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Archive pour la catégorie 'HASKIN Byron'

Terreur à Silver City / La Ville d’argent (Silver City) – de Byron Haskin – 1951

Posté : 21 décembre, 2021 @ 8:00 dans 1950-1959, DE CARLO Yvonne, HASKIN Byron, WESTERNS | Pas de commentaires »

Terreur à Silver City

C’est bien la première fois que Byron Haskin me procure autre chose qu’un aimable ennui. Ce western porté par Edmond O’Brien (comme Les Rivaux du rail l’année suivante) séduit même dès ses toutes premières images, d’abord par l’originalité de ses cadres, puis par la vivacité de ses scènes de poursuite. Deux qualités que Haskin ne cessera de renouveler jusqu’à la fin du film.

Edmond O’Brien, justement, se révèle contre toute attente un excellent choix pour ce personnage sans cesse rattrapé par un méfait commis par amour. Oh ! Pas un meurtre, non : la seule hypothèse que notre héros aurait pu tuer un homme lui tire un sourire amusé. C’est que la violence, si vive soit-elle, est (en tout cas jusqu’à la dernière partie du film) bon enfant. Joyeuse, presque.

La plupart du temps, c’est à coup de poings, de barres de bois, ou de cailloux qu’on règle ses comptes. Malgré une poignée de scènes franchement rigolardes (lorsque notre héros récupère ses hommes ivres dans le saloon et les entasse dans un chariot), l’action ne porte pourtant pas à rire. Dès la première séquence, qui se conclue par une très spectaculaire course-poursuite à cheval puis sur un train en marche, une belle intensité se dégage de ce western.

O’Brien, donc, est un bon choix parce qu’il a à la fois la tête bonhomme d’un gars bien, et la carrure volontaire d’un homme que rien n’arrête. Le contrepoint parfait à Yvonne de Carlo, dont les yeux verts et les tenues vives sont superbement mis en valeur par les belles couleurs du film. Femme de tête dont chaque apparition donne littéralement un coup de fouet au récit.

Elle est la fille d’un mineur ayant découvert un très riche filon, et qu’Edmond O’Brien accepte à contre-cœur d’aider. Bien sûr, ce filon va éveiller bien des convoitises, notamment celle d’un riche propriétaire assez loin des poncifs du genre, campé avec sa malice habituelle par le très Irish Barry Fitzgerald.

Tout n’est pas parfait dans ce film : la petite frappe est assez caricaturale, le personnage de l’ancien ami paraît bien brouillon. Mais les qualités l’emportent largement : la beauté des scènes de nuit, l’originalité du ton, la vivacité de l’action, ou la course-poursuite finale, superbe et impressionnante, qui passe par l’intérieur d’une scierie, Edmond O’Brien flirtant dangereusement avec les machines en marche. Et puis un film où les deux personnages féminins (l’autre étant jouée par Laura Elliott) tiennent tête aux hommes en gueulant plus fort qu’eux ne peut pas être foncièrement mauvais.

Les Rivaux du Rail (Denver & Rio Grande) – de Byron Haskin – 1952

Posté : 1 septembre, 2019 @ 8:00 dans 1950-1959, HASKIN Byron, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Rivaux du Rail

La construction des grandes voies de chemin de fer est un thème qui a valu au western quelques-uns de ses moments de gloire, du Cheval de Fer à Pacific Express. Un sous-genre, presque, qui est presque toujours l’assurance de bons moments, ne serait-ce que parce que cette traversée inédite des grands espaces américains implique qu’on les montre, ces grands espaces.

Il s’agit ici encore du meilleur atout du film : les spectaculaires décors naturels, au cœur des plus beaux plans de ce western visuellement très réussi grâce à un beau travail du chef op Ray Rennahan (Sur la piste des Mohawks et Duel au soleil, quand même), mais par ailleurs pas franchement emballant. L’histoire en vaut bien une autre : c’est l’affrontement de deux compagnies de chemin de fer. Forcément, l’une est dirigée par des héros de guerre, honnêtes et courageux, tandis que l’autre ne vaut pas mieux qu’une bande de gangsters.

Le film prend des raccourcis, et préfère l’efficacité directe à la crédibilité, qu’importe. Il donne le rôle principal, celui d’un meneur d’homme charismatique et héroïque à Edmond O’Brien… passons, même si le gars, qui peut être très bien quand il joue de simples quidams, n’a définitivement pas l’étoffe d’un héros. Mais ce qu’on a bien du mal à oublier, c’est l’incapacité flagrante et totale de Byron Haskin de mettre en scène ses acteurs…

A ce niveau, on n’est plus dans l’accident de parcours, mais dans la catastrophe industrielle. La foule qui suit avec enthousiasme le moindre cri ; quatre bandits qui attendent sagement, face caméra, l’ordre qui les fera se lever comme un seul homme en file indienne ; Sterling Hayden forcé de se mettre sur la pointe des pieds pour être vu du spectateur derrière son tas de bois…

Sterling Hayden ! Parlons-en, du pauvre Sterling Hayden. Voilà un acteur qu’on aime bien, dont la raideur étrange et le visage juvénile peuvent apporter ce petit quelque chose qui fait la différence, mais dont Haskin ne sait absolument pas quoi faire, se contentant la plupart du temps de le filmer debout, à moitié appuyé sur un arbre, comme s’il attendait désespérément que quelque chose se passe. Quoi ? Un éclair de génie d’Haskin ? On attend toujours…

Une séquence, quand même, laisse espérer un regain de vivacité et d’efficacité : celle, centrale, du train volé qui prend d’assaut une demi-douzaine de gares successives. Un détail plutôt original, qui se conclue par un moment lourd en suspense, lorsque deux locomotives lancées à vive allure se précipitent l’une vers l’autre. Le choc est inévitable, comme le confirme une série de plans courts, et pour le coup plutôt haletante. Las : ce beau moment plein de promesse se termine par un plan large d’une platitude extrême, étouffant en une poignée de secondes ce regain d’énergie. Oublions…

De la Terre à la Lune (From the Earth to the Moon) – de Byron Haskin – 1958

Posté : 6 avril, 2013 @ 9:04 dans 1950-1959, FANTASTIQUE/SF, HASKIN Byron | Pas de commentaires »

De la Terre à la Lune (From the Earth to the Moon) – de Byron Haskin – 1958 dans 1950-1959 de-la-terre-a-la-lune

Une adaptation libre et un peu toc du roman de Jules Verne. Byron Hasin, cinéaste honnête à qui on doit notamment le classique La Guerre des mondes, s’inscrit ici dans la lignée des dizaines de films de SF tournés au cours de cette décennie, la plupart sans le sou et sans imagination. Lui a un peu plus d’argent que la moyenne, se base sur une solide histoire, et bénéficie de deux têtes d’affiche plutôt prestigieuses : Joseph Cotten et George Sanders.

Mais Cotten et Sanders, vieillissants et visiblement livrés à eux-mêmes, ont rarement été aussi peu convaincants, sortant sans y croire des dialogues d’un autre temps.

L’antagonisme de ces deux scientifiques ne manque pourtant pas d’intérêt : Joseph Cotten en génie malade qui invente le plus puissant des explosifs, George Sanders persuadé que son invention va mener le monde à sa perte. Finalement, tous deux vont s’associer, et se servir de cette puissance nouvelle pour envoyer une fusée (avec eux à bord) sur la Lune. A partir de là, la construction et le suspense sont classiques : les deux scientifiques s’affrontent, sortent des dialogues incompréhensibles et manipulent avec un air concentré d’étranges objets (censés nous montrer que c’est drôlement compliqué, une fusée) ; une jeune femme s’invite à bord de la fusée et d’amourache du jeune second…

Rien de bien neuf, et tout ça est filmé avec une maladresse parfois confondante. Surtout, le film se veut une réflexion (anachronique : l’action se déroule en plein XIXème siècle) sur l’utilisation de l’arme atomique : menace sur le monde, ou moyen de maintenir la paix par la peur ? Alors que la guerre froide prend de l’ampleur, Byron Haskin a visiblement choisi son camp, et ce n’est pas forcément celui auquel on s’attendait.

 

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