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L’Envers du paradis – d’Edmond T. Gréville – 1953

Posté : 14 septembre, 2017 @ 8:00 dans * Polars/noirs France, 1950-1959, GREVILLE Edmond T. | Pas de commentaires »

L'Envers du Paradis

Un véritable décor de carte postale, ce Ségnac, petit village perché dans les hauteurs de l’arrière-pays provencal. Le genre d’endroit que l’on estampille facilement « plus beau village de France », et où les artistes aiment se retirer et se laisser imprégner par l’atmosphère des lieux. Sur une porte, d’ailleurs, Jean Cocteau a laissé un dessin. Les gens d’ici affirment aussi que Picasso a passé quelques temps ici. Greta Garbo aussi, dans un autre domaine. Forcément, de tels visiteurs en font venir beaucoup d’autres, souvent moins talentueux, mais avec beaucoup de temps, et d’argent, à dépenser.

Ce n’est pourtant pas avec l’un de ces riches oisifs que l’on entre dans Ségnac (un nom d’emprunt à propos, le film ayant été intégralement tourné au Haut-de-Cagnes), mais avec un peintre venu de Paris. Un commissaire de la judiciaire, comme on l’apprendra bien plus tard, fuyant la capitale pour profiter de quelques jours de vacances, et attiré par ce décor de carte postale.

C’est lui qui nous sert de guide pour entrer dans la vieille ville, et pour rencontrer ses habitants d’un jour ou de toujours. Formidable construction, typique du style Gréville, qui nous plonge de plus en plus intimement et de plus en plus profondément dans le quotidien et les secrets plus ou moins bien cachés du village. Avant de reprendre une place centrale dans la dernière partie, le policier s’efface d’ailleurs presque totalement, comme si son rôle était terminé après avoir fait les présentations… Jusqu’au drame final, en tout cas.

Treize ans après Menaces, Gréville retrouve Erich Von Stroheim, très émouvant en homme solitaire et vieillissant fuyant un mystérieux passé, et cherchant un ultime rayon de soleil avec cette jeune fille à peine sortie de l’enfance, et dont il sait ce qu’elle-même ignore : qu’elle est condamnée par la maladie. C’est elle qui est au cœur de l’intrigue, et qui révèle ce qu’il y a de plus beau, ou de plus laid, chez les habitants du village.

Dans Menaces, Gréville révélait l’envers du décor d’un immeuble. Ici, c’est l’envers du décor d’un village entier qu’il présente, village dont sa caméra semble explorer le moindre recoin, avec virtuosité et une certaine fascination. Le contraste entre la beauté des lieux et ce qui s’y joue est troublant. Et le film est une réussite.

 

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