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Archive pour la catégorie 'KERSHNER Irvin'

Jamais plus jamais (Never say never again) – de Irvin Kershner – 1983

Posté : 14 février, 2026 @ 8:00 dans * Espionnage, 1980-1989, ACTION US (1980-…), James Bond, KERSHNER Irvin | Pas de commentaires »

Jamais plus jamais (Never say never again) – de Irvin Kershner – 1983 dans * Espionnage 55070852574_a55c18122d_z

On connaît l’histoire : Kevin McClory, suite à un procès intenté à Ian Fleming, gagne les droits d’Opération Tonnerre, sur l’adaptation duquel il avait travaillé, avec l’interdiction d’en tirer un film avant dix ans. Il en faut dix de plus pour qu’il concrétise son ambition de toujours : produire son propre James Bond, indépendant de la série officielle d’EON productions.

Et voilà comment, en 1983, les spectateurs ont eu droit à deux James Bond : Octopussy, le n°13 officiel, le sixième avec Roger Moore ; et Jamais plus Jamais, qui marque le retour aux affaires, après une décennie d’absence de Sean Connery qui avait pourtant dit « plus jamais » après avoir accepté de revenir une première fois avec Les Diamants sont éternels (après le passage en coup de vent de George Lazenby pour Au service Secret de sa Majesté).

Connery a fait quelques films marquants après avoir raccroché son Walter PPK, et il connaîtra un nouvel âge d’or à partir de la fin des années 1980. Mais en ce début de décennie, sa carrière, si elle ne manque pas totalement d’intérêt, patine tout de même sérieusement. Un coup de projecteur (et un gros chèque) ne pouvant faire de mal, il accepte donc de rempiler pour ce qui est une variation autour d’Opération Tonnerre, avec la plupart des détails qui font l’ADN de la série James Bond, à quelques exceptions près : pas de ligne de mire pour ouvrir le film, pas non plus le fameux thème de John Barry (c’est Michel Legrand qui s’y colle).

Au box office, Octopussy a gagné le duel d’une courte tête, mais Jamais plus jamais, réalisé par un spécialiste des suites (L’Empire contre-attaque, RoboCop 2), a rencontré un vrai succès. Plutôt mérité : même si cette période n’est clairement pas la plus passionnante pour les James Bond, ce 007 dissident tient plutôt bien la route, passé une première partie lourdingue et d’une rigidité pas loin de provoquer la gêne.

Sean Connery a perdu de sa superbe, et de ses cheveux. Mais il a toujours ce petit sourire sardonique ou rigolard, c’est selon, qui fait toujours son petit effet. Et il ne lui faut pas longtemps pour retrouver ses marques avec ce rôle qu’il a créé, et qu’il ne cherche pas à rendre aimable. Et Kershner est un réalisateur qui a au moins le talent de l’efficacité : guère convainquant sur l’humour (Bond hameçonné par une pêcheuse sculpturale), il se révèle en revanche parfaitement à l’aise dans l’action.

Et sur ce terrain, le film est plutôt généreux et inventif, avec pour point d’orgue la fuite à cheval d’un château surplombant la mer, très réussie malgré des effets spéciaux d’un autre âge. Et un affrontement sous-marin entre Bond et un grand requin, qui lui reste assez bluffant quarante ans après.

Le film a quand même un côté « toujours plus » dont on sent bien qu’il est là pour combler un scénario qui n’invente rien : beaucoup de scènes semblent n’être là que pour accumuler les morceaux de bravoure, si courts et inutiles soient-ils, voire pour justifier une apparition dans la bande annonce ou sur l’affiche (l’envol avec le jet pack amélioré par exemple).

Côté casting aussi, c’est l’accumulation. Ni Edward Fox en M, ni surtout Max Von Sydow en Blofeld n’ont grand-chose à jouer, et Klaus Maria Brandauer cabotine dans le rôle du grand méchant. On notera quand même deux révélations : celle de Rowan Atkinson dans son tout premier rôle au cinéma, et celle surtout de Kim Basinger, dont la carrière ne tardera pas à décoller. Quant à Sean Connery, il lui faudra encore quelques années avant de retrouver la grâce, avec Le Nom de la Rose et Les Incorruptibles.

L’Empire contre-attaque / Star Wars, épisode V (Star Wars : Episode V – The Empire strikes back) – d’Irvin Kershner – 1980

Posté : 14 février, 2017 @ 8:00 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, FORD Harrison, KERSHNER Irvin | Pas de commentaires »

L'Empire contre-attaque

Cet épisode V ressemble à un film de transition, qui finalement ne fait pas tellement avancer l’intrigue. Pas d’Etoile de la Mort, pas de planète en danger, pas même d’immenses batailles pour sauver la galaxie… Tout l’enjeu repose sur Dark Vador qui veut retrouver Luke Skywalker, et les rebelles qui tentent de s’échapper de la planète où les soldats de l’Empire les ont retrouvés.

Le film semble étrangement contraint à un voyage modeste, à l’image du Faucon Millenium, le fameux vaisseau de Han Solo, qui essaye en vain tout le métrage durant de passer en vitesse lumière, mais doit se résoudre à se cacher la plupart du temps : sur un astéroïde, dans une ville aérienne, ou sur le flanc d’un navire de l’Empire…

Un épisode frustrant ? Ben non, au contraire : l’aspect transitoire de l’histoire, sa modestie apparente… Tout participe à faire de L’Empire contre-attaque le film le plus intense de la saga. Le plus enthousiasmant, le plus ambitieux aussi, celui qui se base le plus sur les personnages : sur la romance entre Leia et Solo, mais surtout sur Luke, qui rencontre Yoda pour la première fois, est confronté aux tentations du côté obscur de la Force…

C’est dans ce film aussi qu’il découvre la vérité sur ses origines dans une scène d’anthologie joliment réalisée, dans des couleurs bleues-noires formidablement dramatiques : « I’m your father » lance la voix caverneuse de James Earl Jones.

On a beau connaître ça par cœur, il faut reconnaître que ça fonctionne parfaitement bien. Avec le premier film, George Lucas posait les bases d’un mythe. Avec cette première suite, dont il confie la direction à Irvin Kershner, il y entre pleinement.

* Les deux premières trilogies sont réunies dans un beau coffret de 9 blue ray, avec des tas de bonus : des interviews, des making of d’époque ou récents, plein de documentaires… Plus de 40 heures de bonus, promet le packaging.

La saga Star Wars

Les Yeux de Laura Mars (Eyes of Laura Mars) – d’Irvin Kershner – 1978

Posté : 3 octobre, 2011 @ 9:37 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, FANTASTIQUE/SF, KERSHNER Irvin | Pas de commentaires »

Les Yeux de Laura Mars

Aucun doute possible : voici, et de loin, le meilleur film d’Irvin Kershner, réalisateur sans grande personnalité qui a derrière lui une longue carrière à la télévision, et qui ne réalisera plus que trois films, tous des suites (L’Empire contre-attaque, Jamais plus jamais et RoboCop 2). Tiré d’un scénario très fort de John Carpenter, Eyes of Laura Mars est une petite merveille qui, malgré le milieu dans lequel l’histoire se déroule (la mode, qui est pourtant par définition ce qui se démode le plus) a étonnamment bien passé l’épreuve du temps. Plus de trente ans après, malgré quelques effets de caméra un peu datés, et malgré un rebondissement final aussi attendu que difficile à avaler, le film reste très efficace.

Sans rien enlever aux évidentes qualités de mise en scène, le film doit quand même beaucoup au scénario, effrayant et malin, signé par un jeune gars qui allait exploser la même année en réalisant Halloween. Une grande photographe de mode est sujette à des visions macabres de meurtre. Elle réalise bientôt que ces visions ne sortent pas de son imagination, mais qu’elle voit réellement ce qu’un mystérieux voit lorsqu’il se prépare à commettre des crimes. Pire encore : toutes les victimes de ce tueur sont des proches de la photographe. C’est évidemment un sujet en or pour un film à suspense. On imagine bien toutes les possibilités que ce postulat offre, et on n’est pas déçu : Kershner nous livre quelques séquences vraiment flippantes, en particulier celle où la jeune femme, dans une vision soudaine, se voit elle-même de dos, et comprend que le tueur est derrière elle. L’utilisation de la caméra subjective est ici parfaitement intégrée dans l’histoire, et totalement efficace. John Carpenter fera lui-même une utilisation inoubliable et traumatisante de la caméra subjective dans la séquence d’ouverture de son Halloween.

Faye Dunaway, qui venait d’obtenir un Oscar pour Network, est sublime en victime continuellement au bord de la rupture. Son personnage est pourtant une femme forte, photographe controversé bousculant l’image de la femme dans des mises en scène macabres et étonnantes, et avec un style à la fois agressif et très sexy (l’utilisation des fringues dans le film est fort joliment analysée dans un autre blog vers lequel je ne peux que conseiller de se rendre, en cliquant ici). Et Dieu qu’elle est belle Faye Dunaway. La scène mythique du « shooting » dans les rues de New York, dans laquelle, en robe fendue, elle photographie ses modèles comme ferait un reporter de guerre, est inoubliable.

Le film n’est pas parfait, cela dit : Tommy Lee Jones n’a pas encore le charisme qu’il aura dix bonnes années plus tard. Il est irréprochable, mais il manque d’épaisseur, et son personnage n’est pas facile à défendre. Le couple qu’il forme avec Faye Dunaway est un peu difficile à avaler, aussi. Dommage, parce que le flic qu’il interprète semble tout droit sorti de l’un de ces films policiers réalistes à la mode dans les années 70, et que l’irruption du fantastique dans cet univers si banal des commissariats miteux et des enquêtes routinières était plein de promesses. Cette promesse, au moins, n’est pas tout à fait tenue. Reste une grande actrice, quelques scènes formidables, un scénario malin et un suspense imparable. On aurait tort de bouder son plaisir…

 

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