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Little Odessa (id.) – de James Gray – 1994

Posté : 21 mai, 2014 @ 5:16 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, GRAY James | Pas de commentaires »

Little Odessa (id.) – de James Gray – 1994 dans * Thrillers US (1980-…) LittleOdessa_zps02012ebe

Il y a tout juste vingt ans, un jeune prodige de 25 ans signait son premier long métrage, et son premier chef d’œuvre. Un coup d’essai largement transformé depuis par un cinéaste devenu majeur, qui avait déjà un univers bien en place. James Gray n’est pas un rigolo. Ses films, en tout cas, plongent particulièrement profondément dans l’âme humaine. Ses décors sont des no man’s land sans avenir. Ses familles sont marquées par la vie, et par un destin implacable…

Dès les premières images, la maîtrise de Gray est sidérante. En une poignée de plans secs et avec une extraordinaire économie de moyens, le jeune cinéaste plante son décor : Tim Roth est un tueur à gages, qui doit retourner dans le quartier juif de Little Odessa, à Brooklyn, pour un nouveau contrat. Un quartier où il a ses racines, et où il est interdit de séjour…

Il y retrouve son jeune frère (Edward Furlong), apprend que sa mère (Vanessa Redgrave) est mourante, et doit faire face à l’hostilité de son père (Maximilian Schell), immigré parfois violent, mais surtout totalement démuni devant les choix de son fils assassin, et l’explosion de sa famille. Il y a chez tous ces personnages une sorte de désespoir contenu qui semble étouffer tous les autres sentiments. Colère, haine, douleur, amour… la moindre émotion disparaît sous cette terrible résignation qui baigne le film.

C’est une vraie tragédie que signe Gray. Chacun de ses personnages rêve d’une autre vie, mais pas de celle qu’ils pourraient avoir s’ils faisaient les bons choix : celle qu’ils auraient pu avoir mais qu’ils n’auront jamais. On le pressent dès les premières images : il n’y a pas d’issue pour ces êtres marqués et condamnés. C’est cette inéluctabilité est plus terrible, plus violente même que les exécutions qui émaillent le film, magnifiquement filmées mais complètement désincarnées.

Visuellement, le film semble sortir tout droit des années 70, période qui a toujours inspiré Gray. On sent l’influence de French Connection, mais aussi du Parrain notamment. Mais ces influences sont parfaitement digérées, et Little Odessa n’a rien d’un pastiche. Gray donne au film un ton nouveau, radical, créant un univers où la violence et l’émotion sont inséparables. Une pure tragédie…

 

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