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Archive pour la catégorie 'KARLSON Phil'

La Trahison se paie cash (Framed) – de Phil Karlson – 1975

Posté : 31 août, 2017 @ 8:00 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, KARLSON Phil | Pas de commentaires »

La Trahison se paie cash

Il n’aurait jamais dû prendre cette route, Jo Don Baker. Pour une fois qu’on lui confie le premier rôle d’un film, le voilà qui perd tout en l’espace d’une poignée de secondes. Parce qu’il assiste à une scène qu’il n’aurait pas dû voir, il est pris pour cible par un tireur mystérieux, agressé par un flic en uniforme qu’il tue pour sauver sa propre vie, condamné à une lourde peine de prison… C’est déjà beaucoup, mais la fortune qu’il avait gagnée au poker durant cette même nuit fatale disparaît, et la femme qu’il aime est violée par deux petites frappes.

Remarquable réalisateur de films noirs, Phil Karlson a signé quelques fleurons du genre dans les années 50 (L’inexorable enquête ou Le Quatrième homme, c’était lui, et c’était formidable). Cette petite production est sa toute dernière mise en scène : âgé de 67 ans, Karlson ne tournera plus rien durant les dix dernières années de sa vie. Et vu ce qu’il fait de ce polar de série B fauché, c’est bien dommage.

Autres temps, autre style : le noir et blanc intense des fifties a laissé la place aux couleurs vives et parfois criardes des seventies. N’empêche, Karlson a gardé cette intensité qui marquait ses plus grandes réussites. Framed n’est pas tout à fait à ce niveau : le film aurait sans doute gagné à être plus resserré. Et puis, Jo Don Baker n’est pas Robert Mitchum, qu’on aurait bien imaginé dans le rôle vingt ans plus tôt.

Mais le sens de l’action de Karlson est intact : physique ou psychologique, la violence est omniprésente, autour de ces personnages de durs taiseux comme on n’en faisait déjà plus à l’époque. Une violence sèche et brutale, doublée d’un cynisme décomplexé particulièrement réjouissant. Quant aux personnages, même taiseux, ils ont tous quelque chose à dire, jusqu’aux plus petits rôles comme ce pianiste qui semble ne communiquer que par piano interposé, et qui parvient à réellement exister tout en restant constamment à l’arrière-plan. Une belle surprise.

L’Inexorable enquête (Scandal Sheet) – de Phil Karlson – 1952

Posté : 8 juillet, 2017 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, KARLSON Phil | Pas de commentaires »

L'Inexorable enquête

Un scénar génial, adapté d’un roman de Samuel Fuller (qui n’a jamais raté une occasion de dénigrer le film) : le rédac-chef d’un grand journal new-yorkais tue la femme qu’il avait épousée dans une autre vie, et observe le meilleur de ses journalistes, à qui il a tout appris et dont il est une sorte de père spirituel, enquêter sur ce meurtre et remonter peu à peu le fil qui conduit à lui…

D’emblée, Phil Karlson, petit maître du noir, instaure une atmosphère formidable, et une grande tension dans cette vision du journalisme aux antipodes de la probité d’un Bas les Masques. Le rédac chef et son poulains sont des rapaces, manipulateurs et odieux. Le second n’hésite pas à jouer avec l’émotion d’une femme qui vient de perdre sa sœur pour obtenir le bon témoignage, et la bonne photo…

Un sale type, donc, dont la gueule d’ange de John Derek (moins fade que d’habitude) renforce le cynisme. Quant à Broderick Crawford, dans le rôle du rédacteur en chef, il est absolument prodigieux, impressionnante masse d’énergie et de détermination. C’est lui le pivot de l’histoire. D’ailleurs, le film n’est jamais aussi fort que quand il est à l’écran, et perd un peu de sa puissance lorsque passe au second plan, après une première demi-heure formidable de tension.

Les autres acteurs aussi sont excellents, à commencer par Donna Reed, qui réussit à apporter beaucoup d’épaisseur à un personnage pas passionnant sur le papier. Mais lui, Crawford, est franchement exceptionnel en homme tiraillé entre ses instincts d’homme cherchant à échapper à son destin, et sa vocation d’homme de presse. Broderick Crawford formidable ? Voilà un qualificatif qu’on a tendance à sortir facilement dès qu’il est à l’affiche…

On ne joue pas avec le crime (5 against the house) – de Phil Karlson – 1955

Posté : 5 novembre, 2016 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, KARLSON Phil | Pas de commentaires »

On ne joue pas avec le crime

Un film de braquage par le réalisateur de l’excellent Kansas City Confidential, qui plus est cité par Scorsese comme une référence au moment de Casino… Voilà un film pour le moins alléchant. Et qui commence bien, avec l’arrivée de quatre amis étudiants dans un casino de Reno où ils assistent à une maladroite tentative de hold-up…

Là, l’idée centrale du film est posée, lorsqu’un flic clame qu’il est tout simplement impossible de voler le casino. Impossible ? Pour l’un des quatre amis, fils d’une famille fortunée désireux de « faire quelque chose » par lui-même, cela va devenir une obsession : et pourquoi pas finalement…

Sauf que les quatre amis étaient sur la route de l’université après les vacances d’été, et qu’ils y retournent bel et bien. Et y restent, longtemps, s’amusant avec un jeunot qu’ils bizutent gentiment, flirtant, s’amusant, et portant des bouquins dans un plan sur deux pour rappeler que, quand même, ils sont là pour étudier. Et au bout d’un long moment, on finirait presque par l’oublier ce casino.

Du coup, oui, ce film a un énorme ventre creux, que la présence de Kim Novak dans l’un de ses premiers rôles de premier plan ne suffit pas à remplir. Pas plus que celle de l’excellent Brian Keith, parfait en vétéran de Corée qu’une blessure à la tête pousse par moments aux frontières de la folie (comme William Bendix dans Le Dahlia bleu).

Et surtout pas l’inconsistant Guy Madison, souvent sympathique en héros de western, mais totalement transparent (et peu crédible) en étudiant propre sur lui. D’ailleurs, c’est lorsqu’il enfile un déguisement de cow-boy quand arrive enfin la séquence du vol qu’il est le plus convaincant, comme si c’était en veste qu’il était déguisé…

Il y a quand même de beaux moments, et de belles idées : l’amitié qui lie les personnages de Keith et Madison est touchante, et le voyage en caravane est plutôt bien utilisé pour faire basculer le film d’un genre à l’autre, d’une histoire de potes pleine de légèreté à un film noir assez tendu.

La dernière partie est excellente : le vol lui-même, avec la présence discrète mais imposante de William Conrad en employé de casino effrayé ; et surtout l’affrontement final au dénouement inattendu, dans un parking à ascenseur qui offre un décor inédit qui renforce l’impact dramatique de ces dernières minutes. Une réussite, sur le fil.

* DVD dans la collection « Film Noir » de Sidonis/Calysta, avec des présentations érudites de Bertrand Tavernier et François Guérif.

Le Quatrième Homme (Kansas City Confidential) – de Phil Karlson – 1952

Posté : 28 septembre, 2016 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, KARLSON Phil | Pas de commentaires »

Le quatrième homme

J’ai toujours beaucoup aimé ce petit film noir méconnu mais épatant de Phil Karlson, l’histoire d’un homme dont la vie est brisée après avoir été brièvement accusé à tort d’avoir participé à un braquage, et qui cherche à se réhabiliter en démasquant les véritables coupables.

Rien de très original a priori, si ce n’est que notre héros (joué par l’impeccable John Payne) découvre que les membres du gang, qui ne se connaissent pas les uns les autres, ont rendez-vous dans un village de pêcheurs près de la frontière mexicaine. Il s’y glisse donc après avoir pris la place d’un des voleurs (Jack Elam), et cherche à démasquer les méchants.

Bon… Deux des bad guys en question sont interprétés par Neville Brand et Lee Van Cleef, deux des plus grandes salles gueules du cinéma hollywoodien. Alors forcément, on se dit que l’entreprise ne va pas être bien compliquée. Mais il y a une ambiance formidable dans ce décor atypique de film noir. Et le chef des braqueurs (Preston Foster) est lui aussi très inattendu, figure sympathique et attachante.

Le film manque sans doute un peu de rythme, mais sa grande force réside dans la qualité des personnages, remarquablement écrits. Même des seconds couteaux comme Van Cleef et Elam sont inhabituellement développés. Un grand petit film noir…

 

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