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Archive pour la catégorie 'GRAY James'

The Immigrant (id.) – de James Gray – 2013

Posté : 27 juin, 2017 @ 8:00 dans 2010-2019, GRAY James | Pas de commentaires »

The Immigrant

Un film peut-il être une grande fresque historique passionnante, un mélodrame tragique et sublime, une petite déception ? Je sais, la question est idiote, et la réponse semble évidente. Pourtant, je ne peux m’empêcher d’éprouver une pointe de déception que je n’arrive pas à m’expliquer. The Immigrant est magnifique, puissant et bouleversant. C’est un film parfaitement maîtrisé, aux images incroyables et aux personnages forts et originaux. C’est un fait. Mais pourquoi diable ne m’a-t-il pas habité comme l’avait fait Little Odessa, ou La Nuit nous appartient ?

La déception tient sans doute à l’immensité de l’attente autour de ce film : James Gray, grand cinéaste de la violence urbaine et contemporaine de New York, qui plonge quasi au cœur des origines de cette violence, dans le New York cosmopolite des années 1920, avec ces immigrés qui arrivent d’une Europe exsangue pour se heurter à la loi impitoyable d’Ellis Island et des marchands de sommeil. Forcément, les promesses étaient énormes, et elles sont tenues, nul doute.

Visuellement, c’est somptueux, à la hauteur des grandes références du genre (Le Parrain 2, ou Il était une fois en Amérique). Narrativement, c’est admirablement tenu. Et James Gray nous livre l’une de ces grandes tragédies dont il a le secret, avec pour une fois une pointe d’optimisme inattendue, teintée d’un cynisme et d’une cruauté immenses. Quant aux acteurs, ils sont prodigieux : Jeremy Renner, tellement bien quand il sort de ses grosses machines hollywoodiennes sans âme ; Joaquin Phoenix, qui en fait un peu trop juste comme il faut ; et surtout Marion Cotillard, exceptionnelle.

La plus grande actrice hollywoodienne de ces dix dernières années, c’est bien elle. Je l’affirme depuis Lisa en 2000 (quelqu’un se souvient de ce film?) : Marion Cotillard est la digne héritière des grandes actrices de l’âge d’or, et sa prestation dans The Immigrant le prouve une nouvelle fois. Avec ce pur personnage de tragédie, soumise aux pires drames intimes et historiques, elle s’inscrit dans une longue tradition, celle de la Vivien Leigh de Waterloo Bridge par exemple. D’une justesse totale, belle et bouleversante, elle est d’une sobriété remarquable.

Bah alors, c’est un chef d’œuvre, non ? Ben ça y ressemble fort, c’est vrai. Mais allez savoir pourquoi, l’émotion, immense durant le film, s’est évaporée dès le générique. Disons que ça doit venir de moi… Je le revois et je vous en reparle.

Little Odessa (id.) – de James Gray – 1994

Posté : 21 mai, 2014 @ 5:16 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, GRAY James | Pas de commentaires »

Little Odessa

Il y a tout juste vingt ans, un jeune prodige de 25 ans signait son premier long métrage, et son premier chef d’œuvre. Un coup d’essai largement transformé depuis par un cinéaste devenu majeur, qui avait déjà un univers bien en place. James Gray n’est pas un rigolo. Ses films, en tout cas, plongent particulièrement profondément dans l’âme humaine. Ses décors sont des no man’s land sans avenir. Ses familles sont marquées par la vie, et par un destin implacable…

Dès les premières images, la maîtrise de Gray est sidérante. En une poignée de plans secs et avec une extraordinaire économie de moyens, le jeune cinéaste plante son décor : Tim Roth est un tueur à gages, qui doit retourner dans le quartier juif de Little Odessa, à Brooklyn, pour un nouveau contrat. Un quartier où il a ses racines, et où il est interdit de séjour…

Il y retrouve son jeune frère (Edward Furlong), apprend que sa mère (Vanessa Redgrave) est mourante, et doit faire face à l’hostilité de son père (Maximilian Schell), immigré parfois violent, mais surtout totalement démuni devant les choix de son fils assassin, et l’explosion de sa famille. Il y a chez tous ces personnages une sorte de désespoir contenu qui semble étouffer tous les autres sentiments. Colère, haine, douleur, amour… la moindre émotion disparaît sous cette terrible résignation qui baigne le film.

C’est une vraie tragédie que signe Gray. Chacun de ses personnages rêve d’une autre vie, mais pas de celle qu’ils pourraient avoir s’ils faisaient les bons choix : celle qu’ils auraient pu avoir mais qu’ils n’auront jamais. On le pressent dès les premières images : il n’y a pas d’issue pour ces êtres marqués et condamnés. C’est cette inéluctabilité est plus terrible, plus violente même que les exécutions qui émaillent le film, magnifiquement filmées mais complètement désincarnées.

Visuellement, le film semble sortir tout droit des années 70, période qui a toujours inspiré Gray. On sent l’influence de French Connection, mais aussi du Parrain notamment. Mais ces influences sont parfaitement digérées, et Little Odessa n’a rien d’un pastiche. Gray donne au film un ton nouveau, radical, créant un univers où la violence et l’émotion sont inséparables. Une pure tragédie…

 

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