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Archive pour la catégorie 'HEISLER Stuart'

La Peur au ventre (I died a thousand times) – de Stuart Heisler – 1955

Posté : 18 janvier, 2026 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, HEISLER Stuart | Pas de commentaires »

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Il ne faut pas longtemps pour comprendre que ce film aura une conclusion tragique. Et pas seulement parce qu’il s’agit d’un remake remarquablement fidèle de High Sierra, jusqu’à un final qui en est la copie parfaite, tournée dans les mêmes décors, sur la même route, que le classique de Raoul Walsh. Jack Palance, en lieu et place de Bogart, porte sur son visage si calme, et dans les regards qu’il porte sur les paysages désertiques et ouverts qu’il traverse, quelque chose qui ressemble bien à une aura funeste.

Et puis il y a ce chien, le personnage le plus vivant du film, mais dont les trois précédents maîtres sont morts tragiquement. Un véritable poissard, que notre héros s’empresse évidemment d’adopter, comme s’il validait lui-même son propre destin. Tous ses choix d’ailleurs semblent annoncer la conclusion, inéluctable. La seule question qui vaille vraiment concerne à vrai dire le chemin à emprunter pour y arriver.

Ce sera le chemin des grands espaces, et des mauvaises rencontres, du sort qui s’acharne. Dans le rôle du gangster au cœur tendre, Palance est formidable, assez loin de l’interprétation qu’en donnait Bogart. Il y a en lui, curieusement, quelque chose de plus fragile, et même une étrange douceur, qui contraste avec le visage anguleux et à la brutalité apparente du comédien.

Il y a d’ailleurs dans la plupart des personnages une fragilité inattendue, jusqu’au second couteau joué par Lee Marvin, qui se rêve en grand dur mais ose avouer qu’il ne se sent pas un si grand caïd que ça. Et finalement, ce sont ces gangsters qui apparaissent comme les humains les plus sensibles de toute cette histoire.

Derrière la caméra, Stuart Heisler fait le boulot avec une belle efficacité, et avec des parti-pris esthétiques qui justifient à eux seuls l’existence de ce remake, en couleurs et en écran large, dont l’image si ouverte souligne en creux le refus du personnage principal de retourner en prison, dont il vient de sortir après de longues années. Un dernier casse (pas la partie la plus trépidante du film), et ce sera la belle vie. Mouais. C’est assez beau, et très triste, un dur qui se raconte des histoires.

Tokyo Joe (id.) – de Stuart Heisler – 1949

Posté : 17 juillet, 2020 @ 8:00 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, BOGART Humphrey, HEISLER Stuart | Pas de commentaires »

Tokyo Joe

Bogart qui descend d’un avion vêtu de son fameux trench-coat. Bogart (ex) patron d’un « joint » dans une ville étrangère sous occupation. Bogart décorant des yeux un ancien amour vêtu d’un smoking éclatant (noir en l’occurrence). Bogart mercenaire cynique qui révèle sa grandeur d’âme…

Oui, Tokyo Joe est, comme le sera Sirocco deux ans plus tard avec la ville de Damas, un film produit pour surfer sur la recette magique de Casablanca. la magie, ici, n’opère pas vraiment. À trop jouer sur la filiation entre les deux films, Stuart Heisler se retrouve confronté à l’inévitable jeu des comparaisons. Et perd sur tous les niveaux.

Tokyo Joe, cela dit, n’est pas un ratage total. Il y a même de vrais bons moments : l’arrivée dans le « Tokyo Joe » bar, la confrontation kafkaïenne à l’administration de l’occupant, ou le sauvetage de la fillette, particulièrement tendue dans une cave plongée dans l’obscurité.

Et puis, il n’y a pas tant de films américains que ça à montrer le Tokyo occupé de l’après-guerre. Le résultat est certes moins immersif que pour le Berlin de Berlin Express ou la Vienne du Troisième Homme. Mais le décor et la nostalgie qu’il véhicule sont parmi les bonnes idées du film.

Bogart est parfait, n’atténuant en rien les défauts d’un personnage qu’il ose rendre pathétique. Alexander Knox est formidable en mari sympathique et complexe, loin des stéréotypes du mari cocu. Le reste de la distribution n’est, hélas, pas à la hauteur. Sessue Hayakawa se contente de jouer sur sa propre image, et Florence Marly est totalement fade.

Le film, quand même, vaut pour le regard américain porté sur ce Japon de l’immédiat après-guerre, un peu paternaliste. Il semble cela dit que les plans tournés effectivement au Japon l’aient été par la deuxième équipe, sans les acteurs principaux. C’est sans doute ce qui explique l’effet en demi-teinte, et la différence flagrante avec des réussites comme La Scandaleuse de Berlin par exemple.

La Clé de verre (The Glass Key) – de Stuart Heisler – 1942

Posté : 16 novembre, 2012 @ 2:18 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, HEISLER Stuart, LAKE Veronica | 1 commentaire »

La Clé de verre (The Glass Key) - de Stuart Heisler - 1942 dans * Films noirs (1935-1959) la-cle-de-verre

« J’avais senti ça chez vous : une loyauté bornée »

Les coulisses d’une élection américaine. Un type de l’ombre au bras long, de ceux qui font les élections, et dont les méthodes sont peu recommandables : c’est Brian Donlevy, qui surprend son monde en soutenant un candidat dont les convictions sont à l’opposé de ses propres intérêts, simplement parce qu’il est tombé sous le charme de sa fille. On le comprend : c’est Veronica Lake, sublime, troublante et émouvante à la fois.

Mais le frère de Veronica est assassinée, et Donlevy est le suspect naturel aux yeux de tous. De tous, sauf d’Alan Ladd, fidèle bras droit de Donlevy, prêt à tout, y compris à se fâcher avec son mentor/patron/ami, pour prouver son innocence. Ladd a une loyauté à toute épreuve, et elle va justement être soumise à rude épreuve : difficile d’oublier que Veronica Lake et Alan Ladd resteront pour l’éternité l’un des plus beaux couples de cinéma.

Ce qui se passe entre ces deux-là relève de la magie pure. L’alchimie de ce couple est absolument incroyable. Ils ne disent pas grand-chose, leur jeu est pour le moins minimal, mais il suffit qu’ils soient dans la même pièce pour qu’il se passe quelque chose d’incroyable, une intensité faite de complicité, d’attirance sexuelle et de cette certitude qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Ce miracle qui se renouvelle dans une poignée de chef-d’œuvre à cette époque, du Dahlia Bleu à Tueurs à gages… Que du bon !

Sublime actrice injustement oubliée, Veronica Lake trouve ici l’un de ses très grands rôles. Sensuelle, fragile et forte tout en même temps, elle est le cœur de ce film, ce qui réunit et oppose tous les personnages. A commencer par Brian Donlevy et Alan Ladd, qui peuvent être vus comme deux versions d’un même homme : deux types ambitieux et parfois cruels, mais qui partagent une même loyauté absolue.

Ladd, surtoyt, n’a pas son pareil pour incarner ces « loyaux bornés » (pour reprendre l’expression lancée par Lake), prêts à faire le coup de poins et à défendre l’opposé de ce à quoi il croit par un sens jusqu’au boutiste de la loyauté. Au nom de cette loyauté, il accepte tout : passer pour un traître, supporter de longues tortures, et même renoncer à la femme que, bien sûr, il aime… Un type comme on n’en fait plus, et dont la présence seule impressionne, malgré un physique menu et peu imposant.

Dashiel Hammett, père du roman noir hard-boiled, a souvent été bien servi par le cinéma, il n’y a qu’à se souvenir de L’Introuvable ou Le Faucon Maltais. Son style brut et brutal, précis et laconique, qui ne s’embarrasse pas de psychologie trop lourde, est le matériau idéal pour le grand film noir américain. Son point fort : la force des personnages qui dominent des intrigues complexes à l’extrême, souvent très obscures.

The Glass Key est une transposition parfaite et fascinante de ce style. De l’intrigue quasi-inracontable, on retient surtout les personnages, que Stuart Heisler (qui signe son plus grand classique) fait vivre d’une manière incroyable alors que tous font dans l’économie de moyen. Le moindre second rôle est réussi, qu’il ait le droit à une ou à dix scènes. Mention spéciale, une fois encore, à l’impressionnant William Bendix, side-kick de Ladd dans Le Dahlia Bleu, génial ici dans le rôle d’un gros bras sadique et un peu ahuri.

 

 

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