Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour la catégorie 'KNIGHT Steven'

Peaky Blinders (id.) – saison 1 – créée par Steven Knight – 2013

Posté : 26 mai, 2015 @ 4:51 dans * Films de gangsters, * Polars européens, 2010-2019, BATHURST Otto, HARPER Tom, KNIGHT Steven, TÉLÉVISION | Pas de commentaires »

Peaky Blinders saison 1

D’abord, il y a la beauté envoûtante des premières images, plongée dans les bas-fonds du Birmingham de 1919 qui se résume à quelques décors à la présence quasi-fantastique. Et puis il y a les premières notes du mythique « Red Right Hand » de Nick Cave, qui tiendra lieu de générique et qui plante l’atmosphère unique de cette série absolument géniale.

Peaky Blinders a été rapidement présenté comme une version british et télévisée du Gangs of New York de Scorsese. Mais la comparaison est un peu rapide, basée sur l’ampleur de la reconstitution historique, et sur le poids de la violence sur la construction d’une société. Mais Peaky Blinders est avant tout une sorte de tragédie familiale, finalement plus près du Parrain de Coppola, avec un héros revenu transformé de la guerre : cette bataille de la Somme dont on ne verra rien d’autre que de fugitives réminiscences, mais qui hante l’ensemble de cette première saison.

Il y a dans Peaky Blinders une immense ambition esthétique : pour le créateur Steven Knight et ses réalisateurs, chaque plan est construit comme un tableau aux couleurs chaudes. D’où quelques (rares) excès, en particulier dans les premiers épisodes : une propension aux ralentis pas toujours nécessaires. Mais la beauté des images reste constamment au service de l’atmosphère, soulignant le sentiment d’assister à une tragédie en marche, inéluctable.

Peaky Blinders est un show plein de fureurs et de violence. C’est aussi une série qui sait prendre son temps, et ose les longues pauses, pour mieux faire exister des personnages fascinants qui, tous, portent leur part d’ombre comme une croix. C’est évidemment le cas de Tommy Shelby, le « chef de gang » dangereux et touchant à la fois, incarné avec une puissance rare par Cillian Murphy. C’est aussi le cas de son double négatif, le superflic Campbell aux méthodes pas si éloignées de ceux qu’il traque (Sam Neill, magnifique revenant). Mais aussi de la belle Grace Burgess, superbe trait d’union entre les deux antagonistes.

Six épisodes seulement pour cette première saison, mais d’une intensité renversante, sans la moindre baisse de régime. Jamais complaisante dans sa manière d’aborder la violence, ne cédant jamais à une quelconque facilité scénaristique, Peaky Blinders est une merveille absolue, un chef d’oeuvre dont on attend avec une impatience rare la deuxième saison…

* Double blue ray indispensable édité chez Arte, qui rend parfaitement hommage à la beauté visuelle de la série (avec en bonus un beau making of de 15 minutes).

Locke (id.) – de Steven Knight – 2013

Posté : 3 février, 2015 @ 11:17 dans 2010-2019, KNIGHT Steven | Pas de commentaires »

Locke

J’ai toujours un peu peur des « films-concept ». Attiré par l’intriguante bande annonce, je m’aventure pourtant dans ce Locke, et les premières minutes ne sont pas tout à fait concluantes. Sans doute influencé par le Michael Mann de Collateral, le réalisateur Steven Knight filme Tom Hardy au volant de sa voiture, dont il ne sortira à aucun moment durant les 90 minutes du film, roulant de nuit sur l’autoroute le menant à Londres.

On sent bien que Knight cherche à créer le même genre d’atmosphère nocturne et envoûtante que celle dont Mann s’est fait une spécialité. Mais le jeune réalisateur n’a clairement pas le génie de son aîné. Autre bémol initial : l’intrigue, racontée uniquement par des coups de téléphones successifs, et particulièrement opaque durant un bon quart d’heure.

Heureusement, les clés du drame sont rapidement dévoilées. Tom Hardy, sobre et intense, est un homme à qui tout réussi : un boulot passionnant, une femme et des enfants qu’il aime. Mais ce soir-là, il vient d’apprendre qu’une femme avec qui il a fait « l’unique écart » de son mariage est sur le point d’accoucher de son enfant. Bien décidé à ne pas reproduire le comportement d’un père lâche et absent, il décide de « faire ce qu’il faut ». Au risque de tout perdre.

Dès que les enjeux dramatiques se précisent, le film prend une autre dimension, et révèle la complexité et les douleurs de cet homme décidé à être un type bien, quel que soit le prix à payer. L’exercice de style, assez brillant, se transforme alors en un fascinant voyage intérieur, une plongée au coeur de la nuit dont on se demande avec angoisse si elle aura un retour possible. Les lumières de la route, les phares des camions, le bitume qui se déroule inlassablement deviennent alors les parois d’un entre-deux où le héros, connecté au monde, se retrouve pourtant coupé de tous, seul avec lui-même et ses démons.

Le traumatisme d’enfance du personnage, et sa relation avec un père mort depuis longtemps, dont il veut à tout pris se démarquer, sont un peu lourdement amenés. Le film frappe surtout par la simplicité des enjeux, totalement dénués de tout aspect spectaculaire : une naissance, un couple en crise, un licenciement, une plate forme de béton à couler… Et un film sensible et intense, parfaitement tenu de bout en bout.

• Passé inapperçu en salles, lors de sa sortie l’été dernier, le film a droit à une belle édition DVD, chez Metropolitan.

 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr