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Archive pour la catégorie 'HILL George Roy'

Butch Cassidy et le Kid (Butch Cassidy and the Sundance Kid) – de George Roy Hill – 1969

Posté : 27 janvier, 2016 @ 8:00 dans 1960-1969, HILL George Roy, NEWMAN Paul, WESTERNS | Pas de commentaires »

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Ce premier film réunissant Newman et Redford a à peu près les mêmes qualités et les mêmes défauts que dans son « double » au royaume des gangsters, L’Arnaque, que le même George Roy Hill réalisera avec le même tandem et dans le même esprit. Dans les deux cas, il s’agit d’un hommage tantôt rigolard, tantôt sombre, à un genre fondateur du cinéma américain: le film de gangster là, le western ici.

Un hommage d’une sincérité qui force le respect, mais tellement respectueux qu’il en devient trop lisse, trop poli. Plutôt que de donner un nouveau souffle au genre, comme d’autres cinéastes le font à cette époque (Leone en Italie, Peckinpah aux States), Hill choisit une approche qui le rapproche davantage du pastiche.

George Roy Hill est un cinéaste très ambitieux. Dès le générique, son amour du genre et des figures fondatrices de l’Amérique est flagrante, avec cette série d’images en noir et blanc qui renvoient directement au cinéma primitif. Mais il lui manque une pointe de génie et de folie, et il manque au film ce souffle qui ne revient que dans une poignée de scènes: le premier tué de Butch Cassidy, et surtout l’inoubliable mort des deux héros en Bolivie.

Butch Cassidy et le Kid est un film agréable et plaisant comme l’hommage vibrant qu’il est. Mais il manque à cette grosse production cette étincelle que l’on retrouve dans la plupart des séries B que produisait la Universal à la pelle dans les années 50.

Mais il y a Redford et Newman. Entre eux, l’alchimie est parfaite. C’est à eux que le film doit sa renommée, à la magie qui se produit lorsque ces deux-là partagent l’affiche. Dans L’Arnaque, ces moments seront finalement assez rares. Dans Butch Cassidy, le duo fonctionne à plein régime. Et même lorsqu’il ne se passe rien, il se produit quelque chose entre eux. La magie du cinéma.

L’Arnaque (The Sting) – de George Roy Hill – 1973

Posté : 15 octobre, 2014 @ 1:36 dans 1970-1979, HILL George Roy, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

L’Arnaque (The Sting) – de George Roy Hill – 1973 dans 1970-1979 LArnaque_zpsd90fac1d

Après le western, le film de gangster. Cinéaste attitré de Paul Newman et Robert Redford, qu’il a été le seul à réunir, et qu’il a également dirigé seuls (La Kermesse des aigles pour Redford, La Castagne pour Newman), George Roy Hill reforme le tandem mythique de Butch Cassidy et le Kid, et l’alchimie entre ces deux-là est toujours aussi magique… lorsqu’ils sont effectivement réunis à l’écran.

C’est l’une des deux grandes limites du film : Redford et Newman ont bien quelques scènes en commun, mais la plupart du temps assez anecdotiques. Les moments les plus forts du film ne reposent quasiment jamais sur la complicité manifeste des deux stars, mais sur l’un ou l’autre, alternativement. Le tandem semble ainsi se passer le relais à plusieurs reprises tout au long du film, plutôt que vraiment se donner la réplique.

L’autre limite, c’est l’application extrême que met Hill à recréer l’époque des années 30. La reconstitution est belle, bluffante même. Les décors et les costumes sont parfaits, les personnages semblent bel et bien sortis d’un film de gangster des années 30, et une musique bien d’époque omniprésente souligne le moindre rebondissement. Mais tout cela paraît hyper soigné, et manque tellement de vie. Le découpage en chapitres semble n’exister que pour préciser que tout cela n’est qu’un grand livre d’images. Un pastiche appliqué, l’œuvre d’un réalisateur qui l’a toujours été, appliqué, mais sans une vraie personnalité.

Cela dit, cette immense arnaque à tiroirs et pleine de faux semblants, que n’aurait pas renié David Mamet, reste un film léger et profondément réjouissant. Et on prend un plaisir fou à voir les deux stars monter leur arnaque et tromper leur monde. Et nous tromper nous-mêmes, spectateurs et victimes consentantes. Un plaisir frustrant certes, mais un plaisir gourmand quand même…

La Castagne (Slap Shot) – de George Roy Hill – 1977

Posté : 8 avril, 2011 @ 9:36 dans 1970-1979, HILL George Roy, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

La Castagne (Slap Shot) - de George Roy Hill - 1977 dans 1970-1979 la-castagne

Sur la jaquette du DVD, on peut lire « l’un des dix meilleurs films jamais réalisés sur le sport ». Il est vrai que cette citation est tirée d’un magazine américain de sport, et non pas d’une revue consacrée au cinéma : le jugement porte sans doute davantage sur la représentation du sport que sur les qualités intrinsèques du film. Mes connaissances sur le hockey-sur-glace se limitant à un (mauvais) film des années 80 avec Kevin Bacon, Rob Lowe et Patrick Swayze (dont j’ai oublié le titre, honte sur moi), et aux souvenirs d’adolescence que racontait Roch Voisine à la fin des mêmes années 80 (j’étais jeune, et je lisais Star Club), et ce blog étant consacré au cinéma, et non au sport, je me contenterais de prendre pour acquis que, côté sports, La Castagne fait sérieux.

Ce postulat est d’autant plus crédible que les trois frères Hanson, au cœur de l’histoire, sont d’authentiques hockeyeurs, et qu’ils jouent leurs propres rôles dans ce film à leur gloire. Il faut d’ailleurs le savoir pour le croire : ces hockeyeurs binoclards adeptes du coup de poing et du coup de cross, plus que du beau jeu, ressemblent à des caricatures tout droit sorties d’un dessin animé de Tex Avery, qui ne font rien, mais vraiment rien, pour la beauté du sport. Une chose est sûre : La Castagne (qui est pour pendre celui qui a pondu le titre français ?) est loin, bien loin, des films de sport plus classiques comme Rocky, sorti quelques mois plus tôt seulement.

Le film a pris un sale coup de vieux, avec des images franchement laides, un mélange d’humour lourdingue, de fond social, d’amours contrariés et d’amitiés vaches qui ne tient pas toujours la route, et des fringues pas possibles portées par Paul Newman. Pourtant, il y a quelque chose d’original et de touchant dans ce film plus cynique qu’il n’y paraît. Le personnage de Newman, pour commencer, est le prototype même du sale type. Derrière la belle gueule de la star se cache un looser complet, sportif professionnel (largement) atteint par la limite d’âge, vaguement reconverti en (mauvais) entraîneur, dont l’équipe va être dissoute pour cause de résultats calamiteux et de chômage galopant dans leur petite ville ouvrière, et dont la femme est partie depuis longtemps.

Et on la comprend. Ce dragueur invétéré n’hésite pas à profiter que son meilleur joueur traverse une crise personnelle pour séduire la femme éplorée de celui-ci. Il ment à ses joueurs quant à leur avenir professionnel. Et il n’hésite pas à bafouer toutes les valeurs du sport, en imposant un jeu « sale » à son équipe, pour engranger des points et s’attirer les faveurs d’un public avide de batailles rangées. Quand, enfin, il semble retrouver le goût du beau jeu et des vraies valeurs sportives, c’est un regain de fierté qui ne dure pas plus longtemps qu’un feu de paille…

Cynique, le film est aussi particulièrement réussi dans sa peinture froide et miteuse des coulisses du sport professionnel  « underground », des tournées interminables en bus, des soirées de beuverie dans les mauvais bars, des blagues de potache… Ce n’est pas vraiment nouveau (dans le style, Rocky, encore, était aussi une vraie réussite), mais ça mérite qu’on voit ce Slap Shot resté culte dans le milieu du hockey. A tel point que les frères Hanson reviendront avec quelques rides en plus et quelques cheveux en moins dans une suite que je ne suis pas bien pressé de voir.

 

 

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