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Archive pour la catégorie 'HANSON Curtis'

L.A. Confidential (id.) – de Curtis Hanson – 1997

Posté : 27 février, 2013 @ 2:24 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, HANSON Curtis | Pas de commentaires »

L.A. Confidential (id.) – de Curtis Hanson – 1997 dans * Thrillers US (1980-…) l.a.-confidential

Du roman, ambitieux, complexe et génial, de James Ellroy, Curtis Hanson et son scénariste Brian Helgeland ont réussi à conserver l’atmosphère, la puissance et tout le cynisme. Impossible, a priori, de poser des images sur ce monument qui confronte la cité des anges et d’Hollywood, à ses démons, terribles et mal cachés derrière un vernis d’hypocrisie. Mais la réussite est totale, presque miraculeuse.

Dès les premières images, habile montage de vraies et fausses archives, et de reconstitutions, la voix off de Danny De Vito en rédacteur en chef du magasine à scandale « Hush Hush » nous plonge dans une atmosphère que les admirateurs d’Ellroy connaissent par cœur. L’immersion est immédiate et totale, et se prolongera pendant plus de deux heures.

Le film n’édulcore en rien ni la brutalité des situations, ni la complexité d’une intrigue à tiroirs qui semble entremêler différentes affaires, autour d’un mystérieux fil conducteur tellement lâche qu’il est constamment sur le point de s’envoler.

Au cœur de cette multiple enquête, trois flics que tout oppose : un jeune ambitieux qui se voit comme un chevalier blanc prêt à faire exploser la corruption ambiante, mais qui révélera surtout ses grands talents de politicien et de manipulateur (Guy Pearce) ; un dandy ouvert à toutes les petites corruptions et prêt à tout pour conserver sa place de consultant sur la série télé à succès « Badge of Honnor » (Kevin Spacey) ; et une brute au grand cœur mais qui se sait pas assez malin pour accéder à autre chose qu’à un rôle de gros bras (Russell Crowe). Trois flics franchement peu recommandables, qui se détestent, mais qui se révèlent être les plus intègres d’une police de L.A. corrompue jusqu’au plus haut sommet.

Les comédiens sont exceptionnels, mention spéciale à Crowe, véritable révélation du film, formidable en brute qui réalise qu’il est incapable de comprendre seul tous les rouages de cette histoire qu’il devine explosive.

Hanson fait des merveilles dans tous les domaines. Lors des explosions de violence, spectaculaires et hyper-percutantes ; lors des plongées dans cette enquête dont la complexité et l’atmosphère ne sont pas sans rappeler Chinatown ; lorsqu’il filme ces personnages, étonnamment complexes ; et lorsqu’il décrit un milieu totalement corrompu rendu encore plus sombre par la toile de fond : un Hollywood glamour où les putes sont des sosies de stars, à l’image de Kim Basinger, qui trouve l’un des plus beaux rôles de sa carrière en fausse Veronica Lake dont les airs aguicheurs dissimulent mal un mal être et le sentiment d’innocence perdue.

Elle est le symbole le plus juste et le plus émouvant de ce film magnifique, fascinant et cruel, sans doute le plus grand film noir des années 90.

La Rivière sauvage (The River Wild) – de Curtis Hanson – 1994

Posté : 23 octobre, 2011 @ 5:42 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), HANSON Curtis | Pas de commentaires »

La Rivière sauvage (The River Wild) - de Curtis Hanson - 1994 dans * Thrillers US (1980-…) la-riviere-sauvage

Avoir revu l’excellent Wonder boys m’a donné envie de replonger dans cette Rivière sauvage, du même Curtis Hanson, que je n’avais plus fréquentée depuis sa sortie en salles. Ça nous rajeunit pas, ma brave dame. Le film, en tout cas, tient plutôt bien l’épreuve du temps : seul le jean délavé trop large de Meryl Streep est là pour nous rappeler que le film est bientôt majeur !

L’histoire est très simple : une famille de New Yorkais part décompresser quelques jours en descendant en bateau les eaux agitées d’une rivière sauvage (eh oui, d’où le titre). Ils rencontrent des étrangers avec qui ils sympathisent, mais qui se révèlent être de dangereux malfaiteurs… Difficile de voir le film sans penser à Délivrance ou à Rivière sans retour, deux chef d’œuvre d’un autre temps auxquels Hanson rend hommage, sans se laisser étouffer par la double comparaison.

Rien à dire sur le sens de la narration du cinéaste, qui sait décidément y faire avec le film de genre : après une première partie toute en douceur, Hanson fait monter la pression autour du personnage de Kevin Bacon, jeune homme sympathique qui révèle sa vraie nature de monstre prêt à tout, même à tuer un chien de sang froid (mais rassurez-vous, on est à Hollywood, où il est plus facile de tuer un enfant qu’un chien). Ce thriller au grand air est particulièrement flippant.

Rien à dire non plus sur la manière dont il filme les descentes de rapides… Nettement plus spectaculaire que Rivière sans retour, La Rivière sauvage est un pur plaisir de cinéma très impressionnant visuellement. D’autant plus que tout le film est dominé par les décors naturels absolument époustouflants dans lesquels il a été tourné. Cours d’eau calme ou gorges profondes entourées de montagnes boisées, chaque image est d’une beauté à couper le souffle. A tel point qu’on souhaiterait presque, par moments, que les personnages disparaissent pour mieux profiter de cette nature sublimissime.

Mais Hanson ne se contente pas de raconter une histoire inquiétante dans un décor de rêve : il fait de la nature un élément essentiel de son film. Comme John Boorman dans Délivrance, mais surtout comme Anthony Mann dans ses westerns (en particulier L’Appât). C’est un personnage à part entière, peut-être le plus riche et surprenant de tous.

Bon point aussi pour les acteurs, et surtout pour les deux personnages les plus en retraits : le mari (David Strathairn) et le complice de Kevin Bacon (John C. Reilly, espèce de gros nounours toujours très juste et surprenant). Finalement, le principal défaut du film, c’est sa star : Meryl Streep, qui en fait des tonnes dans le côté « je suis une grande actrice bien au-dessus de mes partenaires ». On l’a connue plus sobre et plus convaincante…

Wonder boys (id.) – de Curtis Hanson – 2000

Posté : 29 septembre, 2011 @ 9:19 dans 2000-2009, HANSON Curtis | Pas de commentaires »

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Après L.A. Confidential, adaptation réussie d’un grand Ellroy jugé inadaptable, Curtis Hanson était attendu au tournant. Comme le Grady Tipp de ce Wonder Boys, écrivain salué unanimement pour son premier roman, il aurait pu tourner en rond pendant des années avant de boucler autre chose. Mais il n’en est rien, heureusement : si son film parle des affres de la création, lui n’en a visiblement pas été victime. Trois ans après son précédent film, le cinéaste n’a visiblement aucun mal à rebondir, signant un film loin du noir rétro de son film précédent, mais tout aussi passionnant.

Grady Tipp, lui, a beaucoup plus de difficultés : ce prof d’université un rien loser (on croirait un anti-héros de film noir) s’enlise depuis sept ans dans un nouveau roman qu’il semble incapable de terminer. Rien à voir avec le syndrome de la page blanche, mille fois rabâché au cinéma ou dans la littérature. Lui est même à l’opposé de ce syndrome : Tipp ne manque pas d’inspiration, et ne reste pas des heures à fixer une feuille qui restera blanche. Non, il écrit depuis des années sans pouvoir s’arrêter. Un véritable « Forrest Gump de l’écriture » qui était parti pour un petit livre de deux ou trois cents pages, et qui en est déjà à plus de dix mille, pour un roman dont la fin s’éloigne de plus en plus à mesure qu’il écrit. « Le premier travail d’un écrivain est de faire des choix », clame Grady Tipp à ses étudiants. Mais lui-même est incapable de faire ces choix, et son livre est devenu un bordel pas possible, sans la moindre ellipse, sans la moindre impasse : il va jusqu’à évoquer les origines d’un cheval qui apparaît au détour d’une page.

Le roman en cours de Tipp est à l’image de sa vie : un capharnaüm où rien n’est terminé, où rien n’est vraiment dit. Wonder Boys, c’est le portrait d’un homme qui passe à côté de sa vie, à côté de son œuvre, à côté de l’amour, parce qu’il est incapable de dire « stop » ou « non », ou de simplement reconnaître qu’il est dans une impasse. Ce roman interminable (dans tous les sens du terme), c’est le symbole de cette (non) vie qu’il traverse comme un zombie, et qui trouve son apogée lors d’un week-end de cataclysme… Il faudra que ce roman disparaisse pour qu’il puisse espérer un nouveau départ.

Il faut dire que Tipp a une sacrée galerie de paumés autour de lui : une maîtresse (Frances McDormand) tiraillée entre sa confortable vie de femme mariée, un éditeur (génial Robert Downey Jr.) à l’homosexualité vaguement assumée, un étudiant (Tobey Maguire) vivant dans un mensonge permanent, une jeune locataire (Katie Holmes) peut-être amoureuse de lui… Avec un tel entourage, le pire peut arriver, et on n’est jamais loin de la rupture, avec des rebondissements qui, encore une fois, pourraient être ceux d’un vrai film noir. Hanson, pourtant, choisit le registre de la comédie grinçante. Et pour cela, il dispose d’une star à qui il offre peut-être son meilleur rôle : Michael Douglas, absolument formidable en loser magnifique. Ni héros, ni victime, il traîne (littéralement) la patte pendant tout le film, tentant de démêler les fils d’une vie pour le moins bordélique, tout en assumant les problèmes de tous ceux qui l’entourent et qui rejaillissent sur lui.

Le résultat est un petit bijou sombre et drôle, d’une humanité grinçante et pourtant tendre.

 

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