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Archive pour la catégorie 'GREEN Alfred E.'

L’Indésirable Mr. Donovan (Cover Up) – d’Alfred E. Green – 1949

Posté : 26 mai, 2015 @ 4:56 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, GREEN Alfred E. | Pas de commentaires »

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A priori, on est dans du polar pur jus : un enquêteur des assurances qui découvre qu’un client suicidé a en fait été victime d’un meurtre, une petite ville aussi séduisante que la Bedford Falls de La Vie est belle où chacun devient vite un suspect potentiel, un shérif trouble… Mais dès la première séquence, au cours de laquelle un chauffeur de bus évoque avec un large sourire la mort de la victime, rien n’est exactement comme on l’attend…

C’est tout le charme de ce polar en trompe-l’œil tombé dans l’oubli : ne jouer avec les codes du genre que pour mieux les détourner, et en prendre le contre-pied. Jusqu’au personnage principal de l’enquêteur : le choix de Dennis O’Keefe, dont on connaît surtout les rôles sombres et intenses chez Mann (La Brigade du suicide, Marché de brutes), faisait attendre un flic violent et taciturne. C’est tout le contraire : affable et souriant, il va jusqu’à s’essuyer les pieds avant d’entrer dans une maison…

Même surprise du côté de William Bendix, habitué aux rôles de gentils idiots ou de violents idiots, qui interprète ici un shérif attachant et inquiétant, le réalisateur jouant constamment avec l’image que le spectateur peut en avoir. Pour mieux, une nouvelle fois, nous plonger dans le doute et la surprise.

Et que penser d’un « whodunit » dont on ne voit jamais la victime, et dont le coupable… Ben non, pas question de dévoiler le dénouement forcément inattendu confirme toute la singularité de ce film.

Alfred E. Green n’a pas écrit le film, dont le scénario est co-signé par un certain Jonathan Rix, pseudo de Dennis O’Keefe. Mais le réalisateur mérite sans doute d’être redécouvert : l’année précédente, il dynamitait les codes du western dans 3000 dollars mort ou vif, autre réjouissance totalement à part. De là à y voir le signe d’un auteur que la postérité aurait sous-estimé…

* Cette curiosité est exhumée par Sidonis/Calysta dans sa collection « perles noires », avec une belle qualité d’image, et d’intéressantes présentations du film (et d’Alfred E. Green) par François Guérif et Patrick Brion.

3000 dollars mort ou vif (Four faces West) – de Alfred E. Green – 1948

Posté : 15 octobre, 2014 @ 1:40 dans 1940-1949, GREEN Alfred E., WESTERNS | Pas de commentaires »

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Un braqueur de banque qui rembourse le montant de son butin. Joel McCrea traversant le désert à dos de bœuf, ou prenant la fuite au côté d’une femme qu’il aime. Le même fuyard prenant le temps de s’arrêter pour aider une famille souffrant de diphtérie, dans une séquence très émouvante. Pas un seul coup de feu du début à la fin…

Pas de doute, Four Faces West est un western hors du commun, qui s’évertue à multiplier les surprises et les contre-pieds à tous moments. A commencer par le choix du héros : un braqueur de banque, dont on sait qu’il a des raisons très louables certes, mais un braqueur tout de même. Formé au temps du muet (il fut l’un des réalisateurs aux ordres de Mary Pickford), Alfred E. Green signe l’un des westerns les plus curieux de la décennie.

Quel dommage quand même que ‘image soit aussi terne. Pourtant photographié par Russel Harlan, prestigieux chef op de La Rivière Rouge de Hawks, le film a des allures de téléfilm des années 50, l’image manquant constamment de profondeur. Un choix curieux, compensé par le travail de Green, qui excelle à mettre en scène des personnages inattendus et passionnants.

Le trio que forme dans la première partie le braqueur, l’infirmière et « l’ange gardien », d’abord trouble (un visage de fourbe dont on s’attend à ce qu’il soit le traître de service, mais à contre-emploi, Joseph Calleia est formidablement utilisé), est assez génial. Et les regards que les uns se jettent aux autres lors du voyage en chariot, lourd en significations.

On pourrait citer aussi l’utilisation maligne et originale de la figure de Pat Garrett, généralement réduit à sa fonction de tueur de Billy le Kid, et qui prend ici une toute autre dimension. Imparfait et parfois frustrant, Four Faces West reste un western jouissif et totalement à part dans la longue et riche histoire du genre.

• DVD dans la collection Westerns de Légende chez Sidonis, avec présentations par Bertrand Tavernier, Yves Boisset et Patrick Brion

 

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