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Archive pour la catégorie 'GREENE David Gordon'

Joe (id .) – de David Gordon Green – 2013

Posté : 1 juillet, 2014 @ 8:30 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, GREENE David Gordon | Pas de commentaires »

Joe

Difficile de ne pas comparer Joe avec Mud : dans les deux films, il s’agit d’une histoire d’amitié filiale entre un adolescent laissé pour compte et un repris de justice, qui s’apportent une sorte de rédemption réciproque, dans un Sud des Etats-Unis ravagé par la crise qui n’a laissé que chômage, alcoolisme et pauvreté.

Pourtant, les deux films sont radicalement différents. Mud était une adaptation à peine voilée de Tom Sawyer, un film du point de vue de l’enfance qui s’achève, à la manière du Moonfleet de Fritz Lang. Dans Joe, il ne reste plus guère que des résidus de cette enfance morte-née, de vagues apparences qui ne trompent pas bien longtemps : « Tu as crus que je n’étais qu’un gosse », hurle le jeune Tye Sheridan (petit prodige à la présence exceptionnelle) en rouant de coups celui qui pensait profiter de sa jeunesse.

Une enfance que cet adolescent au regard trop marqué par la vie ne peut qu’imaginer et rêver, avec d’indicibles regrets, se raccrochant avec la volonté de la dernière chance à une famille qui ne ressemble à rien et à un lien affectueux qui n’existe pas avec son père biologique. Dans le rôle, Gary Poulter est fabuleux ; véritable SDF qui rêvait d’être comédien, il a été repéré dans la rue pour ce film, mais ses démons l’ont rattrapé, et il est mort avant même la sortie du film en salles…

Ces regrets et cette enfance perdue, ce sont aussi les démons de Joe, un homme au passé chargé et sans grand avenir, dont on apprend au détour d’une conversation qu’il a eu une famille. Ce rôle blessé, c’est enfin celui de la renaissance pour Nicolas Cage, dont on attendait depuis des années d’avoir de nouveau envie de le suivre, trop occupé qu’il était à enchaîner les merdes indignes de son talent pour rembourser ses dettes.

Joe est un film douloureux. Glauque, même, parfois à la limite du supportable. Dans la première partie surtout, le réalisateur se complaît à filmer l’humanité dans ce qu’elle a de plus misérable, jusqu’à l’excès. Autant Mud était une œuvre pleine de vie, nostalgique sans être naïve, autant Joe est un film mortifère, où les êtres semblent dénués de tout espoir. A l’exception de ce tandem improbable duquel renaîtront l’espoir et la vie (un peu lourdement soulignée par l’empoisonnement des vieux arbres, puis par la plantation de jeunes pousses), non sans avoir suivi un itinéraire bien sombre…

 

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