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Archive pour la catégorie 'JOHNSON Rian'

Les Derniers Jedi / Star Wars, épisode VIII (Star Wars : Episode VIII – The Last Jedi) – de Rian Johnson – 2017

Posté : 7 février, 2018 @ 8:00 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, JOHNSON Rian | Pas de commentaires »

Star Wars Les Derniers Jedi

On a beau avoir été déçu par l’épisode 7, bouffé par l’ambition mercantile de Disney et par l’incapacité de JJ Abrams de réinventer quoi que ce soit, il faut reconnaître que les premiers mots qui apparaissent (« il y a bien longtemps… »), les premières notes de l’incontournable partition de John Williams, et ce texte défilant qui replace le contexte… tout ça colle encore un petit frisson d’enthousiasme qui fait oublier en quelques secondes tous les doutes et les appréhensions, pour ne plus espérer que le meilleur.

Alors ? Eh bien le frisson est bien là. L’émotion, le rythme, l’inventivité dans les moments de bravoure… Rian Johnson s’impose dans la droite lignée de George Lucas première époque, renouant notamment avec l’extrême simplicité de la première trilogie. Grosso modo, l’histoire se résume en quelques mots : la rébellion est acculée et cherche à s’enfuir, tandis que la jeune Rey tente de convaincre Luke Skywalker de reprendre le sabre laser. Point.

Si on garde un souvenir si amer de l’épisode 7, c’est en partie parce que Abrams se vautrait lamentablement lors de la scène-clé : l’affrontement de Kylo Ren avec son père Han Solo. Il y a dans l’épisode 8 une scène très semblable et également centrale, qui confronte le petit-fils de Dark Vador à ses doutes, cette fois face à Rey. Eh bien cette scène, cette fois, tient toutes ses promesses. Rian Johnson y dévoile un lyrisme et un sens du tragique qui manquaient cruellement à Abrams.

Le film est à l’image de cette séquence. Il rattrape en quelque sorte l’échec du précédent, en renouant avec l’essence-même de la saga intergalactique, en en respectant l’histoire, sans pour autant en être prisonniers. Bref, à trouver le bon équilibre entre anciens et nouveaux, entre personnages mythiques et nouvelle génération. Johnson maîtrise parfaitement sa grammaire lucassienne. Son film enchaîne les morceaux de bravoure, sans temps mort (ou presque), et en creusant constamment le sillon du bien contre le mal, et de la perception qu’on en a.

On a beau toujours craindre le pire d’une saga qu’on nous promet sans fin (un film solo sur Solo dont la production chaotique laisse perplexe, l’annonce d’une nouvelle trilogie…), cet épisode 8 fait partie, comme le récent Rogue One, des franches réussites de la série.

La saga Star Wars

Looper (id.) – de Rian Johnson – 2012

Posté : 7 novembre, 2012 @ 5:48 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, JOHNSON Rian | Pas de commentaires »

Looper

Le film commence en pleine campagne, au beau milieu d’un champs de maïs balayé par le vent. Pourtant, c’est bel et bien un pur film de science fiction que signe Rian Johnson, le réalisateur de deux petits films plutôt remarqués (Brick et Une arnaque presque parfaite). Pas du gros fantastique qui tâche, mais un vrai film d’anticipation qui fait le pari de la plausibilité, sans en rajouter. On a bien quelques deux-roues et un pulvérisateur qui volent, mais le 2044 que l’on découvre est surtout marqué par une évolution pas bien réjouissante de la société, et un déclin visible des Etats-Unis au profit de la Chine, nouvelle terre promise…

Voilà pour le cadre, et quand Rian Johnson colle à cette SF d’anticipation intelligente et pessimisme, il réussit parfaitement son pari. Ce cadre vaguement futuriste est parfaitement utilisé par une intrigue complexe et cauchemardesque comme on n’en a pas vu depuis longtemps, et qu’une voix off utilisée intelligemment rend intelligible. Une voix off qui évoque à la fois celle de Blade Runner, et celle des grands films noirs de l’âge d’or d’Hollywood, époque à laquelle renvoie également le « diner » visité régulièrement par notre héros, qui semble tout droit sorti d’un tableau d’Edward Hopper.

Ce 2044 a un futur, qui paraît encore plus inquiétant. Trente ans plus tard, la machine à voyager dans le temps a été inventée, et immédiatement interdite. Mais elle utilisée par des malfrats qui s’en servent pour éliminer leurs ennemis. Ces derniers sont envoyés trente ans plus tôt, en 2044, où ils sont abattus par un « looper » (un « boucleur »), qui se débarrasse facilement d’un corps qui n’est pas censé exister. Ces tueurs sans état d’âme sont appelés « looper », parce qu’ils signent un étrange contrat : ils savent qu’un jour, ils seront chargés d’éliminer la version vieillie d’eux-mêmes qui leur sera envoyée du futur. Sauf que quand Joe, l’un de ces loopers, voit son vieux double apparaître devant lui, ce dernier prend la fuite…

Cette idée de faire s’affronter le même personnage est déjà passionnante en soi. Mais Rian Johnson va plus loin encore, avec une réflexion fine et cruelle sur le vieillissement, sur la mémoire, et sur le rapport à l’enfance. Le scénariste-réalisateur ne choisit la facilité sur aucun terrain : un scénario complexe, un rythme étonnamment lent malgré quelques excès de violence, et des personnages pas franchement sympathiques…

Joe âgé, incarné par un Bruce Willis formidable, est un être à la fois profondément humain (la scène où il tente désespérément de retenir le souvenir de celle qu’il aime est bouleversante) et monstrueux, qui commet froidement le pire des crimes. Condamné à une prestation curieusement intériorisée, l’inoxydable Bruce a quand même droit à une tuerie d’anthologie comme lui seul sait les rendre crédibles…

Quant à Joe jeune, joué par l’excellent Joseph Gordon-Levitt, est un jeune enfoiré égoïste qui préfère sauver son fric plutôt que son meilleur ami, et est bien décidé à descendre son double vieilli. Le jeune acteur est parfait. Mais affublé d’une prothèse faciale censée le faire ressembler à Bruce Willis, il paraît un rien momifiée.

Même le gamin que Joe jeune tente de protéger de Joe vieux est un personnage tiraillé entre deux personnalités, à la fois monstrueux et fragile comme tout enfant. Dommage que Johnson se soit cru obligé d’ajouter un aspect purement fantastique un peu trop grand-guignolesque, qui nous ramène aux excès du Fury de Brian De Palma.

 

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