hardy, sobre et intense, est un homme à qui tout réussi : un boulot passionnant, une femme et des enfants qu’il aime. Mais ce soir-là, il vient d’apprendre qu’une femme avec qui il a fait « l’unique écart » de son mariage est sur le point d’accoucher de son enfant. Bien décidé à ne pas reproduire le comportement d’un père lâche et absent, il décide de « faire ce qu’il faut ». Au risque de tout perdre.

Dès que les enjeux dramatiques se précisent, le film prend une autre dimension, et révèle la complexité et les douleurs de cet homme décidé à être un type bien, quel que soit le prix à payer. L’exercice de style, assez brillant, se transforme alors en un fascinant voyage intérieur, une plongée au coeur de la nuit dont on se demande avec angoisse si elle aura un retour possible. Les lumières de la route, les phares des camions, le bitume qui se déroule inlassablement deviennent alors les parois d’un entre-deux où le héros, connecté au monde, se retrouve pourtant coupé de tous, seul avec lui-même et ses démons.

Le traumatisme d’enfance du personnage, et sa relation avec un père mort depuis longtemps, dont il veut à tout pris se démarquer, sont un peu lourdement amenés. Le film frappe surtout par la simplicité des enjeux, totalement dénués de tout aspect spectaculaire : une naissance, un couple en crise, un licenciement, une plate forme de béton à couler… Et un film sensible et intense, parfaitement tenu de bout en bout.

• Passé inapperçu en salles, lors de sa sortie l’été dernier, le film a droit à une belle édition DVD, chez Metropolitan.

 

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