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Archive pour la catégorie 'HANSON Curtis'

L.A. Confidential (id.) – de Curtis Hanson – 1997

Posté : 28 avril, 2020 @ 8:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, HANSON Curtis | Pas de commentaires »

LA Confidential

En dehors des modes, en dehors du temps… Curtis Hanson signe avec cette adaptation d’un (très grand) roman de James Ellroy un polar exceptionnel, d’une intensité aussi marquante que la narration est maîtrisée. Le livre est un enchevêtrement assez inextricable d’intrigues retors (j’y reviendrai). Hanson en tire un modèle de scénario, d’une intelligence rare.

C’est le Los Angeles des années 50, comme si on y était. Cette dernière phrase semble un poncif. Mais c’est VRAIMENT le Los Angeles des années 50, comme si on y était VRAIMENT. Le L.A. glamour des avant-premières hollywoodiennes, celui des banlieues noires toutes pourries, celui de l’élégance affichée, celui de la corruption. Celui qu’on a découvert dans les romans noirs de l’époque (et depuis), plus encore que dans les films de l’époque.

A vrai dire, c’est un peu comme si Curtis Hanson donnait un corps, un aspect tangible et réaliste, à tous ces films noirs qu’on a tant aimés. Ceux avec Veronika Lake et Alan Ladd notamment (et bien évidemment), qui hantent l’univers d’Ellroy. Le Dahlia bleu donc, mais aussi Tueur à gages, dont on voit un passage dans l’alcôve du (superbe) personnage de Kim Basinger, prostituée apprêtée pour ressembler à Veronika.

Ce personnage, magnifique chant du cygne pour Basinger, est un peu le symbole de Los Angeles, cette ville où le glamour apparent (Veronika Lake) cache souvent une réalité bien plus glauque (Lynn Bracken, jeune femme venue d’une petite ville paumée, dont les illusions se sont heurtées à la réalité). Un second rôle, mais qui plane comme un fantôme sur tout le film.

1953. Un Noël sanglant dans les cellules d’un commissariat. Un sextuple meurtre dans un café de nuit. Trois flics radicalement différents impliqués chacun à leur niveau dans l’enquête. D’abord le très ambitieux Ed Exley (Guy Pearce), prêt à se faire tous les ennemis du monde pour gravir les échelons. Ensuite le gros bras Bud White (Russell Crowe), hanté par les violences faites aux femmes. Enfin Jack Vincennes (Kevin Spacey), flic médiatique dont la raison d’être est d’être l’expert d’une série policière à succès. Trois grands personnages, trois grands acteurs que le film révèle.

Il y a aussi le journaliste à scandale (« Hush hush ») que joue Danny De Vito, formidable, le chef mafieux Mickey Cohen (Paul Guilfoyle), le puissant homme d’affaires trouble (David Strathairn), et bien sûr le fameux Dudley Smith (James Cromwell), grand flic et symbole de la corruption et du machiavélisme de la ville. Pourrie, la ville, jusqu’à la moelle. Une ville où la frontière entre le bien et le mal est pour le moins poreuse, où la différence entre flics et gangsters repose avant tout sur le badge.

Curtis Hanson filme ce Los Angeles des années 50 comme personne avant lui, et rend palpable l’omniprésence de la corruption et de la pourriture, avec un classicisme qui colle parfaitement à l’époque. Indépendamment du livre, le film est pas loin d’être un chef d’oeuvre. Cela étant dit revoir L.A. Confidential juste après avoir relu le roman d’Ellroy est une expérience troublante. Parce que malgré toute cette corruption, et toute cette violence, l’univers du film semble, en comparaison, bien propre.

Impossible pour Hanson de respecter scrupuleusement tous les détails imaginés par Ellroy, sans en tirer un film de dix heures. Il faut d’ailleurs saluer l’intelligence du scénario, qui fait des choix, des impasses, et imagine des raccourcis tous très convaincants (Rolo Tomasi, géniale trouvaille du film). Le personnage de Bud White (Russel Crowe) garde par ailleurs toute sa complexité et sa puissance. D’autres en revanche deviennent quasiment des chevaliers blancs : Jack Vincennes (Spacey) et surtout Ed Exley (Pearce) sont nettement moins troubles que dans le roman.

Le roman était inadaptable ? Si on voulait voir le livre tel quel sur écran, sans doute. Mais le film révèle un grand cinéaste et un grand scénariste. Et reste l’un des meilleurs films noirs de la décennie.

La Rivière sauvage (The River Wild) – de Curtis Hanson – 1994

Posté : 23 octobre, 2011 @ 5:42 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, ACTION US (1980-…), HANSON Curtis | Pas de commentaires »

La Rivière sauvage (The River Wild) - de Curtis Hanson - 1994 dans * Thrillers US (1980-…) la-riviere-sauvage

Avoir revu l’excellent Wonder boys m’a donné envie de replonger dans cette Rivière sauvage, du même Curtis Hanson, que je n’avais plus fréquentée depuis sa sortie en salles. Ça nous rajeunit pas, ma brave dame. Le film, en tout cas, tient plutôt bien l’épreuve du temps : seul le jean délavé trop large de Meryl Streep est là pour nous rappeler que le film est bientôt majeur !

L’histoire est très simple : une famille de New Yorkais part décompresser quelques jours en descendant en bateau les eaux agitées d’une rivière sauvage (eh oui, d’où le titre). Ils rencontrent des étrangers avec qui ils sympathisent, mais qui se révèlent être de dangereux malfaiteurs… Difficile de voir le film sans penser à Délivrance ou à Rivière sans retour, deux chef d’œuvre d’un autre temps auxquels Hanson rend hommage, sans se laisser étouffer par la double comparaison.

Rien à dire sur le sens de la narration du cinéaste, qui sait décidément y faire avec le film de genre : après une première partie toute en douceur, Hanson fait monter la pression autour du personnage de Kevin Bacon, jeune homme sympathique qui révèle sa vraie nature de monstre prêt à tout, même à tuer un chien de sang froid (mais rassurez-vous, on est à Hollywood, où il est plus facile de tuer un enfant qu’un chien). Ce thriller au grand air est particulièrement flippant.

Rien à dire non plus sur la manière dont il filme les descentes de rapides… Nettement plus spectaculaire que Rivière sans retour, La Rivière sauvage est un pur plaisir de cinéma très impressionnant visuellement. D’autant plus que tout le film est dominé par les décors naturels absolument époustouflants dans lesquels il a été tourné. Cours d’eau calme ou gorges profondes entourées de montagnes boisées, chaque image est d’une beauté à couper le souffle. A tel point qu’on souhaiterait presque, par moments, que les personnages disparaissent pour mieux profiter de cette nature sublimissime.

Mais Hanson ne se contente pas de raconter une histoire inquiétante dans un décor de rêve : il fait de la nature un élément essentiel de son film. Comme John Boorman dans Délivrance, mais surtout comme Anthony Mann dans ses westerns (en particulier L’Appât). C’est un personnage à part entière, peut-être le plus riche et surprenant de tous.

Bon point aussi pour les acteurs, et surtout pour les deux personnages les plus en retraits : le mari (David Strathairn) et le complice de Kevin Bacon (John C. Reilly, espèce de gros nounours toujours très juste et surprenant). Finalement, le principal défaut du film, c’est sa star : Meryl Streep, qui en fait des tonnes dans le côté « je suis une grande actrice bien au-dessus de mes partenaires ». On l’a connue plus sobre et plus convaincante…

Wonder boys (id.) – de Curtis Hanson – 2000

Posté : 29 septembre, 2011 @ 9:19 dans 2000-2009, HANSON Curtis | Pas de commentaires »

Wonder boys

Après L.A. Confidential, adaptation réussie d’un grand Ellroy jugé inadaptable, Curtis Hanson était attendu au tournant. Comme le Grady Tipp de ce Wonder Boys, écrivain salué unanimement pour son premier roman, il aurait pu tourner en rond pendant des années avant de boucler autre chose. Mais il n’en est rien, heureusement : si son film parle des affres de la création, lui n’en a visiblement pas été victime. Trois ans après son précédent film, le cinéaste n’a visiblement aucun mal à rebondir, signant un film loin du noir rétro de son film précédent, mais tout aussi passionnant.

Grady Tipp, lui, a beaucoup plus de difficultés : ce prof d’université un rien loser (on croirait un anti-héros de film noir) s’enlise depuis sept ans dans un nouveau roman qu’il semble incapable de terminer. Rien à voir avec le syndrome de la page blanche, mille fois rabâché au cinéma ou dans la littérature. Lui est même à l’opposé de ce syndrome : Tipp ne manque pas d’inspiration, et ne reste pas des heures à fixer une feuille qui restera blanche. Non, il écrit depuis des années sans pouvoir s’arrêter. Un véritable « Forrest Gump de l’écriture » qui était parti pour un petit livre de deux ou trois cents pages, et qui en est déjà à plus de dix mille, pour un roman dont la fin s’éloigne de plus en plus à mesure qu’il écrit. « Le premier travail d’un écrivain est de faire des choix », clame Grady Tipp à ses étudiants. Mais lui-même est incapable de faire ces choix, et son livre est devenu un bordel pas possible, sans la moindre ellipse, sans la moindre impasse : il va jusqu’à évoquer les origines d’un cheval qui apparaît au détour d’une page.

Le roman en cours de Tipp est à l’image de sa vie : un capharnaüm où rien n’est terminé, où rien n’est vraiment dit. Wonder Boys, c’est le portrait d’un homme qui passe à côté de sa vie, à côté de son œuvre, à côté de l’amour, parce qu’il est incapable de dire « stop » ou « non », ou de simplement reconnaître qu’il est dans une impasse. Ce roman interminable (dans tous les sens du terme), c’est le symbole de cette (non) vie qu’il traverse comme un zombie, et qui trouve son apogée lors d’un week-end de cataclysme… Il faudra que ce roman disparaisse pour qu’il puisse espérer un nouveau départ.

Il faut dire que Tipp a une sacrée galerie de paumés autour de lui : une maîtresse (Frances McDormand) tiraillée entre sa confortable vie de femme mariée, un éditeur (génial Robert Downey Jr.) à l’homosexualité vaguement assumée, un étudiant (Tobey Maguire) vivant dans un mensonge permanent, une jeune locataire (Katie Holmes) peut-être amoureuse de lui… Avec un tel entourage, le pire peut arriver, et on n’est jamais loin de la rupture, avec des rebondissements qui, encore une fois, pourraient être ceux d’un vrai film noir. Hanson, pourtant, choisit le registre de la comédie grinçante. Et pour cela, il dispose d’une star à qui il offre peut-être son meilleur rôle : Michael Douglas, absolument formidable en loser magnifique. Ni héros, ni victime, il traîne (littéralement) la patte pendant tout le film, tentant de démêler les fils d’une vie pour le moins bordélique, tout en assumant les problèmes de tous ceux qui l’entourent et qui rejaillissent sur lui.

Le résultat est un petit bijou sombre et drôle, d’une humanité grinçante et pourtant tendre.

 

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